• IDS128 - Mise en œuvre d'une salle d'intervention de type hybride au sein d'un établissement de santé

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    Citations

    Lin­cey BOUDET, Clé­ment DEBELLE, Djid­di MAMOUD et Camille MAROT, "Mise en œuvre d'une salle d'intervention de type hybride au sein d'un éta­blis­se­ment de san­té", Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Com­piègne (France), Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té, Par­cours Tech­no­lo­gies Bio­mé­di­cales et Ter­ri­toires de San­té (TBTS), Mémoire de Pro­jet, https://travaux.master.utc.fr/, réf n° IDS128, jan­vier 2022, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids128/ ; https://doi.org/10.34746/8zzv-d587

    Résumé

    La salle hybride est une salle d’intervention qui asso­cie les carac­té­ris­tiques d’une salle de chi­rur­gie dite conven­tion­nelle à celle d’une salle inter­ven­tion­nelle, com­pre­nant en géné­ral un sys­tème d’imagerie médi­cale. Depuis ces der­nières années, l'introduction des salles hybrides a été per­mise par l’émergence des tech­no­lo­gies d’imagerie per­met­tant ain­si le déve­lop­pe­ment de nou­velles pra­tiques chi­rur­gi­cales. Elles sont uti­li­sées en chi­rur­gie car­diaque, tho­ra­cique, vas­cu­laire, neu­ro­chi­rur­gie, ortho­pé­die, ou encore en uro­lo­gie et per­mettent d'intégrer des pra­tiques mini-invasives. 

    Ces nou­velles pra­tiques amé­liorent la qua­li­té de soins, ce qui répond aux besoins actuels des patients : l’enjeu majeur de la concep­tion de salles hybrides. Cepen­dant, la concep­tion d’une telle struc­ture néces­site une coor­di­na­tion du pro­jet par l’ingénieur bio­mé­di­cal. La mise en œuvre d’une salle hybride relève de nom­breuses pro­blé­ma­tiques et implique dif­fé­rents acteurs, dont l’ingénierie bio­mé­di­cale ren­dant le pro­jet dif­fi­cile à mettre en œuvre. Il faut prendre en compte de nom­breuses contraintes déter­mi­nant la fai­sa­bi­li­té du pro­jet tel que le coût et la loca­li­sa­tion de la salle, le choix de l’équipement d’imagerie et d’intervention, la ges­tion des flux du per­son­nel, les cir­cuits de fluides ou encore la ventilation. 

    Face à un pro­jet d’une telle ampleur, l’outil conçu per­met l'accompagnement de l’ingénieur bio­mé­di­cal dans la concep­tion d’une salle hybride au sein d’un éta­blis­se­ment de san­té. L’outil relève les élé­ments-clés pour mener à bien un pro­jet de concep­tion de salles hybrides.

    Abstract

    The hybrid ope­ra­ting room is an inter­ven­tio­nal room that com­bines the spe­ci­fi­ca­tion of a conven­tio­nal sur­ge­ry room with an inter­ven­tio­nal room, inclu­ding a medi­cal ima­ging sys­tem. From year to year, hybrid ope­ra­ting rooms have been intro­du­ced by the emer­gence of new ima­ging tech­no­lo­gies which allow for the deve­lop­ment of new sur­ge­ry prac­tices. These ope­ra­ting rooms are used in car­diac, tho­ra­cic, vas­cu­lar, neu­ro, ortho­pe­dic or uro­lo­gy sur­ge­ry and enable mini-inva­sive practices.

    These new sur­gi­cal ways ans­wer patient’s direct needs by impro­ving qua­li­ty of treat­ment, which is what is at stake in hybrid ope­ra­ting room desi­gn. Never­the­less, desi­gning such a struc­ture requires coor­di­na­tion of the pro­ject by the bio­me­di­cal engi­neer. As the imple­men­ta­tion of a hybrid ope­ra­ting room raises many pro­blems and involves dif­ferent ope­ra­tors, such as the bio­me­di­cal engi­nee­ring team and the medi­cal core, it can become dif­fi­cult to imple­ment. Many constraints must be taken into consi­de­ra­tion when deter­mi­ning the fea­si­bi­li­ty of the pro­ject such as the cost and loca­li­sa­tion of the room, the choice of the ima­ging and inter­ven­tion equip­ment, the flow mana­ge­ment of the staff, the liquid cir­cuit or the ventilation.

    With a pro­ject of this size, the tool desi­gned gives sup­port to bio­me­di­cal engi­neers in the desi­gn of a hybrid ope­ra­ting room within a heal­th­care faci­li­ty. The tool draws up the key ele­ments to deve­lop the desi­gn of a hybrid ope­ra­ting room with success.

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    IDS128 - Mémoire

    MIM de la concep­tion d'une salle hybride

    IDS128 - Outil d'accompagnement

    Outil d'aide aux ingé­nieurs bio­mé­di­caux pour la concep­tion de salle hybride.

    IDS128 - Poster

    Pos­ter de la concep­tion d'une salle hybride

    Remerciement

    Notre groupe tient à remer­cier en tout pre­mier lieu l’ensemble de l’équipe péda­go­gique de l’Université de Tech­no­lo­gie de Com­piègne et plus par­ti­cu­liè­re­ment Madame Isa­belle Claude pour avoir sui­vi le pro­jet. C’est prin­ci­pa­le­ment à l’aide de ses conseils, retours et de sa bien­veillance que ce pro­jet a pu voir le jour.

    Nous remer­cions éga­le­ment l’ensemble des ingé­nieurs bio­mé­di­caux que nous avons eu l’opportunité de ren­con­trer dont Mon­sieur Ales­sio Del Mas­tro, res­pon­sable bio­mé­di­cal au Centre Hos­pi­ta­lier de Com­piègne-Noyon, Madame Syl­vie Thie­ry, Ingé­nieur Bio­mé­di­cal du Centre Hos­pi­ta­lier Régio­nal (CHR) de Metz-Thion­ville (Hôpi­tal de Mer­cy), Madame Pau­line Miens, Ingé­nieur bio­mé­di­cal du Centre Hos­pi­ta­lier Régio­nal Uni­ver­si­taire (CHRU) de Nan­cy, Madame El Walid Toria, Cadre de san­té du Pla­teau tech­nique inter­ven­tion­nel de Ins­ti­tut Cœur Pou­mons de Centre Hos­pi­ta­lier Uni­ver­si­taire
    (CHU) de Lille, Madame Fré­dé­rique Code­ville, Ingé­nieur bio­mé­di­cal du CHU de Lille, Mon­sieur Thier­ry Pru­dent, tech­ni­cien du CHU de la Timone à Mar­seille, Mon­sieur Alexandre Jabors­ka et Mon­sieur Brice Nord, ingé­nieurs bio­mé­di­caux au CHU d’Amiens. Ils nous ont aidés à mieux appré­hen­der notre sujet, à le com­prendre, et nous ont même par­fois per­mis de visi­ter les salles d’opération hybrides au sein de leurs éta­blis­se­ments de san­té. Ils ont aus­si pris le temps de répondre à nos mails et nos sol­li­ci­ta­tions. Grâce à l’ensemble de ces Ingé­nieurs Bio­mé­di­caux nous avons acquis des connais­sances indis­pen­sables nous per­met­tant de pour­suivre notre pro­jet et le ren­dant bien plus enrichissant. 

    Enfin, nous sou­hai­tons remer­cier nos cama­rades de classe en for­ma­tion conti­nue dont Mon­sieur Mickaël Bour­jac, Mon­sieur Julien Char­ton ain­si que Mon­sieur Laurent Blan­pain qui nous ont par­ta­gé leurs expé­riences ain­si que leurs contacts pour nous aider à mener à bien notre projet.

    Abréviations

    ABS : Acry­lo­ni­trile-Buta­diène-Sty­rène
    ANAP : Agence Natio­nale d’Appui à la Per­for­mance
    APHP : Assis­tance Publique des Hôpi­taux de Paris
    CH : Centre Hos­pi­ta­lier
    CHU : Centre Hos­pi­ta­lier Uni­ver­si­taire
    CHRU : Centre Hos­pi­ta­lier Régio­nal Uni­ver­si­taire
    CSTB : Centre Scien­ti­fique et Tech­nique du Bâti­ment
    CTM : Car­dio-Tho­ra­cique de Mona­co
    EVAR : Répa­ra­tion endo­vas­cu­laire de l’anévrisme
    GE : Gene­ral Elec­tric
    HPL : High Pres­sure Lami­nate
    IADE : Infir­mier Anes­thé­siste Diplô­mé d’Etat
    IBODE : Infir­mier de Bloc Opé­ra­toire Diplô­mé d’Etat
    IRM : Ima­ge­rie par Réso­nance Magné­tique
    SH : salles hybrides
    SNITEM : Syn­di­cat Natio­nal de l’Industries des Tech­no­lo­gies Médi­cales
    SSPI : Salle de sur­veillance post-inter­ven­tion­nelle
    TACE : Chi­mio embo­li­sa­tion Trans artérielle

    Mémoire complet :

    Mise en œuvre d'une salle d'intervention de type hybride au sein d'un établissement de santé

    Introduction

    L’évolution des salles d’opération a per­mis à la méde­cine de réa­li­ser aujourd’hui des actes chi­rur­gi­caux extrê­me­ment com­plexes dans des condi­tions de plus en plus contrô­lées. Si l’on remonte 50 ans aupa­ra­vant, les outils uti­li­sés en chi­rur­gie n'étaient alors essen­tiel­le­ment que des dis­po­si­tifs médi­caux simples comme un scal­pel, un mar­teau ou encore une scie chi­rur­gi­cale. L’apparition des dis­po­si­tifs médi­caux plus com­plexes a décu­plé les pos­si­bi­li­tés des chi­rur­gies, cela a par exemple ren­du pos­sible des greffes, des rem­pla­ce­ments de muscles ou encore la mise en place de pro­thèses évi­tant de nom­breuses réper­cus­sions telles des ampu­ta­tions, des rejets ou des infec­tions post­opé­ra­toires. Au cours des der­nières années, l’apparition de nou­velles tech­no­lo­gies a chan­gé les tech­niques et les pra­tiques opé­ra­toires chi­rur­gi­cales. Notam­ment la struc­ture des salles, des sys­tèmes et des équi­pe­ments, qui suivent les avan­cées tech­no­lo­giques et les évo­lu­tions de la recherche. L’un des chan­ge­ments majeurs et récents est l'apparition de salles d’opérations hybrides alliant la chi­rur­gie à l’imagerie (figure 1).

    Les nom­breuses spé­ci­fi­ci­tés et pos­si­bi­li­tés des salles hybrides ne les rendent pas faciles à réa­li­ser, il existe en effet une pano­plie de dis­po­si­tions et de types d’utilisations dif­fé­rentes de ces salles, allant du domaine de la car­dio­lo­gie à l’orthopédie. La salle hybride s’est donc impo­sée telle une solu­tion unique per­met­tant aux radio­logues et aux chi­rur­giens de pou­voir col­la­bo­rer sans res­tric­tion, dans un même environnement.

    Ain­si, ce mémoire vise à répondre par quels moyens pou­vons-nous réa­li­ser l’étude de fai­sa­bi­li­té de salle hybride tout en gui­dant les ingé­nieurs bio­mé­di­caux dans la mise en œuvre d’une salle hybride au sein d’un éta­blis­se­ment de san­té.

    Dans ce mémoire, le contexte et les enjeux autour de ces salles hybrides seront expo­sés afin de bien cer­ner l’intérêt qu’elles peuvent appor­ter à la méde­cine moderne. Dans un second temps, les dif­fé­rentes appli­ca­tions cli­niques et les élé­ments clés d’un ser­vice inter­ven­tion­nel seront iden­ti­fiés afin de créer une cer­taine orga­ni­sa­tion et arbo­ri­sa­tion des élé­ments concer­nés. Enfin, l'outil pro­po­sé afin de faci­li­ter la mise en œuvre d’une telle struc­ture sera expli­ci­té. Ce mémoire de pro­jet est rédi­gé afin d’aider les ingé­nieurs bio­mé­di­caux dans la concep­tion de nou­velles salles hybrides.

    I - Salle hybride : définitions, contexte et enjeux

    A. Le concept de salle hybride

    Au cours des der­nières années, l’apparition des nou­velles tech­no­lo­gies et leurs évo­lu­tions ont chan­gé les tech­niques opé­ra­toires chi­rur­gi­cales intro­dui­sant les salles d’opérations hybrides qui uti­lisent des équi­pe­ments à la pointe de la tech­no­lo­gie chi­rur­gi­cale au ser­vice du patient.

    Figure 1 : Photographie d'une salle hybride au CHU de Lille (Source : auteurs) 

    Que signi­fie le terme hybride ?
    Dans un pre­mier temps, la défi­ni­tion du terme “hybride” est essen­tielle. Celle-ci est sou­vent source d’incompréhension entre les dif­fé­rents inter­lo­cu­teurs du monde médi­cal. En effet, sou­vent sujet à inter­pré­ta­tion, une salle hybride est une salle d’intervention qui asso­cie les carac­té­ris­tiques d’une salle de chi­rur­gie dite conven­tion­nelle à celle d’une salle inter­ven­tion­nelle, com­pre­nant en géné­ral un sys­tème d’imagerie médi­cale (voir figure 2).

    La défi­ni­tion de la salle hybride reprend deux termes incon­tour­nables : salle conven­tion­nelle et salle inter­ven­tion­nelle. Il est impor­tant de rap­pe­ler leur propre définition.

    Une salle de chi­rur­gie dite conven­tion­nelle est une salle dédiée à la chi­rur­gie inva­sive où toutes les com­pé­tences médi­cales et para­mé­di­cales sont mises à pro­fit afin de pro­di­guer des soins à un patient à l’aide des dis­po­si­tifs médi­caux adé­quats. La chi­rur­gie conven­tion­nelle a démon­tré par exemple son effi­ca­ci­té dans le trai­te­ment d’une vari­cose à l’origine des plaies chro­niques [1].

    Alors qu’une salle de chi­rur­gie dite inter­ven­tion­nelle est une salle dédiée à la chi­rur­gie mini inva­sive gui­dée par l’imagerie médi­cale [2]. La pra­tique inter­ven­tion­nelle est éga­le­ment défi­nie comme une alter­na­tive à la chi­rur­gie conven­tion­nelle, c’est le cas en cathé­té­risme inter­ven­tion­nel. La tech­nique du cathé­té­risme car­diaque a pour but d’agir direc­te­ment sur les struc­tures ana­to­miques à l’aide d’une sonde opaque à rayons X intro­duite dans les vais­seaux. Les inter­ven­tions sont sui­vies par le méde­cin sur les écrans dif­fu­sant les images médi­cales en temps réel grâce aux sys­tèmes d’imagerie pré­sents dans la salle [3].

    Figure 2 : Définition schématique d'une salle hybride (Source : auteur.e.s)

    Après avoir défi­ni les termes de salle conven­tion­nelle et inter­ven­tion­nelle, il est plus simple de com­prendre l'intérêt des salles hybrides. Comme expo­sé pré­cé­dem­ment, cer­taines tech­niques comme le cathé­té­risme inter­ven­tion­nelle sont pré­sen­tées comme des alter­na­tives à la chi­rur­gie conven­tion­nelle. Cepen­dant, les pro­cé­dures inter­ven­tion­nelles et conven­tion­nelles sont sou­vent com­plé­men­taires. En effet, c’est le cas pour les patho­lo­gies car­diaques com­plexes par exemple. La pra­tique hybride per­met d’avoir recours à la chi­rur­gie inter­ven­tion­nelle afin de dimi­nuer les risques dus à la chi­rur­gie ouverte. La pra­tique inter­ven­tion­nelle peut être mise en place pour évi­ter une chi­rur­gie ouverte, la pré­pa­rer comme dans le cas de la fer­me­ture de col­la­té­rales aor­to-pul­mo­naires avant une uni­fo­ca­li­sa­tion arté­rielle pul­mo­naire, ou encore la com­plé­ter comme dans le cas de dila­ta­tion de sté­noses pul­mo­naires dis­tales après répa­ra­tion d’une car­dio­pa­thie obs­truc­tive du cœur droit [3], [4].

    En d’autres termes, la pro­cé­dure hybride per­met la pra­tique d’actes mini inva­sifs assis­tés par l’imagerie médi­cale avec éga­le­ment la pos­si­bi­li­té de réa­li­ser un acte inva­sif lors de l’intervention.

    De plus, il existe plu­sieurs niveaux d’hybridation pour plu­sieurs types d’applications et d’opérations, par exemple, un pre­mier niveau d’hybridation cor­res­pond à une salle com­pre­nant un simple arceau chi­rur­gi­cal, elles sont aus­si appe­lées salles poly­va­lentes dans ce cas précis.

    L’imagerie au bloc opératoire :

    Comme vu pré­cé­dem­ment, l’imagerie médi­cale per­met l’accompagnement de la pra­tique de l’acte médi­cal. De plus, il est impor­tant de dif­fé­ren­cier la radio­lo­gie inter­ven­tion­nelle de la chi­rur­gie inter­ven­tion­nelle. Rap­pe­lons que la radio­lo­gie inter­ven­tion­nelle est une moda­li­té uti­li­sant l’imagerie (fluo­ro­sco­pie, écho­gra­phie, scan­ner, l'imagerie par réso­nance magné­tique (IRM)), afin de per­mettre des actes mini inva­sifs de diag­nos­tic et de thé­ra­pie par un méde­cin inter­ven­tion­nel (radio­logue par exemple). C’est une tech­nique uti­li­sée dans le trai­te­ment de can­cer, de la dou­leur ou encore en cas d'urgence [5].

    Alors que la chi­rur­gie inter­ven­tion­nelle cor­res­pond aux actes chi­rur­gi­caux inva­sifs accom­pa­gnés de sys­tème d’imagerie, comme c’est sou­vent le cas pour les inter­ven­tions d’orthopédie où le méde­cin uti­lise les images afin de s’assurer de la bonne posi­tion de la pro­thèse par exemple. En ce sens, ce n’est pas la pré­sence de sys­tème d’imagerie mais bien la pra­tique qui fait réfé­rence et déter­mine le type de salle.

    Dans un second temps, il est bon de cla­ri­fier que l’imagerie au bloc opé­ra­toire est une tech­nique per­met­tant d'obtenir des images grâce à dif­fé­rents types de rayon­ne­ments. Elle est com­plé­men­taire de la chi­rur­gie, qui elle, est une dis­ci­pline médi­cale qui a pour objec­tif de pro­di­guer des soins. L’imagerie médi­cale regroupe de nom­breuses spé­cia­li­tés et ser­vices en fonc­tion des appa­reils ou organes inté­res­sés. En effet, les salles chi­rur­gi­cales peuvent être poly­va­lentes afin d’assurer la prise en charge de plu­sieurs spé­cia­li­tés telles que la car­dio­lo­gie, l’urologie et d’autres [6].

    Défi­ni­tion du péri­mètre de la salle hybride :

    Selon l’ANAP, une salle de chi­rur­gie inter­ven­tion­nelle (gui­dage par ima­ge­rie) peut être accom­pa­gnée de pra­tique hybride. Quatre dif­fé­rentes typo­lo­gies sont dif­fé­ren­ciées selon la pra­tique et les équi­pe­ments d’imagerie comme dans la figure 3 [7] :

    Figure 3 : Typologie des salles d'interventions (Source : ANAP) 

    - Type 1 : une salle inter­ven­tion­nelle mono­mo­dale ne per­met­tant pas de pra­tique hybride
    - Type 2 : une salle inter­ven­tion­nelle mul­ti­mo­dale ne per­met­tant pas de pra­tique hybride
    - Type 3 : une salle inter­ven­tion­nelle mono­mo­dale per­met­tant une pra­tique hybride
    - Type 4 : une salle inter­ven­tion­nelle mul­ti­mo­dale per­met­tant une pra­tique hybride

    Pour bien com­prendre, selon les typo­lo­gies, le terme “hybride” indique bien une pra­tique inter­ven­tion­nelle et non le sys­tème d’imagerie pré­sent en salle. Dans le cadre de la mise en œuvre de ser­vice chi­rur­gi­cal com­pre­nant une salle hybride, ce rap­port concerne les typo­lo­gies 3 et 4. 

    Dans tous ces cas de figure, l’utilisation de moda­li­té d’imagerie exige une pro­tec­tion contre les radia­tions ioni­santes [7].

    B. Le contexte des salles hybrides

    Dans les années 2000, au centre Car­dio-Tho­ra­cique de Mona­co (CTM) est née la pre­mière salle hybride. En France, l’unité de chi­rur­gie car­diaque de l’Hôpital Pri­vé Jacques Car­tier à Mas­sy (Îlede-France) a été la pre­mière à s’équiper de cette tech­no­lo­gie en 2010. En géné­ral les salles hybrides sont équi­pées de hautes tech­no­lo­gies d’imagerie inter­ven­tion­nelle et pré­sentent des avan­tages impor­tants comme : la qua­li­té d’image, la pré­ci­sion, la rapi­di­té de temps d’acquisition et le confort de tra­vail pour le per­son­nel et le patient.
    D’après le SNITEM, il exis­tait en France envi­ron 40 salles hybrides en 2016, prin­ci­pa­le­ment dans les grands CHU et centre hos­pi­ta­lier (CH).

    L’émergence de cette chi­rur­gie inter­ven­tion­nelle répond à la mon­tée en puis­sance des inno­va­tions en sys­tèmes d’imagerie telles que la tomo­den­si­to­mé­trie, l’IRM ou les arceaux fixes [8].

    D’après une étude d’Allied Mar­ket Research sur l’ensemble des salles hybrides, le mar­ché mon­dial des équi­pe­ments était éva­lué à 744 mil­lions de dol­lars en 2018 et devrait atteindre 1804 mil­lions de dol­lars d’ici 2026 [9]. Plu­sieurs fac­teurs contri­buent à la crois­sance du mar­ché des salles hybrides notam­ment l'augmentation du nombre d’interventions chi­rur­gi­cales, l’augmentation des pra­tiques mini inva­sives, les avan­cées tech­no­lo­giques des équi­pe­ments dans les salles hybrides et éga­le­ment l'augmentation du nombre de per­sonnes atteintes de troubles car­dio­vas­cu­laires, neu­ro­lo­giques, ortho­pé­diques ou tho­ra­ciques. Cette même étude détaille les appli­ca­tions cli­niques effec­tuées dans les salles hybrides, ils montrent que l'application en chi­rur­gie car­dio­vas­cu­laire occupe une grande par­tie du mar­ché en rai­son de l'augmentation de pré­va­lence de mala­dies car­dio­vas­cu­laires dans le monde et de l'augmentation de la demande des pra­tiques mini inva­sives [9] en com­pa­rai­son avec les chi­rur­gies neu­ro­lo­gique, tho­ra­cique ou orthopédique.

    A titre d’exemple, les mala­dies car­dio­vas­cu­laires sont la pre­mière cause de mor­ta­li­té dans le monde. En France, elles sont la deuxième cause de décès après le can­cer. En 2018 plus de 15 mil­lions de per­sonnes sont prises en charge pour des mala­dies car­dio­vas­cu­laires [10].

    Enquête en 2016 sur les éta­blis­se­ments de san­té [11] :

    Une enquête a été faite en 2016 par les étu­diants de l’UTC sur le nombre de salles hybrides dans les éta­blis­se­ments de san­té. Le gra­phique ci-des­sous montre une mon­tée remar­quable du nombre de salles hybrides en France entre 2008 et 2016, arri­vant à 39 salles en 2016 (figure 4). Cette mon­tée est due aux besoins cli­niques des éta­blis­se­ments de san­té et aux avan­tages pro­po­sés par la salle hybride dans le trai­te­ment des patients. Ces besoins cli­niques sont entre autres des besoins chi­rur­gi­caux au béné­fice de l’amélioration de la sécu­ri­té, la qua­li­té et la durée des inter­ven­tions. Cette garan­tie de sécu­ri­té est liée jus­te­ment à la garan­tie d’une ima­ge­rie de qua­li­té accom­pa­gnée d’une acqui­si­tion instantanée.

    Figure 4 : Evolution du nombre de salles hybrides implantées en France entre 2008 et 2016 (Source : étude d'étudiants de l'UTC 2016) 

    Enquête 2021 sur le CHU de Lille :

    À la suite de plu­sieurs entre­tiens et visites effec­tués avec dif­fé­rents ingé­nieurs bio­mé­di­caux aux CHU/CH visi­tés (Annexe 1), plu­sieurs infor­ma­tions ont pu être récol­tées telles que l’évolution du nombre de salles hybrides, les spé­cia­li­tés uti­li­sées dans ces salles et le choix tech­no­lo­gique des équipements.

    A titre d’exemple, le CHU de Lille pos­sède quatre salles hybrides dont trois actives et une en cours d'installation (pour prin­temps 2022). Deux salles sont situées au niveau du pla­teau tech­nique inter­ven­tion­nel d’explorations car­dio­vas­cu­laires (cardiologie/pédiatrie), la troi­sième active est située dans le ser­vice des urgences et enfin la der­nière salle hybride sera située dans le ser­vice de radio­lo­gie inter­ven­tion­nelle (en cours d’installation pour prin­temps 2022). Ces salles hybrides sont équi­pées de tech­no­lo­gies et de marques dif­fé­rentes. Les deux pre­mières salles implan­tées sont équi­pées de la tech­no­lo­gie Gene­ral Elec­tric (GE), les arceaux d’imagerie de ces salles sont implan­tés au sol. Il est bon de noti­fier que GE recom­mande que le sol de ces salles soit recou­vert d’une résine par­ti­cu­lière recom­man­dée pour leur robot. La troi­sième salle hybride implan­tée est équi­pée de la tech­no­lo­gie Phi­lips avec un arceau pla­fon­nier et enfin la qua­trième salle en cours d’installation sera équi­pée de la tech­no­lo­gie Sie­mens. Ces dif­fé­rentes tech­no­lo­gies sont adap­tées aux besoins et aux choix des chi­rur­giens et pra­ti­ciens (Figure 5). Chaque salle hybride a coû­té plus de 2 mil­lions d’euros sans les tra­vaux.
    Ain­si, les dif­fé­rents élé­ments expo­sés pré­cé­dem­ment montrent un réel inté­rêt des salles hybrides par les éta­blis­se­ments de santé.

    Figure 5 : Evolution des salles hybrides au CHU de Lille en fonction des différentes technologies (Source : auteur.e.s)

    C. Les enjeux répondant aux besoins des patients

    L’expansion des sys­tèmes d’imagerie médi­cale amène à se poser des ques­tions concer­nant les enjeux de cette mon­tée en puis­sance (Figure 6). Comme vu pré­cé­dem­ment, les salles hybrides connaissent une expan­sion impor­tante dans les centres hos­pi­ta­liers. Avec l’apparition de l’imagerie médi­cale et toutes les évo­lu­tions de celle-ci, les tech­niques chi­rur­gi­cales ont chan­gé. L’apparition de nou­velles tech­niques chi­rur­gi­cales, comme l’endoscopie, la radio­lo­gie inter­ven­tion­nelle ou la chi­rur­gie assis­tée par robot, per­mettent la pra­tique de la chi­rur­gie ambu­la­toire [12].

    Ces tech­niques sont deve­nues incon­tour­nables dans les années 1990, elles ont atteint une matu­ri­té par la sta­bi­li­té des tech­no­lo­gies d’imagerie et l’amélioration tech­nique de l’instrumentation, mais aus­si avec la recon­nais­sance médi­cale de l’impact posi­tif de ces tech­niques sur la qua­li­té de soins [13].

    La mise en œuvre d’une telle struc­ture répond prin­ci­pa­le­ment aux besoins des patients et à la qua­li­té des soins pro­cu­rés par le per­son­nel. En effet, ces nou­velles tech­niques inter­ven­tion­nelles per­mettent la réa­li­sa­tion d’actes com­plexes. Elles ont éga­le­ment per­mis le déve­lop­pe­ment d’actes mini inva­sifs, impli­quant une nette amé­lio­ra­tion de la récu­pé­ra­tion post-inter­ven­tion­nelle. De plus, cette pra­tique per­met de limi­ter le temps d’hospitalisation des patients, le plus sou­vent ces actes sont réa­li­sés en ambu­la­toire. C'est-à-dire que le patient séjourne à l’hôpital pour une durée infé­rieure à 12 heures [14].

    Un des autres avan­tages concerne les inter­ven­tions plus com­plexes, par­ti­cu­liè­re­ment lorsque le patient néces­site des soins de plu­sieurs spé­cia­li­tés médi­cales. Ceci per­met ain­si aux pra­ti­ciens de se réunir autour du patient et de limi­ter notam­ment les risques liés à son trans­port. Ain­si des ortho­pé­distes, des neu­ro­chi­rur­giens, des chi­rur­giens car­dio-tho­ra­ciques, vis­cé­raux ou vas­cu­laires, ain­si que des radio­logues peuvent inter­ve­nir en quasi-simultané.

    L’apparition de ces salles a éga­le­ment per­mis de répondre aux besoins de cer­tains patients, comme ceux souf­frant d’une patho­lo­gie ana­to­mi­que­ment dif­fi­cile d’accès, tel que dans le cas de can­cers. Depuis ces der­nières années, grâce à la fusion d’image et le gui­dage en ima­ge­rie, de nou­veaux champs thé­ra­peu­tiques ont été décou­verts tels que la neu­ro­na­vi­ga­tion en neu­ro­lo­gie ou encore l’implantation d’une valve aor­tique en per­cu­ta­né en car­dio­lo­gie par exemple. Dans le cadre de cet enjeu, l’application de la chi­rur­gie mini inva­sive aux tumeurs est prin­ci­pa­le­ment ciblée, mais ces tech­niques s’appliquent éga­le­ment aux patho­lo­gies d’origine trau­ma­tique ou en cas d’infections chro­niques. Concer­nant les tumeurs bénignes, de nom­breuses publi­ca­tions font preuves de la consi­dé­ra­tion des pra­ti­ciens envers l’impact posi­tif de ces tech­niques sur la qua­li­té de soins. 

    En guise d’exemple, une étude de l’« Ame­ri­can Col­lege of Sur­geon » a mon­tré une nette amé­lio­ra­tion de la ges­tion du contrôle des hémor­ra­gies dans les salles hybrides, en effet, il y aurait moins de trans­fu­sions san­guines post-opé­ra­tion, de com­pli­ca­tions infec­tieuses...[15]. De plus, ces publi­ca­tions montrent que l'efficacité de ces tech­niques mini inva­sives, est com­pa­rable voire supé­rieure aux actes conven­tion­nels. Concer­nant les tumeurs malignes, il existe moins de publi­ca­tions, cepen­dant, celles-ci montrent éga­le­ment que l'efficacité de la chi­rur­gie mini inva­sive est com­pa­rable aux actes conven­tion­nels [16].

    De plus, la concep­tion d’une telle struc­ture per­met aus­si de répondre à la pro­blé­ma­tique de l’égalité des soins. En effet, les salles hybrides sont déjà implan­tées dans les CHU depuis plu­sieurs années. Alors les autres éta­blis­se­ments de san­té, comme les CH se lancent dans la concep­tion de telles struc­tures afin de pal­lier l’inégalité des soins sur le ter­ri­toire. Il s’agit dans un autre sens de conser­ver et d’affirmer la noto­rié­té des établissements.

    Figure 6 : Les différents enjeux concernant la mise en œuvre (Source : auteur.e.s)

    Pour finir, il paraît impor­tant de sou­le­ver un der­nier enjeu concer­nant l’apparition de ces salles hybrides, il s’agit des béné­fices éco­no­miques. Dans un pre­mier temps, la concep­tion demande un inves­tis­se­ment finan­cier de grande ampleur. Cepen­dant, dans un second temps, l’usage de ces salles per­met la mul­ti­pli­ca­tion des actes, un taux d’actes ambu­la­toire plus éle­vé, c’est-à-dire moins de frais pour l'hôpital. Cela implique un gain finan­cier non négli­geable mal­gré les frais engen­drés par la concep­tion et la construc­tion qui peuvent, selon les exi­gences et les pos­si­bi­li­tés, deve­nir assez éle­vés [7].

    D. Les problématiques soulevées pour la conception d'une salle hybride

    La liste des pro­blé­ma­tiques citées ci-des­sous n’est pas exhaus­tive mais se veut dans l’objectif de com­prendre la com­plexi­té de l’élaboration d’une salle hybride. Ces élé­ments sont en par­tie extraits de dis­cus­sions avec des ingé­nieurs bio­mé­di­caux de ter­rain, du CH d’Amiens, de l’APHP et du CH de Com­piègne ain­si que d’un article [17] et sont expli­qués ci-après (source : Inter­view avec des Ingé­nieurs Bio­mé­di­caux de France). 

    Les pro­blé­ma­tiques de besoin

    La pre­mière pro­blé­ma­tique lors de la concep­tion d’une salle hybride est de cer­ner le besoin d’implantation d’une telle salle dans un éta­blis­se­ment de san­té. Répon­dant à des besoins chi­rur­gi­caux pré­cis, la créa­tion d’une salle hybride doit repo­ser sur l’utilité qu’elle appor­te­ra ensuite. Pour cela, il est pos­sible de se baser sur des chiffres pré­cis tels le nombre de patients trans­fé­rés vers un autre hôpi­tal en vue d’une opé­ra­tion. Par une éva­lua­tion du besoin cli­nique, les éta­blis­se­ments de san­té doivent être sûrs qu’une salle d'opération clas­sique ne pour­rait pas suffire.

    Les pro­blé­ma­tiques de construction

    Plu­sieurs ques­tions peuvent être sou­le­vées avant la construc­tion de ce type de salle hybride telles que :

    - Les pro­blèmes d’encombrement dans la salle : ceux-ci varient en fonc­tion du degré de mobi­li­té des équi­pe­ments, du type de chi­rur­gie, du nombre de dis­po­si­tifs médi­caux néces­saires ou encore du mou­ve­ment des per­son­nels soignants.

    - Les pro­blèmes de loca­li­sa­tion de la salle d’opération : ceux-ci dépendent de la posi­tion de la salle dans de nou­veaux locaux ou bien dans d’anciens locaux réamé­na­gés. En effet, dans une recon­ver­sion de locaux, il faut véri­fier le dimen­sion­ne­ment en termes de tenue du sol ain­si que les dis­po­si­tions et mesures vis-à-vis des équi­pe­ments d’imagerie. Ces dis­po­si­tions néces­saires pour créer une salle hybride peuvent atteindre des coûts assez éle­vés. Pour la créa­tion dans des locaux neufs, les dis­po­si­tions auront les mêmes contraintes cepen­dant la dif­fé­rence réside dans la faci­li­té de la construc­tion de la salle.

    - Des pro­blé­ma­tiques de construc­tion peuvent aus­si dépendre d’autres corps de métier tels l’apport éner­gé­tique en élec­tri­ci­té, les cir­cuits de liquide ou gaz, la lumière, l’informatique ou encore les pro­tec­tions liées aux rayons X.

    Les pro­blé­ma­tiques de res­sources humaines

    Dans une salle hybride, Il y a un nombre impor­tant de res­sources humaines à prendre en compte que ce soit au niveau du per­son­nel soi­gnant, tech­nique, logis­tique et autres. Avant de mettre en place une salle hybride, la pro­blé­ma­tique des besoins vis à vis des types d’interventions, de spé­cia­li­tés, d’équipements à inclure dans cette salle déter­mi­ne­ra par la suite le nombre de per­son­nel qu’il fau­dra pour le bon fonc­tion­ne­ment de la salle, en sachant que la res­source humaine a un impact direct sur le coût glo­bal de la salle.

    Les pro­blé­ma­tiques de coût

    Tel qu’énoncé dans les para­graphes pré­cé­dents, l’élaboration d’une salle hybride peut repré­sen­ter un inves­tis­se­ment impor­tant : autant par une mau­vaise éva­lua­tion des besoins cli­niques, par des pro­blèmes de construc­tions ou encore par les coûts d’utilisation de la salle. Une éva­lua­tion finan­cière doit donc être de rigueur par la confron­ta­tion de l’analyse des coûts de concep­tion et fabri­ca­tion aux inté­rêts, qui sont cités dans la par­tie I-C, et liés aux béné­fices appor­tés au patient, à l’augmentation d’opérations ambu­la­toires ou encore aux faci­li­tés chi­rur­gi­cales engen­drées.

    E. Les parties prenantes

    Lors de la mise en place d’une salle hybride dans un éta­blis­se­ment de san­té, il est impor­tant de bien cer­ner les dif­fé­rents acteurs qui entrent en jeu. Les res­sources humaines seront majo­ri­tai­re­ment impac­tées par la concep­tion d’une salle hybride au sein de leur envi­ron­ne­ment de tra­vail. La salle hybride implique de nom­breuses par­ties pre­nantes, qui vont devoir adap­ter leurs méthodes de tra­vail. La figure 7 ci-contre donne un aper­çu glo­bal des acteurs des salles hybrides (source : Inter­view avec des Ingé­nieurs Bio­mé­di­caux de France). 

    Figure 7 : Schéma des parties prenantes de l'utilisation d'une salle hybride (Source : auteur.e.s)

    Dans un pre­mier temps, il est impor­tant de rap­pe­ler que le per­son­nel soi­gnant est un acteur majeur à prendre en compte pour le bon fonc­tion­ne­ment de la salle hybride. Dans une salle hybride, l’organisation des per­sonnes cir­cu­lantes est essen­tielle à consi­dé­rer, sachant que ces per­sonnes per­mettent de défi­nir le besoin et consi­dé­rer l’opportunité d’une telle implan­ta­tion. La mise en place d’une telle struc­ture néces­site une for­ma­tion à l’utilisation de ces tech­no­lo­gies de pointe. Ces acteurs sont au ser­vice du patient [7].

    Dans un second temps, le ser­vice bio­mé­di­cal devra évi­dem­ment répondre aux exi­gences concer­nant l’installation d’une salle hybride. En effet, de la concep­tion à la main­te­nance des équi­pe­ments, le ser­vice bio­mé­di­cal est l’un des acteurs prin­ci­paux. L’ingénierie bio­mé­di­cale en éta­blis­se­ment de san­té effec­tue l’achat des équi­pe­ments, c’est l’une des grandes res­pon­sa­bi­li­tés de l’ingénieur bio­mé­di­cal. Le choix des équi­pe­ments doit être en accord avec les besoins du per­son­nel soi­gnant mais éga­le­ment avec d’autres équi­pe­ments déjà pré­sents dans l'établissement, afin que les nou­veaux équi­pe­ments soient uti­li­sés et uti­li­sables. L’ingénieur bio­mé­di­cal sera res­pon­sable des équi­pe­ments au cours de leur uti­li­sa­tion dans l’établissement de san­té, afin d’assurer la qua­li­té des soins. Le ser­vice bio­mé­di­cal est garant de la coor­di­na­tion du pla­teau médico-technique.

    Ensuite, afin de conce­voir de façon opti­male une salle hybride, il est essen­tiel de prendre en consi­dé­ra­tion le ser­vice infor­ma­tique. En effet, les tech­no­lo­gies actuelles incluent des logi­ciels médi­caux et néces­sitent une prise en charge infor­ma­tique impor­tante. Le ser­vice infor­ma­tique aura pour mis­sion de connec­ter les dis­po­si­tifs au réseau infor­ma­tique de l’établissement. Une autre mis­sion du ser­vice infor­ma­tique rejoint la mis­sion d’achat de l’ingénieur bio­mé­di­cal, qui doit prendre en consi­dé­ra­tion l’aval du ser­vice infor­ma­tique concer­nant l'interopérabilité des équi­pe­ments. De plus, les nou­velles tech­no­lo­gies uti­lisent de plus en plus les don­nées per­son­nelles dont le ser­vice infor­ma­tique garan­tit la sécu­ri­té. En d’autres termes, le ser­vice infor­ma­tique est garant de la par­tie infor­ma­tique et du fonc­tion­ne­ment des dis­po­si­tifs pré­sents dans la salle hybride.

    Par­mi ces acteurs, le fabri­cant trouve éga­le­ment sa place car il doit four­nir des pres­ta­tions répon­dant aux exi­gences régle­men­taires. De plus, le fabri­cant est res­pon­sable des for­ma­tions du per­son­nel sur les équi­pe­ments. Ils peuvent inter­ve­nir sur les main­te­nances, cura­tives et pré­ven­tives, des équipements.

    Au centre de tous ces acteurs, le patient occupe une place impor­tante. Tous ces acteurs agissent ensemble afin d’assurer une prise en charge opti­male et une qua­li­té de soins à la hau­teur de la tech­no­lo­gie actuelle. 

    II- Identification des applications cliniques et des éléments clés dans une salle hybride

    Par un tour d’horizon des appli­ca­tions cli­niques et des élé­ments d’une salle hybride, il sera ensuite plus facile de com­prendre l’importance de cha­cune des étapes de l’outil qui sera proposé.

    A. Les différentes spécialités chirurgicales dans une salle hybride

    Par­mi les inté­rêts d’une salle hybride, sa capa­ci­té d’adaptation à plu­sieurs types de chi­rur­gies en fait une salle d’opération accom­mo­dable et plu­ri­dis­ci­pli­naire. Pos­sé­dant des carac­té­ris­tiques supé­rieures à une salle d’opération plus clas­sique en termes d’équipement ou de ven­ti­la­tion, elle pour­rait conve­nir à n’importe quel type de chi­rur­gie ou d’opération. Cepen­dant, bien qu’elle ne pré­sente pas de réelles amé­lio­ra­tions par rap­port à des salles d’opérations clas­siques sur cer­taines chi­rur­gies, d’autres chi­rur­gies y trouvent de réels inté­rêts, par exemple la pra­tique mini inva­sive, et pos­si­bi­li­tés non dis­po­nibles dans les autres salles clas­siques, par l’imagerie notam­ment. Il convient donc de s’intéresser aux dif­fé­rentes uti­li­sa­tions d’une salle hybride (Figure 8) :

    Figure 8 : Les différents spécialités pouvant être pratiqué en salle hybride (Source : auteur.e.s)

    La chi­rur­gie cardiaque

    La chi­rur­gie car­diaque est une de celles qui sus­cite le plus d’intérêt envers les salles hybrides. La chi­rur­gie de pré­ci­sion per­met l’amélioration d’un grand nombre d’opérations telles que : la véri­fi­ca­tion coro­na­ro­gra­phique de la reper­fu­sion coro­naire ou encore la mise en place de valves car­diaques bio­lo­giques par voie per­cu­ta­née ou trans­api­cale [18], [19]. Les salles hybrides ont prou­vé leur per­for­mance pour l’implantation de valve trans­ca­thé­ter aor­tique [20] mais aus­si pour le trai­te­ment de patho­lo­gie de l’aorte tho­ra­cique ou abdo­mi­nale, pour les lésions com­bi­nées val­vu­laires, coro­naires ou céré­brales ou encore pour des patho­lo­gies congé­ni­tales com­plexes [19].

    La chi­rur­gie vasculaire

    La chi­rur­gie vas­cu­laire est aus­si une impor­tante uti­li­sa­trice des salles hybrides avec notam­ment la mise en place d’endoprothèses aor­tiques [21], mais aus­si des artères mésen­té­riques. Dans le domaine car­dio-vas­cu­laire, les salles hybrides sont par­ti­cu­liè­re­ment adap­tées aux pon­tages cou­plés à un trai­te­ment endo­vas­cu­laire [18]. Une étude par l’Institut Hos­pi­ta­lo-Uni­ver­si­taire (IHU) et l’Institut de Recherche contre les Can­cers de l’Appareil Diges­tif (IRCAD) de Stras­bourg a mon­tré que les salles hybrides apportent un inté­rêt pour la visua­li­sa­tion des struc­tures vas­cu­laires, évi­tant et rédui­sant ain­si un cer­tain nombre de risques de bles­sures par inad­ver­tance sur les réseaux vas­cu­laires [22].

    La chi­rur­gie neurologique

    Les avan­cées des salles hybrides s’appliquent aus­si à la neu­ro­chi­rur­gie avec par exemple le trai­te­ment d’anévrismes céré­braux ou de spon­dy­loses. Les salles hybrides per­mettent le déve­lop­pe­ment de nou­veaux outils tels que ceux de mesure de la per­fu­sion céré­brale, du flux vas­cu­laire et de visua­li­sa­tion d'endoprothèses vas­cu­laires [23]. Une étude du dépar­te­ment de chi­rur­gie neu­ro­lo­gique de l’Hôpital Pres­by­té­rien de New York et de l’école Uni­ver­si­taire de Méde­cine de New York a mon­tré que l’utilisation d’angiographie avec rota­tion à trois dimen­sions et d’une “intrao­pe­ra­tive flat-panel­de­tec­tor com­pu­ted tomo­gra­phy” dans une salle hybride appor­tait une capa­ci­té de neu­ro­na­vi­ga­tion durant les chi­rur­gies céré­bro­vas­cu­laire sans l’utilisation d’imagerie pré­opé­ra­toire [24]. Une autre étude a mon­tré l’efficacité des salles hybrides équi­pés pour la neu­ro­chi­rur­gie avec par exemple un plan-simple d’angiographie accom­pa­gné d’un grand écran dans les trai­te­ments neu­ro­vas­cu­laires tels les ané­vrismes, les mal­for­ma­tions arté­rielles, les stents arté­rielles ou encore les tumeurs [25].

    La chi­rur­gie orthopédique

    La chi­rur­gie ortho­pé­dique est aus­si concer­née par les salles hybrides. Un rap­port de 4 chi­rur­giens uti­li­sant une salle hybride ortho­pé­dique de l’hôpital de Ulm en Alle­magne pen­dant une année a été publié. Ils rap­portent ain­si une série de 92 cas d’utilisation de la salle. Par­mi ces chi­rur­gies, il y a essen­tiel­le­ment des sta­bi­li­sa­tions de la colonne ver­té­brale mais aus­si des repla­ce­ments sacroi­liaques, des enlè­ve­ments d’implants, des réduc­tions ouvertes avec fixa­tion interne des extré­mi­tés, de la ver­té­bro­plas­tie, des biop­sies, des abla­tions de tumeurs et d’autres opé­ra­tions moins cou­rantes [26]. Après un an d’utilisation, ils affirment que la salle hybride donne géné­ra­le­ment plus de confiance aux chi­rur­giens dans les pla­ce­ments d’implants par exemple et devient un réel avan­tage pour les opé­ra­tions mini-inva­sives pour les cas de colonnes ver­té­brales ou de bassins.

    La chi­rur­gie urologique

    La chi­rur­gie en uro­lo­gie figure par­mi les pra­tiques obser­vées dans une salle hybride. Cer­taines tech­niques de trai­te­ment de tumeur du rein au ser­vice d’urologie ont été ren­dues pos­sibles grâce à la salle hybride notam­ment sur la pra­tique de la néphrec­to­mie par­tielle (abla­tion du rein) après embo­li­sa­tion sélec­tive des vais­seaux tumo­raux sans clam­page et donc sans isché­mie rénale (carence de sang dans un ou deux reins). Dans une salle hybride, ce trai­te­ment n’aura pas de consé­quence sur la fonc­tion rénale contrai­re­ment aux inter­ven­tions clas­siques.
    Une étude a mon­tré que la néphrec­to­mie par­tielle après embo­li­sa­tion des vais­seaux tumo­raux en salle hybride est une tech­nique fiable par rap­port à la néphrec­to­mie par­tielle stan­dard avec clam­page et l’utiliser en salle hybride per­met de limi­ter l’ischémie rénale, le taux de com­pli­ca­tion et la durée de séjour [27].

    La chi­rur­gie thoracique

    La salle hybride est utile à la chi­rur­gie tho­ra­cique sur plu­sieurs types de trai­te­ment. Notam­ment, la tech­nique de trai­te­ment pour les patients atteints de méta­stases pul­mo­naires mul­tiples par la com­bi­nai­son d’une résec­tion diag­nos­tique d’imagerie pré­pa­ra­toire et l’ablation per­cu­ta­née par micro-ondes, per­met­tant ain­si de trai­ter le patient en une seule anes­thé­sie. Cette salle d’opération prend en charge de plus en plus de petits nodules (gros­seur anor­male) pul­mo­naire dif­fi­ciles à détec­ter. Ceux-ci sont loca­li­sés avec plus de pré­ci­sion à l’aide de la navi­ga­tion par bron­cho­sco­pie élec­tro­ma­gné­tique [28]. La chi­rur­gie mini inva­sive avec l’aide par exemple de tomo­den­si­to­mé­trie ou de mar­quage de colo­rant à la place d’une tho­ra­co­to­mie per­met aus­si de réduire la dou­leur et la récu­pé­ra­tion post-opé­ra­toire [29].

    B. Les équipements concernés : de l'environnement opératoire aux dispositifs médicaux permettant la pratique hybride

    Ces der­nières années, les avan­cées tech­no­lo­giques des équi­pe­ments sont consé­quentes au vu de l’évolution du fonc­tion­ne­ment des salles d'intervention. La mise en œuvre d’une salle hybride néces­site une étude exhaus­tive des équi­pe­ments pour répondre aux besoins iden­ti­fiés. L’activité chi­rur­gi­cale ou inter­ven­tion­nelle néces­site l’utilisation de mul­tiples dis­po­si­tifs médi­caux. Ces dis­po­si­tifs médi­caux défi­nissent la salle hybride. Cette par­tie pré­sente les équi­pe­ments pré­sents dans une salle d’intervention clas­sique et ceux rela­tifs à la pra­tique hybride.

    Les équi­pe­ments pré­sents dans une salle d’intervention

    Au bloc opé­ra­toire, les dis­po­si­tifs médi­caux sont pré­do­mi­nants et cer­tains d’entre eux sont encom­brants, il est néces­saire de prendre en compte leurs pré­sences lors de la mise en œuvre d’une salle hybride. Dans ce rap­port, nous dis­tin­gue­rons deux types d’équipements, ceux étant pré­sents dans la plu­part des salles d’interventions (Figure 9) et ceux spé­ci­fiques à la pra­tique hybride. 

    Voi­ci une liste non exhaus­tive des dis­po­si­tifs médi­caux sou­vent retrou­vés dans une salle d’intervention, qui seront indis­pen­sables dans une salle hybride [17] :
    - Le scia­ly­tique ou l’éclairage opé­ra­toire
    - La table chi­rur­gi­cale ou vas­cu­laire (table d’opération)
    - Le réchauf­feur patient
    - La sta­tion d’anesthésie ou ven­ti­la­teur d’anesthésie + cha­riot d’anesthésie
    - La (ou les) table(s) d’instrumentation(s)
    - L’aspirateur avec le récu­pé­ra­teur de sang
    - Le bis­tou­ri élec­trique
    - Le bras chi­rur­gi­cal
    - Le bras d’anesthésie

    Figure 9 : Photographie légende d'une salle d'intervention comprenant quelques dispositifs médicaux (Source : auteur.e.s)

    De plus, chaque salle dis­pose du maté­riel néces­saire en fonc­tion de la spé­cia­li­té pra­ti­quée. Ain­si, cer­taines salles sont équi­pées de colonnes de cœlio­sco­pie, d’échographes, d’arceaux chirurgicaux.

    Les équi­pe­ments rela­tifs à la pra­tique hybride

    Afin de pra­ti­quer des actes mini inva­sifs, la salle hybride néces­site d’être équi­pée d’un sys­tème d’imagerie médi­cale, per­met­tant d’acquérir des images en temps réel. Il est pos­sible de com­bi­ner plu­sieurs moda­li­tés au sein d'une même salle, elle sera donc qua­li­fiée de salle mul­ti­mo­dale. L’achat de ces équi­pe­ments repré­sente un inves­tis­se­ment de grande ampleur pour l’établissement de san­té, il est impor­tant que le choix du dis­po­si­tif réponde aux besoins des patients déter­mi­nés par les pro­fes­sion­nels de san­té. Voi­ci une liste non exhaus­tive des sys­tèmes d’imageries pou­vant inté­grer une salle hybride :


    - Arceau de radio­lo­gie (Figure 10) : pla­fon­nier, au sol ou robotisé

    Figure 10 : (a) Arceau au sol ARTIS Pheno de chez Siemens Healthineers (Source : Siemens Healthineers) (b) Arceau plafonnier AZURION 7 de chez Philips (Source : Philips Healthcare)

    - IRM ou scan­ner (Figure 11) :

    Figure 11 : IRM ALPHENIX 4D CT de chez Canon (Source : Canon medical)

    - Sys­tème de neu­ro­na­vi­ga­tion (Figure 12) :

    Figure 12 : Système de neuronavigation (Source : Science direct)

    - L’endoscope (Figure 13) :

    Figure 13 : Système d'endoscopie de chez Fujifilm (Source : Fujifilm)

    - Robot (Figure 14) : Da Vin­ci d’intuitive Sur­gi­cal, Zeus de Com­pu­ter Motion…

    Figure 14 : Robot Da Vinci par Intuitive Surgical (Source : Intuitive)

    De plus, les salles hybrides sont équi­pées de nom­breux sys­tèmes infor­ma­tiques et d'écrans per­met­tant aux pro­fes­sion­nels de san­té de visua­li­ser les images. Il semble impor­tant d’intégrer ses sys­tèmes de façon ergo­no­mique en répon­dant aux recom­man­da­tions des construc­teurs, afin de res­ter dans le cycle de l’amélioration conti­nue de la qua­li­té de soins.

    Ces dis­po­si­tifs sont les équi­pe­ments cen­traux de la salle, il est donc impor­tant de bien choi­sir celui qui sera ins­tal­lé dans l’établissement. L’annexe 1 expose ain­si un inven­taire (non exhaus­tif), issu d’entretien et visite dans plu­sieurs CHU et CH, visant à gui­der les ingé­nieurs bio­mé­di­caux afin qu’ils puissent se faire une idée des coûts de construc­tion et d’aménagement de l’implantation d’une salle hybride dans leurs éta­blis­se­ments de santé.

    Equi­pe­ments pour la pra­tique hybride réper­to­riés selon leurs marques

    Il est com­pli­qué de choi­sir par­mi l’ensemble des équi­pe­ments pro­po­sés par une mul­ti­tude de marques, qui per­mettent la pra­tique hybride selon les besoins des dif­fé­rents éta­blis­se­ments. En effet de nom­breuses marques pro­posent plu­sieurs modèles adap­tés à dif­fé­rentes spé­cia­li­tés. Ain­si l’annexe 3 expose un inven­taire non exhaus­tif, visant à gui­der et infor­mer les ingé­nieurs bio­mé­di­caux afin qu’ils puissent se faire une idée des équi­pe­ments exis­tants sur le mar­ché lorsqu’ils veulent implan­ter une salle hybride dans leurs éta­blis­se­ments de san­té.
    Cet inven­taire réfé­rence les arceaux de radio­lo­gie ain­si que d’autres moda­li­tés des fabri­cants tels que Gene­ral Elec­tric Heal­th­care, Phi­lips Heal­th­care, Sie­mens ou encore Canon Medical.

    C. Les contraintes majeures de la création ou de la restructuration d’une salle hybride déterminant la faisabilité du projet

    Afin de gui­der les pro­fes­sion­nels dans la mise en œuvre d’une salle hybride, cette par­tie est consa­crée aux dif­fé­rentes contraintes aux­quelles ils devront faire face pour cette concep­tion, qui sont des points à prendre en compte dans l’étude de fai­sa­bi­li­té. Les contraintes rele­vées dans cette par­tie sont en rela­tion avec les élé­ments cités pré­cé­dem­ment concer­nant les spé­cia­li­tés médi­cales, ain­si que celles liées aux dis­po­si­tifs médi­caux. Pour que la salle mise en œuvre réponde aux exi­gences régle­men­taires, l’étude de ces élé­ments est indis­pen­sable (source : Inter­view avec des Ingé­nieurs Bio­mé­di­caux de France). 

    Les contraintes liées aux spécialités

    Lors de la mise en œuvre d’une salle hybride, plu­sieurs contraintes d'importance sont sou­le­vées concer­nant les spé­cia­li­tés. Dans un pre­mier temps, il s’agit de choi­sir les dif­fé­rentes spé­cia­li­tés visées. Puis viennent s’ajouter les contraintes tech­niques, finan­cières et organisationnelles.

    Après avoir dis­tin­gué les dif­fé­rentes spé­cia­li­tés concer­nées par la future salle hybride, il sera essen­tiel de déter­mi­ner les besoins et exi­gences des pra­ti­ciens, qui pour­ront faire par­tie des contraintes. De plus, le tra­vail de l’ensemble des pra­ti­ciens dans un même envi­ron­ne­ment peut éga­le­ment sou­le­ver des contraintes. En effet, cela impact for­te­ment la loca­li­sa­tion de la salle, la dimen­sion de la salle, le pla­ce­ment de la tête du patient par rap­port à la salle… Ain­si, la plu­ri­dis­ci­pli­na­ri­té du corps médi­cal pré­sent dans la salle néces­site un par­tage de l’espace afin que cha­cun puisse exer­cer dans les meilleures conditions.

    Pour finir, l’équipe médi­cale pré­sente en salle d’intervention hybride doit être com­po­sée du per­son­nel médi­cal pré­sent dans les salles d’intervention clas­siques et au mini­mum d’un mani­pu­la­teur en radio­lo­gie pour l’équipement. Or, actuel­le­ment le per­son­nel médi­cal, notam­ment les méde­cins anes­thé­sistes, radio­logues ou encore mani­pu­la­teurs en radio­lo­gie se font de plus en plus rares. Il sera alors essen­tiel de recen­ser les res­sources humaines dis­po­nibles et de recru­ter du per­son­nel en fonc­tion des com­pé­tences.

    Les contraintes liées à l'environnement opératoire

    L’environnement opé­ra­toire com­prend de nom­breuses ins­tal­la­tions pou­vant engen­drer des contraintes impor­tantes, comme lors de la concep­tion d’une salle d’intervention non hybride. Dans cette par­tie vous trou­ve­rez les contraintes spé­ci­fiques (trai­te­ment d’air, des revê­te­ments ou encore des fluides médi­caux) à la concep­tion d’une salle hybride, repo­sant sur le détail des contraintes d’un bloc opé­ra­toire clas­sique expo­sé en annexe 2.

    Le trai­te­ment de l’air
    Concer­nant le trai­te­ment d’air, toutes les salles du bloc opé­ra­toire sont ven­ti­lées par le biais d’une cen­trale de trai­te­ment d’air indé­pen­dante. Le trai­te­ment d’air per­met d’éviter les risques de conta­mi­na­tion sur le site opé­ra­toire dus à des par­ti­cules en sus­pen­sion dans l’air. Il existe une norme pour le sec­teur de la san­té, c’est la norme NF S 90-351, per­met­tant de gui­der l’installation de trai­te­ment d’air de leur concep­tion à leur main­te­nance dans un milieu hos­pi­ta­lier, détaillée en annexe 2. Cette norme pré­co­nise le type d’installation devant être mis en place selon le niveau de risque [30].
    Quatre niveaux de risque sont dis­tin­gués, de la classe 1 (risque nul) à 4 (très haut risque) [30]. La norme NF S 90-351, four­nit des recom­man­da­tions en termes de débit selon la classe de risque de la zone. Pour les salles hybrides, il est recom­man­dé de res­pec­ter le plus haut niveau de risque, soit le niveau 4 cor­res­pon­dant à l’ISO 5 soit un débit d’air de 50 volumes par heure.

    Les fluides médi­caux
    Les fluides médi­caux sont des gaz médi­ca­men­teux consi­dé­rés comme des dis­po­si­tifs médi­caux, pla­cés sous la res­pon­sa­bi­li­té du phar­ma­cien hos­pi­ta­lier. Géné­ra­le­ment, les gaz exploi­tés au bloc opé­ra­toire sont : l’oxygène (blanc), le pro­toxyde d’azote (bleu), l’air (noir) et le vide (jaune). Les contraintes sont simples : réseau indé­pen­dant et cor­res­pon­dance des cou­leurs selon le gaz, comme dans une salle d’intervention clas­sique. Cepen­dant, il faut pen­ser aux empla­ce­ments des prises de fluides médi­caux, qui doivent être pla­cés en fonc­tion de l’utilisation des gaz par le méde­cin
    anes­thé­siste et le chirurgien.

    Les maté­riaux et revê­te­ments
    Concer­nant les revê­te­ments, les exi­gences sont dif­fé­rentes sur le sol, les murs et le pla­fond. Il fau­dra res­pec­ter toutes ces exi­gences afin de répondre aux normes défi­nies. En effet, ces revê­te­ments doivent être résis­tants, durables et faciles à nettoyer.

    Les revê­te­ments des sols, des murs et du pla­fond sont des élé­ments à prendre en compte lors de la mise en œuvre d’une salle d’intervention. Dans un pre­mier temps, il faut savoir que pour les revê­te­ments de sol, il existe un clas­se­ment « UPEC » défi­ni par la Com­mis­sion du Centre Scien­ti­fique et Tech­nique du Bâti­ment (CSTB) [31]. Il s’agit d’un clas­se­ment de dura­bi­li­té selon l’usage, affec­té aux revê­te­ments des sols. Le terme UPEC n’est pas choi­si au hasard, car chaque lettre défi­nit une carac­té­ris­tique, de plus, cha­cune de ces lettres pos­sède un indice numé­rique entre 1 et 4 variant selon le niveau de per­for­mance :
    ● U : Usure à la marche comme l’abrasion, les rayures, l’encrassement…
    ● P : Poin­çon­ne­ment comme l’effet méca­nique du mobi­lier, les chocs dus à la chute d’objet sur le sol…
    ● E : Com­por­te­ment à l'eau et à l'humidité selon la récur­rence de lavage du sol par exemple
    ● C : Tenue aux agents Chi­miques et pro­duits tâchant en fonc­tion de l’utilisation de pro­duits [32]

    Dans un bloc opé­ra­toire, les cou­loirs et la salle de sur­veillance post-inter­ven­tion­nelle (SSPI) ont pour indice U4 P3 E2 C2 alors que les salles d’intervention doivent avoir un indice U4 P3 E3 C3. Plus l’indice est éle­vé numé­ri­que­ment plus l’exigence des per­for­mances des carac­té­ris­tiques est éle­vée [31]. Ain­si les salles d’intervention hybride doivent béné­fi­cier au mini­mum d’un indice U4 P3 E3 C3.

    Dans un second temps, les revê­te­ments muraux doivent res­pec­ter les mêmes condi­tions dans tous les locaux du bloc opé­ra­toire. Ain­si, la salle d’intervention hybride doit avoir des revê­te­ments muraux lisses, résis­tants et lavables faci­le­ment. Pour les murs on retrouve principalement : 

    - La pein­ture sur toile de verre : des plaques d’acrylonitrile-butadiène-styrène (ABS) doivent être ajou­tées car elles ont une haute résis­tance aux chocs
    - Le revê­te­ment vinyle : des plaques d’acrylonitrile-butadiène-styrène (ABS) doivent être ajou­tées car elles ont une haute résis­tance aux chocs
    - Les cloi­sons stra­ti­fiées/High Pres­sure Lami­nate (HPL) : alter­na­tive la plus per­for­mante, car elles sont modu­lables, imper­méables, résis­tantes aux chocs et sans joint appa­rent
    - Les plaques d’acier inoxy­dable ther­mo­la­quées
    - Le car­re­lage : revê­te­ment le moins adap­té car il est non modu­lable et plu­tôt coû­teux. De plus, celui-ci ne doit pas briller pour que les reflets ne per­turbent pas les soins médi­caux [31].

    Enfin, concer­nant le revê­te­ment du pla­fond, il doit répondre aux exi­gences des normes d’incendie dans les éta­blis­se­ments rece­vant du public et les normes d’hygiène des hôpi­taux. Il faut éven­tuel­le­ment pen­ser à inté­grer des trappes ou pla­fonds démon­tables dans les locaux annexes afin de pou­voir accé­der aux dif­fé­rents élé­ments tra­ver­sant le pla­fond lors d’éventuels pro­blèmes [31].

    Les contraintes liées aux dis­po­si­tifs médi­caux : radio­pro­tec­tion, flux du per­son­nel et recom­man­da­tions constructeurs

    Les dis­po­si­tifs médi­caux font par­tie des équi­pe­ments les plus impor­tants au sein d’un bloc opé­ra­toire, répon­dant aux besoins actuels des patients. Il semble impor­tant de prendre en compte les contraintes sou­le­vées par ces équi­pe­ments comme la radio­pro­tec­tion, la situa­tion spa­tiale des équi­pe­ments, les recom­man­da­tions des constructeurs…

    La radio­pro­tec­tion est une contrainte majeure et indis­pen­sable, afin de pro­té­ger les équipes médi­cales et les patients des rayon­ne­ments ioni­sants. En effet, l’utilisation de rayons X dans une salle hybride demande des amé­na­ge­ments en consé­quence. Ain­si, selon la pra­tique, il fau­dra se réfé­rer aux recom­man­da­tions de la norme C15 160 et à celles du fabri­cant lorsque l’équipement sera choi­si [31]. Il existe des équi­pe­ments de pro­tec­tion col­lec­tifs (EPC) et indi­vi­duels (EPI). Les EPC seront utiles pour la pro­tec­tion des locaux aux alen­tours afin de déli­mi­ter les zones de radia­tions par exemple. Les EPI seront uti­li­sés pour la pro­tec­tion du per­son­nel médi­cal tra­vaillant en salle hybride face à l’émission des rayon­ne­ments (tablier de plomb, plexi­glass plom­bés, para­vents plom­bés etc…).

    Afin que les équipes médi­cales tra­vaillent dans les meilleures condi­tions, il est impor­tant d’étu­dier leurs dépla­ce­ments et leurs besoins afin de défi­nir l’emplacement des dis­po­si­tifs médi­caux (notam­ment les arceaux, IRM ou autres qui sont des élé­ments très encom­brants). Cela pour­rait d’ailleurs se réper­cu­ter sur le choix du dis­po­si­tif, fixe ou mobile, au sol ou pla­fon­nier par exemple, selon les recom­man­da­tions des pro­fes­sion­nels de san­té. Ensuite, cette étude de flux du per­son­nel pour­rait être utile pour l’emplacement des prises élec­triques, sou­vent oubliés, elle peut s’avérer être un réel pro­blème après les tra­vaux (source : Inter­view avec des Ingé­nieurs Bio­mé­di­caux de France). 

    Pour finir, après avoir choi­si le dis­po­si­tif d’imagerie inté­grant la salle hybride, il est néces­saire, voire indis­pen­sable, de consi­dé­rer les dif­fé­rentes recom­man­da­tions du construc­teur. Elles peuvent être très variées et com­plexes selon le dis­po­si­tif. Cela peut impac­ter le revê­te­ment du sol (revê­te­ments spé­ciaux comme pose de résine obli­ga­toire), l’emplacement des prises et fixa­tions par exemple. De plus, dans cer­tains cas, ces dis­po­si­tifs néces­sitent des locaux tech­niques (conte­nant les baies de bras­sage) et des salles annexes (com­mandes) qui doivent être loca­li­sés dans un péri­mètre géné­ra­le­ment défi­ni par le construc­teur. Le poids du dis­po­si­tif est éga­le­ment un élé­ment consi­dé­rable don­né par le construc­teur, une étude de dimen­sion­ne­ment du sol ou du pla­fond (à l’aide de note de cal­cul) ain­si que des ancrages et fixa­tions doit être réa­li­sée afin de s’assurer que les locaux sont capables de sup­por­ter une telle charge (source : Inter­view ingé­nieur BTP chez Vin­ci). Il est conseillé de choi­sir le dis­po­si­tif d’imagerie avant la construc­tion ou les tra­vaux des locaux, afin de s’assurer de la fai­sa­bi­li­té répon­dant aux recom­man­da­tions du construc­teur (source : Inter­view avec des Ingé­nieurs Bio­mé­di­caux de France). 

    Les contraintes économiques

    Les élé­ments cités pré­cé­dem­ment rendent évi­dentes les dif­fé­rentes contraintes éco­no­miques indis­pen­sables, notam­ment les coûts de la construc­tion, des équi­pe­ments ain­si que du per­son­nel pré­sent au quo­ti­dien dans ces salles (Tableau 1). Il semble per­ti­nent de com­pa­rer l’investissement néces­saire entre une salle clas­sique et une salle hybride, afin de se rendre compte de l'écart éco­no­mique. Voi­ci un tableau réca­pi­tu­la­tif com­pa­rant les coûts pour une salle clas­sique et pour une salle hybride [33] :

    Tableau 1 : Comparaison des coûts totaux des différents paramètres de mise en œuvre entre une salle classique et une salle hybride (Source : auteur.e.s et [33])

    Afin de trou­ver des réponses et des solu­tions à toutes ses contraintes, il est impor­tant de réunir toutes les par­ties pre­nantes et de prendre en consi­dé­ra­tion l’avis et les besoins de tous. Voi­ci un réca­pi­tu­la­tif des contraintes lors de la concep­tion d’une salle hybride au sein d’un éta­blis­se­ment de san­té (Figure 15) :

    Figure 15 : Récapitulatif des contraintes lors de la conception d'une salle hybride au sein d'un établissement de santé (Source : auteur.e.s)

    III- Proposition d’un outil d’accompagnement pour la mise en œuvre d’une salle hybride

    A. Le choix de l’outil

    Après plu­sieurs dis­cus­sions avec des pro­fes­sion­nels de san­té, l’approche la plus inté­res­sante consiste en l’élaboration d’un outil de type guide de concep­tion. Par une pro­gres­sion didac­tique, l’outil vient appor­ter un cer­tain nombre d’éléments sur toutes les étapes de concep­tion d’une salle hybride (source : Inter­view avec des Ingé­nieurs Bio­mé­di­caux de France).

    L’intérêt de cet outil est qu’il peut s’adapter à n’importe quelle struc­ture de san­té et à n’importe quel type de salle hybride. L’objectif est de res­ter géné­ral tout en appor­tant des élé­ments pré­cis et assez détaillés. La pre­mière idée d’outil consis­tait à appor­ter une réponse pré­cise à l’ingénieur bio­mé­di­cal, lui offrant l’intégralité de la concep­tion de la salle hybride. Cepen­dant, la dif­fé­rence de concep­tion entre deux salles pou­vant être extrême par la loca­li­sa­tion ou encore par le type d’équipement, qu’apporter une solu­tion expli­cite est impos­sible dû à la com­plexi­té de la concep­tion d’une salle hybride. L’outil a donc été conçu afin qu’il puisse s’adapter à tout ingé­nieur bio­mé­di­cal, tout en pre­nant en consi­dé­ra­tion les dif­fé­rentes struc­tures de leurs futurs locaux. 

    L’outil a été réa­li­sé sous la forme d’un Power­Point inter­ac­tif qui per­met de pas­ser pro­gres­si­ve­ment d’une étape à l’autre et cela selon le bon vou­loir de l’utilisateur. Il pour­ra navi­guer à tra­vers cet outil afin d'acquérir les connais­sances dont il aurait besoin. Et si celui-ci éprouve le besoin d’avoir plus d’informations sur un sujet ou sur une étape, une biblio­gra­phie est éga­le­ment mise à disposition.

    B. L’organisation de l’outil

    Ain­si, l’outil est orga­ni­sé autour de 5 étapes majeures de concep­tion :
    1. La défi­ni­tion des besoins
    2. Les équi­pe­ments
    3. Les tra­vaux
    4. L’ergonomie de la salle
    5. La phase de lan­ce­ment du projet

    Cha­cune de ces étapes pos­sède son impor­tance dans la concep­tion d’une salle hybride et vient répondre aux contraintes expo­sées pré­cé­dem­ment. De plus, de ces étapes découlent plu­sieurs élé­ments pri­mor­diaux à prendre en compte (figure 16).

    Figure 16 : Cartographie de l'outil de conception d'une salle hybride (Source : auteur.e.s)

    C. Questions dans l’ordre chronologique selon les contraintes
    majeures

    Afin de mieux cer­ner le fil conduc­teur de l’outil, voi­ci une liste chro­no­lo­gique des ques­tions aux­quels l’ingénieur bio­mé­di­cal sera confron­té lors de la mise en place de la salle hybride [7] :
    Besoins :
    1. Les res­sources éco­no­miques sont-elles défi­nies ? l’établissement peut-il enga­ger l’investissement néces­saire ?
    2. A l’origine du pro­jet les res­sources humaines sont-elles défi­nies ?
    3. Quelles spé­cia­li­tés seront pra­ti­quées dans la salle hybride ? Pour quels types d’actes chirurgicaux ?

    4. Quel sera le mode d’utilisation rete­nu pour ce sec­teur ain­si que l’éventail des actes pra­ti­qués ?
    5. Quels scé­na­rios alter­na­tifs de concep­tion doit-on explo­rer ?
    Ges­tion de flux :
    6. Les flux du patient et du per­son­nel ont-ils été ana­ly­sés pour orga­ni­ser le bloc opé­ra­toire ?
    7. Les flux du patient et du per­son­nel ont-ils été ana­ly­sés pour orga­ni­ser la salle hybride ?
    Equi­pe­ments :
    8. Quels équi­pe­ments seront ins­tal­lés dans la salle hybride ? Quels modules seront rete­nus ?
    9. La radio­pro­tec­tion dans la salle a-t-elle été prise en compte ? Les pro­tec­tions indi­vi­duelles, fixes ou amo­vibles, sont-elles conformes et faciles d’utilisation ?
    Tra­vaux :
    10. La salle hybride sera-t-elle dans des locaux neufs ou déjà construits ?
    11. La sur­face de la salle est-elle suf­fi­sante ? Les locaux annexes ont-ils été pris en compte ?
    12. La ven­ti­la­tion est-elle aux normes ?
    13. Les revê­te­ments sont-ils conformes ? La radio­pro­tec­tion est-elle prise en compte ? Le sol est-il suf­fi­sam­ment résis­tant pour sup­por­ter le poids des équi­pe­ments ?
    14. Les fluides sont-ils gérés de façon appro­priée ? Tout comme l’éclairage et l’électricité ?
    Ergo­no­mie :
    15. La salle est-elle ergo­no­mique ? La place du patient sur le lit a-t-elle bien été prise en compte selon les exi­gences du ser­vice de chi­rur­gie ?
    16. Les ins­tru­ments et équi­pe­ments sont-ils rela­ti­ve­ment faciles à accé­der et à uti­li­ser ? Leurs pla­ce­ments sont-ils les plus pra­tiques pos­sibles ?
    17. Quels sont les flux patients que géné­re­ra le sec­teur inter­ven­tion­nel avec gui­dage par ima­ge­rie et les ajus­te­ments requis sur les cir­cuits de prise en charge des patients ?
    Ges­tion de pro­jet :
    18. Quels types d’équipes per­met­tront de réunir les com­pé­tences néces­saires aux dif­fé­rentes étapes de concep­tion ?
    19. La pla­ni­fi­ca­tion a-t-elle pré­vu ?
    20. La ges­tion des pres­ta­taires convient-elle à la bonne éla­bo­ra­tion de la salle ?
    21. Le choix de cen­trale d’achats ou de mar­ché public répond-t-il aux besoins de l’acheteur ?
    22. La véri­fi­ca­tion des tra­vaux finis et des équi­pe­ments reçus répond-t-elle au cahier des charges préétabli ?

    Conclusion

    Ain­si, les salles hybrides per­mettent, à tra­vers l’évolution des appa­reils d’imagerie et de chi­rur­gie, d’accéder à des pra­tiques mini-inva­sives tout en limi­tant un cer­tain nombre de chi­rur­gies ouvertes qui sont, dans les salles conven­tion­nelles sou­vent géné­ra­trices d’infections post-opé­ra­toires ou de com­pli­ca­tions majeures telles que la néphrec­to­mie par­tielle par l’embolisation hyper­sé­lec­tive des vais­seaux tumo­raux par voie endo­vas­cu­laire en uro­lo­gie. L’attrait pour cer­tains corps de méde­cine comme la car­dio­lo­gie, la neu­ro­lo­gie ou les ser­vices car­dio­vas­cu­laires, en font des salles opé­ra­toires qui peuvent se mon­trer de plus en plus utiles voire nécessaires.

    L'augmentation de per­sonnes atteintes de troubles car­dio-vas­cu­laires, tho­ra­ciques, uro­lo­giques ou neu­ro­lo­giques ain­si que l’augmentation des pra­tiques mini-inva­sives contri­buent à la crois­sance du mar­ché des salles hybrides et à la néces­si­té de l'avancée des tech­no­lo­gies d’imagerie. A tra­vers cette ana­lyse des salles hybrides, la com­plexi­té de créa­tion d’une salle hybride a pu être sou­li­gnée. Dans un envi­ron­ne­ment médi­cal de pointe, une défi­ni­tion fut appor­tée afin de cla­ri­fier les points de vue dif­fé­rents. Confron­tée à de nom­breux enjeux, pro­blé­ma­tiques et contraintes : de qua­li­té, d’économie ou de réduc­tion des risques, l’élaboration d’une salle hybride néces­site une grande attention.

    Afin d’apporter des élé­ments de qua­li­té, une recherche des dif­fé­rentes spé­cia­li­tés et des équi­pe­ments uti­li­sés dans une salle hybride fut effec­tuée. L'exhaustivité n’est pas totale mais une grande par­tie de ces deux points, spé­cia­li­tés et équi­pe­ments, a été défi­nie. Les pro­blé­ma­tiques et contraintes sou­le­vées pré­cé­dem­ment montrent bien l’intérêt d’un outil d’accompagnement à la concep­tion pour les ingé­nieurs bio­mé­di­caux. En effet, l’outil est consti­tué d’un Power­Point inter­ac­tif rele­vant tous les points essen­tiels pour mener à bien un pro­jet de concep­tion de salle hybride, il per­met de ne pas oublier d’éléments clés.

    Références Bibliographiques

    [1] P. Nicolini, « La chirurgie conventionnelle a démontré son efficacité dans le traitement d’une varicose à l’origine des plaies chroniques », Journal des Maladies Vasculaires, vol. 38, no 2, p. 86, mars 2013, doi : https://doi.org/10.1016/j.jmv.2012.12.134.

    [2] « Salles hybrides : une imagerie perfectionnée en bloc opératoire ». https://www.siemenshealthineers.com/fr/news/salles-hybrides.html (consulté le oct. 19, 2021).

    [3] I. Van Aerschot et Y. Boudjemline, « Cathétérisme interventionnel et chirurgie cardiaque Interventional cardiac catheterization in children », Archives de Pédiatrie, vol. 19, no 1, p. 96‑102, janv. 2012, doi : https://doi.org/10.1016/j.arcped.2011.06.022.

    [4] D. J. Waight et Z. M. Hijazi, « Pediatric interventional cardiology : the cardiologist’s role and relationship with pediatric cardiothoracic surgery. », Advances in cardiac surgery, vol. 13, p. 143‑167, 2001.

    [5] R. Gigleux, M. Lafaye, et F. Savoye, « État de l’art en imagerie interventionnelle, une imagerie adaptée à chaque activité », IRBM News, vol. 41, no 3‑4, août 2020, doi : https://doi.org/10.1016/j.irbmnw.2020.100257.

    [6] « Chirurgie mini-invasive | Service de Neurochirurgie Lariboisière », déc. 23, 2018. https://www.neurochirurgie-lariboisiere.com/chirurgie-mini-invasive/ (consulté le oct. 17, 2021).

    [7] ANAP, « Des « salles hybrides » aux secteurs interventionnels avec guidage par imagerie », déc. 2019. Consulté le : sept. 24, 2021. [En ligne]. Disponible sur : https://ressources.anap.fr/bloc-operatoire/publication/2676

    [8] E. Le Roy, F. Josse, et N. Jarry, « Dispositifs médicaux & Progrès en neurologie », sept. 2015, [En ligne]. Disponible sur : https://www.snitem.fr/wpcontent/uploads/2021/02/snitem_neurologie_web-2.pdf

    [9] « Hybrid Operating Room Market Size, Share and Trends | Analysis - 2026 », Allied Market Research. https://www.alliedmarketresearch.com/hybrid-operating-room-market (consulté le nov. 06, 2021).

    [10]« Maladies cardiovasculaires », Ministère des Solidarités et de la Santé, nov. 06, 2021. https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-cardiovasculaires/article/maladies-cardiovasculaires (consulté le nov. 06, 2021).

    [11] G. CAVELL, F. FANTACCINO, et F. REUMEAU, « Rapport final : Les blocs opératoires hybrides en France ». Master UTC, 2016 . [En ligne]. Disponible sur : http://tts.master.utc.fr/images/pdf/TTS1011_%20Salles%20Hybrides_G.CAVELL-F.FANTACCINO-F.REUMEAU_Rapport.pdf

    [12]C. Vons, « Chirurgie ambulatoire : évolution des techniques et de la prise en charge chirurgicale. Vers une chirurgie d’excellence », La Presse Médicale, vol. 43, no 3, p. 278‑282, mars 2014, doi : https://doi.org/10.1016/j.lpm.2013.11.008.

    [13]E. Kerrien, « Quelques contributions à l’imagerie médicale multimodale et interventionnelle », université de Lorraine, Université de Lorraine, 2018. [En ligne]. Disponible sur : https://hal.inria.fr/tel-01754699

    [14]« L’ambulatoire en médecine et en chirurgie », CHU BDX, 2017. https://www.chu-bordeaux.fr/ (consulté le oct. 19, 2021).

    [15]T. J. Loftus MD, C. A. Croft MD, M. D. Rosenthal MD et al. « Clinical Impact of a Dedicated Trauma Hybrid Operating Room », Journal of the American College of Surgeons, vol. 232, no 4, p. 560‑570, avr. 2021, doi : https://doi.org/10.1016/j.jamcollsurg.2020.11.008.

    [16]B. Verillaud, D. Bresson, E. Sauvaget et al. « La chirurgie endoscopique de la base du crâne », Annales françaises d’Oto-rhino-laryngologie et de Pathologie Cervico-faciale, vol. 129, no 4, p. 224‑231, août 2012, doi : https://doi.org/10.1016/j.aforl.2012.01.001.

    [17]J. M. Margas et A. Lore, « Salles hybrides : problématiques et enjeux », IRBM News, vol. 31, no 5, p. 27‑32, déc. 2010, doi : 10.1016/j.irbmnw.2010.10.004.

    [18]H. Rousseau, « Salles Hybrides radio-chirugicales pour la pathologies cardio-vascualaire », Toulouse, France, 2010, vol. 90, p. 1317‑1318. doi : https://doi.org/10.1016/S0221-0363(09)75231-X.

    [19]G. Fournial, « Pourquoi les chirurgiens cardiaques doivent s’impliquer dans le traitement transcathéter des valves ? », Chirurgie Thoracique Cardio-Vasculaire, vol. 14, p. 7‑8, 2010. 

    [20]A. Vahanian, O. Alfieri, et N. Al-Attar, « Transcatheter valve implantation for patients with aortic stenosis : a position statement from the European Association of Cardio-Thoracic Surgery (EACTS) and the European Society of Cardiology (ESC), in collaboration with the European Association of
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    [21]J.-B. ricco et J. Sobocinski, « Innovations en chirurgie vasculaire. Comment les endoprothèses ont bouleversé le traitement des anévrysmes aortiques », Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine, vol. 203, no 7, p. 575‑586, oct. 2019, doi : https://doi.org/10.1016/j.banm.2019.06.012.

    [22]A. Forgione et al., « Fluorescent Vascular Mapping as a New Paradigm for Precision Colorectal Resection : Benefits of Image Guided Surgery in the Hybrid Operating Room », Journal of the American College of Surgeons, vol. 231, no 4, p. 10, oct. 2020, doi : https://doi.org/10.1016/j.jamcollsurg.2020.08.027.

    [23]L. Spelle, et al., « SALLES HYBRIDES ET NEURORADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE », Paris, France, 2010, vol. 90, p. 1314‑1318. doi : https://doi.org/10.1016/S0221-0363(09)75231-X.

    [24]L. Z.Leng et al. « Fusion of Intraoperative Three-Dimensional Rotational Angiography and Flat-Panel Detector Computed Tomography for Cerebrovascular Neuronavigation », World Neurosurgery, vol. 79, no 3‑4, p. 504‑509, avr. 2013, doi : https://doi.org/10.1016/j.wneu.2011.09.008.

    [25]S. Koizumi, M. Shojima, S. Dofuku et al. « Neuroendovascular Training Using Multisource Video-Recording System in a Hybrid Operating Room », World Neurosurgery, p. 320‑324, oct. 2021, doi : https://doi.org/10.1016/j.wneu.2021.07.029.

    [26]P. H. Richter, S. Yarboro, M. Kraus et al. « One year orthopaedic trauma experience using an advanced interdisciplinary hybrid operating room », Injury, vol. 46, p. 129‑134, oct. 2015, doi : https://doi.org/10.1016/S0020-1383(15)30032-2.

    [27]C. Aubert et al., « Évaluation de l’utilisation de la salle hybride sur l’activité de chirurgie en cancérologie rénale », Progrès en Urologie, vol. 29, no 13, p. 726, nov. 2019, doi : 10.1016/j.purol.2019.08.184.

    [28]O. J. Harrison et al., « Image-guided combined ablation and resection in thoracic surgery for the treatment of multiple pulmonary metastases : A preliminary case series », JTCVS Techniques, vol. 9, p. 156‑162, oct. 2021, doi :
    10.1016/j.xjtc.2021.03.013.

    [29]E. Q. Yuan et C. S. H. Ng, Role of Hybrid Operating Room : Present and Future. IntechOpen, 2020. doi : 10.5772/intechopen.91187.

    [30]D. Talon, T. Schoenleber, X. Bertrand et al. « Performances en activité de différents types d’installation de traitement de l’air au bloc opératoire », Annales de chirurgie, vol. 131, no 5, p. 316‑321, mai 2006, doi : https://doi.org/10.1016/j.anchir.2006.02.002.

    [31]P. Breack, Comprendre et concevoir le bloc opératoire, Hospihub. 2018.

    [32]Commission chargée de formuler des avis techniques, « Revêtements de sol : Notice sur le classement UPEC et Classement UPEC des locaux ». Cahiers du CSTB, nov. 2004. [En ligne]. Disponible sur : http://www.cstb.fr/assets/documents/cstb-notice-classement-upec-locaux.pdf

    [33]S. Patel et al., « Understanding the Costs of Surgery : A Bottom-Up Cost Analysis of Both a Hybrid Operating Room and Conventional Operating Room », IJHPM, vol. 10, no 12, p. 1‑9, juill. 2020, doi : 10.34172/IJHPM.2020.119.

    [34]S. ORTU, « Les salles propres selon la nouvelle norme ISO 14644 : Conception & surveillance ». ASPEC, oct. 05, 2016. [En ligne]. Disponible sur : https://www.hopitech.org/wpcontent/uploads/FlashConfs/2016/pdf/Stephane%20Ortu_57.pdf

    [35]« Hybrid OR - Specialties », GE Healthcare. https://www.gehealthcare.ca/enCA/Specialties/Hybrid%20OR (consulté le nov. 07, 2021).

    [36]« Philips - Salle hybride Une salle d’opération qui répond à vos besoins critiques », Philips. https://www.philips.fr/healthcare/product/HCSLHY01/unesalledoprationquirpondvosbesoinscritiques (consulté le nov. 06, 2021).

    [37]« ARTIS pheno », Siemens Healthineers. https://www.siemens-healthineers.com/fr/angio/artis-interventionalangiography-systems/artis-pheno (consulté le nov. 07, 2021).

    [38]« Hybrid Angiography CT », Canon Medical Systems France. https://fr.medical.canon/alphenix/hybrid-angiography-ct/ (consulté le nov. 06, 2021).

    Annexes

    Annexe 1 : Enquête d'aujourd'hui sur quelques CHU/CH visités :

    À la suite de plu­sieurs entre­tiens et visites effec­tués avec dif­fé­rents ingé­nieurs bio­mé­di­caux aux CHU Lille, CH d'Amiens, CHU de Mar­seille, CHU de Metz-Thion­ville et CH de Com­piègne. Des infor­ma­tions ont ain­si pu être récol­tées telles que le nombre de salles hybrides, les spé­cia­li­tés uti­li­sées dans ces salles ou le choix tech­no­lo­gique des équi­pe­ments (Tableau 2).

    Tableau 2 : Enquête auprès des CHU/CH visités (Source : auteur.e.s)

    Annexe 2 : Les contraintes de la conception d’une salle d’intervention au bloc opératoire

    Le trai­te­ment de l’air
    La norme NF S 90-351, four­nit des recom­man­da­tions en termes de débit selon la classe de risque de la zone. Il faut savoir que la classe de risque est déter­mi­née par la pra­tique en salle. De plus, la norme NF EN ISO 14 644 défi­nit une clas­si­fi­ca­tion ISO en fonc­tion des par­ti­cules en sus­pen­sion dans l’air dans l’objectif de carac­té­ri­ser la pro­pre­té de l’air pré­sent dans l’environnement. Ain­si dans une salle d’intervention, les per­for­mances en termes de débit pour le renou­vel­le­ment de l’air sont dif­fé­rentes selon la classe de risque (norme NF S90351) et la classe ISO (norme NF EN ISO 14644). Il faut savoir que le flux d’air peut être tur­bu­lent (classes ISO 9 à ISO 6) ou uni­di­rec­tion­nel (classe ISO 5 et infé­rieures).
    Voi­ci un tableau réca­pi­tu­la­tif des classes de risques selon la norme NF S90351- avril 2013 et la norme NF EN ISO 14 644, des classes ISO selon la norme NF EN ISO 14644 et le débit de ven­ti­la­tion selon ses classes [34] (Tableau 3):

    Tableau 3 : Récapitulatif des débits ventilatoires selon les classes de risques et les classes ISO (Source : auteur.e.s)

    Les revê­te­ments (Tableau 4) :

    Tableau 4 : Récapitulatif des indices UPEC selon les zones au bloc opératoire (Source : auteur.e.s)

    Annexe 3 : Inventaire des équipements de plusieurs constructeurs permettant la pratique hybride

    Tableau 5 : Inventaire des différents équipement de GE Healthcare en salle hybride (Source : auteur.e.s)
    Tableau 6 : Inventaire des différents équipements de Philips Healthcare en salle hybride (Source : auteur.e.s)
    Tableau 7 : Inventaire d'un équipement de Siemens Healthcare en salle hybride (Source : auteur.e.s)
    Tableau 8 : Inventaire d'un équipement de Canon Médical en salle hybride (Source : auteur.e.s)

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