• IDS267 - État des lieux des dispositifs médicaux à l’Hôpital Privé Clairval

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    Bonne lecture...

    Auteure

    CHERNAI Nas­si­ma

    Contact

    Nas­si­ma CHERNAI : nassimachernai@yahoo.fr

    Citation

    À rap­pe­ler pour tout usage : N.CHERNAI, « État des lieux des dis­po­si­tifs médi­caux à l’Hôpital Pri­vé Clair­val », Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Com­piègne (France), Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té, Mémoire de Stage, https://travaux.master.utc.fr/, réf n° IDS267, juillet 2025, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids267

    Remerciements

    Je tiens à expri­mer ma pro­fonde recon­nais­sance à Céline Condette et Nor­bert Barges pour leur enca­dre­ment bien­veillant et leur sou­tien constant tout au long de l’élaboration de ce rapport.

    Je remer­cie éga­le­ment Mes­dames Isa­belle Claude, Julie Fol­let, ain­si que Mon­sieur Jean-Mat­thieu Prot, pour la qua­li­té de leurs conseils et la per­ti­nence de leurs sug­ges­tions, qui ont lar­ge­ment contri­bué à enri­chir ma réflexion et à orien­ter mes analyses.

    Enfin, j’adresse toute ma gra­ti­tude à ma famille pour son sou­tien indé­fec­tible, et plus par­ti­cu­liè­re­ment à mon mari, dont la pré­sence et l’appui m’ont été pré­cieux tout au long de ce parcours.

    Résumé

      Ce rap­port pré­sente une étude exhaus­tive du patri­moine bio­mé­di­cal de l’Hôpital Pri­vé Clair­val, réa­li­sée dans le cadre d’un stage de fin d’études en Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té. L’objectif prin­ci­pal était d’établir un état des lieux struc­tu­ré et hié­rar­chi­sé des équi­pe­ments médi­caux, en vue de construire un plan de renou­vel­le­ment trien­nal cohé­rent et justifié.

    Grâce à une extrac­tion de don­nées issue du logi­ciel de GMAO, une ana­lyse appro­fon­die a été menée pour éva­luer l’ancienneté, le fonc­tion­ne­ment et le niveau d’obsolescence du parc. Une atten­tion par­ti­cu­lière a été por­tée aux équi­pe­ments de plus de 15 ans, ain­si qu’à ceux en fin de sup­port constructeur.

    Les dis­po­si­tifs ont été clas­sés selon les uni­tés de soin (bloc opé­ra­toire, hos­pi­ta­li­sa­tion, soins cri­tiques) et répar­tis par tranches d’âge. Le plan dis­tingue les inves­tis­se­ments rele­vant du bud­get Capex clas­sique (dépenses d’investissement) de ceux finan­cés par une enve­loppe excep­tion­nelle allouée par le groupe Ram­say. Enfin, une pro­jec­tion bud­gé­taire sur trois ans a été éta­blie, per­met­tant de hié­rar­chi­ser les rem­pla­ce­ments de manière réa­liste, struc­tu­rée et adap­tée aux capa­ci­tés de finan­ce­ment de l’établissement.

    Abstract

     This report pre­sents a detai­led stu­dy of the bio­me­di­cal equip­ment at Pri­vate hos­pi­tal Clair­val, car­ried out during a final inter­n­ship for the Master’s degree in Bio­me­di­cal Engi­nee­ring. The main goal was to create a struc­tu­red and prio­ri­ti­zed over­view of the medi­cal equip­ment in order to build a three-year repla­ce­ment plan.

    Using data extrac­ted from the GMAO soft­ware, a full ana­ly­sis was done to check the age, condi­tion, and obso­les­cence of the devices. Spe­cial atten­tion was given to equip­ment over 15 years old and those no lon­ger sup­por­ted by the manufacturer.

    The devices were grou­ped by care units (ope­ra­ting room, hos­pi­tal wards, cri­ti­cal care) and sor­ted by age range. The plan sepa­rates the equip­ment finan­ced through the stan­dard Capex bud­get from those sup­por­ted by a spe­cial fun­ding enve­lope pro­vi­ded by the Ram­say Group. Final­ly, a three-year bud­get fore­cast was made to help orga­nize and prio­ri­tize invest­ments in a rea­lis­tic and struc­tu­red way.

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    IDS267-État des lieux des dispositifs médicaux à l’Hôpital Privé Clairval
    IDS267-État des lieux des dis­po­si­tifs médi­caux à l’Hôpital Pri­vé Clairval

    Abréviations 

    Introduction Générale

    Les dis­po­si­tifs médi­caux occupent une place cen­trale dans le par­cours de soins. Véri­tables outils de tra­vail pour les pro­fes­sion­nels de san­té, ils per­mettent d’établir des diag­nos­tics fiables, de suivre l’évolution des patho­lo­gies et de réa­li­ser des actes thé­ra­peu­tiques dans des condi­tions opti­males de sécu­ri­té. Leur dis­po­ni­bi­li­té, leur per­for­mance et leur confor­mi­té aux normes en vigueur sont donc des enjeux majeurs pour garan­tir la qua­li­té des prises en charge.

    L’Hôpital Pri­vé Clair­val, recon­nu pour son acti­vi­té en car­dio­lo­gie et en neu­ro­chi­rur­gie, dis­pose de 25 salles de bloc opé­ra­toire : 9 sont dédiées à la car­dio­lo­gie, 10 à la neu­ro­chi­rur­gie, et les autres répar­ties entre l’orthopédie, l’ORL et l’endoscopie, regrou­pées au sein du bloc spé­cia­li­tés. Cette orga­ni­sa­tion impose la pré­sence d’un parc bio­mé­di­cal per­for­mant, fiable et dimen­sion­né pour faire face à une acti­vi­té par­ti­cu­liè­re­ment soutenue.

    Dans ce contexte, l’évolution rapide des tech­no­lo­gies médi­cales, notam­ment avec l’intégration crois­sante de l’intelligence arti­fi­cielle, ren­force les besoins en inno­va­tion et en moder­ni­sa­tion. Par ailleurs, le vieillis­se­ment des équi­pe­ments, leur obso­les­cence ou encore l’arrêt du sup­port construc­teur rendent indis­pen­sable la réa­li­sa­tion régu­lière d’un état des lieux du parc bio­mé­di­cal. Depuis la crise sani­taire liée à la COVID-19, la dimi­nu­tion des sou­tiens publics impose aux éta­blis­se­ments pri­vés une ges­tion plus rigou­reuse de leurs res­sources, en par­ti­cu­lier pour les inves­tis­se­ments en dis­po­si­tifs médicaux.

    C’est dans cette pers­pec­tive que l’ingénieur bio­mé­di­cal du pôle Mar­seille m’a confié la mis­sion de réa­li­ser un état des lieux du parc bio­mé­di­cal de l’Hôpital Pri­vé Clair­val. Cette démarche vise à éta­blir une vision claire, actua­li­sée et struc­tu­rée de l’ensemble des équi­pe­ments, afin de pla­ni­fier leur renou­vel­le­ment de manière cohé­rente et d’anticiper les inves­tis­se­ments nécessaires.

    La pre­mière étape de ce tra­vail a consis­té à clas­ser les équi­pe­ments par grandes familles et par ser­vice, per­met­tant ain­si de visua­li­ser leur répar­ti­tion sec­to­rielle. Chaque dis­po­si­tif a été rat­ta­ché à son uni­té fonc­tion­nelle, avec une atten­tion par­ti­cu­lière por­tée aux équi­pe­ments de plus de 15 ans, seuil défi­ni par le siège comme cri­tère de rem­pla­ce­ment prioritaire.

    Paral­lè­le­ment, les besoins expri­més par les ser­vices ont été recen­sés, qu’il s’agisse de renou­vel­le­ments ou de nou­velles acqui­si­tions liées à l’évolution des pra­tiques médi­cales. Cette double approche, à la fois tech­nique et fonc­tion­nelle, a per­mis d’élaborer un plan d’investissement trien­nal fon­dé sur des cri­tères objec­tifs tels que la sécu­ri­té, la cri­ti­ci­té, la fré­quence d’utilisation ou encore l’impact clinique.

    Consi­dé­ré comme un véri­table outil de pro­duc­tion, le patri­moine bio­mé­di­cal condi­tionne à la fois la per­for­mance médi­cale et l’efficience éco­no­mique de l’établissement. Cette étude vise donc à four­nir à la direc­tion un outil d’aide à la déci­sion struc­tu­ré, afin de sou­te­nir une stra­té­gie d’investissement réa­liste, ciblée et durable.

    Objectifs du stage

    La mis­sion pré­sen­tée dans ce rap­port consti­tue l’axe prin­ci­pal de mon stage. Elle a por­té sur la ges­tion du patri­moine bio­mé­di­cal de l’Hôpital Pri­vé Clair­val. Cette mis­sion s’est ins­crite dans un contexte par­ti­cu­lier, mar­qué par le regrou­pe­ment, en 2020, de l’Hôpital Pri­vé Clair­val avec la Rési­dence du Parc, néces­si­tant une har­mo­ni­sa­tion et une rééva­lua­tion géné­rale du parc biomédical.

    L’objectif prin­ci­pal de ce stage était de m’approprier plei­ne­ment les mis­sions et res­pon­sa­bi­li­tés de l’ingénieur bio­mé­di­cal au sein de l’établissement. Cela m’a per­mis de mieux com­prendre les enjeux liés à la ges­tion des équi­pe­ments médi­caux, de suivre les pro­ces­sus déci­sion­nels et de par­ti­ci­per acti­ve­ment à chaque étape, depuis l’expression du besoin jusqu’à la mise en ser­vice des dis­po­si­tifs. J’ai éga­le­ment eu l’opportunité d’observer, puis de contri­buer à la ges­tion des plan­nings de main­te­nance préventive.

    Dans ce cadre, il m’a été confié l’élaboration d’un plan de renou­vel­le­ment des dis­po­si­tifs bio­mé­di­caux, com­pre­nant à la fois l’identification des besoins et la construc­tion d’un plan d’équipement trien­nal. Cette ana­lyse s’est appuyée sur plu­sieurs cri­tères : l’ancienneté des dis­po­si­tifs, leur état de fonc­tion­ne­ment, leur confor­mi­té régle­men­taire, leur niveau d’obsolescence, ain­si que les besoins expri­més par les utilisateurs.

    Sur la base de ce diag­nos­tic, j’ai éla­bo­ré une pro­jec­tion sur trois ans per­met­tant de :

    • Prio­ri­ser le rem­pla­ce­ment des équi­pe­ments en fin de cycle de vie ou deve­nus obsolètes ;
    • Anti­ci­per les besoins futurs liés à l’évolution de l’activité et à l’ouverture de nou­velles spécialités ;
    • Opti­mi­ser la pla­ni­fi­ca­tion bud­gé­taire en conci­liant per­for­mance, sécu­ri­té et contraintes économiques.

    Partie I : Cadre général et théorique

    1- présentation du groupe Ramsay en France 

    Le groupe Ram­say San­té, ancien­ne­ment Géné­rale de San­té, est le pre­mier acteur d’hospitalisation pri­vée en Europe. Pré­sent dans cinq pays , la France, la Suède, la Nor­vège, le Dane­mark et l’Italie. Il regroupe un total de 465 éta­blis­se­ments de san­té, dont 248 hôpi­taux et cli­niques, 180 centres de soins pri­maires et 37 centres d’imagerie et de radio­thé­ra­pie. En France (Figure 1), il repré­sente 163 éta­blis­se­ments, par­mi les­quels figurent 34 cli­niques de san­té men­tale, 30 centres d’imagerie médi­cale et 19 centres de Soins Médi­caux et de Réadap­ta­tion (SMR)[1].

    Le groupe emploie 38 000 sala­riés, répar­tis entre 26 200 en France, 10 300 en Suède, 760 en Nor­vège, 700 au Dane­mark et 200 en Ita­lie. Chaque année, Ram­say San­té enre­gistre envi­ron 12 mil­lions de visites patients au sein de l’ensemble de ses éta­blis­se­ments euro­péens, confir­mant son rôle struc­tu­rant dans les sys­tèmes de san­té à l’échelle du conti­nent[1].

    Son orga­ni­sa­tion est struc­tu­rée autour de pôles ter­ri­to­riaux spé­cia­li­sés, adap­tés aux besoins spé­ci­fiques de chaque ter­ri­toire de san­té, ce qui per­met au groupe d’ajuster son offre de soins et ses équi­pe­ments en fonc­tion des réa­li­tés locales.

    Figure 1 : Répartition géographique des établissements Ramsay Santé en France [1]

    2-Ramsay Santé région PACA

    Dans la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, Ram­say San­té dis­pose de onze éta­blis­se­ments offi­ciels répar­tis selon trois caté­go­ries d’activité. Quatre éta­blis­se­ments sont spé­cia­li­sés en soins de suite et de réadap­ta­tion (SSR) : le Centre Euro­péen de Réédu­ca­tion du Spor­tif (CERS) à Saint‑Raphaël, la Cli­nique Provence‑Bourbonne à Aubagne, le Centre Paul Cézanne à Aix‑en‑Provence et le Centre Saint‑Thomas de Vil­le­neuve (SSR/Gériatrie). Un éta­blis­se­ment, la Cli­nique des Trois Cyprès, est dédié à la san­té men­tale à La Penne‑sur‑Huveaune. Les six autres éta­blis­se­ments sont tour­nés vers la méde­cine-chi­rur­gie-obs­té­trique (MCO) : Hôpi­tal pri­vé Clair­val, Cli­nique Mon­ti­cel­li-Vélo­drome, Cli­nique Saint-Bar­na­bé, Cli­nique des Quatre-Sai­sons à Mar­seille, Cli­nique Saint-Mar­tin (Ollioules) et Cli­nique Saint-

     Dans la région PACA, Ram­say San­té regroupe dix  éta­blis­se­ments, à savoir le Centre Euro­péen de Réédu­ca­tion du Spor­tif (CERS) à Saint-Raphaël, la Cli­nique Saint-Mar­tin à Ollioules la Cli­nique Pro­vence-Bour­bonne et la Cli­nique Saint-Michel à Aubagne et enfin à Mar­seille le Centre Médip­sy Cli­nique des Trois Cyprès, la Cli­nique Monticelli,

     l’Hôpital Pri­vé Beau­re­gard, Cli­nique Saint-Bar­na­bé, Cli­nique des Quatre-Sai­sons et l’Hôpital Pri­vé Clair­val dans lequel j’ai effec­tué mon stage [2] .

    Figure 2 : Localisation des cliniques Ramsay pôle Marseille [2]

    A. L'Hôpital Privé Clairval  

    L’Hôpital Pri­vé Clair­val est un éta­blis­se­ment de san­té situé dans le 9ᵉ arron­dis­se­ment de Mar­seille, au 317 bou­le­vard du Redon. Fon­dé dans les années 1960 par Jean et José­phine, chré­tiens liba­nais ayant fait for­tune en Afrique de l'Ouest, s'installent à Mar­seille. , avec l’appui de méde­cins locaux, il a d’abord été une cli­nique pri­vée implan­tée dans le quar­tier Sainte-Mar­gue­rite. Deve­nu poly­cli­nique, puis acquis par le groupe Ram­say San­té en 1999. En 2002, il prend offi­ciel­le­ment le nom d’« Hôpi­tal Pri­vé Clair­val »[3], [4].

    L’activité de l’Hôpital Pri­vé Clair­val se divise en 6 pôles qui intègrent plu­sieurs ser­vices (figure 3)

    Figure 3 : Pôles d’activité de l’Hôpital Privé Clairval  (source auteur)

    3-Service Biomedical

    Le ser­vice bio­mé­di­cal de l’Hôpital Pri­vé Clair­val consti­tue un pilier dis­cret, mais essen­tiel au bon fonc­tion­ne­ment de l’établissement. Com­po­sé d’un ingé­nieur bio­mé­di­cal et de trois tech­ni­ciens (Figure 4), il est rat­ta­ché direc­te­ment au Direc­teur Géné­ral du Pôle Mar­seille. À ce titre, l’ingénieur bio­mé­di­cal occupe une fonc­tion à la fois tech­nique, stra­té­gique et trans­ver­sale, en lien constant avec la direc­tion, les ser­vices de soins et les fournisseurs.

    Ce ser­vice garan­tit la sécu­ri­té des soins, la confor­mi­té régle­men­taire et la dis­po­ni­bi­li­té per­ma­nente des dis­po­si­tifs médi­caux, qu’il s’agisse d’équipements de diag­nos­tic, de sur­veillance, de trai­te­ment ou de chi­rur­gie. Il inter­vient à chaque étape du cycle de vie des équi­pe­ments : de l’identification des besoins à la rédac­tion des cahiers des charges, en pas­sant par la récep­tion, l’enregistrement dans la GMAO, et la mise en service.

    L’ingénieur bio­mé­di­cal est éga­le­ment réfé­rent maté­rio­vi­gi­lance de l’établissement. Il coor­donne le plan d’équipement, recueille les besoins des uti­li­sa­teurs, ana­lyse les offres via la pla­te­forme d’achat Ram­say, et pilote le renou­vel­le­ment du parc bio­mé­di­cal. Une fois les dis­po­si­tifs ins­tal­lés, il super­vise les opé­ra­tions de main­te­nance, qu’elles soient pré­ven­tives ou cura­tives, réa­li­sées en interne ou confiées à des pres­ta­taires externes.

    Le ser­vice prend en charge en interne la majo­ri­té des main­te­nances sur un parc de près de 3 250 dis­po­si­tifs médi­caux. Seuls cer­tains équi­pe­ments spé­ci­fiques  comme les sys­tèmes d’imagerie, les laveurs dés­in­fec­teurs d’endoscopes ou les équi­pe­ments des salles inter­ven­tion­nelles  font l’objet de contrats de main­te­nance exter­na­li­sés, gérés et sui­vis par l’ingénieur biomédical.

    Au-delà des mis­sions tech­niques, le ser­vice pla­ni­fie le renou­vel­le­ment des équi­pe­ments en cohé­rence avec les objec­tifs médi­caux, tech­niques et bud­gé­taires de l’établissement. Il gère une grande diver­si­té de maté­riels, allant des dis­po­si­tifs médi­caux cou­rants (bis­tou­ris élec­triques, pousse-seringues, tables d’opération) aux équi­pe­ments spé­cia­li­sés adap­tés aux dif­fé­rentes spé­cia­li­tés cli­niques, en incluant éga­le­ment les lits médi­ca­li­sés et brancards.

    Figure 4 : Organigramme du service biomédical pôle Marseille (source : auteur)

    Partie II : Étude du patrimoine biomédical de l’Hôpital Privé Clairval

    1-Le logiciel de Gestion de la Maintenance Assistée par ordinateur

    L’ensemble des équi­pe­ments bio­mé­di­caux de l’hôpital est recen­sé dans la GMAO Asset Plus, un outil cen­tral de ges­tion du patri­moine médi­cal. Ce logi­ciel consti­tue une source pré­cieuse d’informations tech­niques et admi­nis­tra­tives, ali­men­tée à par­tir de l’inventaire com­plet du parc.

    Par­mi les don­nées dis­po­nibles, on retrouve notamment :

    • La date de mise en service 
    • Le temps de fonc­tion­ne­ment cumulé.
    • La fiche technique.
    • Les pro­to­coles de maintenance.
    • Le ser­vice uti­li­sa­teur concerné.

    Et d’autres infor­ma­tions essen­tielles à la ges­tion opé­ra­tion­nelle.
    Ce sys­tème faci­lite la tra­ça­bi­li­té, l’organisation des inter­ven­tions, ain­si que la pla­ni­fi­ca­tion des rem­pla­ce­ments. Il per­met d’identifier les équi­pe­ments obso­lètes, ceux en fin de sup­port construc­teur, ou encore d’évaluer les coûts de main­te­nance, contri­buant ain­si à une ges­tion opti­mi­sée et anti­ci­pée du parc biomédical.

    2 Méthodologie d’identification des besoins en dispositifs médicaux

    Pour iden­ti­fier les besoins en renou­vel­le­ment des dis­po­si­tifs médi­caux, je me suis dans un pre­mier temps appuyé sur les don­nées issues de la GMAO, en ciblant prio­ri­tai­re­ment les équi­pe­ments âgés de plus de quinze ans. Ce seuil d’ancienneté ne relève pas d’un choix spé­ci­fique du ser­vice bio­mé­di­cal de Clair­val, mais s’inscrit dans la poli­tique glo­bale défi­nie par le groupe Ram­say San­té. En effet, le groupe applique une stra­té­gie de rem­pla­ce­ment repo­sant prin­ci­pa­le­ment sur le cri­tère d’ancienneté, avec un seuil fixé à 15 ans, appli­cable à six grandes familles de dis­po­si­tifs : les micro­scopes chi­rur­gi­caux, les res­pi­ra­teurs d’anesthésie, les ampli­fi­ca­teurs de brillance, les appa­reils de cir­cu­la­tion extra-cor­po­relle , les géné­ra­teurs d’hémodialyse et les émul­si­fi­ca­teurs. Lorsqu’un dis­po­si­tif appar­te­nant à l’une de ces caté­go­ries atteint ou dépasse ce seuil de 15 ans, il est auto­ma­ti­que­ment consi­dé­ré comme prio­ri­taire pour un rem­pla­ce­ment. Dans ce cas pré­cis, le finan­ce­ment n’est pas sup­por­té par l’établissement, mais pris en charge direc­te­ment par le groupe. 

    Cer­tains équi­pe­ments, bien que tou­jours fonc­tion­nels et âgés de moins de 15 ans, peuvent deve­nir obso­lètes en rai­son de l’arrêt du sup­port tech­nique par leur fabri­cant. C’est pour­quoi j’ai éga­le­ment inté­gré dans mon ana­lyse les infor­ma­tions rela­tives à la fin de sup­port construc­teur. Par exemple, les res­pi­ra­teurs GE Aes­pire, encore en fonc­tion­ne­ment dans l’établissement, sont annon­cés en fin de sup­port à l’horizon 2025, ce qui impose d’anticiper leur rem­pla­ce­ment. De même, le parc de per­fu­sion uti­li­sé en réani­ma­tion, four­ni par Fre­se­nius, fait aus­si l’objet d’un arrêt de sup­port à court terme. Ces élé­ments, croi­sés avec les don­nées d’ancienneté et l’état géné­ral des équi­pe­ments, per­mettent d’élaborer un plan de renou­vel­le­ment plus réa­liste et ali­gné sur les besoins réels de l’établissement.

    3-Méthodologie de classification des équipements

    Dans le cadre de mon pro­jet, j’ai pro­cé­dé à une iden­ti­fi­ca­tion et à une clas­si­fi­ca­tion des prin­ci­pales familles d’équipements médi­caux pré­sents au sein de l’établissement. Pour struc­tu­rer cette ana­lyse, j’ai choi­si de répar­tir le parc bio­mé­di­cal selon trois grandes uni­tés fonc­tion­nelles : les ser­vices de soins cri­tiques, les ser­vices d’hospitalisation et le bloc opé­ra­toire. Cette orga­ni­sa­tion, plus par­lante pour la direc­tion en termes d’investissement, per­met d’obtenir une vision claire, struc­tu­rée et hié­rar­chi­sée du patri­moine bio­mé­di­cal, en fonc­tion de sa répar­ti­tion réelle dans l’établissement. L’approche par famille d’équipements faci­lite par ailleurs l’évaluation des besoins spé­ci­fiques à chaque sec­teur, en met­tant en évi­dence les zones de sous-équi­pe­ment, les dis­po­si­tifs obso­lètes ou ceux pro­chai­ne­ment en fin de sup­port construc­teur. Cette seg­men­ta­tion consti­tue ain­si une étape essen­tielle pour une ges­tion stra­té­gique du parc, aus­si bien sur le plan tech­nique que budgétaire.

    Ce tra­vail de seg­men­ta­tion per­met de défi­nir une stra­té­gie de renou­vel­le­ment plu­ri­an­nuelle cohé­rente, ali­gnée sur les prio­ri­tés médi­cales, les impé­ra­tifs tech­niques et les capa­ci­tés d’investissement de l’établissement.

    4-Analyse de l’état actuel du parc biomédical

    A-Audit du Parc des dispositifs âgés de moins de 15 ans

    La répar­ti­tion des 1755 dis­po­si­tifs médi­caux de moins de 15 ans au sein des dif­fé­rents pôles d’activité, illus­trée dans la Figure 5, per­met d’évaluer la part du parc encore consi­dé­rée comme rela­ti­ve­ment récente, et donc, en prin­cipe, non prio­ri­taire pour un rem­pla­ce­ment à court terme.

    On constate que les ser­vices d’hospitalisation concentrent la part la plus impor­tante des équi­pe­ments récents, avec 38 % du total. Cette situa­tion s’explique notam­ment par une cam­pagne de renou­vel­le­ment ciblée, menée dans le cadre du regrou­pe­ment  sur le site de Clair­val, afin d’accueillir les ser­vices d’hospitalisation L'Hôpital Rési­dence du Parc. Elle a por­té prin­ci­pa­le­ment sur les lits médi­ca­li­sés , qui repré­sentent une part impor­tante des équi­pe­ments dans ces unités.

    Les ser­vices de soins cri­tiques ne repré­sentent que 27 % des dis­po­si­tifs récents. Ce chiffre rela­ti­ve­ment bas s’explique par le fait que les efforts de renou­vel­le­ment ont d’abord été concen­trés sur les équi­pe­ments de ven­ti­la­tion, dans un contexte post-crise sani­taire. Par ailleurs, la fusion des trois anciennes uni­tés de réani­ma­tion en une uni­té unique a entraî­né une concen­tra­tion impor­tante de maté­riel de per­fu­sion héri­té des dif­fé­rents ser­vices. Bien que par­fois ancien, ce maté­riel res­tait fonc­tion­nel, ce qui a pu repous­ser son rem­pla­ce­ment dans les phases ini­tiales du plan de renouvellement.

    Figure 5 :  La répartition des DM de moins de 15 ans par Le pôle d’activité  (source auteur)

    1-Tranches d’âge du parc biomédical récent

    La répar­ti­tion des DM de moins de 15 ans selon trois tranches d’âge : 0 à 5 ans, 6 à 10 ans et 11 à 15 ans. Ce décou­page a été rete­nu afin de mettre en évi­dence les DM appar­te­nant à la tranche 11 à 15 ans, les plus sus­cep­tibles d’atteindre pro­chai­ne­ment leur seuil de remplacement.

    On constate que la tranche 0 à 5 ans regroupe 641 DM, tan­dis que celle de 11 à 15 ans en compte 626 (Figure 6), ce qui tra­duit une répar­ti­tion rela­ti­ve­ment équi­li­brée entre ces deux extrêmes. Cela reflète à la fois un effort récent d’investissement dans les DM les plus récents, et la pré­sence encore signi­fi­ca­tive de dis­po­si­tifs proches de leur fin de vie, qui devront faire l’objet d’un rem­pla­ce­ment à court ou moyen terme.

    La tranche inter­mé­diaire, 6 à 10 ans, est légè­re­ment moins repré­sen­tée avec 488 DM. Cette période coïn­cide avec la phase de pré­pa­ra­tion de la fusion entre la Rési­dence du Parc et le site de Clair­val, durant laquelle les prio­ri­tés bud­gé­taires ont été prin­ci­pa­le­ment orien­tées vers le bâti et l’aménagement des futures salles de bloc opé­ra­toire. Au détri­ment des inves­tis­se­ments en dis­po­si­tifs médicaux.

    Cette struc­ture d’âge met en évi­dence la néces­si­té d’anticiper l’obsolescence pro­gres­sive des DM les plus anciens.

    Figure 6 :  répartition par âge des DM de moins de 15 ans  (source Auteur) 

    2- Répartition des Dispositifs médicaux de moins de 15 ans par service 

    À Clair­val, la répar­ti­tion des dis­po­si­tifs médi­caux selon l’âge révèle un équi­libre glo­bal, tout en reflé­tant les dif­fé­rentes phases d’investissement. Les équi­pe­ments les plus récents (0 à 5 ans) ont été acquis majo­ri­tai­re­ment durant la crise sani­taire liée à la covid-19. 

    Cette période a entraî­né un renou­vel­le­ment accé­lé­ré du maté­riel de soins cri­tiques, comme le montre la Figure 7, avec l’acquisition d’équipements tels que des ven­ti­la­teurs et des dis­po­si­tifs de per­fu­sion. Cette ten­dance résulte d’une poli­tique d’investissement d’urgence, ren­due pos­sible grâce à des enve­loppes excep­tion­nelles attri­buées par le minis­tère de la Santé.

     Lan­cée en 2020 sous l’appellation Ségur, cette ini­tia­tive a per­mis de finan­cer mas­si­ve­ment les éta­blis­se­ments publics et pri­vés, sans dis­tinc­tion, en recon­nais­sance de leur rôle essen­tiel durant la pan­dé­mie. Les dis­po­si­tifs âgés de 6 à 10 ans sont éga­le­ment bien repré­sen­tés, tra­dui­sant une conti­nui­té des acqui­si­tions . En revanche, une part impor­tante des équi­pe­ments de 11 à 15 ans, consti­tués en grande majo­ri­té de lits médi­caux, demeure encore en ser­vice. Cette situa­tion s’explique par les contraintes bud­gé­taires qui freinent le renou­vel­le­ment glo­bal des dis­po­si­tifs vieillis­sants. D’où la néces­si­té, pour Clair­val, de mettre en œuvre une pro­gram­ma­tion prio­ri­sée du rem­pla­ce­ment de son parc biomédical.

    Figure 7 :  Répartition des DM moins de 15 ans par pôle d’activité  (source : auteur) 

     B-Audit du parc biomédical plus de 15 ans 

    Suite au regrou­pe­ment de l’Hôpital Pri­vé Clair­val et de la Rési­dence du Parc, désor­mais réunis sous l’appellation « Grand Clair­val », le nombre de dis­po­si­tifs médi­caux enre­gis­trés dans la GMAO ne reflé­tait pas fidè­le­ment la réa­li­té du parc actif. En effet, bien que de nom­breux équi­pe­ments issus de l’ancienne Rési­dence du Parc aient été éva­cués par des pres­ta­taires spé­cia­li­sés ou cédés à des asso­cia­tions, leur retrait n’a pas tou­jours été enre­gis­tré dans l'inventaire. Par consé­quent, ces dis­po­si­tifs appa­raissent encore dans la base de don­nées, entraî­nant une sur­es­ti­ma­tion du parc bio­mé­di­cal réel­le­ment exploité.

    Dans le cadre de mon pro­jet, une extrac­tion exhaus­tive des dis­po­si­tifs médi­caux a été réa­li­sée à par­tir de la GMAO, à la date du 21 mai 2025, sous le code éta­blis­se­ment 110, cor­res­pon­dant à l’Hôpital Pri­vé Clair­val. Cette extrac­tion fai­sait état de 3 415 dis­po­si­tifs médi­caux réfé­ren­cés. Tou­te­fois, ce total incluait éga­le­ment des équi­pe­ments rat­ta­chés à l’ancien code 146, propre à la Rési­dence du Parc, intro­dui­sant ain­si un biais dans l’évaluation du parc effec­ti­ve­ment en service.

    Par­mi ces dis­po­si­tifs, 1 470 pré­sen­taient un âge supé­rieur à 15 ans, soit envi­ron 42 % du total ini­tial, ce qui tra­dui­sait une pro­por­tion impor­tante de maté­riels poten­tiel­le­ment à renou­ve­ler. Cepen­dant, une par­tie non négli­geable de ces équi­pe­ments n’était plus phy­si­que­ment pré­sente dans l’établissement, du fait du démé­na­ge­ment et de la fer­me­ture pro­gres­sive des anciens services.

    Dans une démarche d’épuration métho­do­lo­gique, j’ai donc pro­cé­dé à un tri appro­fon­di du fichier extrait de la GMAO, expor­té au for­mat Excel. En uti­li­sant les fonc­tions de fil­trage et de tri, j’ai pu iden­ti­fier les dis­po­si­tifs encore en fonc­tion­ne­ment et exclure ceux qui étaient obso­lètes, réfor­més ou non loca­li­sables. Mon expé­rience au sein de l’établissement, conju­guée à ma connais­sance des deux sites avant et après la fusion, m’a per­mis d’effectuer un net­toyage pré­cis et per­ti­nent de la base. Cette opé­ra­tion a conduit à l’exclusion de 945 dis­po­si­tifs, soit 28 % du parc ini­tial (Figure 8), majo­ri­tai­re­ment issus de l’ancienne Rési­dence du Parc ou de ser­vices aujourd’hui fermés.

    Les 6 % de dis­po­si­tifs non clas­sés sont consi­dé­rés comme une marge d’erreur. Ils repré­sentent l’écart entre le nombre total d’équipements bio­mé­di­caux recen­sés et la somme des équi­pe­ments extraits selon les filtres d’âge (< 15 ans et > 15 ans). Cette caté­go­rie regroupe vrai­sem­bla­ble­ment des dis­po­si­tifs pour les­quels les don­nées sont incom­plètes, absentes ou non ren­sei­gnées dans la GMAO.

    Ain­si, bien que l’extraction ait été réa­li­sée sous le code 110, une par­tie non négli­geable des équi­pe­ments visibles pro­ve­nait encore de l’ex-établissement (code 146). Grâce à ce tra­vail de réajus­te­ment, les don­nées issues de la GMAO ont pu être conso­li­dées, offrant une base fiable et repré­sen­ta­tive de l’état réel du parc bio­mé­di­cal exploi­té au moment de l’étude.

    Figure 8 : Analyse de l’ancienneté du parc biomédical (source auteur) 

    C- Valeur actuelle par secteur

    L’analyse de la valeur du patri­moine bio­mé­di­cal, répar­tie par uni­té  de soin , concerne exclu­si­ve­ment les dis­po­si­tifs de moins de 15 ans. Cette ana­lyse met en évi­dence une forte concen­tra­tion des inves­tis­se­ments au niveau du bloc opé­ra­toire, dont les équi­pe­ments atteignent une valeur totale de 13 300 945 €, soit envi­ron 77 % de la valeur glo­bale des dis­po­si­tifs valo­ri­sés. À titre de com­pa­rai­son, les ser­vices de soins cri­tiques repré­sentent 1 979 798 €, tan­dis que les ser­vices d’hospitalisation tota­lisent 2 035 878 €. Ain­si, la valeur glo­bale des dis­po­si­tifs ana­ly­sés s’élève à 17 316 620,79 €.

    L’observation croi­sée de la Figure 8 et la Figure9 met en lumière un écart signi­fi­ca­tif entre le nombre d’équipements et leur valeur selon les sec­teurs. Bien que le bloc opé­ra­toire compte moins de dis­po­si­tifs que les autres ser­vices, il concentre les tech­no­lo­gies les plus coû­teuses, en par­ti­cu­lier dans les spé­cia­li­tés à forte tech­ni­ci­té telles que la neu­ro­chi­rur­gie ou la car­dio­lo­gie inter­ven­tion­nelle. Cette den­si­té tech­no­lo­gique confère au bloc un rôle stra­té­gique dans la pla­ni­fi­ca­tion bud­gé­taire, jus­ti­fiant une prio­ri­té expli­cite dans les arbi­trages de renouvellement.

    En paral­lèle, une part impor­tante du parc bio­mé­di­cal en ser­vice est consti­tuée de dis­po­si­tifs de plus de 15 ans, qui n’ont pas pu être chif­frés, faute de prix d’achat ren­sei­gné dans la GMAO. Ces équi­pe­ments  sont  déjà tota­le­ment amor­tis, ce qui empêche toute valo­ri­sa­tion comp­table fiable dans le cadre de cette étude. Ils ont donc été exclus du chif­frage pré­sen­té ci-des­sus, bien qu’ils repré­sentent une part fonc­tion­nelle signi­fi­ca­tive du parc à renouveler.

    Figure 9 : Valeur du patrimoine biomédical (DM < 15 ans) par secteur d’activité (source auteur) 

    D-Bilan intermédiaire

    L’analyse du patri­moine bio­mé­di­cal de l’Hôpital Pri­vé Clair­val, appuyée sur les don­nées issues de la GMAO, a per­mis d’obtenir une vision d’ensemble cohé­rente, mal­gré cer­taines contraintes ini­tiales liées à la fusion de l’Hôpital Rési­dence du Parc et de l’Hôpital Pri­vé Clair­val. Un impor­tant tra­vail de véri­fi­ca­tion et d’épuration de la base a été mené, afin de dis­po­ser d’une base plus réa­liste, reflé­tant la situa­tion réelle du parc exploité.

    Cette étude met en lumière plu­sieurs élé­ments clés pour orien­ter la stra­té­gie de renouvellement :

    • Une pro­por­tion signi­fi­ca­tive d’équipements vieillis­sants, avec 42 % des dis­po­si­tifs ini­tia­le­ment recen­sés âgés de plus de 15 ans, dont une par­tie ne reflète plus la réa­li­té opé­ra­tion­nelle après net­toyage de la base.
    • Le bloc opé­ra­toire consti­tue un point névral­gique, concen­trant une grande par­tie de la valeur du parc bio­mé­di­cal. Son rôle cen­tral dans l’activité de l’établissement jus­ti­fie une atten­tion par­ti­cu­lière dans les arbi­trages budgétaires.
    • Des signes d’obsolescence tech­nique, concer­nant notam­ment des équi­pe­ments encore fonc­tion­nels, mais dont le sup­port construc­teur arrive à échéance, impo­sant une anti­ci­pa­tion des remplacements.

    Ces constats posent les bases d’un diag­nos­tic fiable, indis­pen­sable pour gui­der les déci­sions d’investissement et struc­tu­rer le plan trien­nal de renou­vel­le­ment du parc bio­mé­di­cal, pré­sen­té dans la par­tie suivante.

    Partie III Identification des besoins et projection triennale 

    1-Identification des équipements à remplacer 

    Par­mi les 1 470 équi­pe­ments ini­tia­le­ment iden­ti­fiés lors de la pre­mière extrac­tion depuis la GMAO, 945 dis­po­si­tifs ont été écar­tés à l’issue d’un pre­mier tri, fon­dé sur leur pré­sence effec­tive dans l’établissement.

    Un second tri, plus ciblé, a été mené sur les 525 dis­po­si­tifs res­tants, afin d’identifier ceux répon­dant au cri­tère prin­ci­pal d’ancienneté supé­rieure à 15 ans, confor­mé­ment à la poli­tique du groupe. Tou­te­fois, ce cri­tère ne pou­vant à lui seul jus­ti­fier un rem­pla­ce­ment, l’analyse a été enri­chie par une éva­lua­tion croi­sée, inté­grant les demandes spé­ci­fiques des ser­vices, les niveaux d’obsolescence et les coûts de maintenance.

    Ain­si, par exemple :

    • Le ser­vice de réani­ma­tion a expri­mé une demande de renou­vel­le­ment total de son parc de per­fu­sion, actuel­le­ment en fin de sup­port construc­teur (Fre­se­nius).
    • Les res­pi­ra­teurs GE Aes­pire, bien que tou­jours en ser­vice et ayant moins de 15 ans, approchent leur fin de sup­port pré­vue pour fin 2025, ce qui jus­ti­fie une anti­ci­pa­tion de leur renouvellement.
    • Les moni­teurs de la salle de réveil, encore âgés de moins de 15 ans, ont été rete­nus dans le plan en rai­son de coûts de répa­ra­tion deve­nus dis­sua­sifs, ren­dant l’investissement plus per­ti­nent que leur simple main­tien en l’état.

    Inver­se­ment, cer­tains équi­pe­ments ont été reti­rés de la liste, notam­ment ceux appar­te­nant à des ser­vices dont l’activité a dimi­nué ou qui ont été fermés.

    À l’issue de cette ana­lyse croi­sée, 504 dis­po­si­tifs médi­caux ont été rete­nus comme poten­tiel­le­ment à rem­pla­cer, répar­tis en fonc­tion des besoins expri­més par les ser­vices. Cette base consti­tue le socle de l’élaboration du bud­get pré­vi­sion­nel du plan de renou­vel­le­ment pluriannuel.

    A- Répartition des besoins par secteur

    Bloc opératoire 

    On observe que la majo­ri­té des équi­pe­ments à rem­pla­cer au bloc opé­ra­toire concerne l’anesthésie et la sur­veillance, repré­sen­tant 61 %  de la quan­ti­té total. Cette part impor­tante reflète l’enjeu essen­tiel de sécu­ri­sa­tion du par­cours opé­ra­toire, par­ti­cu­liè­re­ment pour garan­tir une prise en charge opti­male du patient.

    Les équi­pe­ments concer­nés sont prin­ci­pa­le­ment des moni­teurs de sur­veillance des­ti­nés aux salles de réveil, ain­si que des dis­po­si­tifs de per­fu­sion. Ces der­niers sont impac­tés par la fin de sup­port annon­cée par le fabri­cant Fre­se­nius sur son ancienne géné­ra­tion de pompes à per­fu­sion Orches­tra . Cette obso­les­cence tech­nique jus­ti­fie leur rem­pla­ce­ment par les nou­velles gammes actuel­le­ment dis­po­nibles, spé­cia­le­ment Exe­lia et Agi­lia SP.

    Les équi­pe­ments de chi­rur­gie repré­sentent 30 % des rem­pla­ce­ments iden­ti­fiés. Ils com­prennent essen­tiel­le­ment des bis­tou­ris, tables d’opération et pla­fon­niers, qui consti­tuent l’infrastructure de base de toute acti­vi­té opératoire.

    Les dis­po­si­tifs d’imagerie tota­lisent 7 %, et cor­res­pondent à des équi­pe­ments spé­cia­li­sés tels que les écho­graphes et les ampli­fi­ca­teurs de brillance.

    Enfin, les autres dis­po­si­tifs tech­niques (2 %) regrou­pant du maté­riel com­plé­men­taire, mais indis­pen­sable, comme les réfri­gé­ra­teurs médi­caux ou les laveurs d’endoscopie (Figure 10).

    Figure 10 : Répartition des besoins au bloc (source Auteur) 

     Services d’hospitalisation

    La Figure 11 montre que la majo­ri­té des dis­po­si­tifs à rem­pla­cer dans les ser­vices d’hospitalisation concernent le mobi­lier médi­cal, qui repré­sente 69 % du total.

    Les équi­pe­ments de sur­veillance et de moni­to­ring comptent pour 13 %, tra­dui­sant des besoins crois­sants en sui­vi des constantes, notam­ment dans les uni­tés de car­dio­lo­gie où la sur­veillance du rythme car­diaque est essentielle.

    La per­fu­sion, avec 10 %, regroupe des dis­po­si­tifs essen­tiels aux trai­te­ments intra­vei­neux, tels que les pompes à per­fu­sion et les pompes PCA (pompes à anal­gé­sie contrô­lée par le patient), lar­ge­ment uti­li­sées dans la ges­tion de la dou­leur post-opératoire.

    Enfin, les équi­pe­ments d’exploration fonc­tion­nelle repré­sentent 8 %, incluant sur­tout les sta­tions d’épreuve d’effort, en lien avec le pôle de car­dio­lo­gie, qui consti­tue un axe impor­tant de l’activité de l’Hôpital Pri­vé Clairval.

    Figure 11 : répartition des besoins dans les services d'hospitalisation (source Auteur) 

    Service de soins critiques 

    La Figure 12 met en évi­dence une pré­do­mi­nance mar­quée des équi­pe­ments de per­fu­sion, qui repré­sentent 83 % des dis­po­si­tifs médi­caux à rem­pla­cer dans les ser­vices de soins cri­tiques. Cette situa­tion s’explique prin­ci­pa­le­ment par la mise en obso­les­cence annon­cée par le fabri­cant Fre­se­nius Kabi de la gamme Orches­tra, en par­ti­cu­lier du modèle DPS (Double Pousse-Seringue) et de la Base Inten­sive, désor­mais rem­pla­cés par la gamme Exe­lia. L’ensemble des pousse-seringues et des Bases Inten­sives actuel­le­ment en ser­vice doit ain­si être renou­ve­lé, ce qui jus­ti­fie le pour­cen­tage éle­vé observé.

    Les équi­pe­ments de mobi­lier médi­cal repré­sentent 7 % des rem­pla­ce­ments, essen­tiel­le­ment des lits spécialisés.

    Les sup­ports tech­niques (6 %) cor­res­pondent exclu­si­ve­ment à des bras de fluides médi­caux, dont le rem­pla­ce­ment est jus­ti­fié par leur ancienneté.

    Les dis­po­si­tifs de sur­veillance et de moni­to­ring sont limi­tés à 3 %. Ce faible pour­cen­tage s’explique notam­ment par la fusion des trois uni­tés de réani­ma­tion : la réani­ma­tion de la Rési­dence du Parc, la réani­ma­tion car­diaque et la réani­ma­tion Poly­va­lente. Cette réor­ga­ni­sa­tion a per­mis une mutua­li­sa­tion et une ratio­na­li­sa­tion du maté­riel existant.

    Enfin, les équi­pe­ments de ven­ti­la­tion sont très fai­ble­ment repré­sen­tés (1 %), en grande par­tie grâce à un renou­vel­le­ment mas­sif réa­li­sé à la suite de la crise sani­taire liée à la COVID-19, sou­te­nu par des finan­ce­ments spé­ci­fiques de l’État des­ti­nés aux éta­blis­se­ments pri­vés ayant acti­ve­ment par­ti­ci­pé à la prise en charge des patients durant cette période.

    Figure 12 : Répartition des besoins dans les services de soins critiques (source : auteur) 

    2- Élaboration du plan d’équipement triennal

    A- Construction de la projection budgétaire

    Une fois la sélec­tion des dis­po­si­tifs à renou­ve­ler fina­li­sée, une esti­ma­tion bud­gé­taire a été réa­li­sée en s’appuyant sur les prix uni­taires négo­ciés par la cen­trale d’achat du groupe Ram­say San­té. Cette méthode a per­mis de garan­tir une pro­jec­tion finan­cière réa­liste, en adé­qua­tion avec les condi­tions d’achat actuelles.
    Les dis­po­si­tifs ont ensuite été clas­sés par uni­té de fonc­tion­ne­ment, ce qui a per­mis d’identifier les inves­tis­se­ments futurs à anti­ci­per et, sur­tout, de prio­ri­ser les bud­gets en fonc­tion des besoins opé­ra­tion­nels spé­ci­fiques à chaque service.

    La Figure 12 illustre la ven­ti­la­tion bud­gé­taire par uni­té de soin, en pré­ci­sant le nombre de dis­po­si­tifs médi­caux concer­nés par secteur.

    Figure 13 : Chiffrage des besoins en dispositifs médicaux : dépenses vs volume 

    B- Le plan triennal 

    Dans le cadre de l’élaboration du plan trien­nal, un chif­frage bud­gé­taire a été réa­li­sé pour iden­ti­fier les dis­po­si­tifs à renou­ve­ler. L’ensemble de ces don­nées est pré­sen­té dans     la figure  14 qui regroupe la liste des équi­pe­ments rete­nus, leur mode de finan­ce­ment ain­si que leur répar­ti­tion sur les trois exer­cices du plan.

    Cer­tains dis­po­si­tifs, tels que les micro­scopes chi­rur­gi­caux, res­pi­ra­teurs d’anesthésie, ampli­fi­ca­teurs de brillance, appa­reils de cir­cu­la­tion extra-cor­po­relle, géné­ra­teurs d’hémodialyse et émul­si­fi­ca­teurs, appar­tiennent à six grandes familles béné­fi­ciant d’un finan­ce­ment spé­ci­fique sous forme d’une enve­loppe excep­tion­nelle, octroyée en com­plé­ment du bud­get Capex annuel.

    Ce finan­ce­ment par­ti­cu­lier est direc­te­ment pris en charge par le groupe Ram­say, indé­pen­dam­ment du Capex, qui repré­sente envi­ron 3 % du chiffre d’affaires annuel. Les équi­pe­ments concer­nés sont signa­lés par la men­tion “enve­loppe excep­tion­nelle”, per­met­tant de les dis­tin­guer des dis­po­si­tifs rele­vant du finan­ce­ment Capex classique.

    Les autres équi­pe­ments sont finan­cés via le bud­get Capex. Par ailleurs, les pro­jets dont le mon­tant dépasse 75 000 € peuvent faire l’objet d’une demande de sub­ven­tion excep­tion­nelle , à condi­tion de jus­ti­fier la dépense, notam­ment par l’arrivée d’un nou­veau méde­cin ou le déve­lop­pe­ment d’une nou­velle activité. 

    Pour hié­rar­chi­ser objec­ti­ve­ment les prio­ri­tés d’investissement, un indice de cri­ti­ci­té a été attri­bué à chaque dis­po­si­tif à rem­pla­cer. Cette éva­lua­tion, réa­li­sée en amont, repose sur une ana­lyse mul­ti­cri­tère inté­grant des fac­teurs tels que l’âge de l’équipement, son impact cli­nique, sa fré­quence d’utilisation ou encore sa cri­ti­ci­té. Elle a per­mis d’établir un score de prio­ri­té pour chaque appareil.

    Cepen­dant, la déci­sion finale ne s’est pas limi­tée à cette seule ana­lyse tech­nique. Une réunion de concer­ta­tion plu­ri­dis­ci­pli­naire a été orga­ni­sée, réunis­sant l’ingénieur bio­mé­di­cal en chef, la res­pon­sable géné­rale du bloc opé­ra­toire, la res­pon­sable du pôle soins cri­tiques et la DSI. Cette approche col­la­bo­ra­tive a per­mis de croi­ser les prio­ri­tés tech­niques, médi­cales et orga­ni­sa­tion­nelles, afin de construire une prio­ri­sa­tion par­ta­gée, cohé­rente et réa­liste des besoins.

    Enfin, une atten­tion par­ti­cu­lière a été por­tée à la répar­ti­tion équi­li­brée des inves­tis­se­ments sur les trois années du plan, en cohé­rence avec les capa­ci­tés bud­gé­taires de l’établissement et les impé­ra­tifs de conti­nui­té de service.

    Figure 14 : tableau projection budgétaire triennal 

    Conclusion

    Ce tra­vail m’a per­mis de réa­li­ser un état des lieux clair et argu­men­té du parc bio­mé­di­cal de l’Hôpital Pri­vé Clair­val. À par­tir des don­nées issues de la GMAO, et après avoir clas­sé les prio­ri­tés de manière rigou­reuse, j’ai pu construire un plan de renou­vel­le­ment trien­nal cohé­rent et applicable.

    La hié­rar­chi­sa­tion des dis­po­si­tifs à rem­pla­cer s’est basée sur un indice de cri­ti­ci­té, pre­nant en compte des cri­tères objec­tifs comme l’âge des équi­pe­ments, leur impact cli­nique, leur fré­quence d’utilisation ou encore leur cri­ti­ci­té. Ce clas­se­ment a ensuite été dis­cu­té lors d’une réunion plu­ri­dis­ci­pli­naire avec les par­ties pre­nantes, ce qui a per­mis d’ajuster les prio­ri­tés en fonc­tion des réa­li­tés du terrain.

    Le finan­ce­ment du plan repose prin­ci­pa­le­ment sur le bud­get Capex, qui est le prin­ci­pal levier de décais­se­ment. Il est com­plé­té, dans cer­tains cas, par des enve­loppes excep­tion­nelles allouées par le groupe Ram­say San­té pour cer­tains dis­po­si­tifs médi­caux stra­té­giques. Les inves­tis­se­ments ont été répar­tis sur trois ans pour res­pec­ter les contraintes bud­gé­taires et assu­rer une conti­nui­té de ser­vice sans rupture.

    Enfin, ce pro­jet a été très for­ma­teur pour moi. Il m’a per­mis de mettre en pra­tique mes connais­sances, de déve­lop­per mes com­pé­tences en ges­tion tech­nique et en ana­lyse de don­nées, tout en par­ti­ci­pant concrè­te­ment à la stra­té­gie patri­mo­niale de l’établissement.

    Références bibliographiques

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    https://presse.ramsaygds.fr/file/181012/Presentation-corporate-Groupe.pdf

    [2] Google, « https://www.google.com/maps/ ». Consulté le : 21 mai 2025. [En ligne]. Disponible sur : 

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    [3]Direction interministérielle, « Annuaire des entreprises », Annuaire des entreprises. Consulté le : 2 mai 2025. [En ligne]. Disponible sur :

    https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/entreprise/hopital-prive-clairval-423899947

    [4] L. Leroux, « Clairval ou la saga de la famille Maouad », le Monde, 18 mars 1999. Consulté le : 21 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur :

    https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/03/18/clairval-ou-la-saga-de-la-famille-maouad_3562181_1819218.html

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