• IDS103 - Le rôle de l'ingénieur d'application diagnostic dans la mise en place d'un laboratoire du sommeil

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    Citation

    A rap­pe­ler pour tout usage : M. C. MACEDO DE ARAUJO, « Le rôle de l'ingénieur d'application diag­nos­tic dans la mise en place d'un labo­ra­toire du som­meil », Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Com­piègne (France), Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té, Par­cours Tech­no­lo­gies Bio­mé­di­cales et Ter­ri­toires de San­té (TBTS) et Dis­po­si­tifs Médi­caux et Affaires Régle­men­taires (DMAR), Rap­port de Stage, réf n° IDS103, juillet 2021, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids103/

    Résumé

    Le som­meil est la période la plus impor­tante pour le corps. Tou­te­fois, une par­tie de la popu­la­tion est concer­née par la réduc­tion du temps de som­meil et la som­no­lence diurne exces­sive. Des per­tur­ba­tions du som­meil au cours de la nuit, entrai­nant des risques pour la san­té du patient et sa qua­li­té de vie. La cause la plus connue est la pré­sence des troubles res­pi­ra­toires du som­meil, mala­die très actuelle qui touche envi­ron 1 adulte sur 5 dans la popu­la­tion fran­çaise. Afin d’étudier les troubles du som­meil et ses consé­quences sur la popu­la­tion, des struc­tures spé­cia­li­sées en méde­cine du som­meil ont été mises en place. Ces labo­ra­toires du som­meil four­nissent un moyen de diag­nos­tic pour ces mala­dies à tra­vers l’utilisation des appa­reils de poly­som­no­gra­phie et poly­gra­phie. C’est l’ingénieur d’application diag­nos­tic le res­pon­sable pour l’installation et de la mise en fonc­tion­ne­ment de ces équi­pe­ments. Au cours de ce stage de fin d’études, les mis­sions réa­li­sées en tant qu’ingénieur d’application diag­nos­tic m’ont per­mises de com­prendre le rôle très impor­tant de ce métier et son impli­ca­tion dans la prise en charge des mala­dies res­pi­ra­toires du sommeil.

    Abstract

    Sleep is the most impor­tant time for the body. Howe­ver, part of the popu­la­tion is affec­ted by reduc­tion of sleep dura­tion and exces­sive day­time slee­pi­ness. Sleep disor­ders during the night, entails risks for the patient's health and his qua­li­ty of life. The best-known cause is the pre­sence of Sleep-rela­ted brea­thing disor­ders, a very cur­rent ill­ness that affects around 1 in 5 adults in the French popu­la­tion. In order to stu­dy sleep disor­ders and its conse­quences, cen­ters spe­cia­li­zed in sleep medi­cine have been set up. These sleep labo­ra­to­ries pro­vide a means of diag­no­sis for these diseases through the use of poly­som­no­gra­phy and poly­gra­phy devices. The field cus­to­mer engi­neer in sleep diag­nos­tic is res­pon­sible for ins­tal­ling and set­ting this equip­ment. During this inter­n­ship, the mis­sions car­ried out as a field cus­to­mer engi­neer allo­wed me to unders­tand the very impor­tant role of this pro­fes­sion and its impli­ca­tion in the mana­ge­ment of sleep-rela­ted brea­thing disorders.

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    IDS103 - Mémoire de Stage
    IDS103 - Poster

    Mémoire complet :

    Le rôle de l'ingénieur d'application diagnostic dans la mise en place d'un laboratoire du sommeil

    Remerciements

    Je tiens tout d’abord à remer­cier mon tuteur de stage, M. Raphaël Cot­tan­cin, pour m’avoir accueillie au sein de son équipe. Je le remer­cie pour tous les ensei­gne­ments, la confiance et les moments qu’il m’a per­mis d’avoir en tant que sta­giaire dans son équipe. J’ai déve­lop­pé for­te­ment mes com­pé­tences au cours de ce stage et cela grâce à l’opportunité qu’il m’a donnée.

    En par­ti­cu­lier, je tiens à remer­cier Mme. Estelle Lemaire, cheffe pro­duit diag­nos­tic, pour avoir ren­du cette expé­rience pro­fes­sion­nelle très enri­chis­sante. Toutes ses expli­ca­tions et for­ma­tions m’ont per­mis de mon­ter en com­pé­tence dans le domaine. Les mis­sions qu’elle m’a confiées et son pro­fes­sion­na­lisme à me gui­der lors de mon stage ont été très impor­tants. Aus­si par sa com­pré­hen­sion, dis­po­ni­bi­li­té et obli­geance au long de mon temps chez ResMed et par ses conseils et expli­ca­tions de la vie professionnelle.

    Éga­le­ment, je remer­cie vive­ment l’ensemble de l’équipe d’ingénieurs d’application - Ronan Clé­ment, Jona­than Devil­lers, Was­si­ma Abi­za et Myr­tille Agbande – pour les ins­tal­la­tions ensemble, les réponses à mes ques­tions et le par­tage d’expériences. Je les remer­cie de m’avoir si bien inté­grée dans leur équipe.

    A toute l’équipe ventes sud-est, je les remer­cie pour la gen­tillesse, l’ambiance tou­jours accueillante lors des réunions zoom, la bien­veillance à mon égard, la géné­ro­si­té et le par­tage de bons moments. Ils m’ont don­né l’espace et le temps pour prou­ver mes capa­ci­tés et me sen­tir à l’aise avec eux. Fina­le­ment, j’aimerais remer­cier toutes les per­sonnes chez ResMed avec qui j’ai eu l’occasion de tra­vailler ou d’échanger. A Mme Irène Vani­cat, sans qui ce stage n’aurait jamais pu être pos­sible, je la remer­cie d’avoir trans­fé­ré ma can­di­da­ture. Ain­si que à Mme. Anne Le Goff d’avoir accep­té d’être ma res­pon­sable UTC.

    Abréviations

    • AASM – Ame­ri­can Aca­de­my of Sleep Medicine
    • EEG - Electroencéphalogramme
    • IAH – Index d’apnées-hypopnées
    • N1 – Stade de som­meil de transition
    • N2 – Stade de som­meil lent léger
    • N3 – Stade de som­meil lent profond
    • PG - Polygraphie
    • PPC – Pres­sion Posi­tive Continue
    • PSG - Polysomnographie
    • REM – Rapid eye move­ment – som­meil paradoxal
    • SAOS – Syn­drome d’apnées obs­truc­tives du sommeil
    • SACS – Syn­drome d’apnées cen­trales du som­meil TRS – Troubles res­pi­ra­toires du sommeil

    Introduction

    Selon les don­nées de 2017, les fran­çais ont per­du 1h30 de som­meil par rap­port à il y a 50 ans. Pour la popu­la­tion entre 25 et 45 ans : 45% indique qu’elle dort moins que ce dont elle aurait besoin et 13% affirme que dor­mir est une perte de temps. Pour­tant, la qua­li­té et la quan­ti­té des heures de som­meil ont un impact direct pour la pré­dis­po­si­tion des mala­dies car­dio­vas­cu­laires, neu­ro­lo­giques et res­pi­ra­toires.  Un mau­vais som­meil peut aus­si aug­men­ter le risque  de déve­lop­per : le rhume, le dia­bète type 2, les can­cers, l’obésité, etc [1][7].

    Le som­meil est la période la plus impor­tante pour le corps. Il four­nit des condi­tions d’équilibre afin d’exercer des fonc­tions res­tau­ra­trices sur les sys­tèmes cor­po­rels. Cela est fait d’un point de vue phy­sio­lo­gique, mais aus­si psy­cho­lo­gique. Très impor­tant au cours de toutes les phases de la vie, le som­meil est essen­tiel pour la crois­sance, la matu­ra­tion céré­brale, le déve­lop­pe­ment et la pré­ser­va­tion de nos capa­ci­tés cog­ni­tives [7][9].

    Nor­ma­le­ment, il est par­ta­gé en trois stades : lent, pro­fond et para­doxal. Le stade lent com­porte la phase de tran­si­tion (N1) entre l’éveil et l’endormissement léger (ou som­meil léger, N2). Il est sui­vi d’un stade de som­meil pro­fond (N3) qui dure quelques dizaines de minutes. Suite à cela, le stade de som­meil para­doxal ou som­meil des rêves (REM, acro­nyme pour Rapid Eye Mou­ve­ment) entre en place. Le REM est une période où l’activité céré­brale est très proche de celle de l’éveil, mais le corps pré­sente une ato­nie mus­cu­laire presque totale. C’est au cours du som­meil para­doxal que la res­tau­ra­tion céré­brale, la conso­li­da­tion mné­sique, l’organisation de l’information et l’apprentissage ont lieu [7].

    Pour­tant, la res­tric­tion de som­meil sévère concerne entre 25 et 30% de la popu­la­tion entre 18 et 25 ans et entre 15 et 18% pour les per­sonnes entre 25 et 54 ans. La som­no­lence diurne exces­sive, qui affecte envi­ron 2,5 mil­lions de per­sonnes, est quant à elle, deve­nue une des causes majeures des mor­bi-mor­ta­li­tés rou­tières. Les per­tur­ba­tions au cours du som­meil et la réduc­tion du temps de som­meil sont sou­vent liées à la pré­sence des troubles du som­meil. Le nombre de fran­çais atteints de troubles du som­meil ne cesse d’augmenter et finit par deve­nir un vrai pro­blème de san­té publique [10], [11].

    Afin d’étudier cette pro­blé­ma­tique et ses consé­quences sur la popu­la­tion, des struc­tures spé­cia­li­sées en méde­cine du som­meil ont été mises en place. Elles uti­lisent des dis­po­si­tifs médi­caux très tech­niques pour diag­nos­ti­quer les pos­sibles mala­dies du som­meil dont le patient est atteint. Ces dis­po­si­tifs sont fabri­qués et/ou dis­tri­bués par des entre­prises du mar­ché de la san­té comme par exemple ResMed. Celle-ci four­nit une gamme com­plète de dis­po­si­tifs pour le trai­te­ment des Syn­dromes d’apnées du som­meil et pos­sède une équipe de spé­cia­listes pour l’accompagnement du client.

    Un des spé­cia­listes du domaine est l’ingénieur d’application diag­nos­tic, il a des com­pé­tences très tech­niques ayant pour but de réa­li­ser l’installation, la mise en fonc­tion­ne­ment de ces appa­reils et la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs. Ce pro­fes­sion­nel est res­pon­sable pour accom­pa­gner le méde­cin dans l’utilisation des dis­po­si­tifs et logi­ciel pou­vant diag­nos­ti­quer les troubles res­pi­ra­toires du sommeil.

    De cette façon, ce rap­port pré­sen­te­ra l’importance du métier de l’ingénieur d’application pour la mise en place des labo­ra­toires du som­meil. Ceci sera fait en ayant comme fil conduc­teur : une pré­sen­ta­tion de l’organisme d’accueil où ce stage a été réa­li­sé, des mala­dies res­pi­ra­toires du som­meil et ses impacts, le rôle et l’importance de l’ingénieur d’application diag­nos­tic à tra­vers des mis­sions réa­li­sées et les apports de ce stage.

    Chapitre 1 : ResMed et son environnement

    En 1981 un méde­cin aus­tra­lien, le Dr. Colin Sul­li­van, a déve­lop­pé avec ses col­lègues la pre­mière machine de pres­sion posi­tive conti­nue (PPC). Ce dis­po­si­tif a été le pre­mier employé pour le trai­te­ment non inva­sif du syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil (SAOS). Et c’est grâce à cette inven­tion du Dr. Sul­li­van que l’histoire de ResMed com­mence [12][14].

    Fon­dée en 1989 en Aus­tra­lie par le Dr. Peter Far­rell, ResMed (contrac­tion de « Res­pi­ra­to­ry Medi­cine ») est actuel­le­ment une entre­prise mul­ti­na­tio­nale pré­sente dans plus de 140 pays. Le siège social est basé à San Die­go (Cali­for­nie, Etats-Unis) et ResMed Incor­po­ra­ted pos­sède un chiffre d’affaires d’environ 3,1 bil­lions de dol­lars (2020). Son antenne en France est située à Saint-Priest et sous la direc­tion de Lucile Blaise. Elle regroupe la majo­ri­té des équipes char­gées pour l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique [15].

    Son his­toire a com­men­cé quand le Dr. Far­rell a ache­té de Bax­ter Heal­th­care la tech­no­lo­gie de trai­te­ment de l’apnée du som­meil déve­lop­pée par Colin Sul­li­van. Son but était de pré­sen­ter au monde le trai­te­ment de cette mala­die par l’utilisation des machines de pres­sion posi­tive conti­nue. Peter Far­rell a ain­si com­men­cé la com­mer­cia­li­sa­tion des pro­to­types des machines de PPC (Figure 1). Cela a été capi­tal pour per­mettre l’évolution de ces dis­po­si­tifs médi­caux [16].

    Figure 1 : Sullivan Nasal CPAP System (R2), une des premières machines de pression positive continue produites [16].

    Des années plus tard, avec la crois­sance de l’entreprise, ResMed n’a pas que déve­lop­pé une gamme de machines de PPC mais aus­si des inter­faces. Les masques sont aus­si impor­tants que les machines, étant don­né que si le patient n’a pas une inter­face confor­table il arrê­te­ra pro­ba­ble­ment son trai­te­ment. Aujourd’hui, la gamme des pro­duits est beau­coup plus com­plète et c’est Michael Far­rell, fils du Dr. Peter Far­rell, le res­pon­sable pour conti­nuer à gui­der cette his­toire. Grâce à plus de 30 ans d’expérience et à sa renom­mée dans le domaine des dis­po­si­tifs médi­caux et de la méde­cine du som­meil, ResMed s’est affir­mée comme le lea­der de ce marché.

    La socié­té ResMed fabrique et dis­tri­bue des dis­po­si­tifs médi­caux pour la prise en charge com­plète des patients atteints des troubles res­pi­ra­toires du som­meil. Pour le dépis­tage ResMed a dans sa gamme l’appareil Apnea­Link Air qui est beau­coup uti­li­sé en méde­cine du tra­vail. La gamme diag­nos­tic est com­po­sée du Nox T3s pour la poly­gra­phie et du Nox A1 pour la poly­som­no­gra­phie, tous les deux fabri­qués par Nox Medi­cal (Islande) et dis­tri­bués par ResMed France. Pour le trai­te­ment des troubles res­pi­ra­toires du som­meil la gamme est com­po­sée par des orthèses d’avancé man­di­bu­laire comme Nar­val CC, des machines de PPC comme par exemple l’AirSense 10 Auto­Set, des masques comme l’AirFit P30i et aus­si des appa­reils de ven­ti­la­tion comme l’Astral 150 (Figure 2).

    Figure 2 : Exemples de produits ResMed pour les troubles respiratoires du sommeil (Source images : ResMed France [17]).

    De plus, ResMed four­nit aus­si des solu­tions médi­cales pour les soins connec­tés. L’analyse de l’observance du patient à son trai­te­ment peut être faite avec le logi­ciel Res­S­can. Cela est pos­sible grâce aux don­nées recueillies via carte SD. Avec la pla­te­forme Air­View, il est pos­sible de réa­li­ser la ges­tion des trai­te­ments des patients par télé-sui­vi grâce aux don­nées télé­trans­mises. Pour les patients, ResMed pro­pose l’application mobile MyAir qui per­met d’accéder aux don­nées de la PPC et ain­si de connaître l’efficacité du trai­te­ment nuit après nuit.

    La socié­té ResMed ne vend pas que des dis­po­si­tifs mais aus­si des ser­vices. Le client peut de ce fait comp­ter sur des spé­cia­listes pour les domaines sur tout le ter­ri­toire fran­çais. Ils sont des chefs de pro­duits, ingé­nieurs d’application diag­nos­tic, spé­cia­listes thé­ra­pie som­meil, spé­cia­listes thé­ra­pie ven­ti­la­tion et atta­chés tech­ni­co-com­mer­ciaux. Ces spé­cia­listes sont com­plé­tés par une équipe de sup­port tech­nique dis­po­nible pour aider les clients.

    ResMed contri­bue éga­le­ment à la réa­li­sa­tion de dif­fé­rentes études dans le domaine, en col­la­bo­ra­tion avec d’autres orga­nismes. Un exemple est l’ALASKA, une étude en vie réelle qui regroupe des don­nées de 480 000 apnéiques nou­vel­le­ment appa­reillées par machines de PPC. Le but est d’identifier les pro­fils des patients et leur per­sis­tance dans le trai­te­ment au cours des années pour une prise en charge amé­lio­rée de l’apnée du som­meil [18].

    ResMed conti­nue à déve­lop­per le mar­ché de la méde­cine du som­meil, soit avec des dis­po­si­tifs médi­caux ou solu­tions connec­tées soit avec le finan­ce­ment des études. Et ceci est résul­tat de la vision que le Dr. Peter Far­rell a don­né à l’entreprise. Grâce à toutes les per­sonnes qui font par­tie de ResMed, l’entreprise main­tient sa posi­tion de lea­der du mar­ché et peut conti­nuer à déve­lop­per des solu­tions médicales.

    Chapitre 2 : Les maladies respiratoires du sommeil et l’impact sur la qualité de vie de la population

    Les troubles du som­meil sont défi­nis comme toute per­tur­ba­tion de la durée ou de la qua­li­té du som­meil. Selon l’Académie Amé­ri­caine de Méde­cine du Som­meil (AASM), les troubles du som­meil se par­tagent en six grands groupes :

    • Les insom­nies ;
    • Les troubles res­pi­ra­toires du sommeil ;
    • Les hyper­som­nies d’origine cen­trale non reliées à un trouble du rythme cir­ca­dien, res­pi­ra­toire ou autre cause de troubles du som­meil nocturne ;
    • Les troubles du rythme circadien ;
    • Les para­som­nies ;
    • Les mou­ve­ments anor­maux en rela­tion avec le som­meil ; et,
    • Autres troubles du som­meil [11], [19].

    En 2017, 13.1% de la popu­la­tion fran­çaise entre 18 et 75 ans souf­frait d’insomnies chro­niques. Un autre exemple, le som­nam­bu­lisme, peut tou­cher jusqu’à 22% des enfants et pour les adultes les chiffres des­cendent à 2-4%. Les hyper­som­nies d’origine cen­trale sont plus rares, par exemple la nar­co­lep­sie qui touche de 1 à 5 per­sonnes par 10.000 habi­tants. Par la suite, ce tra­vail se centre sur les troubles res­pi­ra­toires du som­meil (TRS), plus pré­ci­sé­ment sur les syn­dromes d’apnées du som­meil. Cette mala­die est très actuelle et touche envi­ron 1 adulte sur 5 dans la popu­la­tion fran­çaise [10], [20][24].

    2.1.           Les Troubles Respiratoires du Sommeil

    Une res­pi­ra­tion anor­male, des pauses res­pi­ra­toires et une ven­ti­la­tion insuf­fi­sante sont les carac­té­ris­tiques qui défi­nissent les troubles res­pi­ra­toires du som­meil. Ces troubles sont par­ta­gés en quatre grandes caté­go­ries : le syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil (SAOS), le syn­drome d’apnée cen­trales du som­meil (SACS), le syn­drome d’hypoventilation du som­meil et le syn­drome d’hypoxie du som­meil. Comme indi­qué ci-des­sus la cible de ce tra­vail sont les syn­dromes d’apnées du som­meil [25], [26].

    Afin de mieux com­prendre ce sujet, il est néces­saire de défi­nir deux évè­ne­ments res­pi­ra­toires qui sont pré­sents dans ces syn­dromes : les apnées et les hypo­pnées. Ils deviennent patho­lo­giques lorsqu’ils se répètent plu­sieurs fois au cours de la nuit. Selon l’AASM, les apnées sont des arrêts momen­ta­nés ou des dimi­nu­tions de > 90% de la res­pi­ra­tion durant > 10 secondes. De plus, les apnées sont caté­go­ri­sées en obs­truc­tives, cen­trales et mixtes [27].

    Les apnées obs­truc­tives sont pro­vo­quées par la fer­me­ture totale ou par­tielle des voies aériennes supé­rieures. Elles sont carac­té­ri­sées par la pré­sence d’efforts res­pi­ra­toires en oppo­si­tion de phase des muscles tho­ra­co-abdo­mi­naux (Figure 3). Ces mou­ve­ments sont faits en oppo­si­tion de phase afin de for­cer l’ouverture des voies aériennes supé­rieures. En revanche, dans les apnées cen­trales aucun mou­ve­ment n’est réa­li­sé par les muscles tho­ra­co-abdo­mi­naux en rai­son de l’absence de la com­mande res­pi­ra­toire gérée par le cer­veau (Figure 4). Et enfin, les apnées mixtes sont la com­bi­nai­son des apnées cen­trales et obs­truc­tives (Figure 5). L’apnée débute de façon cen­trale, puis elle se pour­suit par un méca­nisme obs­truc­tif [27], [28].

    Figure 3 : Une apnée obstructive scorée sur un tracé réel utilisant le logiciel Noxturnal (Source : Auteure).
    Figure 4 : Une apnée d'origine centrale scorée sur un tracé réel utilisant le logiciel Noxturnal (Source : Auteure).
    Figure 5 : Une apnée mixte scorée sur un tracé réel utilisant le logiciel Noxturnal (Source : Auteure).

    Sui­vant l’AASM, les hypo­pnées sont des évè­ne­ments res­pi­ra­toires qui pré­sentent une dimi­nu­tion de 30% du flux res­pi­ra­toire naso-buc­cal. Pour que l’hypopnée soit patho­lo­gique, elle doit durer > 10 s et être asso­ciée à une chute de la SpO2 (désa­tu­ra­tion) de > 3% ou à un micro-éveil (Figure 6 et Figure 7). Elles sont caté­go­ri­sées comme obs­truc­tives s’il y a la pré­sence d’un ou des évè­ne­ments de : ron­fle­ment, limi­ta­tion de débit et/ou dépha­sage des efforts res­pi­ra­toires tho­ra­co-abdo­mi­naux. Si elles ne pré­sentent aucun de ces cri­tères, elles sont dites cen­trales. Pour les enfants, la défi­ni­tion d’une hypo­pnée est simi­laire à celle d’un adulte, à l’exception de la durée d’évènement [27].

    Figure 6 : Une hypopnée associée à une désaturation scorée sur un tracé réel utilisant le logiciel Noxturnal (Source : Auteure).
    Figure 7 : Une hypopnée associée à un micro-éveil scorée sur un tracé réel utilisant le logiciel Noxturnal (Source : Auteure).
              

    2.1.1.              Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS)

    Aus­si appe­lée syn­drome d’apnée-hypopnée obs­truc­tives du som­meil, cette patho­lo­gie est la forme la plus connue des troubles res­pi­ra­toires du som­meil. Son inci­dence est d’environ 4 à 10% dans la popu­la­tion fran­çaise. Ce syn­drome est carac­té­ri­sé par la pré­sence pré­do­mi­nante des apnées et hypo­pnées obs­truc­tives. Ces évè­ne­ments res­pi­ra­toires entraînent des micro-éveils fré­quents et des désa­tu­ra­tions d’oxygène. Le SAOS est tou­jours asso­cié à une baisse de la qua­li­té de vie, de l’apparition des comor­bi­di­tés et de l’augmentation de la mor­ta­li­té [25], [29][33].

    L’obstruction des voies aériennes supé­rieures dans le syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil est régu­liè­re­ment liée à la struc­ture phy­sio-ana­to­mique du patient. La dila­ta­tion du pha­rynx, l’obstruction des voies nasales et l’augmentation de la taille des amyg­dales sont des alté­ra­tions qui contri­buent à l’affaissement des voies res­pi­ra­toires. Les autres fac­teurs de risque sont l’âge et le sur­poids (prin­ci­pa­le­ment l’obésité) [24], [34].

    Ce trouble a comme prin­ci­paux symp­tômes le ron­fle­ment noc­turne et la som­no­lence diurne exces­sive. Les ron­fle­ments entraînent une per­tur­ba­tion du som­meil qui devient non-répa­ra­teur et déstruc­tu­ré. Ce symp­tôme a aus­si des impacts sociaux, car 95% des conjoints rap­portent avoir le som­meil per­tur­bé à cause des ron­fle­ments de son com­pa­gnon ou de sa com­pagne. A son tour, la som­no­lence diurne exces­sive a des impacts encore plus impor­tants, car entre 2015 et 2019 elle a été la cause de 23% des acci­dents mor­tels sur les auto­routes. Ces symp­tômes prin­ci­paux sont fré­quem­ment accom­pa­gnés de cépha­lées mati­nales, dif­fi­cul­tés de concen­tra­tion, nyc­tu­rie, fatigue diurne, etc [29], [31], [35], [36].

    Chez les femmes, le syn­drome d’apnées-hypopnées du som­meil est deux fois moins fré­quent que chez les hommes. Son inci­dence est d’environ 2% et le déve­lop­pe­ment du SAOS est plus tar­dif. De plus, étant don­né que cette mala­die se pré­sente d’une façon cli­nique aty­pique, elle est assez sou­vent sous-diag­nos­ti­quée. Les symp­tômes les plus pré­sents chez les femmes sont l’insomnie, troubles de l’humeur, fatigue, manque d’énergie et de moti­va­tion, cépha­lées et dou­leurs mus­cu­laires. La méno­pause et les pro­blèmes car­dio­vas­cu­laires sont des fac­teurs de risque pou­vant contri­buer au déve­lop­pe­ment du syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil [34], [37], [38].

    Quand non-diag­nos­ti­qué ou non-trai­té, le SAOS dimi­nue la qua­li­té de vie de l’individu car il pré­sen­te­ra la majo­ri­té des symp­tômes ci-des­sus expo­sés. Les consé­quences seront aus­si de carac­tère social, étant don­né que les per­sonnes atteintes de cette mala­die sont assez sou­vent fati­guées. D’une façon plus sévère la consé­quence est l’apparition des mala­dies car­dio­vas­cu­laires graves comme, par exemple : l’accident vas­cu­laire céré­bral, l’infarctus du myo­carde et l’insuffisance car­diaque. Le non-trai­te­ment de cette mala­die peut réduire dras­ti­que­ment la lon­gé­vi­té de la popu­la­tion [39].

    Mal­gré plu­sieurs cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion pour les patients et les méde­cins, le syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil reste sous-diag­nos­ti­qué (Figure 8). Selon la Socié­té Fran­çaise de Recherche et Méde­cine du Som­meil, envi­ron 50% des per­sonnes atteintes d’apnées du som­meil n’ont pas encore été diag­nos­ti­quées. Cela induit que les chiffres, ci-des­sus pré­sen­tés, repré­sentent juste une par­tie de toutes les per­sonnes atteintes de ce trouble res­pi­ra­toire du som­meil [40].

    Figure 8 : Campagne nationale 2021 "A chacun son sommeil" [41].

    2.1.2.              Le syndrome d’apnées centrales du sommeil (SACS)

    Le syn­drome d’apnées cen­trales du som­meil est le résul­tat d’un dys­fonc­tion­ne­ment de la com­mande res­pi­ra­toire. Dans ce cas, le cer­veau n’envoie pas de com­mande aux muscles tho­ra­co-abdo­mi­naux qui, par la suite, ne réa­lisent pas de mou­ve­ment. Cette absence de mou­ve­ments res­pi­ra­toires ne crée pas la dif­fé­rence de pres­sion néces­saire à l’entrée et la sor­tie d’air dans les voies aériennes. La consé­quence est une apnée.

    Plus rare que le syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil, le SACS repré­sente moins de 5% de tous les cas diag­nos­ti­qués des syn­dromes d’apnées du som­meil. Ce chiffre ne semble pas éton­nant, mais si on regarde dans les popu­la­tions atteintes de mala­dies car­dio­vas­cu­laires, le pour­cen­tage du SACS monte à envi­ron 20%. Pour les indi­vi­dus uti­li­sant des opia­cés à long terme, 50% de cette popu­la­tion est atteinte du syn­drome d’apnées cen­trales du som­meil [42], [43].

    Ce syn­drome est carac­té­ri­sé par la pré­sence pré­do­mi­nante des apnées et hypo­pnées cen­trales. En addi­tion, une carac­té­ris­tique du SACS pour les patients atteints des mala­dies car­diaques est la pré­sence d’une res­pi­ra­tion pério­dique de Cheyne-Stokes. Cette res­pi­ra­tion est carac­té­ri­sée par des phases alter­nées d'hyperpnée et d'apnées cen­trales. Pour être défi­nie comme une res­pi­ra­tion pério­dique de Cheyne-Stokes, ces phases alter­nées doivent com­po­ser au moins trois cycles (Figure 9).  Ceci donne à la forme de la courbe de flux nasal un aspect cres­cen­do et decres­cen­do. Elle aggrave l’insuffisance car­diaque et aug­mente le taux de mor­ta­li­té, car elle fait oscil­ler la ten­sion arté­rielle, la fré­quence car­diaque et même la per­fu­sion san­guine dans le cer­veau. La res­pi­ra­tion de Cheyne-Stokes atteint jusqu'à 50 % des patients souf­frant d'insuffisance car­diaque [42], [44][46].

    Figure 9 : Forme de la courbe de flux respiratoire pour une respiration périodique de Cheyne-Stokes (Source : Auteure).

    Les symp­tômes du syn­drome d’apnées cen­trales du som­meil sont peu spé­ci­fiques. Les patients décrivent avoir de la fatigue, une sen­sa­tion de dys­pnée à l’endormissement et de la nyc­tu­rie. Ils peuvent aus­si pré­sen­ter de la som­no­lence diurne et de l’insomnie comme dans le syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil. Lorsque non-trai­té, le syn­drome d’apnées cen­trales du som­meil accroit le risque de mor­ta­li­té  [42], [43].         

    2.2.           Le diagnostic des troubles respiratoires du sommeil

    Selon des don­nées de 2019, envi­ron 636 000 actes de poly­gra­phie et 215 000 actes de poly­som­no­gra­phie ont été réa­li­sés en France. Pour réa­li­ser un diag­nos­tic indi­quant la pré­sence d’un syn­drome d’apnées du som­meil, le méde­cin pren­dra en compte des don­nées qua­li­ta­tives et quan­ti­ta­tives. Pour le SAOS, par exemple, l’Académie Amé­ri­caine de méde­cine du som­meil pré­co­nise l’évaluation de trois cri­tères, deux qua­li­ta­tifs et un quan­ti­ta­tif [29], [32], [47][49]. Ils sont pré­sen­tés dans le tableau ci-des­sous (Tableau 1).

    Tableau 1 : Critères de définitions d'un syndrome d'apnées obstructives du sommeil selon l’Académie américaine de médecine du sommeil [50].

    Pour défi­nir la pré­sence des cri­tères qua­li­ta­tifs (cri­tère A et B), l’utilisation de ques­tion­naires comme l’Echelle d’Epworth, le Score STOP-Bang ou le ques­tion­naire ODSI est mise en place. L’index d’apnées hypo­pnées est le cri­tère quan­ti­ta­tif de cette éva­lua­tion. Il est le prin­ci­pal cri­tère uti­li­sé pour véri­fier la sévé­ri­té des syn­dromes d’apnées du som­meil. Cet index cor­res­pond à la moyenne d’évènements res­pi­ra­toires qui arrivent par heure au cours de la période totale de som­meil. Il englobe tous les évè­ne­ments indé­pen­dam­ment de leur ori­gine obs­truc­tive, cen­trale ou mixte [29], [51], [52].

    Pour un adulte, un index d’apnées-hypopnées infé­rieur à 5 évènements/h est consi­dé­ré comme nor­mal car toutes les per­sonnes font des apnées ou des hypo­pnées au cours de la nuit. Tou­te­fois quand cet index s’élève à > 5/h il est dit patho­lo­gique et est uti­li­sé pour qua­li­fier le syn­drome d’apnées du som­meil en trois niveaux de sévé­ri­té [47].

    • Léger : si 5 < IAH < 15 ;
    • Modé­ré : si 15 < IAH < 30 ;
    • Sévère : si IAH > 30 [47].

    Pour les enfants, le diag­nos­tic est fait en tenant compte du cadre cli­nique géné­ral, car il n’existe pas de consen­sus entre les socié­tés savantes par rap­port aux valeurs d’IAH dans l’échelle de sévérité.

    L’index d’apnées-hypopnées est obte­nu à par­tir de la réa­li­sa­tion d’examens de poly­gra­phie ven­ti­la­toire et poly­som­no­gra­phie. Ces deux exa­mens rem­bour­sés par la sécu­ri­té sociale peuvent éta­blir le diag­nos­tic des troubles du som­meil et la meilleure voie de trai­te­ment pour les patients.       

    2.2.1.              La polygraphie ventilatoire

    Un poly­graphe ven­ti­la­toire est un dis­po­si­tif médi­cal de classe IIa qui enre­gistre des signaux phy­sio­lo­giques pen­dant le som­meil. Cet appa­reil pos­sède des cap­teurs de débit, de posi­tion, de mou­ve­ments res­pi­ra­toires, de lumi­no­si­té et un micro­phone inté­gré. De plus, les boî­tiers les plus modernes comme le poly­graphe Nox T3s (dis­tri­bué par Resmed) pos­sèdent une connexion blue­tooth (Figure 10). Celle-ci est uti­li­sée pour com­mu­ni­quer avec une oxy­montre qui trans­met­tra au poly­graphe les don­nées de satu­ra­tion d’oxygène, de pouls et de fré­quence cardiaque.

    Figure 10 : Dispositif de polygraphie Nox T3s. Fabriqué par Nox Médical et distribué par ResMed [17].

    La poly­gra­phie ven­ti­la­toire (PG) est un exa­men ambu­la­toire pou­vant déter­mi­ner la pré­sence des syn­dromes d’apnées du som­meil. Elle est réa­li­sée sur pres­crip­tion médi­cale et per­met d’évaluer l’index d’apnées-hypopnées de la nuit de som­meil. Selon la Haute Auto­ri­té de San­té, un exa­men de poly­gra­phie ven­ti­la­toire doit enre­gis­trer au mini­mum 5 signaux, dont le flux naso-buc­cal, les mou­ve­ments tho­ra­co-abdo­mi­naux, l’oxymétrie, la fré­quence car­diaque et la posi­tion (Figure 11). La poly­gra­phie est indi­quée si le patient a une pré­somp­tion cli­nique de syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil, mais n’a pas de signe d’autres patho­lo­gies du som­meil [47], [53].

    Figure 11 : Equipement de polygraphie Nox T3s posé sur mannequin (Source : Auteure).
    Tableau 2 : Résumé des signaux les plus présents en polygraphie ventilatoire et l’intérêt de le faire.

    L’examen ambu­la­toire débute avec l’appareillage des patients à l’hôpital ou dans un cabi­net médi­cal, puis ils rentrent chez eux pour dor­mir comme d’habitude. Au cours de la nuit, le poly­graphe enre­gis­tre­ra les don­nées de débit res­pi­ra­toire, d’effort tho­ra­cique et abdo­mi­nal, d’actimétrie, de posi­tion du corps, de puis­sance du ron­fle­ment, de satu­ra­tion d’oxygène et de fré­quence car­diaque. Le len­de­main, ils déposent l’appareil au ser­vice médi­cal et le méde­cin du som­meil réa­li­se­ra le télé­char­ge­ment et la relec­ture de l’enregistrement (Figure 12). C’est à tra­vers cette relec­ture que le méde­cin pour­ra éva­luer la pré­sence ou pas d’un syn­drome d’apnées du som­meil et sa sévérité.

    Figure 12 : Exemple des signaux acquis par polygraphie ventilatoire (Source : Auteure).

    Cet exa­men est rem­bour­sé par l’Assurance Mala­die et sou­mis à un for­fait de 145,92€. Pour le syn­drome d’apnées obs­truc­tives du som­meil, la poly­gra­phie ven­ti­la­toire peut être réa­li­sée chez l’adulte ou chez l’enfant. Prin­ci­pa­le­ment dans les cas sui­vants : le diag­nos­tic, l’instauration d’un trai­te­ment, le sui­vi des trai­te­ments à court terme et à long terme [53], [54].

    La plus grande limi­ta­tion de la poly­gra­phie ven­ti­la­toire est le manque de don­nées par rap­port au som­meil. Pour cer­tains patients qui pos­sèdent un som­meil trop frag­men­té, les résul­tats de la poly­gra­phie peuvent être faus­sés, ayant un index d’apnées et hypo­pnées sous-esti­mé. Afin de sur­mon­ter cette limi­ta­tion et aug­men­ter la pré­ci­sion des exa­mens de PG, cer­tains fabri­cants ont déve­lop­pé des algo­rithmes d’intelligence arti­fi­cielle qui estiment les stades du som­meil des patients. Un exemple est l’algorithme Nox BodyS­leep de l’entreprise islan­daise Nox Medi­cal. Tou­te­fois cela ne rem­place pas l’utilisation et la per­ti­nence de la poly­som­no­gra­phie dans le diag­nos­tic des troubles du som­meil [55][57].

    2.2.2.              La polysomnographie

    Un poly­som­no­graphe est un dis­po­si­tif médi­cal de classe IIa et enre­gistre au moins 7 signaux phy­sio­lo­giques dif­fé­rents. Comme les poly­graphes, un sys­tème de poly­som­no­gra­phie enre­gistre des signaux comme : le débit naso-buc­cal, la posi­tion, l’actimétrie, les mou­ve­ments res­pi­ra­toires, le volume du ron­fle­ment, la satu­ra­tion d’oxygène, le pouls et la fré­quence car­diaque. En addi­tion, les poly­som­no­graphes enre­gis­tre­ront aus­si les signaux d’électroencéphalographie (EEG), d’électrooculographie (EOG) et d’électromyographie (EMG). Ceux-ci étant propres à l’étude du sommeil.

    Tableau 3 : Résumé des signaux les plus présents en polysomnographie et l’intérêt de le faire.

    Selon la Haute Auto­ri­té de San­té, la poly­som­no­gra­phie doit com­por­ter au moins 6 signaux de quan­ti­fi­ca­tion des stades du som­meil. Ces signaux sont : 3 d’électroencéphalographie, 2 d’électrooculographie et 1 d’électromyographie men­ton­nier. L’examen devra être com­plé­té par l’ajout d’autres signaux à enre­gis­trer selon les patho­lo­gies recher­chées [53].

    Des sys­tèmes de poly­som­no­gra­phie comme le Nox A1 (dis­tri­bué par Resmed) ont (Figure 13) :

    • 8 voies uni­po­laires d’EEG,
    • 2 voies uni­po­laires d’EOG,
    • 3 voies uni­po­laires d’EMG mentonniers,
    • 2 voies bipo­laires d’EMG jambiers,
    • 1 voie bipo­laire d’ECG, et
    • 1 voie bipo­laire sup­plé­men­taire pour l’utilisation d’un ther­mis­tance ou d’un pneu­mo­ta­cho­graphe [58].
    Figure 13 : Système de polygraphie Nox A1. Fabriqué par Nox Medical et distribué par ResMed (Source : Auteure).

    La poly­som­no­gra­phie est l’examen de réfé­rence pour le diag­nos­tic des troubles du som­meil. Elle per­met l’analyse de la qua­li­té du som­meil, ain­si que ses effets sur la qua­li­té des para­mètres res­pi­ra­toires (Figure 14). Elle est aus­si rem­bour­sée par l’Assurance Mala­die et sou­mis à un for­fait maxi­mal de 246,24€. Ce for­fait varie selon la durée d’enregistrement et l’utilisation ou non de la vidéo. Elle peut être réa­li­sée de façon non-sur­veillée (ambu­la­toire) ou sur­veillée (dit en temps-réel) [59], [60], [61].

    Figure 14 : Exemple des signaux acquis en polysomnographie (Source : Auteure).
    2.2.2.1.    Polysomnographie ambulatoire (non-surveillée)

    Dans la poly­som­no­gra­phie ambu­la­toire, le patient est appa­reillé à l’hôpital ou dans un cabi­net médi­cal. Après véri­fi­ca­tion des signaux, le patient est libre pour ren­trer chez lui. Comme pour la poly­gra­phie, il dor­mi­ra avec le maté­riel et le len­de­main ira le dépo­ser au ser­vice médi­cal. Ain­si, le méde­cin réa­li­se­ra le télé­char­ge­ment et la relec­ture de cet enre­gis­tre­ment. Grâce aux signaux propres à l’étude du som­meil et les signaux sup­plé­men­taires, le méde­cin pour­ra véri­fier la frag­men­ta­tion du som­meil et la pré­sence d’autres troubles.

    2.2.2.2.    Polysomnographie en temps-réel (surveillée)

    La poly­som­no­gra­phie en temps-réel se déroule en hos­pi­ta­li­sa­tion. Après l’appareillage et la véri­fi­ca­tion des signaux, le patient dort sur place. Tous ses signaux phy­sio­lo­giques sont trans­mis en direct à un ordi­na­teur, où un tech­ni­cien du som­meil ou une per­sonne for­mée sur­veille l’enregistrement du patient.  Dans ce type d’examen, il est aus­si pos­sible d’ajouter l’enregistrement vidéo du patient dans le but de véri­fier com­ment se déroule sa nuit de som­meil. Cela est sou­vent pré­sent dans les labo­ra­toires du som­meil, sujet qui sera expo­sé dans le cha­pitre 3.

    Chapitre 3 : Laboratoire du sommeil, quel rôle joue l’ingénieur d’application diagnostic ? 

    Un labo­ra­toire du som­meil ou centre du som­meil est un éta­blis­se­ment dédié au diag­nos­tic et au trai­te­ment des troubles du som­meil. Cet envi­ron­ne­ment spé­cia­li­sé regroupe plu­sieurs pro­fes­sion­nels de san­té et per­met d’accompagner le patient tout au long de sa prise en charge. Nor­ma­le­ment, dans le labo­ra­toire du som­meil tous les troubles peuvent être étu­diés à l’aide de dif­fé­rentes méthodes de diag­nos­tic. Ain­si, c’est le rôle du méde­cin du som­meil de défi­nir la meilleure stra­té­gie pour le diag­nos­tic de chaque patient.

    En France, le nombre de centres du som­meil situés au sein d’un hôpi­tal ou d’une cli­nique aug­mente chaque année. Actuel­le­ment, ils sont plus d’une cin­quan­taine dont 45 éta­blis­se­ments agréés par la Socié­té Fran­çaise de Recherche et Méde­cine du Som­meil (Figure 15). Ces labo­ra­toires pos­sèdent au moins une chambre du som­meil qui est dédiée à la réa­li­sa­tion des tests ité­ra­tifs de latence d’endormissement (TILE), tests de main­tien de l’éveil (TME) et des exa­mens de poly­som­no­gra­phie, par exemple [62], [63].

    Figure 15 : Distribution en France des centres du sommeil agréés par la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil [63].

    Cer­tains labo­ra­toires du som­meil sont spé­cia­li­sés dans le diag­nos­tic des syn­dromes d’apnées du som­meil, d’autres dans les hyper­som­nies comme la nar­co­lep­sie et encore d’autres pour les troubles du som­meil chez les enfants. La réa­li­sa­tion d’examens de contrôle sous machine est aus­si pos­sible dans ces centres d’expertise. Pour cela, le patient est relié à l’appareil de pres­sion posi­tive conti­nue et est sou­mis à un exa­men de poly­som­no­gra­phie au cours de la nuit pour véri­fier l’efficacité de son traitement.

    Les équi­pe­ments uti­li­sés dans ces centres sont très tech­niques et leur mau­vaise uti­li­sa­tion a comme consé­quence un sous-diag­nos­tic ou un mau­vais diag­nos­tic des patients. Ain­si, pour assu­rer la bonne uti­li­sa­tion de ces dis­po­si­tifs, la for­ma­tion adé­quate du per­son­nel et l’accompagnement tech­nique sont pri­mor­diaux. Ceci est fait grâce à la pré­sence d’un Ingé­nieur d’application Diag­nos­tic. Les situa­tions et le par­cours de mise en place d’un labo­ra­toire du som­meil décrits après sont le résul­tat des mis­sions réa­li­sées dans le cadre de mon stage de fin d’études. Ceci a été réa­li­sé lors des ins­tal­la­tions de sys­tèmes de poly­som­no­gra­phie en temps-réel à : la Cli­nique du Renai­son (Roanne), l’Hôpital Mai­son Blache (Reims), la Cli­nique La Croix du Sud (Tou­louse) et la Cli­nique Mutua­liste (Saint-Etienne).

    3.1.           Le rôle de l’Ingénieur d’Application pour le diagnostic des troubles du sommeil

    Par défi­ni­tion un ingé­nieur d’application est un pro­fes­sion­nel spé­cia­li­sé sur un dis­po­si­tif. C’est lui qui réa­lise la démons­tra­tion des appa­reils, forme les uti­li­sa­teurs à la bonne exploi­ta­tion et four­nit un sup­port tech­nique en cas de besoin. En tant que spé­cia­liste, l’ingénieur d’application diag­nos­tic doit bien connaître le pro­duit par rap­port à :

    • Son mode de fonc­tion­ne­ment et d’emploi,
    • Ses carac­té­ris­tiques techniques,
    • Les erreurs de mani­pu­la­tion les plus fréquentes,
    • Les sou­cis tech­niques les plus récur­rents, et
    • Les solu­tions de dépan­nage à mettre en place.

    Il doit aus­si être atten­tif aux infor­ma­tions trans­mises par le chef pro­duit diag­nos­tic comme par exemple les infor­ma­tions de mises à jour firm­ware ou logi­cielles. Cela demande aus­si des connais­sances tech­niques en infor­ma­tique, car sou­vent il est néces­saire de prendre la main à dis­tance sur l’ordinateur du client.

    En étant une des expertes tech­niques du diag­nos­tic, j’ai été réfé­rente interne et externe pour les régions d’Auvergne-Rhône-Alpes et Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur. Ain­si, avec les com­pé­tences tech­niques d’un ingé­nieur d’application, j’ai été res­pon­sable d’un parc de dis­po­si­tifs de plus de 1000 appa­reils de poly­gra­phie et plus de 100 de polysomnographie.

    D’après mon expé­rience en tant qu’ingénieure d’application diag­nos­tic, les mis­sions dépassent la sphère tech­nique. Ce métier demande des apti­tudes humaines en com­mu­ni­ca­tion, en rela­tion­nel et en péda­go­gie, de façon à bien com­prendre les besoins des clients et de leurs patients. Nor­ma­le­ment, ses clients sont des pres­ta­taires de san­té à domi­cile et/ou des méde­cins (pneu­mo­logues, oto-rhi­no-laryn­go­lo­giste, car­dio­logues, méde­cins géné­ra­listes et neu­ro­logues). Ain­si, il est néces­saire d’utiliser ses com­pé­tences humaines pour s’adapter aux besoins de chaque client.

    Des com­pé­tences com­mer­ciales sont aus­si néces­saires au cours des déploie­ments de pro­jets pour le sou­tien des équipes de ventes. Ain­si, cela intro­duit aus­si l’ingénieur d’application diag­nos­tic dans les sphères com­mer­ciale et humaine. Ceci est décrit ci-des­sous au cours du par­cours de mise en place d’un labo­ra­toire du sommeil.

    3.2.           Le rôle de l’Ingénieur d’Application pour la mise en place d’un laboratoire du sommeil

    A la dif­fé­rence d’autres domaines, en étant ingé­nieur d’application diag­nos­tic il est pos­sible d’être pré­sent au déploie­ment d’un labo­ra­toire du som­meil depuis le tout début. Il par­ti­cipe acti­ve­ment tout au long du che­min qui abou­ti­ra à la mise en fonc­tion­ne­ment des dis­po­si­tifs. Néan­moins, son rôle ne se limite pas à cela puisque ResMed ne vend pas sim­ple­ment des dis­po­si­tifs médi­caux, mais aus­si des ser­vices. L’ingénieur d’application est aus­si res­pon­sable de four­nir le sup­port tech­nique après-vente.

    La mise en place d’un labo­ra­toire du som­meil demande la par­ti­ci­pa­tion de plu­sieurs acteurs. A la fois des acteurs des domaines com­mer­ciaux, tech­niques et/ou cli­niques. Ce par­cours est aus­si com­po­sé de plu­sieurs phases, selon les types de clients et de pres­ta­tions qu’ils four­ni­ront pour diag­nos­ti­quer les troubles du som­meil. Les phases pour la mise en place d’un labo­ra­toire du som­meil sont expo­sées ci-des­sous (Figure 16).

    Figure 16 : Phases de la mise en place d'un laboratoire du sommeil.

    Après un démar­chage com­mer­cial réa­li­sé par des atta­chés tech­ni­co-com­mer­ciaux et grâce à ses com­pé­tences tech­niques, l’ingénieur d’application reçoit la demande de par­ti­ci­pa­tion à un pro­jet de labo­ra­toire du som­meil. A ce moment-là, les com­pé­tences tech­niques, humaines et com­mer­ciales sont d’autant plus néces­saires pour la bonne réa­li­sa­tion du projet.

    3.2.1.                Phase 1 : Présentation du matériel

    Ce sont des méde­cins pneu­mo­logues, oto-rhi­no-laryn­go­lo­giste, car­dio­logues, méde­cins géné­ra­listes ou neu­ro­logues qui inter­viennent dans les labo­ra­toires du som­meil. Quand il s’agit d’un pra­ti­cien qui ne connaît pas le sys­tème de poly­som­no­gra­phie Nox A1, la pre­mière étape consiste en une pré­sen­ta­tion tech­nique de l’appareil. Nor­ma­le­ment, la pré­sen­ta­tion du maté­riel est sui­vie d’une démons­tra­tion où le sys­tème de poly­som­no­gra­phie est posé sur un patient pour un enre­gis­tre­ment du som­meil d’essai. Le len­de­main l’ingénieur d’application peut accom­pa­gner le méde­cin dans le télé­char­ge­ment et la relec­ture de l’enregistrement pour pré­sen­ter les fonc­tions prin­ci­pales du logi­ciel. Il est impor­tant de dire que dus à l’aspect très tech­nique des exa­mens de poly­som­no­gra­phie en temps-réel et au besoin d’une confi­gu­ra­tion très spé­ci­fique, les démons­tra­tions se passent en majo­ri­té en mode ambulatoire.

    C’est au cours de la pré­sen­ta­tion du maté­riel que l’ingénieur d’application peut véri­fier l’intérêt com­mer­cial de pré­sen­ter d’autres équi­pe­ments au client. Par exemple, un labo­ra­toire du som­meil qui réa­li­se­ra la titra­tion des pres­sions machine pour les patients récem­ment diag­nos­ti­qués aura besoin d’appareils sup­plé­men­taires. Ou alors, si en plus d’un contrôle poly­som­no­gra­phique, le centre du som­meil décide de réa­li­ser un contrôle de la cap­nie au cours de la nuit, un sys­tème de cap­no­gra­phie est néces­saire. Tous ces besoins sont iden­ti­fiés au cours des pre­miers échanges avec les clients.

    Dans le cas où le client connaît déjà le maté­riel, car il l’a déjà tes­té aupa­ra­vant ou parce qu’il l’utilise déjà en mode ambu­la­toire, la pré­sen­ta­tion n’est pas néces­saire. Un échange télé­pho­nique peut être mis en place pour cibler les appa­reils néces­saires au projet.

    3.2.2.                Phase 2 : Demande de devis pour le client

    A ce moment, son client peut être un méde­cin qui ira ache­ter le maté­riel direc­te­ment à ResMed ou un pres­ta­taire de san­té à domi­cile. Le pres­ta­taire est un des grands acteurs et clients de ce mar­ché, car sou­vent il achète le maté­riel puis le loue aux médecins.

    Ain­si, après avoir iden­ti­fié le maté­riel néces­saire et avec l’approbation du client, l’ingénieur d’application diag­nos­tic demande au ser­vice vente un devis pour la liste de maté­riel. Son tra­vail ne finit pas là, c’est lui qui devra véri­fier si le devis cor­res­pond bien aux besoins du pro­jet et s’il n’y a pas d’erreurs dans sa com­po­si­tion. Si le client achète le maté­riel, les pré­pa­ra­tions pour l’installation com­mencent. L’ingénieur d’application contacte le ser­vice bio­mé­di­cal et/ou le ser­vice infor­ma­tique pour pas­ser les consignes pour la pré­pa­ra­tion des chambres. Par exemple, la quan­ti­té de prises sec­teur et prises réseaux, la dis­tance entre le poste de ser­vice et la chambre, le câblage néces­saire, etc. De cette façon, les chambres du som­meil sont prêtes à l’installation du matériel.

    3.2.3.                Phase 3 : Installation du matériel et mise en fonctionnement

    L’installation et mise en fonc­tion­ne­ment d’un sys­tème de poly­som­no­gra­phie en temps-réel, comme le Nox A1, se fait en plu­sieurs étapes. Comme une par­tie des com­po­sants du sys­tème com­mu­niquent par Blue­tooth et l’autre dans un réseau Ether­net fer­mé, un pré-para­mé­trage de quelques dis­po­si­tifs est néces­saire. Ceci est fait pour régler les adresses IP des dis­po­si­tifs selon les demandes du ser­vice infor­ma­tique (Figure 17).

    Figure 17 : Schéma de communication entre les dispositifs d'une chambre du sommeil (Source : Auteure).

    Ensuite l’installation phy­sique des dis­po­si­tifs com­mence. L’ingénieur d’application ira pla­cer tous les équi­pe­ments puis il réa­li­se­ra tous les bran­che­ments des appa­reils. Avec l’aide du ser­vice tech­nique de bâti­ment, la camé­ra sera fixée au mur face au lit et si néces­saire des cor­rec­tions dans les prises et connec­tiques réseaux sont faites. Si tout est bien ins­tal­lé, l’ingénieur d’application peut réa­li­ser l’étiquetage des dis­po­si­tifs et des prises. L’étiquetage ou l’utilisation de gom­mettes en cou­leurs est une tech­nique impor­tante en cas d’installation de plu­sieurs chambres du som­meil dans un même labo­ra­toire du som­meil (Figure 18). Elle per­met à l’utilisateur de ne pas mélan­ger les dis­po­si­tifs qui seront uti­li­sés dans chaque chambre du som­meil. Cela n’est pas obli­ga­toire, mais très utile en cas de dépan­nage à dis­tance ou même lors d’un ren­dez-vous présentiel.

    Figure 18 : Système de polysomnographie étiquetté (Source : Auteure).

    Ceci fait, l’ingénieur d’application diag­nos­tic ira para­mé­trer la chambre du som­meil sur le logi­ciel Nox­tur­nal (Nox Medi­cal, dis­tri­bué par ResMed). A ce moment il devra véri­fier que tous les appa­reils phy­siques ont été ajou­tés dans la chambre vir­tuelle du logi­ciel et réa­li­ser les para­mé­trages sup­plé­men­taires (Figure 19).

    Figure 19 : Exemple d'une chambre du sommeil sur le logiciel Noxturnal (Source : Auteure).

    En cas de pro­blème de com­mu­ni­ca­tion entre les appa­reils et le logi­ciel, l’ingénieur d’application doit dis­po­ser de com­pé­tences tech­niques et infor­ma­tiques pour iden­ti­fier le sou­ci. Il peut réa­li­ser des tests d’envoi de paquets de don­nées pour véri­fier la com­mu­ni­ca­tion en réseau ou des chan­ge­ments dans le bran­che­ment réseau.

    Ensuite, si la chambre vir­tuelle est bien confi­gu­rée, il est pos­sible de com­men­cer les « tests à blanc ». C’est-à-dire des tests de véri­fi­ca­tion de fonc­tion­ne­ment sans patient bran­ché. Le but de cette étape est de simu­ler le lan­ce­ment d’un enre­gis­tre­ment et véri­fier que les dis­po­si­tifs se connectent bien. L’ingénieur d’application peut aus­si bran­cher une par­tie des acces­soires à lui-même pour véri­fier sur les tra­cés la tran­si­tion du signal de bruit à un signal phy­sio­lo­gique. De cette façon le fonc­tion­ne­ment du boî­tier de poly­som­no­gra­phie est aus­si tes­té (Figure 20).

    Figure 20 : Enregistrement à blanc pour tester le fonctionnement de la caméra (Source : Auteure).

    Après que les cor­rec­tions néces­saires aient été appor­tées, la chambre est prête pour son pre­mier patient (Figure 21 et Figure 22). Et pour cela, la for­ma­tion du per­son­nel à l’utilisation et à la pose du poly­som­no­graphe est fondamentale.

    Figure 21 : Chambre du sommeil à la Clinique du Renaison (Roanne) prête à recevoir son premier patient (Source : Auteure).
    Figure 22 : Salle d'acquisition du laboratoire du sommeil à la Clinique du Renaison, Roanne (Source : Auteure).

    3.2.4.                Phase 4 : Formation du personnel à l’utilisation du matériel et du logiciel

    Pour la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs, l’ingénieur d’application diag­nos­tic a un rôle capi­tal. L’objectif est de mettre l’utilisateur de l’appareil en totale auto­no­mie pour la pose du dis­po­si­tif et pour l’utilisation du logi­ciel. Comme la pose du poly­som­no­graphe peut être faite par des méde­cins, infir­mières, aides-soi­gnantes ou tech­ni­ciens du som­meil, il est néces­saire de s’adapter à chaque interlocuteur.

    L’ingénieur d’application gui­de­ra et conseille­ra le nou­vel uti­li­sa­teur au cours de la pose, pou­vant aus­si la réa­li­ser avec lui. Il lui pré­sen­te­ra les bonnes pra­tiques et celles à évi­ter, de manière à ce que son inter­lo­cu­teur soit à l’aise avec la mani­pu­la­tion de l’appareil. L’objectif est qu’il devienne rapi­de­ment un uti­li­sa­teur autonome. 

    Figure 23 : Pose des électrodes d'EEG faite par un nouvel utilisateur (Source : Auteure).

    Après la pose de l’appareil, la for­ma­tion conti­nue avec la véri­fi­ca­tion des signaux avant le lan­ce­ment de l’examen. Pour cela, il pré­sente à son inter­lo­cu­teur l’application Androïd Nox­tur­nal (Nox Medi­cal, dis­tri­bué par ResMed) où il est pos­sible de véri­fier la qua­li­té des signaux phy­sio­lo­giques obte­nus (Figure 24 et Figure 25). Si des cor­rec­tions sont néces­saires le poseur sau­ra exac­te­ment où le faire, sinon il peut conti­nuer sa formation.

    Figure 24 : Exemple de vérification de signaux de polysomnographie après la pose du matériel (Source : Application mobile Noxturnal).
    Figure 25 : Exemple de vérification de signaux d’électroencéphalogramme (Source : Application mobile Noxturnal).

    Géné­ra­le­ment, la for­ma­tion se finit par la pré­sen­ta­tion du logi­ciel et lan­ce­ment de l’examen. Encore une fois, l’ingénieur d’application doit s’adapter à la per­sonne en face, car dif­fé­rentes for­ma­tions logi­cielles sont pos­sibles. Une for­ma­tion com­plète à l’utilisation du logi­ciel est faite pour les méde­cins puisque c’est eux qui réa­li­se­ront la relec­ture des tra­cés et ana­lyse des résul­tats. Pour le per­son­nel para­mé­di­cal ou soi­gnant, une for­ma­tion logi­cielle est faite pour le lan­ce­ment des exa­mens, le sui­vi des signaux pen­dant la nuit et le dépan­nage des sou­cis de connexion.

    3.2.5.                Phase 5 : Suivi et support technique après-vente

    L’apprentissage est un pro­ces­sus long, le nou­vel uti­li­sa­teur ne sera pas tota­le­ment auto­nome après la pre­mière pose. Ain­si, des sup­ports d’aide comme des guides d’utilisation seront mis à dis­po­si­tion. Et l’ingénieur d’application fera l’accompagnement de cet uti­li­sa­teur, tou­jours prêt à répondre aux ques­tions et à éva­luer le besoin de sa pré­sence lors d’une nou­velle pose de dispositif.

    Ensuite, il devra être assez réac­tif pour assu­rer le sup­port tech­nique des dis­po­si­tifs sur le ter­rain. Cela pour­ra être fait en gui­dant le client concer­nant les mani­pu­la­tions à réa­li­ser, par une prise de main à dis­tance sur l’ordinateur ou même en allant sur place. Ain­si, après une expli­ca­tion par le client du sou­ci ren­con­tré, l’ingénieur d’application devra com­prendre la cause et la résoudre. En cas de pro­blème dû à une mau­vaise uti­li­sa­tion, il devra pro­fi­ter de l’occasion pour faire un rap­pel des bonnes pra­tiques pour l’utilisation des sys­tèmes de poly(somno)graphie.

    Le sui­vi de ce client est conti­nu et l’ingénieur d’application sera pré­sent à tout moment jusqu’à la fin de vie de l’appareil. Dans le cas d’ajout d’une nou­velle chambre du som­meil au labo­ra­toire, il pour­ra recom­men­cer la pro­cé­dure de mise en place. Et si un nou­veau modèle de l’appareil de poly­som­no­gra­phie est lan­cé, l’ingénieur d’application pro­po­se­ra les chan­ge­ments à faire pour l’utiliser dans les chambres déjà équipées.

    3.3.           Le rôle de l’Ingénieur d’Application face aux nouveaux défis

    Selon les besoins des clients et de la struc­ture à laquelle ils sont atta­chés, les demandes de mise en place peuvent être très pré­cises. De cette façon, l’ingénieur d’application est tou­jours confron­té à des nou­veaux défis. Comme exemple, un ser­vice de pédia­trie et qui n’a pas encore une chambre dédiée a fait une demande de labo­ra­toire du som­meil iti­né­rant. Ceci a exi­gé l’adaptation des com­pé­tences au besoin du client et de ses patients, ce qui est cru­cial. La solu­tion pro­po­sée a été un cha­riot conte­nant tout le sys­tème de poly­som­no­gra­phie pou­vant être trans­por­té à la chambre de chaque patient (Figure 26).

    Figure 26 : Laboratoire du sommeil itinérant au CHU de Reims (Source : Jonathan Devillers, Ingénieur d'application Diagnostic chez ResMed).

    Comme toute solu­tion elle a aus­si des contraintes. La sur­veillance de l’enregistrement ne peut pas être faite en direct, à moins que l’infirmière passe la nuit aus­si dans la chambre. Pour ce client, le plus impor­tant était la mobi­li­té et l’adaptabilité du sys­tème, donc ne pas avoir la sur­veillance des tra­cés au cours de la nuit n’a pas posé de sou­cis. Ain­si, c’est à l’ingénieur d’application de com­prendre les besoins et leurs contraintes, d’évaluer la solu­tion et son appli­ca­bi­li­té et la pré­sen­ter au client.

    3.4.           Apports du stage

    Au cours de ce stage de fin d’études, j’ai pu par­ti­ci­per à plu­sieurs pro­jets en tant qu’ingénieure d’application diag­nos­tic. Il a été très enri­chis­sant pour moi d’être au sein d’une entre­prise mul­ti­na­tio­nale renom­mée dont les valeurs sont vrai­ment cen­trées sur le bien-être du patient. Depuis le pre­mier jour jusque-là, toutes les mis­sions qui m’ont été confiées ont ser­vi à mon déve­lop­pe­ment pro­fes­sion­nel et personnel.

    Le métier d’Ingénieur d’application est capi­tal, puisque c’est lui qui fait le pont direct entre l’entreprise qui four­nit le dis­po­si­tif médi­cal et le client. Ses com­pé­tences tech­niques sont aus­si impor­tantes que ses com­pé­tences humaines et com­mer­ciales. Ain­si, grâce aux équipes de mar­ke­ting, ventes et for­ma­tions cli­niques j’ai pu mon­ter en com­pé­tences par rap­port aux aspects cli­niques des mala­dies du som­meil, au contact client et aux dis­po­si­tifs médi­caux de poly­gra­phie et de polysomnographie.

    En tant qu’ingénieure d’application diag­nos­tic, j’ai eu l’opportunité d’être tota­le­ment auto­nome pour gérer mes dépla­ce­ments, mes ren­dez-vous et mon temps en télé­tra­vail. De plus, j’ai pu être confron­tée aux mêmes situa­tions que mes col­lègues de métier.

    Le métier d’ingénieur d’application m’a beau­coup plu. J’ai appré­cié le fait de m’adapter à chaque inter­lo­cu­teur (col­lègues d’entreprise, pres­ta­taires de san­té, méde­cins et per­son­nel para­mé­di­cal) et de leur four­nir des réponses. Éga­le­ment, il m’a beau­coup plu d’être impli­quée, dans une cer­taine mesure, à la prise en charge des patients atteints de troubles du som­meil. Cela m’a fait réa­li­ser l’importance et les enga­ge­ments du métier d’ingénieur d’application diagnostic.

    Avec plus de 10.000 km par­cou­rus sur les routes de la région sud-est de la France, j’ai aus­si connu le côté soli­taire du métier. Indé­pen­dam­ment des appels qu’on reçoit au cours des dépla­ce­ments, l’ingénieur d’application diag­nos­tic passe la majo­ri­té de son temps seul. Soit au cours des dépla­ce­ments ou des jour­nées de télé­tra­vail. Au début, ce côté m’a moins plu, mais j’ai appris à m’adapter et à l’apprécier avec le temps.

    En effet, le fait d’être la majo­ri­té du temps toute seule m’a for­cée à être encore plus rigou­reuse et orga­ni­sée dans la ges­tion de mon temps. De plus, cela m’a per­mis de pro­fi­ter des occa­sions avec mes col­lègues pour obser­ver la façon dont ils tra­vaillent ain­si que d’écouter atten­ti­ve­ment leur par­tage d’expérience.

    Conclusion

    Face à la perte de la qua­li­té de vie des patients atteints des troubles res­pi­ra­toires du som­meil et au risque de déve­lop­per ou aggra­ver des comor­bi­di­tés, le diag­nos­tic de ces mala­dies reste pri­mor­dial. Ain­si, l’ingénieur d’application diag­nos­tic joue un rôle pri­mor­dial pour la mise en place d’un labo­ra­toire du som­meil. Il doit être capable de répondre tech­ni­que­ment aux demandes faites soit pour l’installation des équi­pe­ments soit pour le sup­port technique.

    Ce stage m’a per­mis de déve­lop­per mes com­pé­tences tech­niques et de deve­nir une spé­cia­liste diag­nos­tic en interne et en externe. Éga­le­ment mes com­pé­tences humaines ont été développées.

    Ain­si, ce stage vient par­fai­te­ment clô­tu­rer mon par­cours uni­ver­si­taire et don­ner suite à ma vie pro­fes­sion­nelle. L’objectif de mon Mas­ter en Ingé­nie­rie de la San­té a été atteint. Et avec convic­tion, j’assume être prête à sai­sir le che­min de mon pro­jet pro­fes­sion­nel et à conti­nuer à mon­ter en compétences.

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    [38] S. Sediri, A. L. Madika, J. P. Baguet, et al., « Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil de la femme : connaître ses spécificités pour une meilleure prise en charge », La Presse Médicale, vol. 47, no 6, p. 499‑509, juin 2018, doi : http://doi.org/10.1016/j.lpm.2018.03.018.

    [39] J.-J. Mourad, « Apnée du sommeil et maladies vasculaires », Journal des Maladies Vasculaires, vol. 38, no 2, p. 73, mars 2013, doi : https://doi.org/10.1016/j.jmv.2012.12.111.

    [40] « Communiqué : SAOS : le bon traitement pour le bon patient », SFRMS, sept. 2015. 

    [41] « A chacun son sommeil - Campagne Nationale d’information », A chacun son sommeil, mars 2021. 

    [42] J. Frija-Masson, R. Wanono, A. Robinot, et al., « Syndrome d’apnées centrales du sommeil », La Presse Médicale, vol. 46, no 4, p. 413‑422, avr. 2017, doi : http://doi.org/10.1016/j.lpm.2016.11.003.

    [43] I. Boutin, C. Saint-Raymond, J.-C. Borel, et al., « Conduite à tenir devant un syndrome d’apnées du sommeil central », Revue de Pneumologie Clinique, vol. 65, no 4, p. 261‑272, août 2009, doi : http://doi.org/10.1016/j.pneumo.2009.07.009.

    [44] R. T. Muza, « Central sleep apnoea-a clinical review », J Thorac Dis, vol. 7, no 5, p. 930‑937, mai 2015, doi : http://doi.org/10.3978/j.issn.2072-1439.2015.04.45.

    [45] T. Brack, « Respiration de Cheyne-Stokes dans l’insuffisance cardiaque », Forum Med Suisse, vol. 13, no 1920, mai 2013, doi : http://doi.org/10.4414/fms.2013.01506.

    [46] A. Giannoni, F. Gentile, P. Sciarrone, et al., « Upright Cheyne-Stokes Respiration in Patients With Heart Failure », Journal of the American College of Cardiology, vol. 75, no 23, p. 2934‑2946, juin 2020, doi : http://doi.org/10.1016/j.jacc.2020.04.033.

    [47] P. Escourrou, N. Meslier, B. Raffestin, et al., « Quelle approche clinique et quelle procédure diagnostique pour le SAHOS ? », Revue des Maladies Respiratoires, vol. 27, p. S115‑S123, oct. 2010, doi : http://doi.org/10.1016/S0761-8425(10)70017-6.

    [48] « Ameli, le site de l’Assurance Maladie en ligne | Entreprise ». 

    [49] Agence technique de l’information sur l’hospitalisation, « Scan Santé ».

    [50] « Sleep-related breathing disorders in adults : recommendations for syndrome definition and measurement techniques in clinical research. The Report of an American Academy of Sleep Medicine Task Force », Sleep, vol. 22, no 5, p. 667‑689, août 1999.

    [51] F. Onen, C. Lalanne, V. Pak, et al., « Elaboration et validation d’un questionnaire à 3 item pour évaluer la somnolence diurne excessive : ODSI – Observation and interview based Diurnal Sleepiness Inventory », Médecine du Sommeil, vol. 14, no 1, p. 10, mars 2017, doi : http://doi.org/10.1016/j.msom.2017.01.130.

    [52] J. Cervantes-Theurel, A. Albarran-Sanchez, V. Rodriguez-Perez, et al., « Utility of the STOP-Bang and Epworth scales and the neck-to-height ratio to detect severe obstructive apnea-hypopnea syndrome in severe obesity », Surgery for Obesity and Related Diseases, vol. 17, no 2, p. 257‑262, févr. 2021, doi : http://doi.org/10.1016/j.soard.2020.10.014.

    [53] Haute Autorité de Santé, « Place et conditions de réalisation de la polysomnographie et de la polygraphie respiratoire dans les troubles du sommeil - Rapport d’évaluation », Haute Autorité de Santé, mai 2012. 

    [54] « Classification commune des actes médicaux - polygraphie respiratoire nocturne - GLQP007 », CCAM en ligne.

    [55] « Polygraphie ventilatoire : Définition et principe de l’examen », Oniris, avr. 02, 2020. 

    [56] H. Ragnarsdóttir, H.M. þráinsson, E. Finnsson, et al., « Body sleep - estimating sleep stages from type 3 home sleep studies using feature extraction and recurrent neural networks », Sleep Medicine, vol. 64, p. S116, déc. 2019, doi : http://doi.org/10.1016/j.sleep.2019.11.318.

    [57] S. Dietz-Terjung, A. R. Martin, E. Finnsson, et al., « Proof of principle study : diagnostic accuracy of a novel algorithm for the estimation of sleep stages and disease severity in patients with sleep-disordered breathing based on actigraphy and respiratory inductance plethysmography », Sleep Breath, févr. 2021, doi : http://doi.org/10.1007/s11325-021-02316-0.

    [58] « Système de polysomnographie Nox A1 | ResMed », ResMed France.

    [59] S. El Fadili, N. Zaghba, H. Benjelloun, et al., « L’apport de la polygraphie ventilatoire dans le diagnostic du syndrome d’apnées obstructives du sommeil », Revue des Maladies Respiratoires, vol. 33, p. A262, janv. 2016, doi : http://doi.org/10.1016/j.rmr.2015.10.593.

    [60] « Classification commune des actes médicaux - Polysomnographie de 12 à 24 heures, avec enregistrement vidéo - AMQP015 », CCAM en ligne.

    [61] « Classification commune des actes médicaux - Polysomnographie de 4 à 8 heures, sans enregistrement vidéo - AMQP010 », CCAM en ligne.

    [62] Topsante.com, « C’est quoi, un centre du sommeil ? - avis d’expert », oct. 2017. 

    [63] SFRMS, « Liste des centres du sommeil homologués par la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil », SFRMS.

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