• IDS273 - Mise en place d’un cahier des charges de connectivité pour l’implémentation des programmateurs cardiaques dans un système d’information hospitalier

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    Bonne lecture...

    Auteur

    Etienne Fray­chi­naud

    Contact

    Citation

    A rap­pe­ler pour tout usage : Etienne FRAYCHINAUD, « Mise en place d’un cahier des charges de connec­ti­vi­té pour l’implémentation des pro­gram­ma­teurs car­diaques dans un sys­tème d’information hos­pi­ta­lier », Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Com­piègne (France), Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té, Mémoire d'Apprentissage, https://travaux.master.utc.fr/, réf n° IDS273, juillet 2025, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids273

    Résumé

    Med­tro­nic est une entre­prise amé­ri­caine spé­cia­li­sée dans le déve­lop­pe­ment de dis­po­si­tifs médi­caux inno­vants, notam­ment dans le domaine de la car­dio­lo­gie.

    Ce mémoire pré­sente le retour d’expérience de mon année d’alternance en tant qu’ingé­nieur d’application pro­duit IT, au sein de Med­tro­nic, avec un focus par­ti­cu­lier sur le déploie­ment des pro­gram­ma­teurs car­diaques, dans le cadre de la der­nière année du Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té – par­cours Tech­no­lo­gies Bio­mé­di­cales et Ter­ri­toires de san­té (TBTS) à l’UTC.

    Cette alter­nance s’est dérou­lée en iti­né­rance sur le sec­teur Sud-Est de la France, au contact des ryth­mo­logues, des équipes médi­cales en bloc opé­ra­toire, en cabi­nets de car­dio­lo­gie, ain­si qu’auprès de nom­breux pro­fes­sion­nels de san­té dans les cli­niques et centres hos­pi­ta­liers.
    L’ingénieur d’application pro­duit IT  San­té assure à la fois la ges­tion com­plète du parc de pro­gram­ma­teurs car­diaques sur son sec­teur, leur déploie­ment, ain­si que la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs à leur prise en main en condi­tions réelles.

    Ce mémoire pro­pose l’élaboration d’un cahier des charges tech­nique pour l’intégration du pro­gram­ma­teur Care­Link Smart­SyncTM au sein d’un sys­tème d’information hos­pi­ta­lier. Il met en évi­dence les enjeux de connec­ti­vi­té, les spé­ci­fi­ci­tés réseau du dis­po­si­tif, ain­si que les bonnes pra­tiques per­met­tant une inté­gra­tion sécu­ri­sée, inter­opé­rable et conforme aux exi­gences actuelles du sec­teur hospitalier.

    Abstract

    Med­tro­nic is an Ame­ri­can com­pa­ny spe­cia­li­zed in the deve­lop­ment of inno­va­tive medi­cal devices, par­ti­cu­lar­ly in the field of car­dio­lo­gy.

    This the­sis pre­sents the feed­back from my one year appren­ti­ce­ship as an IT Pro­duct Appli­ca­tion Engi­neer – Patient Care Sys­tem at Med­tro­nic, with a spe­ci­fic focus on the deploy­ment of car­diac pro­gram­mers, as part of the final year of the Master’s degree in Health Engi­nee­ring – Bio­me­di­cal Tech­no­lo­gies and Health Ter­ri­to­ries (TBTS) at UTC.

    This appren­ti­ce­ship took place on the South-East ter­ri­to­ry of France and invol­ved wor­king clo­se­ly with elec­tro­phy­sio­lo­gists, ope­ra­ting room teams, car­dio­lo­gy cli­nics, and various heal­th­care pro­fes­sio­nals in cli­nics and hospitals.

    The Heal­th­care IT Pro­duct Appli­ca­tion Engi­neer is res­pon­sible for the full mana­ge­ment of the car­diac pro­gram­mer fleet within their ter­ri­to­ry, from deploy­ment to end-user trai­ning in real-life cli­ni­cal conditions.

    This the­sis out­lines the deve­lop­ment of a tech­ni­cal inte­gra­tion spe­ci­fi­ca­tion for the Care­Link Smart­Sync™ pro­gram­mer within a hos­pi­tal infor­ma­tion sys­tem. It high­lights key connec­ti­vi­ty chal­lenges, net­work-spe­ci­fic requi­re­ments of the device, and best prac­tices to ensure secure, inter­ope­rable inte­gra­tion ali­gned with cur­rent hos­pi­tal IT standards.

    Téléchargements

    IDS273 : Mise en place d’un cahier des charges de connectivité pour l’implémentation des programmateurs cardiaques dans un système d’information hospitalier
    IDS273 : Mise en place d’un cahier des charges de connec­ti­vi­té pour l’implémentation des pro­gram­ma­teurs car­diaques dans un sys­tème d’information hospitalier

    Mémoire Complet

    Mise en place d’un cahier des charges de connectivité pour l’implémentation des programmateurs cardiaques dans un système d’information hospitalier

    Remerciements

    Je tiens tout d’abord à remer­cier cha­leu­reu­se­ment M. Mouaad Bou­fad­na, mon tuteur pro­fes­sion­nel, pour son accueil, son accom­pa­gne­ment tout au long de cette année d’apprentissage, ain­si que pour sa capa­ci­té à me pous­ser à pro­gres­ser conti­nuel­le­ment dans mes com­pé­tences tech­niques et humaines.

    Je remer­cie éga­le­ment M. Erwan Robic, mana­ger de l’équipe Patient Care Sys­tems, pour la confiance qu’il m’a accor­dé, sa dis­po­ni­bi­li­té, sa bien­veillance et la clar­té de ses réponses à mes nom­breux questionnements.

    Un grand mer­ci à Mme Lei­la Stam­bach et M. Orphé­ric Oura pour leur sou­tien constant, leur gen­tillesse et leur inves­tis­se­ment quo­ti­dien au sein de l’équipe.

    Je remer­cie aus­si l’ensemble de l’équipe Patient Care Sys­tems, et plus par­ti­cu­liè­re­ment les autres alter­nants, pour leur aide pré­cieuse, leur esprit d’équipe et leur sou­tien tout au long de cette année.

    Je sou­haite expri­mer ma recon­nais­sance à Mme Julie Fol­let, ensei­gnante-cher­cheuse à l’UTC, direc­trice de ce mémoire, pour ses conseils avi­sés, son enca­dre­ment rigou­reux et son sou­tien tout au long de ce travail.

    Enfin, mes remer­cie­ments s’adressent à M. Jean-Mat­thieu Prot et Mme Isa­belle Claude, pour la qua­li­té de leur ensei­gne­ment dis­pen­sé durant ces deux années de Mas­ter à l’UTC, qui m’a per­mis d’aborder plus serei­ne­ment mon inser­tion dans le monde professionnel.

    Liste des abréviations

    ADT : Admis­sion, Discharge, Trans­fer
    CHU : Centre Hos­pi­ta­lier Uni­ver­si­taire
    DPI : Dos­sier Patient Infor­ma­ti­sé
    DSI / DSN : Direc­tion des Sys­tèmes d’Information / Direc­tion des Ser­vices Numé­riques
    ECG : Élec­tro­car­dio­gramme
    FTP / SFTP : (Secure) File Trans­fer Pro­to­col
    HL7 : Health Level Seven
    HTTP / HTTPS : Hyper­Text Trans­fer Pro­to­col (Secure)
    IP : Inter­net Pro­to­col
    IT : Infor­ma­tion Tech­no­lo­gy
    LAN : Local Area Net­work
    MAC : Media Access Control
    NAS : Net­work Atta­ched Sto­rage
    ORU : Obser­va­tion Result Unso­li­ci­ted
    PACS : Pic­ture Archi­ving and Com­mu­ni­ca­tion Sys­tem
    PDF : Por­table Docu­ment For­mat
    RIS : Radio­lo­gy Infor­ma­tion Sys­tem
    RJ45 : Connec­teur réseau Ether­net stan­dard
    SIH : Sys­tème d’Information Hos­pi­ta­lier
    SS : Smart­Sync (abré­via­tion uti­li­sée en interne)
    TCP / UDP : Trans­mis­sion Control Pro­to­col / User Data­gram Pro­to­col
    TLS : Trans­port Layer Secu­ri­ty
    URL : Uni­form Resource Loca­tor
    VLAN : Vir­tual Local Area Net­work
    VPN : Vir­tual Pri­vate Network

    Glossaire

    Chif­fre­ment TLS (Trans­port Layer Secu­ri­ty) : Pro­to­cole de sécu­ri­sa­tion des échanges de don­nées sur Inter­net, notam­ment uti­li­sé par le pro­to­cole HTTPS.

    Connexion LAN (Local Area Net­work) : Connexion réseau locale, sou­vent filaire (RJ45), uti­li­sée dans les hôpi­taux pour sécu­ri­ser les échanges entre équipements.

    DPI (Dos­sier Patient Infor­ma­ti­sé) : Outil numé­rique per­met­tant la ges­tion cen­tra­li­sée des don­nées médi­cales du patient.

    DSI / DSN : Direc­tion en charge de la gou­ver­nance des sys­tèmes infor­ma­tiques hos­pi­ta­liers (infra­struc­ture, sécu­ri­té, accès réseau, etc.).

    Fil­trage pare-feu : Contrôle du tra­fic réseau sor­tant et entrant en fonc­tion d’une poli­tique de sécu­ri­té défi­nie (adresses, ports, protocoles...).

    FTP / SFTP : Pro­to­cole de trans­fert de fichiers, la ver­sion SFTP assu­rant une sécu­ri­té ren­for­cée grâce au chiffrement.

    HL7 (Health Level Seven) : Norme d’interopérabilité uti­li­sée pour l’échange de don­nées médi­cales entre sys­tèmes d’information.

    Inter­opé­ra­bi­li­té : Capa­ci­té d’un dis­po­si­tif à échan­ger et inter­pré­ter des don­nées avec d'autres sys­tèmes informatiques.

    Mat­ching patient : Fonc­tion logi­cielle qui asso­cie auto­ma­ti­que­ment un rap­port à un patient via des don­nées d'identification (nom, date de nais­sance, etc.).

    NAS (Net­work Atta­ched Sto­rage) : Ser­veur de sto­ckage connec­té au réseau, uti­li­sé pour cen­tra­li­ser des docu­ments (rap­ports, images...).

    ORU (Obser­va­tion Result Unso­li­ci­ted) : Mes­sage HL7 conte­nant un résul­tat médi­cal envoyé de manière auto­ma­tique à un autre système.

    PACS (Pic­ture Archi­ving and Com­mu­ni­ca­tion Sys­tem) : Sys­tème d’archivage et de visua­li­sa­tion des images médi­cales (radio­lo­gie, cardiologie…).

    Proxy : Ser­veur relais pour contrô­ler l’accès à Inter­net depuis un réseau hospitalier.

    RIS (Radio­lo­gy Infor­ma­tion Sys­tem) : Sys­tème infor­ma­tique gérant les don­nées et le flux de tra­vail des ser­vices de radiologie.

    RJ45 : Type de connec­teur uti­li­sé pour les câbles réseau Ethernet.

    Ser­veur d’hébergement de don­nées : Infra­struc­ture infor­ma­tique assu­rant le sto­ckage sécu­ri­sé des don­nées médi­cales, sou­vent en lien avec un pres­ta­taire externe certifié.

    SIH (Sys­tème d’Information Hos­pi­ta­lier) : Ensemble des logi­ciels et maté­riels uti­li­sés pour gérer l’activité médi­cale et admi­nis­tra­tive d’un établissement.

    TCP / UDP : Pro­to­coles de trans­port de don­nées. TCP assure un trans­fert fiable, tan­dis que UDP est plus rapide mais sans contrôle d’erreurs.

    VLAN (Vir­tual LAN) : Réseau local vir­tuel per­met­tant de seg­men­ter le tra­fic au sein d’un même hôpi­tal pour des rai­sons de sécu­ri­té et de performance.

    VPN (Vir­tual Pri­vate Net­work) : Réseau pri­vé vir­tuel chif­fré, per­met­tant l’accès sécu­ri­sé à dis­tance aux sys­tèmes internes.

    Introduction

    Dans le contexte actuel d’évolution des tech­no­lo­gies médi­cales et de digi­ta­li­sa­tion des soins, l’intégration des dis­po­si­tifs médi­caux au sein des sys­tèmes d’information hos­pi­ta­liers repré­sente un enjeu majeur. Les éta­blis­se­ments de san­té sont confron­tés à la néces­si­té de connec­ter de manière sécu­ri­sée des équi­pe­ments tou­jours plus nom­breux, dans le res­pect des exi­gences régle­men­taires et de cyber­sé­cu­ri­té. [3]

    Med­tro­nic, en tant qu’acteur majeur du sec­teur des tech­no­lo­gies bio­mé­di­cales, pro­pose des solu­tions inno­vantes pour la prise en charge des patho­lo­gies car­diaques, notam­ment par la divi­sion Car­diac Rhythm Mana­ge­ment (CRM). Cette divi­sion déve­loppe et déploie des dis­po­si­tifs médi­caux implan­tables, tels que les pace­ma­kers, les défi­bril­la­teurs ou les hol­ters implan­tables, qui néces­sitent une pro­gram­ma­tion et un sui­vi rigou­reux. Le pro­gram­ma­teur Care­link Smart­Sync™, der­nière géné­ra­tion, per­met de confi­gu­rer ces dis­po­si­tifs, de suivre les patients et de trans­mettre les don­nées vers des sys­tèmes de télé­car­dio­lo­gie. [5],[19]

    Cepen­dant, l’intégration de ces pro­gram­ma­teurs dans les réseaux hos­pi­ta­liers reste com­plexe. Elle sup­pose la prise en compte de nom­breux para­mètres tech­niques : connec­ti­vi­té réseau, sécu­ri­té infor­ma­tique, confor­mi­té régle­men­taire, et la com­pa­ti­bi­li­té avec les sys­tèmes d'information exis­tants. De plus, les éta­blis­se­ments n’ont sou­vent pas de pro­ces­sus stan­dar­di­sé pour accueillir ces tech­no­lo­gies, ce qui freine leur intégration.

    L’objectif de ce mémoire est de pro­po­ser une métho­do­lo­gie et un cahier des charges pour inté­grer le pro­gram­ma­teur Care­link Smart­Sync™ dans un sys­tème d’information hos­pi­ta­lier. Ce tra­vail repose sur une mis­sion concrète menée en alter­nance chez Med­tro­nic, dans la région Sud-Est, en col­la­bo­ra­tion avec les équipes tech­niques. Il s’appuie sur des connais­sances en ingé­nie­rie bio­mé­di­cale, en archi­tec­ture réseau, en régle­men­ta­tion san­té et sur des retours d’expérience du ter­rain. Ce mémoire s’adresse aux ingé­nieurs d'application, aux ser­vices infor­ma­tiques hos­pi­ta­liers, aux ser­vices bio­mé­di­caux ain­si qu’à toute per­sonne impli­quée dans l’intégration des dis­po­si­tifs médi­caux connec­tés. Il vise à illus­trer les bonnes pra­tiques, à anti­ci­per les risques et à for­ma­li­ser un pro­ces­sus reproductible.

    Chapitre 1 - Medtronic et son environnement : l'innovation au service du patient

    A. Historique

    Med­tro­nic est à l’origine une socié­té de répa­ra­tion de maté­riel médi­cal fon­dée par Earl Bak­ken, étu­diant en ingé­nie­rie élec­trique, et son beau-frère Pal­mer Her­mund­slie, aux États-Unis en 1949, dans leur garage. Elle est aujourd’hui une entre­prise lea­der mon­dial des tech­no­lo­gies médi­cales, avec un chiffre d’affaires de plus de 30 mil­liards d’euros [5].

    C’est à la suite de la demande d’un méde­cin qu’ils ont pu déve­lop­per les pre­miers pace­ma­kers fonc­tion­nant sur bat­te­rie. En 1957, une panne de cou­rant s’est pro­duite à Min­nea­po­lis, met­tant en dan­ger la vie de nom­breux patients. À cette époque, les sti­mu­la­teurs car­diaques étaient très volu­mi­neux et ali­men­tés par le sec­teur. Un chi­rur­gien car­diaque de l’Université du Min­ne­so­ta a deman­dé à Bak­ken s’il pou­vait fabri­quer un sti­mu­la­teur fonc­tion­nant à piles. Quatre semaines plus tard, le pre­mier pace­ma­ker externe, auto­nome grâce à une pile, voit le jour, mar­quant un tour­nant dans le trai­te­ment des aryth­mies car­diaques. Un an plus tard, Med­tro­nic pro­duit le pre­mier sti­mu­la­teur implan­table [5].

    Entre 1960 et 1980, Med­tro­nic devient un acteur clé dans les dis­po­si­tifs implan­tables et les tech­no­lo­gies car­diaques, en déve­lop­pant notam­ment de nom­breuses pro­thèses val­vu­laires. Dans les années 1990, elle crée le pre­mier sys­tème de neu­ro­sti­mu­la­tion, basé sur la sti­mu­la­tion céré­brale pro­fonde, pour trai­ter les patients atteints de troubles du mouvement.

    Entre les années 1990 et 2000, Med­tro­nic fran­chit une nou­velle étape dans l’innovation en déve­lop­pant ses pre­miers défi­bril­la­teurs car­dio­ver­teurs implan­tables (DCI) ain­si que son pre­mier sys­tème de sur­veillance à dis­tance (télé­car­dio­lo­gie).

    Enfin, au XXIe siècle, l’entreprise conti­nue d’innover en lan­çant la pre­mière inter­ven­tion sur patient avec le sys­tème de chi­rur­gie robo­ti­sée des tis­sus mous, HugoTM, et en déve­lop­pant des tech­no­lo­gies assis­tées par intel­li­gence arti­fi­cielle [5].

    Figure 1 : Portfolios chez Medtronic. Source : Auteur

    B. Medtronic dans le monde et en France

    Aujourd’hui, Med­tro­nic per­met de trai­ter plus de 70 patho­lo­gies ( figure 1 ) dif­fé­rentes dans les domaines sui­vants : le car­dio­vas­cu­laire, les neu­ros­ciences, la ges­tion du dia­bète et de nom­breuses spé­cia­li­tés chi­rur­gi­cales. Ces domaines sont pré­sen­tés dans la figure ci-des­sous [5].

    L’entreprise emploie plus de 95 000 per­sonnes, répar­ties dans plus de 150 pays, sur plus de 350 sites à tra­vers le monde. Geoff Mar­tha est l’actuel Pré­sident-Direc­teur Géné­ral (PDG) de la société.

    Med­tro­nic dis­pose de plu­sieurs sièges. Le siège opé­ra­tion­nel est situé à Min­nea­po­lis, aux États-Unis, où se trouve éga­le­ment le site his­to­rique, un centre de recherche et déve­lop­pe­ment, ain­si que la direc­tion géné­rale. Le siège légal et exé­cu­tif se trouve à Dublin, en Irlande, depuis la fusion avec Covi­dien en 2015. Enfin, le siège euro­péen est basé à Tolo­che­naz, en Suisse, et assure la ges­tion des acti­vi­tés en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique [5].

    En France, Med­tro­nic est implan­tée depuis 1972 et compte plus de 1 600 col­la­bo­ra­teurs. Le siège social est situé à Paris, au 9 bou­le­vard Romain Rol­land, dans les locaux de Magne­tik depuis 2020.

    Sur le plan indus­triel, l’usine de Four­mies (Nord), ouverte en 1979, pro­duit des élec­trodes de sti­mu­la­tion car­diaque tem­po­raire des­ti­nées à l’exportation inter­na­tio­nale. Le site de Pont-de-Claix, en Isère, est dédié à la fabri­ca­tion d’aiguilles de suture chi­rur­gi­cale, avec une pro­duc­tion annuelle de 115 à 120 mil­lions d’unités dis­tri­buées dans plus de 160 pays. En région lyon­naise, deux éta­blis­se­ments se dis­tinguent : Medi­crea à Rillieux-la-Pape, spé­cia­li­sé dans la concep­tion d’implants rachi­diens, et le site de Tré­voux, un centre mon­dial de recherche et déve­lop­pe­ment qui pro­duit des ren­forts tis­su­laires implan­tables [5].

    Depuis 1994, Med­tro­nic entre­tient un par­te­na­riat avec l’IRCAD (Ins­ti­tut de Recherche contre les Can­cers de l’Appareil Diges­tif) et pos­sède son propre centre de for­ma­tion euro­péen au sein des locaux de l’institut à Stras­bourg. Ce centre per­met aux équipes Med­tro­nic ain­si qu’aux chi­rur­giens de se for­mer à la chi­rur­gie mini-inva­sive, avec plus de 21 sta­tions de tra­vail équi­pées des der­nières tech­no­lo­gies (lapa­ro­sco­pie, endo­sco­pie, robo­tique…) [5] (figure 2).

    Figure 2 : Illustration du centre de formation à L'IRCAD. Source : Medtronic site officiel France.

    C. Positionnement économique et stratégique

    Analyse SWOT

    L’analyse envi­ron­ne­men­tale de Med­tro­nic, à tra­vers l’outil SWOT (forces, fai­blesses, oppor­tu­ni­tés, menaces), per­met de mettre en évi­dence de nom­breux aspects stra­té­giques de la société.

    L’entreprise dis­pose de forces consi­dé­rables : une forte capa­ci­té d’innovation, un large por­te­feuille de pro­duits (notam­ment en chi­rur­gie robo­ti­sée et en dis­po­si­tifs implan­tables), et une pré­sence inter­na­tio­nale bien éta­blie. Elle béné­fi­cie éga­le­ment d’une exper­tise recon­nue dans le domaine des tech­no­lo­gies de pointe pour le trai­te­ment de patho­lo­gies com­plexes [5],[19].

    Cepen­dant, Med­tro­nic doit faire face à cer­taines fai­blesses, telles que sa dépen­dance à des mar­chés spé­ci­fiques ou la com­plexi­té crois­sante des régle­men­ta­tions natio­nales et inter­na­tio­nales, qui peuvent ralen­tir le déploie­ment de nou­veaux produits.

    Par­mi les oppor­tu­ni­tés, nous obser­vons l’essor de la chi­rur­gie mini-inva­sive, l’augmentation des mala­dies chro­niques et le vieillis­se­ment de la popu­la­tion mon­diale, qui offrent à Med­tro­nic un fort poten­tiel de croissance.

    En revanche, l’entreprise reste confron­tée à des menaces, notam­ment la mon­tée de concur­rents émer­gents en Asie, une pres­sion constante sur les prix dans les sys­tèmes de san­té, et un envi­ron­ne­ment régle­men­taire de plus en plus exi­geant. Ce diag­nos­tic stra­té­gique illustre à la fois la soli­di­té du groupe Med­tro­nic et les enjeux majeurs aux­quels il doit répondre pour main­te­nir son avan­tage com­pé­ti­tif dans un sec­teur en constante évo­lu­tion [5],[19] (figure 3).

    Figure 3 : Analyse SWOT de Medtronic. Source : Auteur.

    Chapitre 2 – La gestion des maladies du rythme cardiaque

    A. Bases de l’anatomie et de la physiologie électrique du cœur

    Le cœur est un organe mus­cu­laire situé dans la cage tho­ra­cique, com­po­sé de nom­breuses fibres. Il est divi­sé en deux par­ties par une paroi épaisse appe­lée sep­tum. Chaque par­tie com­porte deux cavi­tés, soit un total de quatre : les oreillettes droite et gauche en haut, et les ven­tri­cules droit et gauche en bas [2],[12].

    Le cœur fonc­tionne comme une pompe, pro­pul­sant le sang dans tout le corps. Il assure, en syner­gie avec les pou­mons, une oxy­gé­na­tion opti­male de l’organisme. Le bruit des bat­te­ments du cœur cor­res­pond aux tur­bu­lences créées lors de la fer­me­ture des valves car­diaques. On en dénombre quatre : la valve tri­cus­pide et la valve pul­mo­naire à droite, la valve mitrale et la valve aor­tique à gauche. Ces valves empêchent le reflux du sang [2],[12],[28] (figure 4).

    figure 4 : Anatomie du coeur. Source : Santé sur le net. [2]

     Le cycle car­diaque est coor­don­né par le sys­tème de conduc­tion élec­trique du cœur, qui génère des impul­sions élec­triques pour régu­ler les phases de contrac­tion et de relaxa­tion du muscle car­diaque. Ce sys­tème assure une syn­chro­ni­sa­tion entre les dif­fé­rentes cavi­tés, garan­tis­sant une cir­cu­la­tion effi­cace du sang. Il per­met de four­nir de l’oxygène et des nutri­ments aux tis­sus tout en éli­mi­nant les déchets méta­bo­liques [2],[12],[28].

    Le cycle cardiaque

    Le cœur alterne entre des phases de dias­tole et de sys­tole afin d’assurer un cycle car­diaque régu­lier. La dias­tole cor­res­pond à la phase de relaxa­tion des muscles car­diaques et au rem­plis­sage des cavi­tés en sang. La sys­tole cor­res­pond à la contrac­tion des cavi­tés et à l’expulsion du sang [2],[12], [16],[28].

    Phase 1 : Diastole générale isotonique

    Le cœur est au repos : oreillettes et ven­tri­cules sont relâ­chés. La dias­tole cor­res­pond à la phase de relaxa­tion des muscles cardiaques.

    Dans le cœur droit : le sang pauvre en oxy­gène, issu de la cir­cu­la­tion sys­té­mique, entre dans l’oreillette droite par les veines caves supé­rieure et infé­rieure. Le sang issu de la cir­cu­la­tion coro­naire arrive éga­le­ment par le sinus coro­naire.

    Dans le cœur gauche : le sang riche en oxy­gène pro­ve­nant des pou­mons rejoint l’oreillette gauche par les veines pul­mo­naires. Ce sang tra­verse ensuite la valve mitrale pour rem­plir pas­si­ve­ment le ven­tri­cule gauche [2],[12],[28].

    À ce moment, la pres­sion dans les oreillettes est supé­rieure à celle des ven­tri­cules, per­met­tant un rem­plis­sage pas­sif des ven­tri­cules à envi­ron 70 % [2],[12],[28].

    Phase 2 : Systole auriculaire

    Le nœud sinu­sal, situé dans l’oreillette droite, agit comme le sti­mu­la­teur natu­rel du cœur (pace­ma­ker). Il génère une impul­sion élec­trique qui se pro­page dans les deux oreillettes, entraî­nant leur contrac­tion simul­ta­née (en géné­ral entre 60 et 100 bat­te­ments par minute). Cette contrac­tion per­met d’expulser les 30 % res­tants du sang vers les ven­tri­cules. La pres­sion devient supé­rieure dans les ven­tri­cules, ce qui pro­voque la fer­me­ture des valves tri­cus­pide et mitrale : cela pro­duit le pre­mier bruit du cœur [2],[12],[28].

    Phase 3 : Systole ventriculaire isovolumétrique

    L’influx atteint le nœud auri­cu­lo-ven­tri­cu­laire (AV), relais du signal en cas de dys­fonc­tion­ne­ment du nœud sinu­sal. Il se pro­page ensuite par le fais­ceau de His, jusqu’à l’apex du cœur via le réseau de Pur­kinje. Cette conduc­tion pro­voque la dépo­la­ri­sa­tion et la contrac­tion des ven­tri­cules. La pres­sion dans les ven­tri­cules dépasse celle des oreillettes, ce qui entraîne la fer­me­ture desvalves auri­cu­lo-ven­tri­cu­laires. Le volume reste constant, mais la pres­sion aug­mente for­te­ment [2],[12],[28].

    Phase 4 : Systole ventriculaire isotonique

    La contrac­tion des ven­tri­cules se pour­suit et la pres­sion devient supé­rieure à celle des artères (aorte et tronc pul­mo­naire). Cela ouvre les valves sig­moïdes :

    Côté droit : le sang est expul­sé dans les artères pul­mo­naires droite et gauche en pas­sant par la valve pul­mo­naire.

    Côté gauche : le sang est pro­pul­sé dans l’aorte puis l’arc aor­tique et l’aorte des­cen­dante pour oxy­gé­ner l’ensemble du corps en tra­ver­sant la valve aor­tique. Un petit volume de sang reste dans le ven­tri­cule et n’est pas éjec­té [2],[12],[28].

    Phase 5 : Diastole générale isovolumétrique

    Les ven­tri­cules se relâchent. La pres­sion intra­ven­tri­cu­laire chute en des­sous de celle des artères, entraî­nant la fer­me­ture des valves sig­moïdes et pro­dui­sant le deuxième bruit du cœur. À ce moment, toutes les valves sont fer­mées. Les ven­tri­cules sont relâ­chés, mais leur volume reste inchan­gé. Le cycle est prêt à recom­men­cer [2],[12],[28].

    L’activité électrique du cœur et l’ECG

    Le signal élec­trique du cœur est repré­sen­té par une onde carac­té­ris­tique appe­lée onde PQRS.

    Pour mesu­rer cette acti­vi­té élec­trique, on réa­lise un élec­tro­car­dio­gramme (ECG). Ce dis­po­si­tif uti­lise un gal­va­no­mètre relié à des élec­trodes pla­cées sur la peau via des fils conduc­teurs. Un ampli­fi­ca­teur ren­force le signal, car l’activité élec­trique car­diaque est natu­rel­le­ment très faible. Grâce aux 10 élec­trodes de l’ECG, on peut recueillir les cou­rants élec­triques tra­ver­sant le cœur et dif­fu­sés par les tis­sus conduc­teurs du corps [2], [12],[27]. ( figure 5 )

    Onde P : contrac­tion (dépo­la­ri­sa­tion) des oreillettes.

    Com­plexe QRS : contrac­tion (dépo­la­ri­sa­tion) des ven­tri­cules. Il s’agit de la phase la plus mar­quée du signal.

    Onde T : phase de repo­la­ri­sa­tion des ven­tri­cules, cor­res­pon­dant au repos des cel­lules avant un nou­veau cycle [27].

    La repo­la­ri­sa­tion des oreillettes existe éga­le­ment, mais elle est mas­quée par le com­plexe QRS car son signal est trop faible pour être distingué.

    L’ECG per­met donc d’analyser l’amplitude, la forme et la durée de ces signaux, four­nis­sant des infor­ma­tions essen­tielles sur l’état élec­trique du cœur et sur d’éventuels troubles du rythme [27].

    Figure 5 : Système électrique du cœur et ECG. Source : Fédération française de cardiologie. [27]

    B. Le management du rythme cardiaque chez Medtronic

    La divi­sion Car­diac Rhythm Mana­ge­ment (CRM) de Med­tro­nic a pour objec­tif de pro­po­ser des solu­tions thé­ra­peu­tiques aux mala­dies du rythme car­diaque. C’est une divi­sion qui regroupe envi­ron 120 col­la­bo­ra­teurs en France.

    Au sein de cette divi­sion, plu­sieurs spé­cia­li­tés coexistent, dont l’équipe Patient Care Sys­tems (PCS), à laquelle j’ai été rat­ta­ché en tant que consul­tant tech­nique pro­duit IT, lors de mon alternance.

    La divi­sion CRM et CDS ( Car­dio­vas­cu­lar Diag­no­sis and Ser­vices ) est dédiée à la ges­tion et au déploie­ment de dis­po­si­tifs médi­caux implan­tables, tels que les pace­ma­kers, les défi­bril­la­teurs implan­tables (DAI) et les moni­teurs car­diaques implan­tables ( MCI ou hol­ters) , ain­si que des outils de diag­nos­tic et de sur­veillance à dis­tance (télé­car­dio­lo­gie) [19].

    Elle s’inscrit dans l’expertise de la ryth­mo­lo­gie, une dis­ci­pline médi­cale qui prend en charge tous les types de troubles du rythme car­diaque, aus­si bien chez l’adulte que chez l’enfant.

    Les ITC (Ingé­nieur tech­ni­co-com­mer­ciaux ) sont les inter­lo­cu­teurs prin­ci­paux des clients ; ils iden­ti­fient les besoins, remontent les pro­blèmes liés aux pro­duits, et assurent le sui­vi des contrats.
    Les consul­tants tech­niques, quant à eux, accom­pagnent les pro­fes­sion­nels de san­té lors des implan­ta­tions de dis­po­si­tifs, notam­ment en bloc opé­ra­toire. Ils réa­lisent des tests d’impédance et de sti­mu­la­tion, assurent une for­ma­tion cli­nique, et orientent les méde­cins dans le choix du dis­po­si­tif adap­té à la patho­lo­gie du patient.

    Le diagnostic des arythmies : CDS – Cardiovascular Siagnosis and Services

    L’autre par­tie de la divi­sion, CDS de Med­tro­nic pro­pose des outils de diag­nos­tic per­met­tant d’évaluer l’activité élec­trique du cœur et d’identifier les troubles du rythme car­diaque en moni­to­rant son acti­vi­té [19].

    Dis­po­si­tifs de moni­to­rage cardiaque :

    Hol­ter ECG  externe : Un exa­men non-inva­sif qui enre­gistre en conti­nu l’activité car­diaque sur une période de 24 à 72 heures. Les don­nées sont sto­ckées sur une carte mémoire et ana­ly­sées par un car­dio­logue [5],[19].

    Moni­teur car­diaque implan­table (Reveal LINQTM) : Appe­lé aus­si moni­teur car­diaque insé­rable, ce dis­po­si­tif mini-inva­sif per­met une sur­veillance conti­nue. Il détecte et enre­gistre auto­ma­ti­que­ment les épi­sodes d’arythmie, en trans­met­tant les don­nées via la pla­te­forme de sur­veillance Care­linkTM [5],[19] (figure 6).

    Figure 6 : Reveal LINQTM Source : Medtronic site officiel, [5], [15],[19]
    Figure 7 : Moniteur MyCarelinkTM Source : Medtronic site officiel, [5],[15]
    Figure 8 : Communicateur à domicile Mycarelink RelayTM , [5],[15],[19]

    Lorsqu’un patient est sus­pec­té d’avoir besoin d’un dis­po­si­tif implan­table, un moni­teur implan­table ( Reveal LINQTM ) peut être posé près du ster­num. Ce dis­po­si­tif est asso­cié à un moni­teur de télé­car­dio­lo­gie MyCa­re­LinkTM ( figure 7 ) pla­cé au domi­cile du patient, per­met­tant une trans­mis­sion auto­ma­tique des don­nées vers la pla­te­forme Care­linkTM.

    En com­plé­ment, l’application Care­Link ExpressTM Mobile peut éga­le­ment être uti­li­sée pour faci­li­ter l’accès et la ges­tion des don­nées des patients. En inter­ro­geant une pro­thèse car­diaque implan­table avec un pro­gram­ma­teur car­diaque, cette appli­ca­tion per­met d’enregistrer et d’envoyer un rap­port auto­ma­tique vers la pla­te­forme MyCa­re­linKTM. Cette pla­te­forme est acces­sible aux pro­fes­sion­nels de san­té avec des logins et des mots de passes, leur per­met­tant de consul­ter les don­nées de leurs patients [5],[19].

    Les arythmies cardiaques et les solutions de gestion des troubles du rythme

    Les troubles du rythme car­diaque, appe­lés aus­si aryth­mies, sont des ano­ma­lies de la fré­quence ou de la régu­la­ri­té des bat­te­ments du cœur. Un rythme car­diaque nor­mal est dit « sinu­sal », régu­lé par le nœud sinu­sal, capable de s’adapter à l’état du patient (repos ou effort). Lorsqu’un autre foyer que le nœud sinu­sal prend le contrôle de l’activité élec­trique, on parle d’arythmie. .[5],[6],[10],[11],[13],[19],

    On dis­tingue deux grandes caté­go­ries d’arythmies :

    Les tachy­car­dies, lorsque le rythme est trop rapide (>100 bat­te­ments par minute (bpm))

    Les bra­dy­car­dies, lorsqu’il est trop lent (<60 bpm).

    Cer­taines aryth­mies pro­viennent d’une zone pré­cise du sys­tème élec­trique. Dans ces cas, une abla­tion (des­truc­tion ciblée du foyer) peut per­mettre de les sup­pri­mer [5],[6],[10],[11],[13].

    Les tachy­car­dies et leurs traitements

    La tachy­car­die est un rythme car­diaque trop rapide, sou­vent irré­gu­lier, pou­vant dépas­ser 350 bpm. Le cœur se contracte trop vite pour fonc­tion­ner efficacement.

    Il existe deux types de tachy­car­dies : les tachy­car­dies supra-ven­tri­cu­laires, situées dans la par­tie supé­rieure du cœur (oreillettes et nœud AV), les tachy­car­dies ven­tri­cu­laires, situées dans la par­tie infé­rieure (ven­tri­cules) [7],[8].

    Les tachy­car­dies supra-ventriculaires

    Ces aryth­mies pro­viennent du nœud AV ou des oreillettes :

    Tachy­car­die sinu­sale : accé­lé­ra­tion nor­male et pro­gres­sive du rythme car­diaque (stress, effort) [7],[8].

    Tachy­car­die atriale : rythme anor­ma­le­ment rapide des oreillettes (100–220 bpm) cau­sé par des extra­sys­toles [7],[8].

    Flut­ter atrial : rythme très rapide des oreillettes, trans­mis aux ven­tri­cules de manière régu­lière avec un aspect en dent de scie ou toit de che­mi­née dans les dér­via­tions II,III et av1 [7],[8].

    Les tachy­car­dies ventriculaires

    Ce sont les plus graves. Elles naissent en des­sous de la bifur­ca­tion du fais­ceau de His :

    Tachy­car­die ven­tri­cu­laire : suc­ces­sion d’au moins trois extra­sys­toles à >100 bpm, sou­vent avec QRS larges (>0,14 s). Elle est dite « sou­te­nue » si elle dure >30 s.

    Fibril­la­tion ven­tri­cu­laire : contrac­tion désor­ga­ni­sée, inef­fi­cace, néces­si­tant une défi­bril­la­tion immé­diate [7],[8].

    Trai­te­ment par défi­bril­la­teur implantable

    Les défi­bril­la­teurs car­dio­ver­teurs implan­tables (DAI) sont des défi­bril­la­teurs implan­tables. Ils détectent la tachy­car­die grâce à un algo­rithme [4] (figure 9).

     Ils peuvent induire deux types de thé­ra­pie : la pre­mière consiste à déli­vrer des sti­mu­la­tions très rapides en rafales de faible éner­gie ce qui per­met par­fois d’annuler et de prendre le des­sus sur l’arythmie ce qui évite de faire un choc de car­dio­ver­sion ou de défi­bril­la­tion, qui est dou­lou­reux pour le patient [4].

     La thé­ra­pie choc, consiste à déli­vrer un ou plu­sieurs chocs élec­triques avec des éner­gies variables pour stop­per les sys­tèmes élec­triques chao­tiques et faire un reset des car­dio­myo­cytes et ain­si réta­blir un rythme sinu­sal [14],[20].

    Cer­tains DAI pos­sèdent une fonc­tion de sti­mu­la­tion en cas de bra­dy­car­die. Ils peuvent être mono, double ou triple chambre.

    Figure 9 : Défibrillateur implantable CobaltTM. Source : Medtronic site officiel,[5],[19]

    Les bra­dy­car­dies et leurs traitements

    La bra­dy­car­die se défi­nit par un rythme car­diaque anor­ma­le­ment lent, empê­chant le cœur d'assurer un débit san­guin suf­fi­sant pour oxy­gé­ner cor­rec­te­ment l’organisme [14],[19],[20].

    Causes pos­sibles

    Dys­fonc­tion du nœud sinu­sal (NS) : Le nœud peut géné­rer des pauses ou ralen­tir exces­si­ve­ment, pro­vo­quant une asys­to­lie ou une bra­dy­car­die sinu­sale. Dans ce cas, la dépo­la­ri­sa­tion auri­cu­laire est alté­rée. Si le nœud sinu­sal est défaillant, le sys­tème de conduc­tion secon­daire (nœud AV, fais­ceau de His, réseau de Pur­kinje) peut prendre le relais [14],[19],[20].

    Blocs auri­cu­lo-ven­tri­cu­laires (BAV) : Ce sont des per­tur­ba­tions de la conduc­tion entre les oreillettes et les ven­tri­cules, au niveau du nœud AV. On distingue :

    • BAV de type 1 : allon­ge­ment régu­lier de l’intervalle PR (>200 ms) sans perte de conduction.
    • BAV de type 2 :
      • Mobitz I (Wen­cke­bach) : allon­ge­ment pro­gres­sif du PR sui­vi d’une absence de QRS.
      • Mobitz II : dis­pa­ri­tion sou­daine et impré­vi­sible d’un QRS sans modi­fi­ca­tion du PR [14].
    • BAV de type 3 (com­plet) : aucune conduc­tion entre les oreillettes et les ven­tri­cules ; les par­ties dis­tales du sys­tème (fibres de Pur­kinje, cel­lules ven­tri­cu­laires) prennent le relais. Ce rythme dit « idio-ven­tri­cu­laire » est très lent (20 à 40 bpm) et instable [14].

    Trai­te­ment par sti­mu­la­teur car­diaque (pace­ma­ker)

    Quand les troubles sont sévères ou per­sis­tants, un dis­po­si­tif médi­cal implan­table est néces­saire : le pace­ma­ker. Il est pla­cé sous la peau, dans la région pec­to­rale gauche [6],[19],[20] (figures 10, figure 11).

    Simple chambre : une sonde est implan­tée dans le ven­tri­cule droit pour détec­ter et stimuler.

    Double chambre : une sonde dans l’oreillette droite détecte, l’autre dans le ven­tri­cule droit stimule.

    Triple chambre : Sti­mu­la­tion de l’oreillette droite et des deux ventricules

    Pace­ma­ker sans sonde : Insé­ré dans l’oreillette droite et recom­man­dé pour les patients néces­si­tant un sti­mu­la­tion ven­tri­cu­laire iso­lée [5][6],[19],[20].

    Le pace­ma­ker délivre des impul­sions élec­triques de faible inten­si­té (quelques micro­volts) pour :

    • Détec­ter l’activité car­diaque interne,
    • Sti­mu­ler en cas d’absence de battement,
    • Adap­ter le rythme en cas d’effort (incom­pé­tence chronotrope),
    • Enre­gis­trer les don­nées sur l’état du cœur et les sondes.

    Ces dis­po­si­tifs doivent être contrô­lés pré­ci­sé­ment via un pro­gram­ma­teur car­diaque, ce qui sera abor­dé dans le cha­pitre suivant.

    Figure 10 : stimulateurs cardiaques : Source : Medtronic site officiel, [5],[6],[19]
    Figure 11 : système de stimulation MicraTM VR2 sans sonde : Source : Medtronic site officiel, [5],[19]

    L’équipe Patient Care Systems et le rôle de l’ingénieur d’application PCS

    L’équipe Patient Care Sys­tems (ancien­ne­ment Patient Mana­ge­ment jusqu’en 2023) est une struc­ture com­mune aux divi­sions CRM (Car­diac Rhythm Mana­ge­ment) et CDS (Car­diac Diag­nos­tics and Ser­vices). Elle est res­pon­sable des solu­tions de pro­gram­ma­tion des dis­po­si­tifs car­diaques implan­tables [5],[19].

    Créée en 2021 pour répondre à la forte demande autour du pro­gram­ma­teur nou­velle géné­ra­tion Care­link Smart­Sync, l’équipe compte aujourd’hui 11 per­sonnes : un mana­ger, 3 consul­tants tech­niques PCS, et 7 alter­nants – dont je fais par­tie. [5],[19].

    Les différents programmateurs

    Figure 12 : programmateur Carelink 2090TM. Source : Medtronic site offciel, [5],[19]

    Le Care­Link 2090TM est un pro­gram­ma­teur lan­cé en 2001. Il per­met de para­mé­trer et contrô­ler les pro­thèses car­diaques implan­tables : pace­ma­kers, défi­bril­la­teurs et hol­ters. ( figure 12 )
    Il fonc­tionne sous Win­dows XP, pos­sède un écran tac­tile avec sty­let, une impri­mante ther­mique inté­grée, une connexion Ether­net, et com­mu­nique par radio­fré­quence avec les implants.
    L’export des don­nées se fait via USB. Il est ali­men­té uni­que­ment sur sec­teur et pèse envi­ron 12 kg. [5],[19]

    Figure 13 : programmateur CareLink EncoreTM 299901. Source : Medtronic site officiel, [5],[19]

    Le Care­Link EncoreTM 299901 est un appa­reil com­pact (5 kg) des­ti­né à un usage en consul­ta­tion. Il per­met l’interrogation des dis­po­si­tifs implan­tés (ECG, modes de sti­mu­la­tion, para­mètres tech­niques) (figure 13).
    Cepen­dant, il ne per­met pas leur pro­gram­ma­tion : il ne peut ni modi­fier les réglages ni activer/désactiver les thé­ra­pies. Il est donc non adap­té au bloc opé­ra­toire [5],[19]

    Figure 14 : Composants du Carelink SmartsyncTM. Source : Medtronic site officiel, [5],[19]

    Le Care­Link Smart­Sync™ (figure 14) est un pro­gram­ma­teur et ana­ly­seur de sti­mu­la­tion de nou­velle géné­ra­tion. Il se com­pose de :

    Une base de pro­gram­ma­tion : pour l’analyse des para­mètres élec­triques des sondes et la mesure des seuils d’impédance,

    Une tête de télé­mé­trie : pour inter­ro­ger, contrô­ler et pro­gram­mer les implants cardiaques,

    Une tablette iPad Pro : pour contrô­ler et pro­gram­mer les implants car­diaques via les appli­ca­tions Smart­Sync (pace­ma­kers, défi­bril­la­teurs) et LINQ Mobile Mana­ger (hol­ters implan­tables Reveal LINQ), avec carte SIM 4G ou 5G.

    L’ensemble fonc­tionne par appai­rage Blue­tooth® ou par onde radio sur les pro­thèses ne dis­po­sant pas de la tech­no­lo­gie blue­syncTM. La tablette per­met de visua­li­ser en temps réel les signaux car­diaques, d’enregistrer les tests effec­tués pen­dant l’implantation, et de trans­mettre les don­nées.  [5],[19]

    Le rôle de l’ingénieur PCS et ses missions

    L’alternant PCS TC (Tech­ni­cal Consul­tant) est un spé­cia­liste du pro­gram­ma­teur Care­Link Smart­Sync), avec des com­pé­tences en réseaux et en infor­ma­tique.
    Sa mis­sion prin­ci­pale consiste à assu­rer la ges­tion com­plète des pro­gram­ma­teurs sur son secteur.

    Il tra­vaille en étroite col­la­bo­ra­tion avec les ingé­nieurs tech­ni­co-com­mer­ciaux (ITC) et les consul­tants tech­niques du sec­teur, et inter­vient en auto­no­mie chez les clients (hôpi­taux, cli­niques, cabi­nets ou centres de cardiologie). 

    Déploie­ment et sup­port : L’alternant iden­ti­fie les besoins clients, que ce soit en matière d’équipement ou de sup­port tech­nique.
    Il gère les com­mandes, la livrai­son du maté­riel, et assure la pré­sen­ta­tion des dis­po­si­tifs sur site ou à dis­tance auprès des équipes , bio­mé­di­cales et médicales.

    Il s’assure que les cri­tères d’installation défi­nis dans le cahier des charges soient res­pec­tés, notam­ment les contraintes réseau et sécu­ri­té propres à chaque éta­blis­se­ment.
    Il peut éga­le­ment effec­tuer les tests de connec­ti­vi­té et de para­mé­trage néces­saires à l'intégration, en col­la­bo­ra­tion avec les équipes de la DSI ( Direc­tion des sys­tèmes d’informations ), à qui il four­nit les docu­ments tech­niques requis.

    Main­te­nance : Sur le ter­rain, il assure la main­te­nance des pro­gram­ma­teurs Care­Link Smart­SyncTM, ain­si que le sup­port ponc­tuel pour les anciens modèles comme le Care­link 2090 TM et le dis­po­si­tif Care­link EncoreTM.
    Cela com­prend les mises à jour du sys­tème (iOS), des appli­ca­tions (Smart­Sync, LINQ Mobile Mana­ger) et le rem­pla­ce­ment des piles de sécu­ri­té de la base.

    For­ma­tion et accom­pa­gne­ment : Après l’installation, l’alternant forme les pro­fes­sion­nels de san­té à l’utilisation du pro­gram­ma­teur et de ses fonc­tion­na­li­tés appli­ca­tives, assu­rant ain­si une bonne prise en main par les utilisateurs.

    Amé­lio­ra­tion conti­nue : En paral­lèle, l’alternant est encou­ra­gé à pro­po­ser des idées pour amé­lio­rer l’adoption du pro­gram­ma­teur et opti­mi­ser les pro­ces­sus exis­tants.
    Il par­ti­cipe éga­le­ment à des pro­jets et à l’élaboration de nou­velles méthodes de déploie­ment et d’intégration dans les sys­tèmes d’information hospitaliers.

    Mon rôle au sein de Medtronic

    Mon rôle au sein de Med­tro­nic est de répondre aux attentes et aux mis­sions défi­nies pour le poste de consul­tant tech­nique PCS dans ma région (Figure 15, sec­tion en jaune) . Mes res­pon­sa­bi­li­tés incluent le déploie­ment et la mise en œuvre de ces mis­sions dans la région Sud-Est de la France, repré­sen­tée en jaune sur la carte, allant de Dijon à la Corse (figure 15).

    Grâce à mon expé­rience anté­rieure en cyber­sé­cu­ri­té dans le domaine de la san­té, il m’a été confié, en com­plé­ment de mes mis­sions prin­ci­pales, la réa­li­sa­tion d’un pro­jet spé­ci­fique : éla­bo­rer, en col­la­bo­ra­tion avec une alter­nante consul­tante tech­nique PCS, un cahier des charges de connec­ti­vi­té et d’intégration du pro­gram­ma­teur Care­Link Smart­SyncTM dans un sys­tème d’information hos­pi­ta­lier. Ce docu­ment est des­ti­né à la fois aux équipes internes Med­tro­nic et aux éta­blis­se­ments clients.

    Dans ce mémoire, je déve­lop­pe­rai l’ensemble du pro­ces­sus qui per­met de com­prendre com­ment inté­grer le pro­gram­ma­teur Care­Link Smart­SyncTM dans un SIH (sys­tème d’information hos­pi­ta­lier). Cela inclu­ra des notions tech­niques sur les réseaux et la connec­ti­vi­té des dis­po­si­tifs médi­caux dans un envi­ron­ne­ment hos­pi­ta­lier, ain­si qu’un exemple pra­tique d’intégration.

    Figure 15 : Répartition géographique de mon secteur. Source : Auteur

    Un regard cri­tique sera por­té sur ce pro­ces­sus, car de nom­breux docu­ments ont dû être créés ou mis à jour, et la for­ma­li­sa­tion du pro­jet s’est avé­rée néces­saire. En effet, mal­gré l’existence de la mis­sion, peu d’opportunités concrètes ont été sai­sies jusqu’à pré­sent pour sa mise en œuvre. Il a donc été essen­tiel de vali­der et d’actualiser les don­nées tech­niques avec l’appui du ser­vice tech­nique de Med­tro­nic.

    Ce mémoire vise à struc­tu­rer une démarche repro­duc­tible, en appor­tant une com­pré­hen­sion claire des enjeux tech­niques et orga­ni­sa­tion­nels liés à cette intégration.

    Chapitre 3 - L’enjeu d’interconnectivité des dispositifs médicaux : des connaissances primordiales pour un ingénieur d’application

    A. Fondamentaux de la connectivité des dispositifs médicaux et du réseau en milieu hospitalier

    L’intégration d’un dis­po­si­tif médi­cal dans un sys­tème d’information hos­pi­ta­lier (SIH) repose sur une bonne com­pré­hen­sion des réseaux infor­ma­tiques. Un réseau relie dif­fé­rents objets (machines, logi­ciels, per­sonnes) pour per­mettre la com­mu­ni­ca­tion [3].

    Il existe :

    • les LAN (Local Area Net­work), réseaux locaux uti­li­sés par les hôpitaux,
    • les WAN (Wide Area Net­work), réseaux éten­dus comme Inter­net,
    • les VLAN (Vir­tual LAN), qui seg­mentent les réseaux en sous-réseaux logiques pour amé­lio­rer la sécu­ri­té [24].

    Le modèle OSI (Open Sys­tems Inter­con­nec­tion), défi­ni par l’ISO, per­met de com­prendre com­ment les sys­tèmes com­mu­niquent à tra­vers 7 couches :

    Couche 1 : phy­sique : Elle assure la connexion maté­rielle (ex. : câble RJ45, fibre optique, Wi-Fi). Il s'agit d'une trans­mis­sion de don­nées binaires, codées en bits (de 0 à 1), via un sup­port phy­sique. La trans­mis­sion des signaux peut se faire sous forme numé­rique ou ana­lo­gique.
    Par exemple, un écho­graphe est phy­si­que­ment relié à une prise réseau à l'aide d’un câble RJ45, lui-même connec­té à une baie de bras­sage dans le ser­vice hos­pi­ta­lier.
    Les baies de bras­sage sont des armoires tech­niques cen­tra­li­sant les élé­ments du réseau infor­ma­tique, tels que les rou­teurs, les com­mu­ta­teurs, etc. Erreur ! Source du ren­voi introu­vable [24],[30].

    Couche 2 : liai­son de don­nées : Elle per­met la trans­mis­sion des adresses MAC (Media Access Control), qui sont des adresses phy­siques uniques attri­buées à chaque équi­pe­ment réseau, com­pa­rables à une plaque d'immatriculation. Ces adresses sont défi­nies par le construc­teur. Le com­mu­ta­teur (switch) est un appa­reil infor­ma­tique qui relie plu­sieurs équi­pe­ments au sein d’un même réseau local (LAN). Il pos­sède plu­sieurs ports Ether­net (connec­teurs RJ45). Cette couche per­met éga­le­ment d’organiser les don­nées, de les encap­su­ler dans des trames Ether­net, et d’assurer leur trans­mis­sion entre deux appa­reils sur un même réseau local, ou vers un autre com­mu­ta­teur de des­ti­na­tion. Par exemple, un écho­graphe pos­sède une adresse MAC unique (ex. : 00:1A:2B:3C:4D:5E). Les com­mu­ta­teurs sont éga­le­ment capables d’isoler plu­sieurs flux de don­nées en uti­li­sant des VLAN (Vir­tual Local Area Net­works), comme un VLAN dédié à l’imagerie médi­cale sur des ports phy­siques spé­ci­fiques. Le VLAN cor­res­pond à une seg­men­ta­tion logique du réseau, ce qui ren­force la sécu­ri­té en limi­tant l’accès aux don­nées sen­sibles [1],[24],[30].

    Couche 3 : réseau : La couche réseau assure la com­mu­ni­ca­tion entre équi­pe­ments appar­te­nant à dif­fé­rents réseaux. Lorsque deux appa­reils com­mu­niquent sur un même réseau local, la couche réseau n’est géné­ra­le­ment pas indis­pen­sable, car la com­mu­ni­ca­tion s’effectue direc­te­ment via la couche liai­son de don­nées (couche 2 du modèle OSI). En revanche, dès que la com­mu­ni­ca­tion doit tra­ver­ser plu­sieurs réseaux, la couche réseau devient indis­pen­sable. La couche réseau est char­gée de frag­men­ter les mes­sages en petits paquets de don­nées, de les ache­mi­ner vers leur des­ti­na­tion à tra­vers dif­fé­rents réseaux, puis de recons­ti­tuer le mes­sage ori­gi­nal à l’arrivée. Ce pro­ces­sus s’appelle le rou­tage via le pro­to­cole IP. (Inter­net pro­to­col) [9],[24].

    Le rou­teur ajoute une adresse IP à la trame de la couche 2 (adresse MAC) et uti­lise cette adresse IP pour déter­mi­ner le che­min opti­mal à tra­vers le réseau. Le rou­tage est effec­tué spé­ci­fi­que­ment par un rou­teur. Pour per­mettre la com­mu­ni­ca­tion entre deux équi­pe­ments appar­te­nant à deux réseaux dif­fé­rents, le rou­tage est obli­ga­toire [9],[22],[24].

    Par exemple, un écho­graphe connec­té à un rou­teur reçoit auto­ma­ti­que­ment une adresse IP et un masque de sous-réseau grâce au pro­to­cole DHCP (Dyna­mic Host Confi­gu­ra­tion Pro­to­col), qui attri­bue ces para­mètres de recon­nais­sance à chaque équi­pe­ment sur le réseau. Si l’échographe est connec­té au VLAN ( Vir­tual Local Area Net­work ) d’imagerie, il devra pas­ser par un rou­teur pour com­mu­ni­quer avec un équi­pe­ment du VLAN ser­vice métier. Un rou­teur moderne pos­sède géné­ra­le­ment des fonc­tions de com­mu­ta­teurs et des points d’accès Wi-Fi. S’il pos­sède cette fonc­tion le dis­po­si­tif médi­cal pour­ra se connec­ter direc­te­ment sur un rou­teur en Wi-Fi [9], [23],[26],[24].

    Couche 4 : trans­port : Cette couche assure le trans­fert de don­nées entre deux appli­ca­tions en s’appuyant sur dif­fé­rents pro­to­coles. Les plus cou­rants sont le TCP (Trans­mis­sion Control Pro­to­col) et l’UDP (User Data­gram Pro­to­col) [24],[30].

    Le pro­to­cole TCP garan­tit une trans­mis­sion fiable des paquets, en assu­rant leur récep­tion dans le bon ordre et sans erreur entre deux équi­pe­ments. À l’inverse, UDP est plus rapide mais ne véri­fie ni l’ordre ni la bonne récep­tion des paquets, ce qui le rend plus adap­té aux appli­ca­tions où la vitesse prime sur la fia­bi­li­té [24],[30].

    Dans un contexte médi­cal, la DSI peut, par exemple, ouvrir un port TCP comme le port 104 pour le pro­to­cole DICOM, afin de per­mettre à un écho­graphe de s’y connec­ter. Les ports vir­tuels sont des iden­ti­fiants numé­riques asso­ciés à des ser­vices ou des appli­ca­tions ; ils per­mettent de diri­ger cor­rec­te­ment les don­nées entrantes vers les bons pro­ces­sus internes d’un ordi­na­teur. Par exemple, le port 80 est géné­ra­le­ment uti­li­sé pour le tra­fic web via le pro­to­cole http ( Hyper­Text Trans­fer Pro­to­col Secure) . À ce niveau, la DSI met sou­vent en place des méca­nismes de sécu­ri­té réseau comme un pare-feu, qui per­met de sur­veiller et fil­trer le tra­fic en fonc­tion de cri­tères tels que l’adresse IP, les ports uti­li­sés, ou les pro­to­coles. Un proxy peut éga­le­ment être déployé : il agit comme un point de pas­sage contrô­lé pour l’accès à Inter­net. Contrai­re­ment au pare-feu, le proxy opère au niveau de la couche 7 du modèle OSI [21],[24],[30].

    Couche 5 : ses­sion : Pour qu’une com­mu­ni­ca­tion puisse s’établir entre deux équi­pe­ments, une ses­sion doit être ini­tiée. Elle per­met d’identifier l’utilisateur sur un ser­veur dis­tant et d’instaurer un flux de don­nées entre l’équipement local et le ser­veur [29].

    Le ser­veur est un ordi­na­teur spé­cia­li­sé, doté de capa­ci­tés de sto­ckage (disques durs, SSD...), de logi­ciels spé­ci­fiques et d’une puis­sance de cal­cul suf­fi­sante. Il fonc­tionne en mode d’écoute, prêt à répondre aux requêtes des clients, en four­nis­sant des connexions, des don­nées ou l’accès à divers ser­vices (comme des pages web, des fichiers, etc.).

    Un exemple concret dans le domaine médi­cal est le ser­veur PACS (Pic­ture Archi­ving and Com­mu­ni­ca­tion Sys­tem), uti­li­sé pour sto­cker et gérer une base d’images médi­cales au for­mat DICOM (Digi­tal Ima­ging and Com­mu­ni­ca­tions in Medi­cine) [29].

    Couche 6 : pré­sen­ta­tion : La couche pré­sen­ta­tion pré­pare les don­nées afin qu’elles puissent être affi­chées ou exploi­tées par l’utilisateur. Elle joue un rôle de tra­duc­teur entre la couche appli­ca­tion (couche 7) et les don­nées brutes tran­si­tant sur le réseau. Cette couche est res­pon­sable de l’enco­dage, du déco­dage, ain­si que du chif­fre­ment des don­nées, ce qui contri­bue à garan­tir leur confi­den­tia­li­té [24].

    Par exemple, un fichier PDF dans un envi­ron­ne­ment hos­pi­ta­lier peut être conver­ti en un for­mat com­pa­tible avec la trans­mis­sion réseau, puis envoyé de manière sécu­ri­sée grâce au pro­to­cole TLS (Trans­port Layer Secu­ri­ty), un stan­dard lar­ge­ment uti­li­sé pour le chif­fre­ment des com­mu­ni­ca­tions [24].

    Couche 7 : appli­ca­tion : La couche appli­ca­tion est la plus proche de l’utilisateur final : elle consti­tue l’interface directe entre les logi­ciels (comme un navi­ga­teur web ou un sys­tème de mes­sa­ge­rie) et le réseau. Elle gère les ser­vices réseau ren­dus acces­sibles via les appli­ca­tions.

    Par exemple, dans un hôpi­tal, lorsqu’un méde­cin uti­lise le logi­ciel RIS (Radio­lo­gy Infor­ma­tion Sys­tem) pour accé­der à la base d’imagerie médi­cale, c’est la couche appli­ca­tion qui prend en charge cette inter­ac­tion, notam­ment via des pro­to­coles comme HL7, uti­li­sé pour l’échange d’informations médi­cales. Un mes­sage ORU (Obser­va­tion Result Unso­li­ci­ted) est typi­que­ment trans­mis via HL7 vers le DPI (Dos­sier Patient Infor­ma­ti­sé) [24].

    Le ser­veur DNS est éga­le­ment un pro­to­cole appli­ca­tif (couche 7) : il per­met de tra­duire un nom de domaine en adresse IP, afin de per­mettre son iden­ti­fi­ca­tion et son rou­tage sur le réseau [3].

    Par­mi les pro­to­coles appli­ca­tifs fré­quem­ment uti­li­sés dans un envi­ron­ne­ment hos­pi­ta­lier (couche 7), on retrouve :

    • HTTP / HTTPS : pour la navi­ga­tion web sécurisée ;
    • FTP ( File Trasn­fer Pro­to­col ) / SFTP ( Secure File Trans­fer Pro­to­col)  : pour le trans­fert sécu­ri­sé de fichiers, logs, images, PDF, etc. ;
    • HL7 : pour les échanges de don­nées médi­cales (avec des mes­sages comme ORU pour les résul­tats, ou ADT ( Admis­sion, Discharge, Trans­fer ) pour les admis­sions, sor­ties et trans­ferts des patients [3].

    B : Mission de connectivité : exemple d’intégration du programmateur cardiaque au sein d’un réseau hospitalier

    Les inter­ven­tions réa­li­sées avec le pro­gram­ma­teur Care­link Smart­syncTM génèrent une grande quan­ti­té de don­nées cli­niques confi­den­tielles, notam­ment sous forme de rap­ports d’interrogation [19].

    L’application Smart­SyncTM per­met de pro­duire des rap­ports détaillés liés à la pro­gram­ma­tion et au sui­vi des pace­ma­kers et des défi­bril­la­teurs implan­tables.
    De son côté, l’application LINQ Mobile Mana­ger (LMM) est dédiée aux hol­ters implan­tables Reveal LINQTM et génère des rap­ports spé­ci­fiques adap­tés à ce type de dis­po­si­tif de moni­to­rage pro­lon­gé qui vont être trans­fé­ré sur la pla­te­forme Care­linkTM.
    Ces rap­ports contiennent dif­fé­rentes don­nées de pro­gram­ma­tion ain­si que des enre­gis­tre­ments ECG, notam­ment en cas d’épisodes d’arythmie [19].

    Les car­dio­logues ain­si que les pro­fes­sion­nels de san­té hos­pi­ta­liers tels que les infir­miers et les res­pon­sables de télé­car­dio­lo­gie sont sou­cieux de la qua­li­té de la prise en charge des patients L’intégration des pro­gram­ma­teurs car­diaques au réseau hos­pi­ta­lier per­met de faci­li­ter le par­tage des don­nées entre ser­vices. Elle per­met le trans­fert des rap­ports issus des implan­ta­tions et consul­ta­tions vers un dos­sier par­ta­gé. Les pra­ti­ciens peuvent ensuite les inté­grer manuel­le­ment dans le Dos­sier Patient Infor­ma­ti­sé (DPI), ou bien uti­li­ser une solu­tion d’hébergement de don­nées de san­té en par­te­na­riat avec Med­tro­nic, via une socié­té externe, qui assure l’automatisation de cette inté­gra­tion [19].

    Ce dis­po­si­tif aide ain­si à amé­lio­rer la prise en charge des patients en faci­li­tant la récu­pé­ra­tion des don­nées cli­niques. Les tablettes uti­li­sées sont équi­pées d’une carte SIM 4G ou 5G, mais néces­sitent éga­le­ment l’accès au Wi-Fi hos­pi­ta­lier pour rece­voir les mises à jour sys­tème et appli­ca­tives. Cela est par­ti­cu­liè­re­ment utile en bloc opé­ra­toire, où la cou­ver­ture réseau mobile est sou­vent faible [19].

    Ce rap­port métho­do­lo­gique décrit les étapes d’intégration du pro­gram­ma­teur dans le sys­tème d’information hos­pi­ta­lier. Le pro­ces­sus est divi­sé en trois grandes phases :

    1. La pré­pa­ra­tion du projet,
    2. L’intégration du pro­gram­ma­teur au réseau,
    3. L’installation et la for­ma­tion des utilisateurs.

    L’objectif prin­ci­pal de ce pro­ces­sus et de pou­voir connec­té un dis­po­si­tif médi­cal ici dans cette exemple un pro­gram­ma­teur d’implant car­diaque, au sein d’un ser­vice hos­pi­ta­lier tout en assu­rant une bonne inter­opé­ra­bi­li­té avec son envi­ron­ne­ment. Ce qui inclut l’optimisation de son uti­li­sa­tion ain­si que le res­pect du Règle­ment Géné­ral sur la Pro­tec­tion des Don­nées ( RGPD ) [19].

    Néan­moins les risques peuvent se déve­lop­per tout au long du pro­ces­sus. En effet la phase de pré­pa­ra­tion et de com­mu­ni­ca­tion, notam­ment des tests de connexion pour inté­grer le dis­po­si­tif au sein du réseau peut être très longue. La DSI peut prendre beau­coup de temps à réa­li­ser l’ensemble des tests et véri­fier la sécu­ri­té des flux ain­si que l’entièreté des don­nées transmises.

    Les uti­li­sa­teurs par manque de temps ou de moyens peuvent aus­si ne pas être suf­fi­sam­ment for­més et sen­si­bi­li­sés quant à l’utilisation de ces solu­tions numé­riques qui peuvent leur paraître dis­rup­tives. Les connexions et les confi­gu­ra­tions peuvent ne pas s’appliquer selon l’environnement d’intégration. La dif­fi­cul­té réside dans la com­plexi­té de l’architecture réseau de l’hôpital à laquelle il faut adap­ter la solu­tion pro­po­sée [19].

    1. La préparation et la gestion du parc des programmateurs cardiaques

    La pré­pa­ra­tion est une étape essen­tielle pour défi­nir les besoins et ana­ly­ser l’environnement du pro­jet afin de réus­sir l’intégration.

    Ana­lyse de l’environnement : Dans un pre­mier temps, il a été néces­saire de contac­ter l’ingénieur tech­ni­co-com­mer­cial (ITC), repré­sen­tant Med­tro­nic du sec­teur, qui valide et orga­nise les actions à mettre en œuvre sur le ter­rain. Les Tech­ni­cal Consul­tants (TC) connaissent bien les habi­tudes pro­fes­sion­nelles de leurs clients et peuvent four­nir des infor­ma­tions sur le centre ain­si que des contacts utiles. En effet avant toute action il est impor­tant de récu­pé­rer un maxi­mum d’informations sur l’environnement de l’établissement et sur les clients. Pour ce faire il est essen­tiel de com­mu­ni­quer avec les inter­lo­cu­teurs qui dis­posent des meilleures infor­ma­tions [19].

    Une fois ces don­nées recueillies, il faut éta­blir un cahier des charges et un plan­ning, en défi­nis­sant les prio­ri­tés et les dates de livrai­son du projet.

    Com­mande : Le ser­vice infor­ma­tique de l’hôpital doit réa­li­ser des tests de sécu­ri­té réseau pour vali­der l’intégration du pro­gram­ma­teur. En atten­dant ces vali­da­tions, pour évi­ter d’interrompre l’activité du ser­vice de car­dio­lo­gie, il peut être néces­saire de four­nir un ou plu­sieurs pro­gram­ma­teurs de rem­pla­ce­ment.
    Si aucun n’est dis­po­nible sur site, une com­mande peut être effec­tuée auprès du site de sto­ckage à Bièvres, en pré­ci­sant le maté­riel requis (câble d’alimentation, câble réseau, etc.). Avant tout pro­jet d’installation il faut tou­jours s’assurer en amont de dis­po­ser de la tota­li­té de l’équipement néces­saire et ain­si pour­voir s’adapter à une mul­ti­tude d’évènements et d’aléas le jour de l’installation [19].

    Pré­pa­rer son maté­riel : Ensuite, une fois le maté­riel récep­tion­né il faut véri­fier que le sys­tème d’exploitation et les appli­ca­tions sont bien à jour sur son dis­po­si­tif, et confi­gu­rer l’interface uti­li­sa­teur si cette fonc­tion est pos­sible. Par exemple pour le pro­gram­ma­teur, dans l’application Smart­SyncTM, il est aus­si pos­sible de para­mé­trer l’affichage du nom et de l’identifiant du patient sur les rap­ports PDF [19].

    Une syn­thèse des para­mètres du dis­po­si­tif (n° de série, ver­sion sys­tème, confi­gu­ra­tion réseau, adresse MAC) devra être pré­pa­rée avec un maxi­mum d’informations pour pou­voir les four­nir au ser­vice bio­mé­di­cal et infor­ma­tique dans les plus brefs délais. Addi­tion­nel­le­ment il pour­ra être four­ni une docu­men­ta­tion tech­nique de connec­ti­vi­té ain­si que de for­ma­tion. Le conte­nu de ce dos­sier tech­nique de connec­ti­vi­té sera détaillé dans la deuxième étape du processus.

    Contac­ter le ser­vice bio­mé­di­cal : Avant de mettre en place la solu­tion et l’installation du dis­po­si­tif il est essen­tiel de contac­ter l’ingénieur bio­mé­di­cal de l’établissement en lui four­nis­sant le numé­ro de série et l’adresse MAC des com­po­sants (tablette, base, tête de télé­mé­trie), ain­si que leur empla­ce­ment pré­vu.
    Cela per­met leur enre­gis­tre­ment dans la GMAO(Ges­tion de Main­te­nance Assis­tée par Ordi­na­teur) et assure la tra­ça­bi­li­té [19].

    Le ser­vice bio­mé­di­cal pour­ra éga­le­ment aider à la trans­mis­sion des para­mètres réseau et jouer un rôle d’intermédiaire avec la DSI.

    Contac­ter la DSI : Pour s’assurer des infor­ma­tions néces­saires et d’adapter le dos­sier tech­nique de connec­ti­vi­té, il faut contac­ter la Direc­tion des Ser­vices Infor­ma­tiques (DSI), le ser­vice concer­nés (exemple : ryth­mo­lo­gie) de l’établissement pour ini­tier le pro­jet et par­ta­ger les infor­ma­tions néces­saires aux tests de connexion et à l’intégration du dis­po­si­tif dans l’infrastructure réseau. Lors de cet échange nous allons pou­voir ini­tier le début du pro­jet en indi­quant les besoins du ser­vice et les résul­tats escomp­tés. C’est pour­quoi il est néces­saire de bien com­prendre les livrables sou­hai­tés en amont en recueillant les besoins des par­ties pre­nantes [19].

    2. L’intégration du programmateur dans le réseau hospitalier

    Pour inté­grer un dis­po­si­tif médi­cal dans le réseau d’un éta­blis­se­ment hos­pi­ta­lier, il est essen­tiel de maî­tri­ser l’architecture réseau, l’environnement tech­nique du dis­po­si­tif ain­si que la nature des don­nées transmises.

    Les dis­po­si­tifs doivent être conformes aux règle­men­ta­tions euro­péennes (UE) 2017/745 et 2017/746, en vigueur depuis le 26 mai 2017, qui prennent en compte les avan­cées tech­no­lo­giques et intègrent les logi­ciels dans la défi­ni­tion des dis­po­si­tifs médi­caux [3].

    Ain­si, la DSI (ou Direc­tion des Ser­vices Numé­riques) de l’établissement exige plu­sieurs élé­ments tech­niques indispensables :

    • Une matrice de flux ( Tableau 3 ), pré­ci­sant les appli­ca­tions uti­li­sées, leurs adresses IP ou URL, ain­si que les che­mins d’accès réseau employés, pour car­to­gra­phier les flux de don­nées du dis­po­si­tif. [19]
    • Une white list, ( Tableau 2 ) c’est-à-dire une liste des appli­ca­tions auto­ri­sées et des sites web néces­saires au fonc­tion­ne­ment du dis­po­si­tif, avec leurs URL, que la DSI confi­gu­re­ra dans les pare-feux afin de res­treindre l’accès Inter­net aux seules res­sources néces­saires. Le dis­po­si­tif s’il doit pou­voir dis­po­ser d’un accès à inter­net comme le pro­gram­ma­teur ne pour­ra y accé­der qu’a tra­vers ces domaines vali­dés [21].

    Il est éga­le­ment indis­pen­sable de four­nir les ports et pro­to­coles de com­mu­ni­ca­tion uti­li­sés par le dis­po­si­tif ain­si que ceux de son sys­tème d’exploitation.
    Par exemple, le pro­gram­ma­teur Care­Link Smart­SyncTM, fonc­tion­nant sous Apple®, requiert des spé­ci­fi­ca­tions tech­niques par­ti­cu­lières pour garan­tir sa com­pa­ti­bi­li­té et sa sécu­ri­té sur le réseau hos­pi­ta­lier [19]. ( Tableau 1 )

    Spécificités du dispositif médical

    Un docu­ment noti­fiant les spé­ci­fi­ci­tés du dis­po­si­tif médi­cal devra être four­ni pour faci­li­ter la com­pré­hen­sion de son inter­face à la DSI et les flux utilisés.

    Le pro­gram­ma­teur Care­link Smart­SyncTM, les tablettes sont des iPad® Apple®, four­nis par Voda­fone en loca­tion. Elles sont contrô­lées à dis­tance par un MDM (Mobile Device Mana­ger) appe­lé Teneo, qui permet :

    • De gérer les pro­fils de sécurité,
    • De res­treindre cer­taines fonc­tions (appa­reil pho­to, mes­sa­ge­rie, Face­Time, etc.),
    • D’installer uni­que­ment les appli­ca­tions vali­dées (Smart­Sync, LMM, Teams, etc.),
    • De res­treindre l’accès Inter­net aux seuls sites Med­tro­nic ( comme par exemple Med­tro­nic Aca­de­my pour des res­sources de for­ma­tion) [19].

    Les don­nées trans­mises au ser­veur Med­tro­nic Appli­ca­tion Ser­vices via le MDM concernent uni­que­ment les para­mètres tech­niques de la tablette (cer­ti­fi­cats, logs, mises à jour). Les don­nées des patients sont sto­ckées loca­le­ment dans les appli­ca­tions selon une durée déter­mi­née et trans­mises à la pla­te­forme Care­linkTM (cer­ti­fiée HDS) via LMM [19].

    Spécificités du système d’exploitation :

    • Apple® uti­lise toute la plage IP 17.0.0.0/8. (17.0.0.0 à 17.255.255.255) pour iCloud®, AppleID®, noti­fi­ca­tions) Il est néces­saire d’ouvrir entiè­re­ment ce réseau et ces connexions ne peuvent pas tran­si­ter par un proxy4 même un proxy socket secure. Le ser­vice infor­ma­tique doit donc auto­ri­ser ce bloc IP dans le pare-feu. L’autorisation du flux doit être sor­tant et entrant pour per­mettre la com­mu­ni­ca­tion dans les deux sens.
    • Le ser­vice Apple® uti­lise les ports 5223, 2195, 2196 et 443 et com­mu­niquent selon la norme de pro­to­cole de com­mu­ni­ca­tion TCP ain­si que d’autres pro­to­coles spé­ci­fiques. Les appli­ca­tions Med­tro­nic uti­lisent essen­tiel­le­ment les pro­to­coles de com­mu­ni­ca­tion TCP et User Data­gram Pro­to­col (UDP) [19].

    Il est impor­tant de se ren­sei­gner et de véri­fier régu­liè­re­ment les types de ports et les pro­to­coles de com­mu­ni­ca­tion qu’utilise le sys­tème d’exploitation du dis­po­si­tif médi­cal en ques­tion. Dans le cas d’AppleR, les ports et les flux changent par­fois sur quelques années. En ne fai­sant pas atten­tion la matrice de flux peut alors être biai­sée et ne plus fonc­tion­ner avec la vali­da­tion des flux par la DSI. Le dis­po­si­tif peut alors se connec­ter sur le réseau mais n’aura pas accès à inter­net car tous les flux n’auront pas été cor­rec­te­ment vali­dé sur le pare-feu ce qui peut bloque l’interface [19].

    Spécificités du réseau local, de connectivité et du partage des données :

    Selon l’interface et les pos­si­bi­li­tés qu’offre le dis­po­si­tif en termes de connec­ti­vi­té et de par­tage de don­nées, il fau­dra iden­ti­fier toutes les fonc­tions dis­po­nibles et expli­quer briè­ve­ment com­ment le dis­po­si­tif se connecte [19].

    Le pro­gram­ma­teurs Care­Link Smart­SyncTM :

    • Si le ser­vice sou­haite impri­mer les rap­ports patients, Il faut iden­ti­fier les impri­mantes qui devront être connec­tées avec la tablette. (Pro­to­cole RAW  avec décla­ra­tion de l’adresse IP de l’imprimante). Les impri­mantes doivent être connec­tées sur le même VLAN que celui sur lequel est décla­rée la tablette [19].
    • La tablette est com­pa­tible avec les impri­mantes Air­print® en connexion Wi-Fi direct, ou avec les pilotes d’impressions Brow­ser®, Canon® et HP®. Il est éga­le­ment pos­sible de connec­ter la tablette direc­te­ment à une impri­mante en LAN avec un câble RJ45 [19].
    • Si le ser­vice sou­haite envoyer les rap­ports sur les ordi­na­teurs, il faut iden­ti­fier l’emplacement et le che­min d’accès du réper­toire par­ta­gés dans le ser­vice et les postes concer­nés (uti­li­sa­tion de l’application Files­brow­ser). Il fau­dra connec­ter les tablettes au Wi-Fi du service.
    • Si l’authentification sur le WLAN ( réseau LAN qui uti­lise la connexion sans fil ) se fait via un por­tail web, il faut désac­ti­ver tem­po­rai­re­ment le cer­ti­fi­cat de sécu­ri­té du Wi-Fi de la tablette pour per­mettre la sai­sie des iden­ti­fiants et pou­voir avoir accès à inter­net [19].
    • Une connexion de la tablette au réseau via QR code est pos­sible. Ce qui per­met d’entrer les para­mètres réseau auto­ma­ti­que­ment dans les réglages.
    Tableau des paramètres de la tablette du programmateur 
    Tableau 1 : Paramètres de la tablette du programmateurs Carelink SmartSyncTM. Source : Auteur

    Exemple type white list et allow list : domaine à autoriser sur le pare-feu du réseau de l’établissement.es IP dynamiques qui
    Tableau 2 : Exemple type d'une White list. Source : Auteur

    Exemple type Matrice de flux.

    Cette matrice de flux devra s’adapter spé­ci­fi­que­ment au réseau de l’établissement. Elle pour­ra de ce fait com­por­ter des modifications.

    Tableau 3 : Exemple type d'une Matrice de flux. Source : Auteur

     Intégration et intéropérabilité avec un hébergeur de données externe

    Il est pos­sible, au sein d’un sys­tème hos­pi­ta­lier, d’établir un par­te­na­riat avec une socié­té externe cer­ti­fiée héber­geur de don­nées de san­té.
    J’ai eu l’opportunité de par­ti­ci­per à un pro­jet d’intégration de ce type en col­la­bo­ra­tion avec Med­tro­nic, au sein d’un centre hos­pi­ta­lier de grande enver­gure [19].

    Ces socié­tés spé­cia­li­sées pro­posent géné­ra­le­ment des solu­tions de sécu­ri­sa­tion des don­nées de san­té ain­si que des ser­vices d’interopérabilité entre les appli­ca­tions médi­cales et le sys­tème d’information hos­pi­ta­lier, dans le but d’intégrer auto­ma­ti­que­ment les don­nées issues des dis­po­si­tifs médi­caux. Géné­ra­le­ment un dos­sier par­ta­gé SFTP est mis en place à la fois sur ce ser­veur externe et sur un ser­veur interne au réseau hos­pi­ta­lier, assu­rant ain­si une connexion sécu­ri­sée [19].

    En com­plé­ment des rap­ports géné­rés, une work­list est géné­ra­le­ment four­nie. Celle-ci contient la liste des patients du ser­vice concer­né, avec des infor­ma­tions telles que le nom, la date de nais­sance et le numé­ro de séjour du patient [19].

    Le logi­ciel de la socié­té se connecte alors au logi­ciel de dos­sier par­ta­gé de l’hôpital, et pro­cède à un mat­ching auto­ma­tique (entre le rap­port et la work­list ) pour iden­ti­fier le patient à l’aide d’un logi­ciel. Le rap­port est ensuite inté­gré direc­te­ment dans le dos­sier patient, per­met­tant ain­si l’automatisation com­plète du flux de don­nées entre le dis­po­si­tif médi­cal et le sys­tème d’information hos­pi­ta­lier [11],[19].

    3. l’installation et la formation

    Une fois les tests de connec­ti­vi­té vali­dés par la DSI, le dis­po­si­tif peut être ins­tal­lé et confi­gu­ré dans le ser­vice. Ces confi­gu­ra­tions sont réa­li­sées manuel­le­ment dans les réglages de la tablette (Tableau 4). Il faut aus­si défi­nir avec la DSI, le port phy­sique sur a baie de réseau attri­bué pour chaque tablette [19].

    Exemple de configuration réseau manuelle 

    Voi­ci un exemple des para­mètres à entrer dans la tablette pour sa connexion Wi-Fi :

    Tableau 4 : Paramètres de connexion réseau. Source : Auteur

    Étapes de configuration :

    1. Aller dans réglages puis « Wi-Fi » et sélec­tion­ner autres. Entrer le nom du Wi-Fi puis l’identifiant et le mot de passe.
    2. Ensuite, il faut confi­gu­rer l’IP manuel­le­ment. Confi­gu­rer l’IPV4 en entrant l’adresse IP, le masque de sous réseau et le routeur.
    3. Confi­gu­rer le ser­veur DNS manuel­le­ment et entrer les adresses indi­quées en se réfé­rant au tableau.
    4. Confi­gu­rer le proxy si deman­dé. Le proxy fait office de pas­se­relle entre l’équipement et inter­net. Il reçoit les infor­ma­tions du dis­po­si­tif connec­té et envoie les adresses aux ser­veurs. Il per­met d’ajouter une sécu­ri­té sup­plé­men­taire et masque géné­ra­le­ment les infor­ma­tions des équi­pe­ments. Il peut auto­ri­ser ou non l’accès à cer­tains conte­nus en fil­trant les accès et fait une jour­na­li­sa­tion et trace les connexions.
    5. Il est pos­sible, lorsqu’il est dis­po­nible, de scan­ner un QR code Wi-Fi ce qui va confi­gu­rer auto­ma­ti­que­ment la tablette au réseau. [19]

    Impression des rapports patients 

    La tablette du Care­link Smart­SyncTM dis­pose d’applications com­pa­tibles avec les impri­mantes de diverses marques (Bro­ther, HP, Canon) qui vont pou­voir être para­mé­trées pour l’impression de rap­ports patients [19].

    Pour ce faire il faut que l’imprimante soit connec­tée sur le même réseau Wi-Fi que la tablette du pro­gram­ma­teur. Si l’imprimante connec­tée au réseau n’est pas trou­vable sur l’application, il est pos­sible de faire une connexion manuelle en entrant l’adresse IP de l’imprimante [19].

    Les impri­mantes dis­po­sant de la fonc­tion­na­li­té Air­print sup­por­tée par Apple® n’ont pas besoin d’application tierce pour être connec­tées à la tablette. Cepen­dant, les ser­vices hos­pi­ta­liers ne sont pas tou­jours équi­pés de modèles Air­print com­pa­tibles. Si l’imprimante ne répond à aucun des deux cas, elle devra être connec­tée en wifi direc­te­ment à la tablette et pro­té­gée par un mot de passe [19].

    Mise en place d'un dossier partagé avec FileBrowser

    L’application Files­browser est une appli­ca­tion tierce ins­tal­lée sur la tablette. Elle per­met d’interfacer un empla­ce­ment réseau de l’ordinateur du service/médecin avec la tablette. Dans celle-ci va être para­mé­trée un che­min vers un dos­sier sur l’ordinateur du méde­cin ou du poste de tra­vail dési­ré et ain­si envoyer les rap­ports des patients direc­te­ment dans ces dos­siers. Les rap­ports sont enre­gis­trés manuel­le­ment sur File­brow­ser et direc­te­ment inté­grés dans le dos­sier par­ta­gé. Le réper­toire par­ta­gé peut aus­si être loca­li­sé sur un NAS (Net­work Atta­ched Sto­rage) un flux ( FTP ou un SFTP ). Un NAS est un dis­po­si­tif phy­sique de sto­ckage en réseau. Il com­porte géné­ra­le­ment une carte réseau et des disques durs [19].

    Pour pou­voir connec­ter File­brow­ser il est néces­saire de créer un dos­sier sur le poste en ques­tion ou à par­tir d’un dos­sier exis­tant récu­pé­rer l’adresse du che­min d’accès et de la sai­sir dans File­brow­ser. Des modi­fi­ca­tions sur les droits de lec­ture et d’écriture sont à appor­ter dans les para­mètres de par­tage du dos­sier. Le pro­fil de la ses­sion sur l’ordinateur doit être admi­nis­tra­teur et auto­ri­sé à faire des modi­fi­ca­tions sur le réseau. Une authen­ti­fi­ca­tion est requise pour auto­ri­ser l’accès à ce dos­sier depuis la tablette. Il s’agit de l’identifiant de la ses­sion de l’ordinateur et de son mot de passe [19].

    Étapes à suivre :

    1. Se rendre sur le bureau de l’ordinateur cible dis­po­sant d’un accès admi­nis­tra­teur. Crée un nou­veau dos­sier et le nom­mer. Cet ordi­na­teur peut être celui d’un poste de tra­vail d’un Méde­cin du ser­vice par exemple.
    2. Faire un clic droit et sélec­tion­ner pro­prié­tés. Sélec­tion­ner par­ta­ger. Cer­tains droits par­fois doivent être modi­fiés dans par­tage avan­cés ou dans sécu­ri­té pour que cela fonctionne.
    3. Récu­pé­rer le lien du dos­sier. Se rendre dans l’application File­brow­ser puis ren­sei­gner le lien du dossier.
    4. Une fois le che­min d’accès créé, il suf­fit de dépo­ser le fichier dans le dos­sier sur File­browser et il appa­raî­tra auto­ma­ti­que­ment dans le dos­sier créé sur le poste en question.
    5. Les uti­li­sa­teurs pour­ront par la suite dépla­cer manuel­le­ment le fichier vers leur dos­sier patient infor­ma­ti­sé [19].

    Formation des utilisateurs 

    À la suite de ces confi­gu­ra­tions, les uti­li­sa­teurs devront être for­més à l’utilisation des dif­fé­rentes fonc­tion­na­li­tés. Nous allons pou­voir four­nir une docu­men­ta­tion l’utilisation des dif­fé­rentes appli­ca­tions (Smart­Sync, LMM, File­Brow­ser) et notam­ment les pro­cé­dures d’envoi et de sau­ve­gardes des rap­ports pdf [19].

    Une docu­men­ta­tion impri­mée ou numé­rique est remise à l’équipe pour assu­rer l’autonomie à long terme.

    Indicateurs de réussite du projet

    A l’aide d’un sys­tème et de fichiers de sui­vi il serait pos­sible de comp­ta­bi­li­ser le nombre de centres hos­pi­ta­liers com­por­tant des Care­link Smart­SyncTM inté­grées à leur réseau ain­si que d’avoir un résu­mé du nombre de tablettes connec­tées en réseau.

    La comp­ta­bi­li­sa­tion du nombre de rap­ports inté­grés, le nombre de rap­ports impri­més, le temps de récu­pé­ra­tion des dos­siers peuvent être aus­si de bons indi­ca­teurs. L’objectif serait de pou­voir com­pa­rer l’efficacité des flux de tra­vail et la satis­fac­tion des uti­li­sa­teurs avant et après l’intégration des tablettes dans le réseau hos­pi­ta­lier. Cela per­met­trait de chif­frer le gain de temps et ain­si l’efficacité de la prise en charge du patient.

    C. Propositions d’améliorations pour une meilleure intégration réseau des dispositifs médicaux

    L’intégration des dis­po­si­tifs médi­caux au sein d’un réseau hos­pi­ta­lier est com­plexe. Il est impor­tant de prendre en compte les aspects maté­rielles, logi­cielles et fonc­tion­nelles, sur­tout en termes d’ergonomie. Dans cette optique, plu­sieurs pistes d’amélioration trans­ver­sales peuvent être envi­sa­gées afin de garan­tir la com­pa­ti­bi­li­té, la sécu­ri­té et l’interopérabilité de ces dis­po­si­tifs avec l’environnement numé­rique hos­pi­ta­lier [3],[12],[19].

    Inter­face et ergo­no­mie logi­cielle :  Mal­gré les avan­cées des tech­no­lo­gies sans fil (Wi-Fi, Blue­tooth, 4G/5G), un dis­po­si­tif médi­cal doit tou­jours inté­grer des options filaires pour s’adapter au maxi­mum à son environnement. 

    • Pré­sence d’un port RJ45 pour une connexion réseau fiable en LAN, faci­li­tant le lien direct avec une baie de bras­sage et un VLAN spéci­fique.
    • Pré­voir unsys­tème de sto­ckage local (dans la tablette ou sa base), per­met­tant une sau­ve­garde tem­po­raire des rap­ports, avec sup­pres­sion auto­ma­tique pour garan­tir la sécurité.
    • Offrir la pos­si­bi­li­té de confi­gu­rer des flux pro­gram­més (ex. : envoi auto­ma­tique des rap­ports chaque heure ou en fin de journée).
    • Il serait aus­si utile de pro­po­ser des ser­vices cloud avec des sys­tèmes de connexion Login et mot de passe qui sont plu­tôt effi­cace pour la sau­ve­garde de don­nées patients de manière auto­ma­tique. Les méde­cins peuvent se connec­ter sur le web à ce cloud.
    • Per­mettre le fonc­tion­ne­ment sans Inter­net pour les fonc­tion­na­li­tés prin­ci­pales, avec connexion ponc­tuelle pour le sup­port ou les mises à jour.
    • Inté­gra­tion pos­sible dans une sta­tion d’accueil fixe, offrant recharge, por­ta­bi­li­té et exten­sion de connec­tique (USB, Ether­net, port pour des impri­mantes, etc.) [3],[12],[19].

    Le choix du sys­tème d’exploitation :  Il influe for­te­ment sur la capa­ci­té d’intégration du dis­po­si­tif : Un sys­tème d’exploitation ouvert et maî­tri­sable par la DSI (type Win­dows ou Android) est pré­fé­rable, car il per­met un meilleur contrôle des ports, des flux, des cer­ti­fi­cats, et faci­lite son inter­opé­ra­bi­li­té avec les sys­tèmes déjà exis­tant [3],[12],[19].

    La main­te­nance des dis­po­si­tifs est aus­si impor­tante et doit s'adapter aux contraintes hos­pi­ta­lières. La mise à jour des logi­ciels devrait être pos­sible avec un accès à dis­tance, via clé USB sécu­ri­sée ou via un ordi­na­teur por­table sans néces­si­ter de connexion Inter­net géné­ra­li­sée. Il serait aus­si inté­res­sant de déve­lop­per des outils de super­vi­sion à dis­tance, avec pos­si­bi­li­té pour les équipes tech­niques de visua­li­ser l’écran du dis­po­si­tif (sous auto­ri­sa­tion du per­son­nel médical).

    Une évo­lu­tion per­ti­nente consis­te­rait à conce­voir un sys­tème hybride, asso­ciant une inter­face mobile et ergo­no­mique pour un usage souple en consul­ta­tion ou au bloc opé­ra­toire, à une base fixe jouant le rôle de sta­tion de tra­vail, connec­tée au réseau et équi­pée des ports néces­saires pour l’impression, la sau­ve­garde et la trans­mis­sion auto­ma­ti­sée des rap­ports [3],[12],[19].

    Retour d’expérience

    Cette année d’alternance chez Med­tro­nic a mar­qué une étape déci­sive dans mon par­cours, en amor­çant concrè­te­ment ma tran­si­tion vers le monde pro­fes­sion­nel. Cette expé­rience a été extrê­me­ment for­ma­trice, tant sur les plans tech­nique, rela­tion­nel que clinique.

    J’ai eu l’opportunité de décou­vrir le fonc­tion­ne­ment interne et l’organisation d’un grand groupe inter­na­tio­nal, en m’intégrant plei­ne­ment aux dyna­miques de l’entreprise. J’ai notam­ment pu me for­mer au métier d’ingé­nieur d’application, en déve­lop­pant des com­pé­tences solides en ryth­mo­lo­gie, mais aus­si en réseau hos­pi­ta­lier, notam­ment autour de la connec­ti­vi­té des dis­po­si­tifs médi­caux, de l’ECG et de la phy­sio­pa­tho­lo­gie des troubles du rythme cardiaque.

    Cette expé­rience m’a per­mis de tra­vailler en auto­no­mie, d’intervenir sur dif­fé­rents sites clients et de faire preuve de rési­lience face aux impré­vus ren­con­trés au quo­ti­dien dans ce métier. Elle m’a éga­le­ment per­mis de gérer en auto­no­mie un parc consé­quent de dis­po­si­tifs (plus de 400 pro­gram­ma­teurs), tout en déve­lop­pant des com­pé­tences trans­ver­sales en com­mu­ni­ca­tion, ges­tion de pro­jetet sup­port tech­nique.

    J’ai eu la chance de contri­buer à des pro­jets variés, tels que la créa­tion de sup­ports client, ou le déve­lop­pe­ment de solu­tions de sup­port tech­nique à dis­tance, en lien direct avec les pro­blé­ma­tiques terrain.

    D’un point de vue pro­fes­sion­nel, cette année a repré­sen­té un véri­table défi. Elle m’a deman­dé une forte capa­ci­tée d’adaptation, de la rigueur, et un enga­ge­ment constant. J’ai aus­si pris conscience de l’importance de la com­mu­ni­ca­tion au sein de l’équipe pour résoudre les blo­cages et avan­cer serei­ne­ment dans les projets.

    Enfin, cette immer­sion en entre­prise m’a per­mis d’affiner mes aspi­ra­tions : je sou­haite pour­suivre dans ce type d’environnement en tant qu’ingé­nieur d’application, afin de contri­buer acti­ve­ment à l’amélioration de la prise en charge des patients via des tech­no­lo­gies inno­vantes.

    La for­ma­tion à l’UTC m’a offert un socle solide et diver­si­fié. Elle m’a per­mis d’aborder des notions clés en qua­li­té, com­mu­ni­ca­tion, mana­ge­ment, mais aus­si des connais­sances en orga­ni­sa­tion hos­pi­ta­lière et en sciences cli­niques et bio­mé­di­cales. Ce fut de réels atouts pour abor­der serei­ne­ment mon alternance.

    Conclusion

    L’évolution constante des tech­no­lo­gies médi­cales, com­bi­née à la trans­for­ma­tion numé­rique des éta­blis­se­ments de san­té, impose une réflexion appro­fon­die sur l’intégration des dis­po­si­tifs médi­caux dans les réseaux hos­pi­ta­liers. Ce mémoire a mis en évi­dence les mul­tiples enjeux liés à cette inté­gra­tion, qu’ils soient tech­niques, régle­men­taires ou organisationnels.

    À tra­vers l’exemple de dis­po­si­tifs connec­tés tels que le pro­gram­ma­teur Care­Link Smart­SyncTMnous avons iden­ti­fié les limites actuelles en matière de connec­ti­vi­té, d’interopérabilité et de sécu­ri­sa­tion des don­nées. Ces obser­va­tions ont per­mis de pro­po­ser des pistes d’amélioration concrètes, allant du choix du sys­tème d’exploitation à la concep­tion maté­rielle (ports réseau, sta­tion d’accueil, connec­ti­vi­té filaire), en pas­sant par l’ergonomie, la ges­tion des flux et la com­pa­ti­bi­li­té avec les infra­struc­tures infor­ma­tiques hospitalières.

    Dans l’ensemble, ce tra­vail sou­ligne l’importance de la col­la­bo­ra­tion entre les ingé­nieurs bio­mé­di­caux, les équipes infor­ma­tiques et les fabri­cants, afin de garan­tir le déploie­ment de solu­tions effi­caces, sûres et pérennes. L’enjeu n’est pas seule­ment tech­nique, il s’agit de favo­ri­ser une meilleure qua­li­té de soins, en assu­rant une ges­tion fluide, sécu­ri­sée et fiable des don­nées médicales.

    Références bibliographiques

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    [11] Interop'Santé,« Guide d’implémentation Fr Core v2.1.0, HL7 FHIR France, 4 juin 2025 ». Consulté le : 14 mai 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://build.fhir.org/ig/Interop-Sante/hl7.fhir.fr.core/?utm_source=chatgpt.com

    [12] CHUV, « Anatomie et physiologie », 2024. Consulté le : 2 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.chuv.ch/fr/transplantation/cto-home/patients-et-familles/coeur/anatomie-et-physiologie

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