• IDS154 - Ingénieur d'Application Monitorage

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    Bonne lecture...

    Auteure

    Ali­son LUANGRATH

    Contact


    Citation

    A rap­pe­ler pour tout usage : A. LUANGRATH, "Ingé­nieur d'Application Moni­to­rage", Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Com­piègne (France), Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té par­cours Tech­no­lo­gies Bio­mé­di­cales et Ter­ri­toires de San­té, Mémoire de Pro­jet, https://travaux.master.utc.fr/, réf n° IDS154, août 2022, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids154/


    Résumé

    Lors de l’arrivée d’un patient à l’hôpital, il est néces­saire de le moni­to­rer afin de sur­veiller ses para­mètres vitaux et toute dégra­da­tion qui pour­rait sur­ve­nir. Les moni­teurs ont cette fonc­tion et sont pré­sents dans tous les ser­vices, en pas­sant des urgences aux blocs opé­ra­toires, et en réani­ma­tion par exemple. Étant mani­pu­lés par tous les infir­miers, il faut s’assurer que cha­cun d’entre eux sachent cor­rec­te­ment les uti­li­ser. C’est à cet ins­tant qu’intervient l’ingénieur d’application moni­to­rage dont le rôle est de for­mer les uti­li­sa­teurs, mais éga­le­ment de faire la démons­tra­tion et la confi­gu­ra­tion des moni­teurs, et d’assurer le sui­vi appli­ca­tif. Ce rap­port pré­sente ain­si l’entreprise Phi­lips et sa gamme de moni­teurs, les mis­sions réa­li­sées lors de mon alter­nance en tant qu’apprentie ingé­nieur d’application moni­to­rage et les apports de cette période en entre­prise dans mon évo­lu­tion professionnelle.

    Mots-clés : ingé­nieur d’application, moni­teurs, cen­trales de sur­veillance, Philips


    Abstract

    When a patient arrives in a hos­pi­tal, it is neces­sa­ry to moni­tor him to watch his vital para­me­ters and any degra­da­tion which could hap­pen. Moni­tors have this func­tion, and they are present in eve­ry ser­vice like the emer­gen­cy, the sur­gi­cal unit, or the inten­sive care unit. As they are mani­pu­la­ted by eve­ry nurse, it is impor­tant to assure that each of them knows how to cor­rect­ly use them. It is at this moment that the cli­ni­cal appli­ca­tion spe­cia­list takes part, his role is to edu­cate users, but also to make a demons­tra­tion and the confi­gu­ra­tion of the moni­tors, and to assure post-sales cli­ni­cal sup­port. This report pre­sents the com­pa­ny Phi­lips and its moni­tors ranges, achie­ved mis­sions during my work-stu­dy contract as an appren­tice cli­ni­cal appli­ca­tion spe­cia­list in moni­to­ring and what it brought to my career development.

    Key words : cli­ni­cal appli­ca­tion spe­cia­list, moni­tors, cen­tral patient moni­to­ring sys­tems, Philips


    Remerciements

    J’aimerais remer­cier cha­leu­reu­se­ment mes parents, mon frère et mes amis qui m’ont tou­jours sou­te­nue, et même aujourd’hui encore. Une atten­tion par­ti­cu­lière et un énorme mer­ci à Haris, mon copain qui a su m’aider lors des moments difficiles.

    Je remer­cie éga­le­ment toute l’équipe Phi­lips avec qui j’ai pu tra­vailler cette année. Ce fut une année fort enri­chis­sante et rem­plie de sou­ve­nirs inou­bliables. J’aimerais expri­mer ma recon­nais­sance envers Fre­de­ric JEAY qui a assu­ré mon sui­vi tout au long de l’année et Nico­las ALLEGRET qui m’a accor­dé l’opportunité de tra­vailler au sein de cette équipe dyna­mique. Une pen­sée à tous les ingé­nieurs d’application, com­mer­ciaux, res­pon­sables tech­niques et autres employés de chez Phi­lips que j’ai pu ren­con­trer, et un mer­ci très spé­cial à Coren­tin CHARIÉ qui m’a for­mée et accom­pa­gnée durant cette année.

    Enfin, je tenais à remer­cier les pro­fes­seurs de l’Université de Tech­no­lo­gie de Com­piègne, qui m’ont appor­té de nou­velles connais­sances durant ces deux der­nières années. Une men­tion par­ti­cu­lière à Madame CLAUDE, Madame SLIWAK, Mon­sieur PROT et les autres pro­fes­seurs qui ont tou­jours fait le maxi­mum pour que nous, élèves, puis­sions être dans de bonnes condi­tions pour étu­dier et tra­vailler, et qui ont per­mis de nous offrir l’opportunité de réa­li­ser une alter­nance cette année.


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    IDS154 - Ali­son LUANGRATH - Rap­port d'alternance

    Mémoire Complet

    Ingénieur d'Application Monitorage

    Introduction

    Cette année, j’ai eu la chance d’effectuer mon alter­nance au sein de la socié­té Phi­lips en tant qu’apprentie ingé­nieur d’application moni­to­rage pen­dant une année, du 30 août 2021 au 23 août 2022. Cette alter­nance est option­nelle car il est pos­sible de réa­li­ser une for­ma­tion en ini­tiale sui­vie d’un stage, mais l’une de ces deux façons sont obli­ga­toires afin de vali­der mon Mas­ter Ingé­nie­rie De la San­té à l’Université de Tech­no­lo­gie de Com­piègne. Ce rap­port a pour but de pré­sen­ter mon quo­ti­dien d’apprentie ingé­nieur d’application moni­to­rage ain­si que mon pro­jet tech­nique qui consiste en la cor­res­pon­dance de réfé­rences pour des solu­tions de mon­tage des moni­teurs. La plu­part des élèves de ma pro­mo­tion ont réa­li­sé leur alter­nance au sein du ser­vice bio­mé­di­cal d’un hôpi­tal ou dans les affaires régle­men­taires. Pour ma part, j’ai pré­fé­ré faire mon alter­nance au sein d’une entre­prise pri­vée en tant qu’ingénieur d’application pour être plus poly­va­lente et capable d’intervenir dans dif­fé­rents hôpi­taux sur une gamme de dis­po­si­tifs médi­caux. De plus, cela m’a per­mis de me spé­cia­li­ser dans le monitorage.


    I - Présentation de l’entreprise Philips

    a) Philips

    Phi­lips est une entre­prise d’origine néer­lan­daise fon­dée en 1891 par Fre­de­ric Phi­lips et son fils Gerard qui ont com­men­cé par fabri­quer des ampoules élec­triques. L’entreprise s’est peu à peu agran­die en deve­nant la plus grande entre­prise aux Pays-Bas avec plus de 2 000 employés, et c’est dans les années 1910 que Phi­lips a fait son entrée dans le milieu médi­cal avec son pre­mier tube à rayons X. Quelques années plus tard, l’entreprise s’est diver­si­fiée et a com­mer­cia­li­sé divers pro­duits tels que les rasoirs élec­triques, les lampes UV, les télé­vi­seurs mais éga­le­ment le pre­mier lec­teur audio et le CD (Com­pact Disc) [1]. Phi­lips regroupe ain­si trois grandes divi­sions : Consu­mer Life­style, Light­ning et Heal­th­care (voir Figure 1).

    Figure 1 : Divisions de Philips [Source : auteur] 

    Suite à l’arrivée du nou­veau PDG Frans van Hou­ten en 2011, Phi­lips a pris une nou­velle tour­nure et se concentre désor­mais davan­tage sur la branche Heal­th­care qui concerne des Dis­po­si­tifs Médi­caux (DM) tels que les moni­teurs, les res­pi­ra­teurs ou encore les IRM par exemple [2] L’implication de Phi­lips dans ce domaine de san­té depuis 1918 et sa grande gamme de pro­duits ont per­mis d’en faire l’un des construc­teurs lea­ders sur ce mar­ché avec plus d’1,8 mil­liard d’euros inves­tis en R&D en 2021 et 50% de la R&D consa­crée aux logi­ciels et sciences des données.

    Le siège social aux Pays-Bas est situé à Amster­dam, tan­dis que celui en France est basé à Sur­esnes dans les Hauts-de-Seine (voir Figure 2), tout comme leur centre d’intelligence arti­fi­cielle en san­té regrou­pant 50 cher­cheurs et ingé­nieurs qui per­mettent d’aller de l’avant. Pour ma part, j’ai été affec­tée au sec­teur Centre-Est dont les locaux se situent à Limo­nest dans le Rhône.

    Figure 2 : Siège social de Philips France, à Suresnes [3]

    Pré­sent dans plus de 100 pays, Phi­lips est dési­gnée comme la « pre­mière entre­prise de tech­no­lo­gie médi­cale » et doit faire face à la concur­rence comme Gene­ral Elec­tric, Drä­ger, Nihon Koh­den, Spa­ce­labs et sur­tout Min­dray. Ces der­niers pro­po­sant des tarifs plus attrac­tifs et un délai de livrai­son plus court, Phi­lips doit donc réus­sir à se dif­fé­ren­cier grâce à ses solu­tions et ses tech­no­lo­gies inno­vantes afin d’accompagner au mieux le patient tout au long de son par­cours de soins (voir Figure 3).

    Figure 3 : Parcours de soins d'un individu [2]

    b) Organisation de l'équipe Hospital Patient Monitoring

    L’équipe Hos­pi­tal Patient Moni­to­ring tra­vaille dans la divi­sion « Busi­ness & Mar­ke­ting » sous la super­vi­sion du « Busi­ness Mar­ke­ting Mana­ger » (voir Figure 4). Ce der­nier est à la tête d’une équipe com­po­sée de :

    • Un « Moda­li­ty spe­cia­list » qui a pour rôle d’agir en tant qu’expert cli­nique au sein de l’équipe, et de réa­li­ser la veille concur­ren­tielle, les études de mar­ché, les plans de com­mu­ni­ca­tion pour déve­lop­per les argu­men­taires de vente et pré­pa­rer les congrès.
    • Une « Solu­tions busi­ness deve­lo­per » qui a pour mis­sion de par­ti­ci­per à la concep­tion et à la réa­li­sa­tion d'une stra­té­gie com­mer­ciale à longs et courts termes.
    • Onze ingé­nieurs d’application, dont deux en appren­tis­sage, répar­tis dans toute la France. Cha­cun occupe un sec­teur géo­gra­phique avec son ingé­nieur com­mer­cial et ses res­pon­sables tech­niques. Ce trio est indis­pen­sable afin de mener à bien nos mis­sions et satis­faire au maxi­mum nos clients.
    • Une « Sales/business deve­lop­ment spe­cia­list » qui doit iden­ti­fier des oppor­tu­ni­tés en opti­mi­sant des stra­té­gies mar­ke­ting et en assu­rant notam­ment l’offre Education.
    Figure 4 : Organigramme de l'équipe HPM [Source : auteur]

    Pour ma part, j’accompagne un ingé­nieur d’application en moni­to­rage sur le sec­teur Centre-Est. Concer­nant mon tuteur, Fré­dé­ric Jeay, je n’ai pas l’occasion de le voir sou­vent car ce der­nier est basé à Tou­louse. Cepen­dant, mal­gré la dis­tance, il est tou­jours dis­po­nible pour répondre à mes ques­tions et nous réa­li­sons un point heb­do­ma­daire. En plus de cela et afin d’assurer une bonne com­mu­ni­ca­tion au sein de l’équipe, une réunion men­suelle par Teams est pro­gram­mée afin d’échanger sur le mois pas­sé. Elle regroupe le « Busi­ness Mar­ke­ting Mana­ger », le « Moda­li­ty spe­cia­list », la « Sales/business deve­lop­ment spe­cia­list » et les ingé­nieurs d’application. Un autre point men­suel est réa­li­sé par « l’Operation Mana­ger » du dis­trict Sud-Est et ras­semble les ingé­nieurs com­mer­ciaux, le Chef de pro­jet, les ingé­nieurs d’application et les res­pon­sables tech­niques de cette zone.

    À pro­pos de la répar­ti­tion géo­gra­phique, nous sommes donc répar­tis de la manière sui­vante (voir Figure 5) :

    Figure 5 : Répartition géographique des ingénieurs d'application et commerciaux [4]

    c) Moniteurs Philips

    En tant qu’apprentie ingé­nieurs d’application moni­to­rage, je suis inter­ve­nue sur tous les pro­duits de la gamme moni­to­rage que je pré­sen­te­rai ci-des­sous. Avant cela, voi­ci un rap­pel du prin­cipe des moniteurs :

    • Prin­cipe des moniteurs

    Un moni­teur est un dis­po­si­tif médi­cal per­met­tant de mesu­rer et sur­veiller les para­mètres vitaux d’un patient en visua­li­sant faci­le­ment les para­mètres phy­sio­lo­giques à l’aide de tra­cés et d’affichages numériques.

    Il per­met éga­le­ment d’alerter l’équipe médi­cale en cas de valeurs anor­males, signi­fiant la dégra­da­tion de l’état de san­té du patient. Ces alertes, sonores et/ou visuelles, peuvent appa­raître à la fois sur le moni­teur mais éga­le­ment sur la cen­trale de sur­veillance qui regroupe tous les moni­teurs reliés sur le même réseau.

    Les moni­teurs peuvent être uti­li­sés dans tous les ser­vices des hôpi­taux afin de sur­veiller l’état du patient et aler­ter le per­son­nel en cas de besoin. On les retrouve donc aux blocs opé­ra­toires, aux urgences, en réani­ma­tion, dans les uni­tés de soins conti­nus et même au scanner.

    Avec les avan­cées tech­no­lo­giques, il est désor­mais pos­sible de moni­to­rer un même patient de son admis­sion à sa sor­tie, et ce même lors de son trans­port sur un brancard.

    • Prin­cipes physiques

    L’algorithme pré­sent dans le moni­teur per­met de sur­veiller et cal­cu­ler divers para­mètres, cha­cun ayant des spé­ci­fi­ci­tés. Les para­mètres les plus moni­to­rés sont les sui­vants (voir Figure 6) [5] :

    Figure 6 : Principaux paramètres monitorés
    Para­mètresPrin­cipesValeurs usuelles
    Fré­quence Car­diaque / Fré­quence RespiratoireMesure des fré­quences car­diaque et res­pi­ra­toire du patient via des élec­trodes.
    → Les cel­lules du cœur, géné­rant et trans­met­tant une acti­vi­té élec­trique, font pro­pa­ger dans tout l’organisme des ondes élec­triques grâce à son milieu élec­tro­ly­tique. A l’aide d’électrodes, les impul­sions élec­triques sont enre­gis­trées à tra­vers l’épiderme. L’ECG conven­tion­nel est com­po­sé soit de 3, 6 ou encore 12 déri­va­tions (la mesure de dif­fé­rence de poten­tiel est effec­tuée à l’aide de 3, 5, 6 ou 10 élec­trodes).
    → Lorsque le patient res­pire, les élec­trodes pla­cées sur lui bougent. L’impédance de deux de ces élec­trodes (RA – LL ou RA – LA) est mesu­rée et per­met d’obtenir la fré­quence respiratoire.
    Fré­quence car­diaque : Entre 60 et 100 BPM
    Fré­quence res­pi­ra­toire : Entre 15 et 30 RPM
    SPO2 (Satu­ra­tion Pul­sée en Oxygène)Expri­mée en pour­cen­tage, la SPO2 repré­sente la satu­ra­tion de l’hémoglobine en oxy­gène par oxy­mé­trie de pouls. Le cap­teur SPO2 est com­po­sé d’un émet­teur et d’un récep­teur pour les lumières infra­rouge et rouge, et est non inva­sif.
    → Le prin­cipe uti­li­sé pour mesu­rer la SPO2 à l’aide d’un oxy­mètre de pouls se base sur la capa­ci­té d’absorption du sang des lumières IR en fonc­tion de leur satu­ra­tion en oxygène.
    Entre 90 % et 100%
    PNI / PA (mesure de pres­sion san­guine non inva­sive / invasive)Mesure de la pres­sion san­guine via un bras­sard mis autour du bras (PNI) ou un cathé­ter. Le moni­teur cal­cule les pres­sions sys­to­lique, dias­to­lique et arté­rielle moyenne (PAM).
    → La pres­sion san­guine est la force exer­cée sur les parois des vais­seaux san­guin. Elle est mesu­rée par oscil­lo­mé­trie en uti­li­sant un cap­teur de pres­sion élec­tro­nique ou un transducteur.
    120/80mmhG
    PAM : 70 à 110mmHg
    Cap­no­gra­phieMesure du rejet de CO2 par les voies aériennes du patient per­met­tant de véri­fier la bonne ven­ti­la­tion et cir­cu­la­tion du patient en éva­luant son état de ven­ti­la­tion, méta­bo­lisme et cir­cu­la­tion.
    → Les cel­lules du corps humain uti­lisent l’O2 pour pro­duire de l’énergie et rejettent par la suite du CO2 que l’on peut mesu­rer de deux manières : Mains­tream (mesure en direct sur le cir­cuit de res­pi­ra­tion patient) et Sides­tream (cap­teur à dis­tance). Cela per­met d’observer l’end-tidal CO2 (etCO2) qui est le moment où la valeur d’etCO2 est la plus haute.
    End-tidal CO2 : 35 à 45 mmHg
    Tem­pé­ra­tureMesure de la tem­pé­ra­ture via des sondes qui peuvent être uti­li­sées à dif­fé­rents endroits.
    → La tem­pé­ra­ture des tis­sus pro­fonds tels que le cœur, le cer­veau et autres organes vitaux est cru­ciale car elle reflète l’état de san­té du patient.
    37°C

    Il en existe bien plus encore et elles sont uti­li­sées selon les habi­tudes du ser­vice et/ou des méde­cins. On retrouve ain­si dans la plu­part des blocs opé­ra­toires le BIS (« Bila­te­ral Index Spec­tral » / Index Bis­pec­tral) qui per­met de mesu­rer la pro­fon­deur de séda­tion d’un patient et le NMT (« Neu­ro­Mus­cu­lar Trans­mis­sion » / Trans­mis­sion Neu­ro­mus­cu­laire) qui envoie des sti­mu­la­tions élec­triques au patient afin de voir si ce der­nier est bien cura­ri­sé (pas de mou­ve­ment du muscle). En réani­ma­tion, il est pos­sible d’avoir du Débit Car­diaque qui per­met de notam­ment visua­li­ser la quan­ti­té de sang éjec­tée par chaque ven­tri­cule en une minute.

    En fonc­tion des besoins et de la mor­pho­lo­gie du patient, l’équipe médi­cale a le choix entre une mul­ti­tude d’accessoires avec des tech­no­lo­gies dif­fé­rentes, les plus uti­li­sés étant (voir Figure 7) :

    Figure 7 : Accessoires des moniteurs [6]
    • Dif­fé­rents moni­teurs chez Philips

    Il existe dif­fé­rents moni­teurs de la gamme Intel­li­Vue chez Phi­lips, cer­tains étant plus adap­tés dans cer­taines situa­tions. Cepen­dant, ils ont tous un point com­mun : l’interface d’utilisation reste la même. Cela per­met aux uti­li­sa­teurs de pou­voir uti­li­ser aisé­ment n’importe quel moni­teur de la gamme Intel­li­Vue et appor­ter de meilleurs soins aux patients.

    Moni­teurs au chevet

    Des­ti­nés à res­ter au che­vet du patient, ces moni­teurs ne sont géné­ra­le­ment pas adap­tés au trans­port. Il en existe de dif­fé­rentes tailles, mais prin­ci­pa­le­ment, les fonc­tion­na­li­tés res­tent les mêmes. La taille de l’écran est donc un cri­tère impor­tant à prendre en compte lors du choix du moni­teur car il joue­ra sur le confort d’utilisation et de visualisation.

    • Moni­teurs de soins aigus : écran de taille nor­male (MX400, MX450, MX500 et MX550).
    • Moni­teurs de soins cri­tiques : écran plus grand avec une dalle plus récente, offrant un confort de lec­ture et une sim­pli­ci­té d’utilisation (MX750 et MX850).
    • Ser­veur de mesures : dans la gamme Intel­li­Vue, les moni­teurs MX400 à MX850 ne sont pas en mesure de moni­to­rer un patient sans être reliés à un ser­veur de mesures. Ce der­nier contient tout l’algorithme et dis­pose de ports pour bran­cher les dif­fé­rents câbles comme celui de l’ECG par exemple. Le der­nier modèle de ser­veur de mesures est le X3 et il agit comme un réel moni­teur de trans­port à part entière. Avec son écran tac­tile, il per­met de visua­li­ser les don­nées du patient et de modi­fier des limites d’alarmes par exemple (X3).

    Moni­teurs au chevet

    Ces moni­teurs sont uti­li­sés lors du trans­port du patient pour un trans­fert ou un pas­sage au scanner.

    • Moni­teurs de trans­port : moni­teurs plus petits avec une poi­gnée qui per­met de faci­li­ter son trans­port (X3, MX100 et MX400). Le X3 a la par­ti­cu­la­ri­té d’être un moni­teur de trans­port à part entière, mais qui se branche à un plus grand moni­teur pour appor­ter un meilleur confort d’utilisation et visuel (com­pa­tible avec tous les moni­teurs hôtes MX) (voir Figure 8).
    Figure 8 : Gamme IntelliVue [Source : auteur]

    ➢ Cen­trale de surveillance

    La cen­trale de sur­veillance a pour but d’offrir un moyen de visua­li­ser les dif­fé­rents moni­teurs reliés au réseau au sein d’un ser­vice. Elle per­met ain­si d’alerter le per­son­nel soi­gnant de manière visuelle et audi­tive, ce qui ren­force la prise en charge du patient en cas de dété­rio­ra­tion. Il est éga­le­ment pos­sible de consul­ter des revues entiè­re­ment per­son­na­li­sables qui pré­sentent toutes les don­nées du patient durant son séjour (Patient Infor­ma­tion Cen­ter, plus connu sous le nom de PIC iX) (voir Figure 9) [7].

    Figure 9 : Centrale de surveillance PIC iX

    ➢ Autres types de moniteurs

    Il existe d’autres types de moni­teurs, uti­li­sés dans des cas spécifiques :

    • Moni­teurs ama­gné­tiques : moni­teurs sur cha­riot adap­tés pour être uti­li­sés dans les salles d’IRM (Expres­sion MR200 et MR400) [8].
    • Moni­teurs pour la sur­veillance mater­nelle et fœtale : appa­reils per­met­tant de sur­veiller les para­mètres vitaux de la mère et de son enfant (Ava­lon FM20/30/40/50/CL) [9].
    • Moni­teurs de sur­veillance ponc­tuelle Spot­check : per­mettent de prendre un ensemble de mesures à cer­tains moments, géné­rant un Ear­ly War­ning Sco­ring qui faci­lite l’identification des signes pré­cur­seurs de dégra­da­tion de l’état des patients (Ear­ly­Vue VS30) [10].
    • Télé­mé­trie : dis­po­si­tif por­té par le patient, il dis­pose d’un écran affi­chant les para­mètres moni­to­rés (fré­quences car­diaque et res­pi­ra­toire, avec la pos­si­bi­li­té d’avoir la SPO2 et la PNI) et ces der­niers sont envoyés à la cen­trale de sur­veillance (MX40) (voir Figure 10) [11].
    Figure 10 : Expression MR400, Avalon 50, EarlyVue VS30 et MX40

    II - Présentation et analyse des missions réalisées

    Au cours de mon appren­tis­sage en tant qu’ingénieur d’application moni­to­rage pour la socié­té Phi­lips, je suis ame­née à réa­li­ser diverses mis­sions qui peuvent être regrou­pées en quatre groupes :

    • Démons­tra­tion en avant-vente : elle a pour but de mon­trer à nos poten­tiels clients ce que nos appa­reils peuvent faire ;
    • Créa­tion d’une confi­gu­ra­tion pour les moni­teurs : les dif­fé­rents para­mètres (alarmes, réglages moni­teurs…) sont dis­cu­tés lors d’un ren­dez-vous avec l’équipe médi­cale afin que notre solu­tion de moni­to­rage soit la plus adap­tée pos­sible à leurs besoins ;
    • For­ma­tion des uti­li­sa­teurs en après-vente : cette for­ma­tion est indis­pen­sable pour que les uti­li­sa­teurs puissent être en mesure de bien mani­pu­ler nos appareils ;
    • Sui­vi appli­ca­tif : une inter­ven­tion de notre part peut être orga­ni­sée lors de la sur­ve­nue d’un pro­blème tech­nique ou dans le cadre d’une amé­lio­ra­tion du service.

    En plus de ces mis­sions « quo­ti­diennes », j’ai une mis­sion-clé à réa­li­ser qui est de réa­li­ser un fichier de cor­res­pon­dance de réfé­rences pour des solu­tions de mon­tage des moniteurs.

    Je vais désor­mais vous pré­sen­ter les pré­re­quis néces­saires pour être IA moni­to­rage, puis je vous expli­que­rai plus en détails les dif­fé­rentes mis­sions men­tion­nées précédemment.


    a) Prérequis d'un ingénieur d'application monitorage

    Afin d’être un bon ingé­nieur d’application moni­to­rage, quelques pré­re­quis sont nécessaires.

    En termes de soft skills, un bon rela­tion­nel client est indis­pen­sable afin d’établir une confiance entre les deux par­tis. Il faut éga­le­ment être à l’écoute du client et être diplo­mate afin de pou­voir pro­po­ser les meilleures solu­tions quant aux pro­blé­ma­tiques soulevées.

    Côté connais­sances, j’ai été for­mée par Coren­tin CHARIÉ, ingé­nieur d’application moni­to­rage et ven­ti­la­tion et ancien­ne­ment infir­mier en réani­ma­tion, en pré­sen­tiel sur la gamme Intel­li­Vue et les prin­cipes phy­sio­lo­giques. Il y aus­si des e-lear­nings en dis­tan­ciel qui ont com­plé­té ses pro­pos. Coren­tin m’a éga­le­ment for­mé au métier d’ingénieur d’application en me mon­trant com­ment mener à bien les dif­fé­rentes mis­sions qui nous sont assignées.

    J’ai éga­le­ment eu la chance de par­ti­ci­per à un Base Camp qui est une for­ma­tion d’une semaine en pré­sen­tiel sur les bases du moni­to­rage Intel­li­Vue (voir Figure 11). Cela s’est dérou­lé en Alle­magne et cette for­ma­tion ras­semble plu­sieurs ingé­nieurs d’application de pays dif­fé­rents et venant de com­men­cer leur car­rière chez Phi­lips. L’encadrement est tenu par un des « Cli­ni­cal Sales Trai­ning Mana­gers » qui sont des anciens ingé­nieurs d’application. Cette for­ma­tion et la majo­ri­té des e-lear­nings étant en anglais, une mai­trise de cette langue est plus que recommandée.

    Figure 11 : BaseCamp, en Allemagne [Source : auteur]

    Chez Phi­lips, il n’est pas deman­dé de tout connaître par cœur, mais il est pri­mor­dial de savoir cher­cher une infor­ma­tion dans de la docu­men­ta­tion. Pour cela, j’ai à dis­po­si­tion un site inter­net recen­sant tous les docu­ments pou­vant m’être utiles pour confi­gu­rer des moni­teurs ou encore des notes appli­ca­tives expli­quant plus en détails une thé­ma­tique pré­cise par exemple.

    Enfin, il y a de nom­breux dépla­ce­ments à réa­li­ser afin de se rendre dans les dif­fé­rents éta­blis­se­ments de san­té (70% du temps), il faut donc être prêt à être mobile.


    b) Démonstration en avant-vente

    Lors du renou­vel­le­ment d’un parc de moni­teurs ou l’ouverture d’un nou­veau ser­vice au sein d’un éta­blis­se­ment de san­té, de nou­veaux moni­teurs doivent être ins­tal­lés. Afin de savoir lequel choi­sir, les ingé­nieurs d’application de chaque construc­teur en moni­to­rage se rendent sur place afin de réa­li­ser une démons­tra­tion en avant-vente auprès des méde­cins, des infir­miers (tech­niques s’il y en a) et de l’équipe bio­mé­di­cale. Il s’agit d’une une étape-clé dans le pro­ces­sus de vente (voir Figure 12). En effet, elle per­met de mon­trer aux clients les atouts de nos solu­tions et de voir ce qui pour­rait conve­nir à leurs besoins. Les clients peuvent ain­si réa­li­ser une com­pa­rai­son avec les dif­fé­rents four­nis­seurs et à la fin des démons­tra­tions, ils doivent rendre leur ver­dict et pro­cé­der à la phase d’achat avec le four­nis­seur choi­si. Les enjeux de la démons­tra­tion sont grands car en rem­por­tant le dos­sier actuel, il est pos­sible que cela mène au renou­vel­le­ment des moni­teurs des autres ser­vices de ce même éta­blis­se­ment dans les années à venir. Il est donc cru­cial de se démar­quer de la concur­rence et faire en sorte que le choix du client se pose sur nous. Une mau­vaise démons­tra­tion des solu­tions pour­rait mener à la perte du dos­sier, mal­gré le tra­vail four­ni par l’ingénieur com­mer­cial, c’est pour­quoi il est pri­mor­dial de bien la pré­pa­rer en amont et être effi­cace lors des venues sur site.

    Figure 12 : Processus de vente des solutions Philips [Source : auteur]

    Je vais désor­mais vous pré­sen­ter les dif­fé­rentes étapes pour mener à bien une démonstration.

    Tout d’abord, nous rece­vons une demande de la part de la part d’un ser­vice qui sou­hai­te­rait de nou­veaux moni­teurs. Un échange a lieu par mail afin de défi­nir leur demande et leurs besoins, cela peut concer­ner la date de notre venue et le temps de la démons­tra­tion (entre une semaine et un mois en géné­ral), quels moni­teurs ils sou­hai­te­raient voir, et quelles seront les mesures uti­li­sées. Une fois cela fait, je dois pré­pa­rer des confi­gu­ra­tions pour les moni­teurs et du maté­riel adap­tés (moni­teurs, acces­soires, solu­tion de report et cen­trale besoin) (voir Figure 13). En paral­lèle, je pré­vois des docu­ments que je lais­se­rai au sein du ser­vice : le pre­mier est un dos­sier que je rédige et qui réca­pi­tule toutes les moda­li­tés de la démons­tra­tion et les dif­fé­rents points abor­dés lors de la démons­tra­tion, et les autres sont des notices d’utilisation sim­pli­fiée appe­lées Quick Guides.

    Figure 13 : Préparation des configurations, des moniteurs et de la centrale de surveillance pour une démonstration [Source : auteur]

    Le jour-J, je viens sur site et j’installe le maté­riel. Si une cen­trale est déjà fonc­tion­nelle au sein du ser­vice, je peux bran­cher sur réseau les moni­teurs ame­nés pour la démons­tra­tion et les relier au réseau afin de gar­der toutes les don­nées des patients qui seront moni­to­rés. S’ils n’en ont pas et qu’ils sou­hai­te­raient en obte­nir une, alors il faut éga­le­ment l’installer et effec­tuer quelques bran­che­ments dans la baie infor­ma­tique de bras­sage. Une fois le maté­riel appor­té fonc­tion­nel, je com­mence à réa­li­ser la pré­sen­ta­tion et la for­ma­tion du per­son­nel quant à l’utilisation des moni­teurs. Le nombre et les dates de venues sur site sont défi­nis avec le cadre de san­té afin que ces pré­sen­ta­tions et for­ma­tions soient réa­li­sées auprès du maxi­mum de per­sonnes pour qu’elles puissent uti­li­ser les moni­teurs dans des condi­tions opti­males. Durant cette période, les échanges avec les méde­cins sont pri­mor­diaux pour com­prendre au mieux leurs besoins et savoir ce que nous pour­rions leur pro­po­ser lors de la phase d’achat.

    A la fin de la démons­tra­tion, je reprends le maté­riel de démons­tra­tion ain­si que les docu­ments lais­sés, puis j’envoie un compte-ren­du aux chef et cadre de ser­vice, à l’ingénieur bio­mé­di­cal et à l’ingénieur com­mer­cial tra­vaillant sur ce dos­sier. J’envoie éga­le­ment à ce der­nier un docu­ment qui résume toutes les demandes du client, que ce soit en termes de modules de mesures, de la taille des moni­teurs et du nombre de courbes par exemple.

    Une bonne démons­tra­tion ne se solde pas tou­jours par un achat de nos solu­tions car il y a plu­sieurs fac­teurs à prendre en compte comme l’historique de la base ins­tal­lée, le prix, les délais de livrai­son et la rela­tion déve­lop­pée avec les clients. Cepen­dant, il reste tout de même impor­tant de bien écou­ter les demandes du client et essayer de les satis­faire. En plus de cela, une veille concur­ren­tielle est indis­pen­sable pour pou­voir se démar­quer de nos concur­rents en pro­po­sant des fonc­tion­na­li­tés inédites qui pour­raient amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail des uti­li­sa­teurs qui pour­ront à leur tour pro­di­guer de meilleurs soins aux patients.


    c) Création d'une configuration pour les moniteurs

    Après une vente, une réunion est orga­ni­sée avec l’équipe médi­cale pour dis­cu­ter de la confi­gu­ra­tion. L’enjeu est d’obtenir une confi­gu­ra­tion opti­male et sécu­ri­taire au niveau des alarmes. Il faut donc bien écou­ter leurs demandes et prê­ter atten­tion à leurs pra­tiques afin de pou­voir leur pro­po­ser des moni­teurs per­son­na­li­sés et adap­tés à eux.

    Pour cela, il faut dans un tout pre­mier temps prendre ren­dez-vous avec le ser­vice pour pou­voir pla­ni­fier une réunion. En interne du ser­vice, ils devront se concer­ter pour savoir quelles sont les per­sonnes qui devront répondre pré­sents lors de cette réunion. En amont, je pré­pare en avance une confi­gu­ra­tion pou­vant répondre à leurs besoins. Pour cela, je m’aide des confi­gu­ra­tions déjà faites pour des ser­vices simi­laires avec celui que je vais travailler.

    Le jour-J, je me pré­sente au sein du ser­vice avec un moni­teur que je mets en mode « CONFIG » et la réunion a lieu avec les per­sonnes concer­nées avec qui j’ai une dis­cus­sion autour des dif­fé­rents para­mètres / alarmes / com­por­te­ments du moni­teur. J’énonce donc un par un ces élé­ments et nous voyons ensemble ce qui pour­rait leur conve­nir. Afin de répondre au mieux à leurs ques­tions, je m’aide des notes appli­ca­tives pour par­ler des aryth­mies par exemples et d’un docu­ment appe­lé Confi­gu­ra­tion Guide. Au cours de cette réunion, je prends des notes des modi­fi­ca­tions à faire et je réa­lise les chan­ge­ments deman­dés direc­te­ment sur le moni­teur. Une fois la réunion ter­mi­née, je peux ain­si sau­ve­gar­der direc­te­ment la nou­velle confi­gu­ra­tion du moni­teur. Si des écrans sont à ajou­ter, je peux les rajou­ter via le logi­ciel Sup­port Tool dis­po­nible sur mon PC. Lorsque la nou­velle confi­gu­ra­tion est prête, je l’envoie par mail, en plus d’un fichier PDF recen­sant tous ses para­mètres et d’un compte-ren­du, au cadre du ser­vice, à l’ingénieur bio­mé­di­cal ain­si qu’aux res­pon­sables tech­niques, ingé­nieur com­mer­cial, chef de pro­jets et « Moda­li­ty spe­cia­list » du sec­teur. Cette nou­velle confi­gu­ra­tion sera injec­tée par les res­pon­sables tech­niques lors du déploie­ment des moniteurs.

    Deux ou trois mois après le déploie­ment des moni­teurs avec la nou­velle confi­gu­ra­tion, un nou­veau pas­sage est pro­gram­mé et je demande l’avis des uti­li­sa­teurs concer­nant leur expé­rience avec les moni­teurs. S’ils sont satis­faits, je n’ai pas de chan­ge­ment à faire. Sinon, il y a pos­si­bi­li­té de recom­men­cer une réunion du même type que celle décrite pré­cé­dem­ment, et d’avoir une dis­cus­sion autour des modi­fi­ca­tions à apporter.

    Une fois cette réunion ter­mi­née, il est pos­sible de modi­fier la confi­gu­ra­tion de deux façons :

    • Soit à la main : je passe sur tous les moni­teurs et je change manuel­le­ment les para­mètres deman­dés en me met­tant en mode « CONFIG ». Il fau­dra ensuite absor­ber la confi­gu­ra­tion de l’un des moni­teurs modi­fiés avec le logi­ciel Sup­port Tool pour gar­der une copie de la confi­gu­ra­tion modifiée.
    • Soit avec le logi­ciel Sup­port Tool : j’apporte les modi­fi­ca­tions sur l’un des moni­teurs et je peux éga­le­ment ajou­ter des écrans via le logi­ciel Sup­port Tool (voir Figures 14 et 15), puis j’absorbe la confi­gu­ra­tion. Ensuite, je viens clo­ner chaque moni­teur du ser­vice avec le Sup­port Tool (bran­che­ment au moni­teur via un câble RJ45). Cela met le moni­teur en état de main­te­nance, il n’est donc pas pos­sible de moni­to­rer le patient sur le moni­teur hôte. C’est pour­quoi je dois débran­cher le X3 du moni­teur hôte afin que le patient puisse être moni­to­ré en per­ma­nence, mais les alarmes ne seront pas remon­tées à la cen­trale. En cas de dégra­da­tion de l’état du patient, il faut donc pré­ve­nir immé­dia­te­ment l’infirmier en charge du patient.
    Figure 14 : Modification d'un écran sur le logiciel Support Tool [Source : auteur]
    Figure 15 : Modification des réglages de PA sur un moniteur [12]

    Par ailleurs, après chaque modi­fi­ca­tion de la confi­gu­ra­tion d’un moni­teur, les limites d’alarmes aupa­ra­vant éta­blies pour le patient sont remises à celles par défaut. Il est donc pri­mor­dial de deman­der à l’infirmier en charge du patient de venir les véri­fier afin qu’elles soient adap­tées au mieux à la cli­nique du patient.

    Une créa­tion de confi­gu­ra­tion est consi­dé­rée comme un suc­cès s’il n’y a pas ou peu de modi­fi­ca­tions à appor­ter lors du second pas­sage, cela signi­fie que l’équipe médi­cale a pu choi­sir des limites d’alarmes et para­mètres adap­tés aux pra­tiques du ser­vice et qu’ils se sont bien appro­priés l’utilisation des moni­teurs. Cepen­dant, s’il y a beau­coup de modi­fi­ca­tions à faire lors du second pas­sage, cela veut dire que cer­taines déci­sions n’étaient pas les bonnes. En tant qu’ingénieur d’application, nous pou­vons par­ta­ger les retours uti­li­sa­teurs des mêmes ser­vices d’autres hôpi­taux et les para­mètres qui fonc­tionnent bien et qui sont géné­ra­le­ment choi­sis. Il faut en prio­ri­té écou­ter les demandes du client, mais il est tou­jours envi­sa­geable et même recom­man­dé de par­ta­ger les expé­riences des uti­li­sa­teurs de d’autres éta­blis­se­ments de santé.


    d) Formation des utilisateurs en après-vente

    La for­ma­tion des uti­li­sa­teurs (méde­cins, infir­miers, aides-soi­gnants, tech­ni­ciens bio­mé­di­caux) est essen­tielle car elle a pour but de leur apprendre à se ser­vir de l’appareil de manière opti­male. En effet, une bonne prise en main per­met­tra d’apporter de meilleurs soins aux patients alors qu’à contra­rio, une mau­vaise mani­pu­la­tion pour­rait engen­drer une situa­tion de risques pour eux. De plus, cela peut leur faire décou­vrir de nou­velles fonc­tion­na­li­tés utiles qu’ils ne connais­saient pas aupa­ra­vant. En géné­ral, moins de 30% des capa­ci­tés d’un moni­teur sont exploi­tées par les uti­li­sa­teurs. Concer­nant les dis­po­si­tifs médi­caux, je peux for­mer les uti­li­sa­teurs sur l’ensemble de la gamme Intel­li­Vue qui com­prend les moni­teurs MX400 à MX850, les télé­mé­tries MX40 ain­si que les centres d’information PIC IX Phi­lips (voir Figure 16).

    Figure 16 : Moniteur MX750, télémétrie M X 40 et centre d’informations PIC IX [7] [11]

    Pour les moni­teurs et télé­mé­tries, je peux uti­li­ser ceux qui sont direc­te­ment pré­sents dans le ser­vice, dans la chambre d’un patient.

    Pour le centre d’information, j’ai à dis­po­si­tion un simu­la­teur (voir Figure 17) qui ne peut être lan­cé que depuis une machine vir­tuelle pré­sente sur mon ordi­na­teur por­table de tra­vail. La prise en main de cet outil peut être dif­fi­cile en rai­son de son instabilité.

    Figure 17 : Simulateur du centre d’informations PIC IX [Source : auteur]

    Enfin, je pos­sède de la docu­men­ta­tion que je peux remettre au cadre du ser­vice qui les trans­met­tra à l’ensemble de son équipe. Elle com­prend des Quick Guides qui sont des notices d’utilisation sim­pli­fiée, et des notes appli­ca­tives qui sont des docu­ments expli­ca­tifs sur divers thé­ma­tiques comme notre algo­rithme pour la sur­veillance des arythmies.

    La for­ma­tion des uti­li­sa­teurs se déroule une fois que l’ensemble du sys­tème de moni­to­rage a été ache­té par le client et ins­tal­lé dans le ser­vice en ques­tion par les res­pon­sables techniques.

    Il existe plu­sieurs cas dans les­quels les for­ma­tions sont possibles :

    • Les for­ma­tions obli­ga­toi­re­ment faites après l’installation des appa­reils et pro­po­sées par Phi­lips : elles sont incluses dans l’offre d’installation et de confi­gu­ra­tion des moniteurs ;
    • Les for­ma­tions deman­dées par le cadre de san­té après un cer­tain moment d’utilisation de nos solu­tions, et donc payantes.

    Dans les deux cas, le dérou­lé sera le même par la suite.

    Dans un pre­mier temps, il faut contac­ter le cadre de san­té du ser­vice de l’établissement où la for­ma­tion aura lieu afin de pou­voir conve­nir d’un ren­dez-vous. Dans la majo­ri­té du temps, cet échange a lieu par mail afin de gar­der une trace écrite et pou­voir mettre en copie toutes les per­sonnes qui sou­hai­te­raient être tenues au cou­rant de cette démarche. En géné­ral, on retrouve ain­si le ou les méde­cins, l’infirmier tech­nique s’il y en a un, l’ingénieur bio­mé­di­cal, notre ingé­nieur com­mer­cial et notre res­pon­sable tech­nique. Dans ce contact par mail, il faut tout d’abord se pré­sen­ter et expli­quer le but de notre venue : la durée et le nombre de for­ma­tions, ain­si que les uti­li­sa­teurs concer­nés sont évo­qués. Puis, il faut pro­po­ser plu­sieurs dates au cadre de san­té et conve­nir d’un endroit pro­pice à la for­ma­tion. Une fois tous ces détails confir­més, il faut se rendre dans le ser­vice au moment convenu.

    Le jour-J, les moda­li­tés de for­ma­tion sont dis­cu­tées de nou­veau. En effet, plu­sieurs scé­na­rios peuvent être possibles :

    • For­ma­tion dans une chambre libre sans patient : afin de simu­ler un patient bran­ché, il faut mettre le moni­teur en mode « DEMO » en pas­sant par le menu de confi­gu­ra­tion. Sur l’écran seront ain­si affi­chés divers para­mètres vitaux, ce qui per­met aux uti­li­sa­teurs de visua­li­ser plus faci­le­ment de quoi je vais parler.
    • For­ma­tion sur un moni­teur avec un patient dans une chambre : cela peut arri­ver lorsqu’aucune chambre est libre sans patient. Nous inter­ve­nons donc dans la chambre d’un patient et nous démon­trons les dif­fé­rentes mani­pu­la­tions à réa­li­ser pour uti­li­ser le moni­teur dans de bonnes condi­tions. Cette situa­tion est un peu plus déli­cate car il ne faut pas déran­ger le patient (sou­vent endor­mi ou incons­cient) et être concis.
    • For­ma­tion dans une pièce quel­conque : cela peut être envi­sa­geable pour des for­ma­tions simples en uti­li­sant un sup­port Power­Point pré­pa­ré au préa­lable ain­si qu’un centre d’information en mode « DEMO » (voir Figure X). Le mieux est donc que le client ait un écran où je puisse pro­je­ter mon dia­po­ra­ma, ou bien que j’apporte moi-même un mini-projecteur.

    Je m’installe donc à l’endroit où se dérou­le­ra la for­ma­tion et pré­pare, si besoin, le maté­riel que j’utiliserai. Il faut savoir qu’étant don­né que je fais plus géné­ra­le­ment des for­ma­tions de jour, le per­son­nel soi­gnant peut être occu­pé dans leurs dif­fé­rentes tâches et donc ne pas être pré­sents. Il est donc par­fois dif­fi­cile de regrou­per tout le monde et être sûr que cha­cun puisse suivre la for­ma­tion. C’est pour­quoi plu­sieurs cré­neaux sont proposés. 

    Au cours de cette for­ma­tion, je peux abor­der les points suivants :

    • Pré­sen­ta­tion du pro­duit en géné­ral et de son inter­face (moni­teur : inter­che­vet, don­nées démo­gra­phiques du patient, écran et pro­fils, courbes, valeurs numé­riques, raccourcis…) ;
    • Défi­ni­tion des dif­fé­rents types d’alarmes et leurs réglages ;
    • Conseils pour amé­lio­rer le signal ECG ;
    • Dif­fé­rence entre écrans et profils ;
    • Pro­cé­dure d’admission depuis le moni­teur ou depuis le centre d’information ;
    • Défi­ni­tion du sta­tut de sti­mu­la­tion du patient ;
    • Uti­li­sa­tion des tendances
    • Autres fonc­tion­na­li­tés propres au type d’appareil (moni­teur : outils d’aide à la déci­sion cli­nique, car­to­gra­phie du seg­ment ST, …)

    Concer­nant la cen­trale, j’insiste sur­tout sur la pro­cé­dure d’admission, de trans­fert et de sor­tie du patient, et sur l’importance de bien ren­sei­gner les don­nées démo­gra­phiques du patient. Je montre ensuite com­ment uti­li­ser la revue des alarmes et la revue géné­rale qui per­mettent de revoir dif­fé­rents évè­ne­ments du patient (exemple : fibril­la­tion auri­cu­laire), avant de finir par le Jour­nal d’Audit Cli­nique qui per­met de recen­ser toutes les alarmes (géné­rées et/ou acquit­tées) et les pauses alarmes d’un ser­vice ou d’un patient sur une cer­taine période.

    Afin que la for­ma­tion soit la plus inter­ac­tive pos­sible, j’encourage les uti­li­sa­teurs à me poser des ques­tions pen­dant ou en fin de présentation.

    Une feuille d’émargement (voir Annexe 1) est à faire rem­plir par les uti­li­sa­teurs for­més afin de savoir qui a pu béné­fi­cier de notre inter­ven­tion. A la fin, une enquête de satis­fac­tion (voir Annexe 2) avec plu­sieurs cri­tères notés de 0 à 10 leur est remise pour savoir quels sont les points sur les­quels je devrai m’améliorer. Ces deux docu­ments sont remis à une per­sonne en interne qui s’occupe du pôle des for­ma­tions au sein notre entreprise.

    Une fois toutes les for­ma­tions ter­mi­nées, je signale mon départ au cadre de san­té et lui fait un compte-ren­du par mail avec les mêmes per­sonnes mises en copie dans celui de départ. Dans ce mail, je joins éga­le­ment les Quick Guides des appa­reils en ques­tion et des notes appli­ca­tives qui pour­raient être utiles aux uti­li­sa­teurs pour qu’ils com­prennent davan­tage com­ment fonc­tionnent notre solu­tion de monitorage.

    La for­ma­tion des uti­li­sa­teurs est donc une mis­sion bien enca­drée, avec dif­fé­rentes étapes à fran­chir pour la mener à bien. Elle est indis­pen­sable pour assu­rer le bien-être du patient et amé­lio­rer le quo­ti­dien du per­son­nel soi­gnant qui est désor­mais apte à uti­li­ser de manière opti­male notre solu­tion de monitorage.


    e) Suivi applicatif

    Le sui­vi appli­ca­tif consiste à se rendre sur site pour répondre à des demandes d’ordre appli­ca­tif. Il est impor­tant de se rendre à ces ren­dez-vous car cela per­met de résoudre les pro­blèmes don­nés, et donc d’optimiser l’utilisation des moni­teurs et la sur­veillance des patients. Cela per­met éga­le­ment d’améliorer le rela­tion­nel avec le client.

    Lors du sui­vi appli­ca­tif, plu­sieurs demandes peuvent être émises :

    • Modi­fi­ca­tion d’une confi­gu­ra­tion : une réunion est réa­li­sée et reprend le même sché­ma que celle pour une nou­velle confi­gu­ra­tion, des modi­fi­ca­tions sont faites en fonc­tion de la demande du ser­vice. Par la suite, ces chan­ge­ments sont faits par nous, ingé­nieurs d’application.
    • Evè­ne­ment indé­si­rable : un évè­ne­ment indé­si­rable a eu lieu au sein du ser­vice. J’essaie donc de com­prendre ce qu’il s’est pas­sé en posant des ques­tions au ser­vice et s’il y a une cen­trale, je peux uti­li­ser le Jour­nal d’Audit Cli­nique qui conserve toutes les alarmes et acquit­te­ments qui a eu lieu durant les 90 der­niers jours. Cela me per­met d’essayer de retra­cer les actions qui ont été faites et de com­prendre ce qu’il s’est pas­sé. En fonc­tion, je peux expli­quer plus en détails le com­por­te­ment de cer­taines alarmes qui n’auraient pas son­né par exemple, ou alors l’algorithme pré­sent der­rière une mesure. Au besoin, je peux appor­ter des modi­fi­ca­tions à la confi­gu­ra­tion qu’ils ont dans leur service.
    • Pro­blème divers : il est pos­sible qu’un ser­vice me contacte car ils n’arrivent pas à obte­nir une courbe cohé­rente, il y a des pro­blèmes d’impression ou alors il n’y a pas de connexion entre les dis­po­si­tifs tiers et les moni­teurs par exemple. Les demandes sont très variées, c’est pour­quoi il faut être prêt à toute éventualité.

    A la fin de toute inter­ven­tion de type sui­vi appli­ca­tif, je rédige éga­le­ment un compte-ren­du avec les dif­fé­rentes actions menées. Cela per­met de tenir infor­més le ser­vice dans lequel je suis inter­ve­nue, mais éga­le­ment l’ingénieur bio­mé­di­cal et l’ingénieur com­mer­cial, les res­pon­sables tech­niques et le « Moda­li­ty spe­cia­list » du secteur.

    Si mal­gré mes efforts je ne par­viens pas à résoudre une demande d’ordre appli­ca­tive, je peux tou­jours deman­der de l’aide à mes col­lègues ingé­nieurs d’application, res­pon­sables tech­niques et « Moda­li­ty spe­cia­list ». Si cela n’est pas suf­fi­sant, je peux contac­ter un « Tech­ni­cal sup­port spe­cia­list moni­to­ring ana­ly­tic » et/ou me rendre sur le site Yam­mer qui regroupe tous les ingé­nieurs d’applications moni­to­rage de Phi­lips et leur deman­der s’ils ont eu un cas simi­laire au mien.


    f) Autres missions

    En plus des mis­sions décrites ci-des­sus, il arrive que je par­ti­cipe à d’autres types de missions :

    • Sho­wroom

    Le sho­wroom est une sorte de démons­tra­tion où l’on va mon­trer au client toutes les solu­tions que nous pou­vons pro­po­ser (voir Figure 18). Les clients peuvent venir nous voir à tout moment. Afin de répondre au mieux aux ques­tions posées, nous sommes plu­sieurs à venir : des ingé­nieurs d’application, l’ingénieur com­mer­cial du sec­teur, l’ingénieur com­mer­cial consom­mables et le « Moda­li­ty spe­cia­list ». Les moyens employés sont impres­sion­nants et cela per­met de mon­trer jusqu’où nos solu­tions peuvent aller.

    Figure 18 : Showroom dans une Réanimation pédiatrique à Marseille [Source : auteur]
    • Pré­sen­ta­tion dans des écoles

    J’ai eu la chance de me rendre à l’école Poly­tech Lyon afin de pré­sen­ter mon quo­ti­dien en tant qu’apprentie ingé­nieur d’application moni­to­rage (voir Figure 19). Cela per­met de don­ner aux élèves une meilleure vision de mes mis­sions et de me poser des ques­tions. J’ai trou­vé cet échange fort inté­res­sant, et cela a per­mis de trou­ver la per­sonne qui pren­dra ma relève au mois de septembre.

    Figure 19 : Présentation du métier d'ingénieur d’application aux élèves de Polytech Lyon [Source : auteur]
    • Par­ti­ci­pa­tion à des séminaires

    Cette année, j’ai aus­si pu par­ti­ci­per à plu­sieurs sémi­naires. Ces der­niers ont pour but de com­mu­ni­quer de nou­velles infor­ma­tions au sein de l’entreprise, mais aus­si de ren­for­cer la cohé­sion entre les employés à tra­vers divers ate­liers. Cela est éga­le­ment un moyen de ren­con­trer de nou­velles per­sonnes avec qui on pour­rait être ame­nés à tra­vailler dans le futur, ou encore mes col­lègues ingé­nieurs d’application que je ne croise que très peu étant don­né que nous sommes tous assi­gnés à un sec­teur par­ti­cu­lier. C’est donc un moment de par­tage et d’échange qui nous réunit tous au même endroit, et qui change des réunions Teams.


    g) Mission-clé : GCX

    Durant cette alter­nance, j’ai com­men­cé plu­sieurs pro­jets pour fina­le­ment opter pour le sui­vant : cor­res­pon­dance de réfé­rences pour des solu­tions de mon­tage des moniteurs.

    L’un des rôles des ingé­nieurs com­mer­ciaux est de réa­li­ser le chif­frage d’une com­mande qu’un client sou­haite pas­ser. Par­mi les moni­teurs, les modules et acces­soires, on peut éga­le­ment y retrou­ver des solu­tions de mon­tage pour les moni­teurs du fabri­cant GCX qui est en est le lea­der mon­dial. Il en existe de nom­breuses et qui s’adaptent à tout type de rails (voir Figure 20). Il est donc impor­tant que le client ait des accroches qui cor­res­pondent à ses besoins dans le service.

    Figure 20 : Exemples de solutions de montage pour moniteurs [13]

    Lors de la cota­tion du devis, il existe deux types de réfé­rences : les réfé­rences internes de Phi­lips et celles de GCX. Se renou­ve­lant chaque année, il est impor­tant de connaître la bonne cor­res­pon­dance entre deux réfé­rences. Pour le moment, les ingé­nieurs com­mer­ciaux uti­lisent un tableau Excel recen­sant quelques réfé­rences mais ce der­nier n’est plus à jour. Il peut donc y avoir des confu­sions au niveau des réfé­rences lors de la cota­tion du devis, et il manque même de nom­breuses solu­tions de mon­tage ce qui pour­rait ne pas être pro­fi­table pour le client.

    Le but de mon pro­jet est donc de réa­li­ser un nou­veau tableau Excel avec toutes les nou­velles réfé­rences qui pour­ra être uti­li­sé par les ingé­nieurs com­mer­ciaux. Par la suite, ce tableau pour­rait être pré­sen­té en clien­tèle pour que le client puisse avoir un réel aper­çu de toutes les solu­tions de mon­tage exis­tantes. Je suis donc repar­tie du fichier exis­tant (voir Figure 21) pour prendre connais­sances des élé­ments atten­dus, et d’une extrac­tion Excel de toutes les réfé­rences de Phi­lips et de GCX. J’ai éga­le­ment uti­li­sé le site de GCX afin d’avoir toutes les infor­ma­tions com­plé­men­taires qui pour­raient être utiles aux ingé­nieurs com­mer­ciaux et aux clients.

    Figure 21 : Ancien catalogue Philips - GCX [Source : auteur]

    Le nou­veau cata­logue avec les réfé­rences à jour et addi­tion­nelles se pré­sente désor­mais ain­si (voir Figure 22) :

    Figure 22 : Nouveau catalogue Philips – GCX [Source : auteur]

    Il était donc indis­pen­sable de reprendre l’ensemble du cata­logue afin de pou­voir pro­po­ser un autre outil de tra­vail utile aux ingé­nieurs d’application. Cela peut éga­le­ment ser­vir à nous, ingé­nieurs d’application, lors des démons­tra­tions par exemple. En effet, lorsque des moni­teurs sont ins­tal­lés pour ce type d’intervention, nous devons nous adap­ter à la solu­tion de mon­tage actuelle des clients. Dans mon cas, j’avais besoin d’une accroche par­ti­cu­lière et j’ai pu voir par moi-même qu’il existe vrai­ment une mul­ti­tude, ce qui a ren­du la recherche dif­fi­cile. Avoir ce fichier à jour avec les pho­tos à côté m’aurait été bien utile.


    III - Bilan personnel et professionnel de l'alternance

    a) Apports personnels et professionnels

    Au cours de cette année en tant qu’apprentie ingé­nieur d’application moni­to­rage, j’ai pu acqué­rir de nom­breuses com­pé­tences à la fois pro­fes­sion­nelles et personnelles.

    Dans un pre­mier temps, j’ai pu décou­vrir plus spé­ci­fi­que­ment ce qu’étaient des moni­teurs et quels para­mètres phy­sio­lo­giques ils pou­vaient mesu­rer. J’ai éga­le­ment pu en apprendre davan­tage sur la phy­sio­lo­gie et j’ai trou­vé cela fort inté­res­sant de voir com­ment le corps humain fonctionne.

    Lors des sui­vis appli­ca­tifs et démons­tra­tions, j’ai été confron­té à des pro­blèmes dont je ne connais­sais pas la solu­tion, j’ai donc dû cher­cher une réponse dans de la docu­men­ta­tion et j’ai éga­le­ment sol­li­ci­té la com­mu­nau­té d’ingénieurs d’application et ce, en anglais, ce qui m’a per­mis d’être encore plus per­sé­vé­rante qu’avant et de me rendre compte à quel point l’anglais est pri­mor­dial dans ce milieu. J’ai aus­si appris à gérer davan­tage mon stress et tra­vailler sous une cer­taine pres­sion face aux demandes des ser­vices. Cela m’a été béné­fique car j’ai pu gérer plu­sieurs choses à la fois et essayé de choi­sir quoi prio­ri­ser. En plus de cela, tra­vailler au contact de chaque nou­veau per­son­nel des hôpi­taux que je ne connais­sais m’a per­mis de sor­tir hors de ma zone de confort. Étant une per­sonne réser­vée, j’ai dû me for­cer à aller davan­tage vers les autres et prendre parole. Cela peut paraître ano­din pour cer­tains, mais pour moi il s’agit d’une tâche dif­fi­cile, même prendre un appel est sou­vent com­pli­qué pour moi. Je pense donc que je me suis amé­lio­rée sur ce point et je me sens désor­mais plus à l’aise au niveau de la com­mu­ni­ca­tion même s’il y a encore des points à per­fec­tion­ner. En clien­tèle, il est essen­tiel de pou­voir être bien à l’écoute du client et de se rap­pe­ler d’un maxi­mum d’informations afin de pou­voir appor­ter une solu­tion viable. Cela per­met éga­le­ment de trou­ver plus rapi­de­ment une solu­tion face à un pro­blème que l’on aurait déjà ren­con­tré aupa­ra­vant. Il faut éga­le­ment être patient et péda­gogue lors des for­ma­tions avec le per­son­nel. Enfin, tra­vailler avec Coren­tin m’a per­mis d’être auto­nome. Il m’a par­fois lais­sée face à cer­taines pro­blé­ma­tiques tout en res­tant à dis­po­si­tion au cas où et il m’a accor­dé sa confiance sur cer­taines mis­sions, ce qui a amé­lio­ré la mienne. 

    Si je devais citer mes plus grandes dif­fi­cul­tés ren­con­trées, je pense qu’il s’agit sur­tout de celles qui concernent l’aspect social mais j’ai pu les com­bler en tra­vaillant des­sus. Il y a éga­le­ment le fait de par­ler avec des méde­cins qui peut être déli­cat car ces der­niers ont une grande expé­rience et un bagage cli­nique consé­quent que je n’ai évi­dem­ment pas. C’est pour­quoi il est essen­tiel que j’en apprenne tou­jours plus pour pou­voir être plus confiante et à l’aise lors de mes conver­sa­tions avec eux et éga­le­ment l’équipe paramédicale.


    b) Liens avec la formation

    La for­ma­tion Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té que j’ai sui­vie à l’Université de Tech­no­lo­gie de Com­piègne m’a été utile sur cer­tains points pour mon alter­nance : j’ai par exemple eu de l’informatique avec Bases des réseaux et des Sys­tèmes d’information et Micro-Infor­ma­tique, mais éga­le­ment du bio­mé­di­cal avec Signal et Image. J’ai aus­si pu avoir un aper­çu géné­ral du côté cli­nique avec Phy­sio­lo­gie des sys­tèmes inté­grés et le pro­jet que j’ai réa­li­sé « Étude de la prise en charge de l’insuffisance res­pi­ra­toire aux urgences et en réani­ma­tion ». En plus de cela, j’ai pu décou­vrir le domaine du Mar­ke­ting et ses dif­fé­rentes notions, et j’ai pu amé­lio­rer mon anglais. Les nom­breux pro­jets et Tra­vaux Pra­tiques à réa­li­ser m’ont éga­le­ment appris à mieux m’organiser lors des tra­vaux en groupe, être à l’écoute de cha­cun et bien se répar­tir les tâches afin d’être per­for­mants, ce qui est un aspect impor­tant dans le métier d’ingénieur d’application.

    Cette for­ma­tion a donc été poly­va­lente et com­plète, bien que j’aurais aimé avoir un meilleur aper­çu des moni­teurs. Grâce à cette alter­nance, j’ai pu décou­vrir ce qu’était réel­le­ment le métier d’ingénieur d’application car je n’avais qu’une vague idée aupa­ra­vant. Cela m’a bien plu et m’a confor­tée dans l’idée de pra­ti­quer ce métier dans les années à venir.


    Conclusion

    Cette année en tant qu’apprentie ingé­nieur d’application moni­to­rage Centre-Est chez Phi­lips a été forte enri­chis­sante, que cela soit tech­ni­que­ment et humai­ne­ment. C’était la pre­mière fois que je tra­vaille dans une entre­prise pri­vée dans le bio­mé­di­cal. Cela m’était tota­le­ment incon­nu et bien dif­fé­rent du sys­tème et de la hié­rar­chie hos­pi­ta­liers mais j’ai réel­le­ment appré­cié tra­vailler là-bas et j’ai pu créer des sou­ve­nirs mémorables.

    J’ai pu décou­vrir les dif­fé­rentes mis­sions d’un ingé­nieur d’application et me rendre compte à quel point cha­cune d’entre elle est impor­tante pour déli­vrer la meilleure solu­tion de moni­to­rage pos­sible aux clients, ce qui per­met d’améliorer la san­té des patients. En termes de charge de tra­vail, j’ai réa­li­sé un tableau et son dia­gramme qui réca­pi­tulent toutes les mis­sions aux­quelles j’ai pu par­ti­ci­per (voir Figures 23 et 24) :

    Figure 23 : Quantification de la charge de travail d'un ingénieur d'application monitorage [Source : auteur]
    Figure 24 : Répartition de la charge de travail d'un ingénieur d'application monitorage [Source : auteur]

    Concer­nant le pro­jet, je suis par­ve­nue à créer un cata­logue recen­sant les réfé­rences Phi­lips et GCX mais étant don­né leur grande quan­ti­té, je ne suis pas par­ve­nue à le fina­li­ser. Lorsqu’il le sera, il sera sûre­ment très utile aux ingé­nieurs com­mer­ciaux qui pour­ront à leur tour le pré­sen­ter à leurs clients. 

    Cette année, j’ai pu ren­con­trer dif­fé­rents employés qui m’ont fait décou­vrir leur métier, et cela m’a fait réa­li­ser qu’il y en a une mul­ti­tude et que par la suite, je pour­rai chan­ger de voie. Mais pour le moment, j’ai encore beau­coup à apprendre en moni­to­rage et j’aimerais appro­fon­dir mes connais­sances à ce sujet. C’est pour cette rai­son qu’en octobre 2022 je conti­nue­rai ce métier dans cette moda­li­té, mais éga­le­ment en ven­ti­la­tion et per­fu­sion et ce, dans une autre entre­prise basée en Île-de-France.


    Annexes

    Annexe 1 : Feuille d’émargement
    Annexe 2 : Questionnaire de satisfaction

    Références bibliographiques

    [1]       Philips, « Our history,» [En ligne]. Disponible sur : https://www.philips.com/a-w/about/our-history.html. [Consulté en Juillet 2022].

    [2]       Philips, « A propos,» [En ligne]. Disponible sur : https://www.philips.fr/a-w/about.html. [Consulté en Juillet 2022].

    [3]       Wikipédia, « Philips Suresnes,» octobre 2011. [En ligne]. Disponible sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Usine_Philips_Suresnes_41-43_rue_de_Verdun.jpg?uselang=fr. [Consulté en Juillet 2022].

    [4]       Philips, Répartition géographique des ingénieurs d'application et commerciaux en France, 2021.

    [5]       Philips, IntelliVue Patient Monitoring solutions and basic measurements, 2021.

    [6]       Philips, « Supplies and accessories,» [En ligne]. Disponible sur : https://www.usa.philips.com/healthcare/solutions/supplies. [Consulté en Juillet 2022].

    [7]       Philips, « IntelliVue Centre d’information IntelliVue iX,» Mai 2020. [En ligne]. Disponible sur : https://www.philips.fr/healthcare/product/HCNOCTN171/intellivue-centre-dinformation-intellivueix-moniteur-patient-central. [Consulté en Juillet 2022].

    [8]       Philips, « Expression MR400,» Juin 2018. [En ligne]. Disponible sur : https://www.philips.fr/healthcare/product/HC866185/expression-mr400-moniteur-patient. [Consulté en Juillet 2022].

    [9]       Philips, « Avalon FM50,» Juillet 2019. [En ligne]. Disponible sur : https://www.philips.fr/healthcare/product/HC865071/avalon-fm50-moniteur-ftal. [Consulté en Juillet 2022].

    [10]       Philips, « EarlyVue VS30,» Mars 2020. [En ligne]. Disponible sur : https://www.philips.fr/healthcare/product/HC863359/earlyvue-vs30-moniteur-de-paramtres-vitaux. [Consulté en Juillet 2022].

    [11]       Philips, « MX40,» Juillet 2018. [En ligne]. Disponible sur : https://www.philips.fr/healthcare/product/HC865350/moniteur-patient-portatif-intellivue-mx40. [Consulté en Juillet 2022].

    [12]       Philips, Formation Monitorage, Avril, 2021.

    [13]       GCX, « Philips - GCX,» [En ligne]. Disponible sur : https://fr.gcx.com/solutions/medical-devices/philips. [Consulté en Juillet 2022].

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