IDS280 - Missions de l’ingénieur biomédical et projet sur l’acquisition d’une nouvelle GMAO
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Auteure

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- Estelle LAWSON : lawson.estelle5@gmail.com
Citation
A rappeler pour tout usage : Estelle LAWSON, « Missions de l’ingénieur biomédical et projet sur l’acquisition d’une nouvelle GMAO », Université de Technologie de Compiègne (France), Master Ingénierie de la Santé, Mémoire de Stage, https://travaux.master.utc.fr/, réf n° IDS280, juillet 2025, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids280/
Résumé
Le service biomédical de la Clinique Internationale du Parc Monceau joue un rôle essentiel dans la gestion et le bon fonctionnement des équipements de la clinique. Pendant mon stage, j’ai pu effectuer différentes missions administratives telles que la planification des maintenances préventives et le renouvellement des contrats de maintenance. J’ai également réalisé des interventions techniques se résumant à la maintenance curative de certains dispositifs médicaux.
De plus, j’ai pu contribuer à plusieurs projets, notamment l’acquisition d’une nouvelle GMAO (Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur) ainsi que le renouvellement des colonnes d’arthroscopie.
Ce rapport présente les différentes missions administratives et techniques que j’ai menées. Il présente également le projet sur l’acquisition d’une nouvelle GMAO : son contexte, ses enjeux, les méthodes utilisées et les résultats obtenus.
Cette expérience m’a permis d’approfondir mes connaissances sur les dispositifs médicaux et les applications cliniques associées, de développer des compétences en organisation, en technique, en gestion de projet et de mieux comprendre les besoins et attentes des professionnels de santé.
Abstract
The biomedical department at the Clinique Internationale du Parc Monceau plays an essential role in the management and the proper functioning of the equipment. During my internship, I was able to carry out various administrative tasks such as planning preventive maintenance and renewing maintenance contracts. I also carried out technical tasks involving the corrective maintenance of certain medical devices.
In addition, I was able to contribute to several projects, including the acquisition of a new CMMS (Computerised Maintenance Management System) and the renewal of the arthroscopy columns.
This report deals with the various administrative and technical tasks I have carried out. It also studies the acquisition of a new CMMS project : its context, the issues involved, the methods used, and the results obtained.
This experience has enabled me to improve my knowledge of medical devices and associated clinical applications, to develop organisational, technical and project management skills, and to gain a better understanding of the needs and expectations of healthcare professionals.
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Glossaire :
CAPEX : ce sont les financements utilisés par les entreprises pour sécuriser leurs biens physiques ou moderniser leur actif tel que l’achat de nouveaux équipements, correspondant aux dépenses d’investissement.
OPEX : ce sont les coûts récurrents d’un produit, d’un système ou d’une entreprise tels que les contrats de maintenance ou l’achat de consommables.
GMAO : c’ est un logiciel ou une interface web conçu pour centraliser les informations liées à la maintenance.
Maintenance curative : maintenance exécutée après détection d’une panne et destinée à remettre un bien dans un état dans lequel il peut accomplir une fonction requise.
Maintenance préventive : maintenance exécutée à des intervalles prédéterminés ou selon des critères prescrits et destinée à réduire la probabilité de défaillance ou la dégradation du fonctionnement d’un bien.
RSQM : c’est un système de support d’information, papier ou informatique, qui permet toutes actions prévues et réalisées sur un dispositif médical tout au long de son exploitation.
Mémoire Complet :
Missions de l'ingénieur biomédical et acquisition d'une nouvelle GMAO
Introduction
Selon l’OMS, on compte aujourd’hui environ 10 000 catégories de dispositifs médicaux, ce qui représente entre 90 000 et 1,5 million de produits différents. Cela montre la diversité des équipements médicaux existants dans les établissements de santé [1]. L’ingénieur biomédical combine les sciences de l’ingénieur et les sciences médicales. Il est responsable du parc des dispositifs médicaux se trouvant dans les établissements de santé, du petit appareillage tel que les pousse-seringues jusqu’aux équipements lourds/complexes comme les scanners ou les générateurs de dialyse. Il gère le cycle de vie de l’ensemble des équipements, de leur achat jusqu’à leur réforme en passant par leur installation puis leur entretien [2]. L’ingénieur biomédical est un métier en pleine expansion dans le secteur de la santé. En plus de gérer le parc de DM de l’établissement de santé, il est essentiel à l’harmonie des différents services médicaux. En effet, travaillant dans les établissements de santé, il est amené à dialoguer avec plusieurs interlocuteurs (médecins, infirmiers, fournisseurs, responsable achat, direction, …). Il adapte son discours en fonction des personnes qu’il rencontre. Enfin, il est acteur au sein des différents projets de l’établissement de santé tel que des projets de renouvellement de dispositifs médicaux, l’achat d’équipements lourds comme l’IRM ou encore des projets architecturaux comme l’extension d’un hôpital. Le métier d’ingénieur biomédical est très polyvalent et il met toutes ces compétences au service de l’innovation en santé. Dans ce rapport, je présenterai tout d’abord la clinique internationale du parc Monceau ainsi que son organisation et les différents services qui la composent. Ensuite, je détaillerai le rôle et les missions de l’ingénieur biomédical au sein de la clinique. Puis je présenterai les missions que j’ai réalisée et le projet auquel j’ai contribué. Enfin, après avoir explicité les améliorations que j’ai pu apporter à la clinique, je conclurai sur les expériences professionnelles et personnels que j’ai acquises durant ce stage.
I. Présentation de la clinique et de son environnement
1) La clinique au sein du groupe Almaviva Santé
Créée en 1970, la Clinique Internationale du Parc Monceau (CIPM) est une clinique privée située dans le 17ème arrondissement de Paris. Depuis 2019, elle fait partie du groupe de santé privé Almaviva Santé. Ce groupe se compose de 44 autres établissements de santé se répartissant dans l’Ile-de-France, la région Sud, la Corse, la Guadeloupe ou encore le Canada. Grâce à son réseau d’établissements privés, Almaviva se distingue en offrant des soins médicaux et chirurgicaux diversifiés. En effet, elle se classe en 4ème place des groupes privés en santé en France [3]. Cette diversité permet de développer également une complémentarité médicale, technique et administrative améliorant ainsi la qualité et la sécurité des soins et la prise en charge des patients (Figure 1).
Figure 1 : Schéma des caractéristiques du groupe Almaviva Santé (source : auteur) [4]

Appartenant au groupe Almaviva, la clinique Monceau s’aligne sur les mêmes valeurs en offrant un confort et une sécurité pour les patients permettant une prise en charge optimale. Récemment, elle a obtenu la certification HAS avec la mention « Qualité des soins confirmée » justifiant de l’engagement qu’elle offre dans la qualité et la sécurité des soins aux patients [5]. Elle dispose d’une activité pluridisciplinaire incluant, un bloc opératoire, un plateau technique, un service de dialyse, un service d’autodialyse et d’écho-doppler, un service d’hospitalisation, une unité de surveillance continue et un service ambulatoire (Figure 2). La clinique possède 126 lits, 9 salles d’intervention et est en partenariat avec 200 praticiens libéraux [3].
Figure 2 : Les services au sein de la CIPM (source : auteur)[3]

2) Organisation de la clinique du parc Monceau
La clinique dispose de nombreux services permettant l’hospitalisation, la surveillance continue ainsi que l’ambulatoire des patients. Les services s’organisent selon la disposition suivante : Au rez-de-chaussée, on retrouve l’accueil, les admissions, les consultations, les soins nonprogrammés et les urgences mains. Au 1er étage se trouve le service de dialyse avec 24 postes et au 2ème l’unité d’auto-dialyse constituée de 12 postes accompagnant les personnes souffrant d’insuffisance rénale. Au 3ème et au 4ème étage, il y a l’hôpital de jour ainsi que les patients en chirurgie qui sont hospitalisés. Ensuite, au 5ème étage se développe le service ambulatoire permettant aux patients d’être opérés et d’effectuer leur sortie le jour même. Au sous-sol, on retrouve le bloc opératoire qui se compose de 9 salles d’intervention, dont une salle de radiologie interventionnelle permettant une activité de chirurgie digestive, orthopédique, gynécologique, plastique et reconstructrice…. Accolées aux salles d’opération, on distingue le SPAC et la SSPI et pour une surveillance complète du parcours patient. Ensuite, il y a la stérilisation qui stérilise les équipements utiles pour les interventions chirurgicales et la pharmacie qui fournit les médicaments et les consommables nécessaires au bon fonctionnement des activités médicales de la clinique. Enfin, on retrouve le service biomédical et le service technique (Figure 3).
Figure 3 : L’organisation architecturale de la clinique (source : auteur)

En face de la clinique, il existe un autre bâtiment appelé le CEMEX qui reçoit les patients en consultation, et il y a également l’institut Cœur Paris centre pour les personnes présentant des troubles cardiovasculaires. Cependant, l’ICPC est un centre indépendant de la clinique, il s’agit juste d’un étage loué par cet institut dans les locaux de la clinique.
L’ingénieur biomédical doit connaitre l’architecture de l’établissement ainsi que la localisation de tous les dispositifs médicaux pour une gestion efficace de son parc.
3) Le service biomédical au sein de la clinique du parc Monceau
Pour répondre aux besoins des différents services qui constituent la clinique, le service biomédical est très sollicité. Son bureau ainsi que son atelier sont situés au sous-sol (-2) de la clinique et il dispose d’un espace de stockage pour y mettre les équipements non utilisés mais toujours fonctionnels et réformés à l’étage d’en dessous (Figure 4). Le service biomédical est composé d’un ingénieur biomédical et d’un technicien itinérant récemment embauché. L’ingénieur est présent une fois par semaine à la CIPM, car il est responsable de plusieurs cliniques du groupe Almaviva santé se situant dans la région d’Ile-deFrance Nord : clinique Turin, clinique de l’Alma, CIPM, clinique Floréal… Tout comme lui, le technicien est présent également une seule fois par semaine. Pour assurer le rôle permanent à la clinique, des stagiaires sont régulièrement employés afin d’assurer les projets et la disponibilité des dispositifs médicaux. Son rôle à la CIPM est double : technique et administratif. Par ailleurs, il a la responsabilité d’environ 800 dispositifs médicaux au sein de la clinique.
Figure 4 : L’atelier du service biomédical (source : auteur)

a) Rôle technique
L’ingénieur biomédical est un atout dans les établissements de santé. Grâce à ses compétences techniques, il peut intervenir rapidement pour diagnostiquer des pannes sur les équipements et les réparer. Cette intervention permet d’éviter l’immobilisation du dispositif et de garantir la continuité des soins. L’utilisation du matériel est alors optimisée et les coûts liés aux réparations externes ou à des remplacements anticipés sont limités.
Par ailleurs, il supervise un technicien qui intervient sur les pannes lorsque celui-ci est présent à la clinique.
En plus de ces compétences techniques, il assure également un rôle administratif permettant une gestion efficace du parc de DM.
b) Rôle administratif
La partie administrative est un devoir pour l’ingénieur biomédical. Imposé par la réglementation et plus particulièrement par la norme NFS99-171, il a obligation de tracer toutes les procédures liées au DM dans le registre de sécurité et qualité de maintenance (RSQM) [6], mais également de dresser un tableau de suivi des achats.
La partie administrative se résume pour l’ingénieur biomédical à réaliser des bons de commande, demander des devis auprès des fournisseurs, gérer les factures après l’achat d’un produit et mettre à jour un tableau de suivi des achats. Mais également à enregistrer les rapports d’intervention des maintenances curatives et préventives dans le RSQM et à mettre à jour la GMAO.
Ces différentes parties seront détaillées dans les missions quotidiennes que j’ai effectuées.
II. Présentation et analyse des missions réalisées
Comme évoqué précédemment, ma tutrice, Mme ROKIA, est responsable de plusieurs cliniques du groupe Almaviva santé sur le territoire d’Ile-de-France nord. De ce fait, elle est en déplacement permanent entre ces cliniques. Elle est présente à la CIPM un jour par semaine. Les autres jours, je suis la seule personne représentant le service biomédical et donc en charge de la gestion des équipements de la clinique. C’est-à-dire le suivi et la traçabilité des équipements et la gestion des pannes, la mise à jour de la GMAO et des contrats de maintenance. J’ai pour responsabilité les missions quotidiennes d’un ingénieur biomédical que je vais détailler par la suite.
1) Missions administratives
La partie administrative est obligatoire pour renseigner et suivre le cycle de vie du DM, de l’acquisition à sa réforme. L’ingénieur biomédical dispose de différents logiciels lui permettant de l’aider dans le suivi des différentes tâches qu’il réalise au cours de ses interventions.
a) La GMAO
La clinique possède un logiciel de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) nommé BlueMedi. Tout au long de mon stage, je mettais à jour cette GMAO.
Elle permet d’une part de recenser tous les DM de la clinique grâce à l’inventaire. Je le consulte régulièrement pour trouver le numéro interne de l’équipement appelé « numéro bio » à l’aide du numéro de série de l’appareil (Figure 5). En effet, lorsqu’un appareil est acquis par la clinique, un numéro unique en interne lui est attribué, permettant ainsi son identification. L’inventaire me permet également d’obtenir les caractéristiques de l’appareil telles que l’année de mise en service, le service d’affectation, la marque, le modèle, son prix ou encore les coordonnées du service après-vente (SAV) ou du fournisseur.
Figure 5 : L’interface de la GMAO présentant l’inventaire (source : auteur)

D’autre part, la GMAO permet également de répondre aux demandes du personnel médical et de suivre les interventions en cours. En effet, les services médicaux ont un accès restreint à la GMAO leur permettant de créer des tickets mentionnant leur besoin ou un problème lié à un équipement. Dès qu’une demande est formalisée dans la GMAO, une notification rouge apparaît sur le traitement qui informe que la demande n’a pas été prise en charge. Lorsque je prends en charge le traitement, je change l’état de la demande afin d’en informer les personnes concernées. Il existe un code couleur pour repérer plus facilement l’état d’avancement du traitement (Figure 6).
Figure 6 : L’interface de la GMAO présentant le suivi des demandes d’interventions (source : auteur)

Cependant, pour les interventions urgentes, je suis contactée directement par téléphone. Dans les deux situations, un traitement est ouvert. Il est soit directement lié aux tickets formalisés, soit il est créé par le service biomédical. Toutes les tâches effectuées sur le matériel sont renseignées, de sa prise en charge jusqu’à sa clôture. Par exemple, la figure 7 représente le détail de l’intervention qui a été menée en interne sur une source de lumière froide.
Figure 7 : L’interface de la GMAO présentant un exemple d’intervention interne (source : auteur)

Si l’intervention a été traitée en externe, des informations comme le devis, le rapport d’intervention et la facturation seront mentionnées dans le traitement de l’appareil. Par exemple, la maintenance curative d’une table d’opération représentée sur la figure 8, après intervention du technicien. Pour cela, je renseigne le coût de la réparation, le prix de la facture et j’enregistre le rapport d’intervention ainsi que le devis signé pour solder le traitement.
Figure 8 : L’interface de la GMAO présentant un exemple d’intervention externe (source : auteur)

Enfin, la GMAO permet de renseigner les dates des dernières et prochaines maintenances préventives à réaliser. Tout comme les traitements, une notification rouge est présente lorsque la prochaine maintenance préventive n’a pas été effectuée. A chaque fois qu’une maintenance est terminée, je change la date de la dernière maintenance et la date de la prochaine maintenance s’affiche automatiquement (Figure 9).
Figure 9 : L’interface de la GMAO présentant un exemple d’intervention externe (source : auteur)

Ce logiciel est un véritable outil dans la gestion du parc d’équipements. Il est primordial qu’il soit mis à jour régulièrement afin de permettre une traçabilité de la vie des équipements, une gestion optimale du parc et une gestion du budget.
Cependant, la GMAO de la clinique n’est pas optimale. Elle ne permet pas de gérer le stock des pièces et des consommables, et de plus, elle n’est pas mise à jour pour certains équipements. Par conséquent, un projet concernant l’acquisition d’une nouvelle GMAO est en cours dans la clinique. Cette application sera détaillée dans la partie III.
L’ingénieur biomédical est régi par la réglementation et des bonnes pratiques qui lui imposent la traçabilité des équipements permettant de suivre leur cycle de vie.
b) Le registre de sécurité qualité et maintenance (RSQM)
Le service biomédical dispose d’un registre de sécurité qualité et maintenance (RSQM) dématérialisé, pour tracer les événements au cours de la vie de l’équipement. Ce RSQM est relié indirectement à la GMAO par le numéro interne de l’équipement appelé « numéro bio ». Dans le RSQM, on y retrouve tous les équipements de la clinique et également ceux réformés.
Lorsqu’un appareil a subi une maintenance préventive ou curative par un technicien agréé, un rapport d’intervention est établi, précisant la conformité du bon fonctionnement de l’équipement. Après avoir identifié le bon DM dans le RSQM, j’enregistre les rapports dans le dossier de l’équipement. Cela me permet alors d’évaluer le nombre d’interventions que l’appareil a subi et d’être informé sur son cycle de vie.
Sur la figure 10, on peut observer un rapport d’intervention résultant de la maintenance curative d’une table d’opération et de ses accessoires par le prestataire DMS. Ce rapport détaille les opérations qui ont été menées sur l’équipement.
Figure 10 : Exemple d’un rapport d’intervention (source : DMS)

c) L’achat et les factures
En plus de mettre à jour le logiciel, je dois également gérer le stock biomédical et répondre aux besoins des personnels soignants. Cela passe par l’achat des différentes pièces ou d’équipements tout en respectant le budget. Afin d’élaborer une traçabilité des équipements, un tableau de suivi des achats est rempli à chaque commande passée (Figure 11). De même, les devis et les bons de livraison sont enregistrés dans la base de données.
Figure 11 : Tableau de suivi des achats (source : auteur)

On peut distinguer deux catégories de budget : le CAPEX et l’OPEX. Le CAPEX correspond à un investissement du matériel (achats de moteurs orthopédiques, achat d’une IRM). L’OPEX correspond à toutes les charges, c’est-à-dire les contrats de maintenance, les devis des déplacements des techniciens pour des opérations curatives et l’achat de pièces (batteries, brassards, coussins de tables opératoires).
A la clinique, l’achat des pièces et des équipements se fait en réalisant des bons de commande. Je réalise les bons de commande grâce à un modèle vierge sur Excel (Figure 12). Les prix sont demandés en amont au SAV. La clinique est en relation avec une centrale d’achat : Helpévia. Cette centrale est en partenariat avec de nombreux fournisseurs, ce qui permet à la clinique de bénéficier de tarifs avantageux. Ce groupement d’achat représente 10% du potentiel d’achat du secteur hospitalier public et privé en France. De plus, elle possède la certification AFAQ ISO 9001 et veille à la satisfaction client et à la gestion de son système de qualité [7].
Figure 12 : Bon de commande (source : auteur)

Une fois la commande reçue, les fournisseurs envoient leurs factures au service de comptabilité. Afin de déclencher le paiement des commandes, le service biomédical valide les factures. Cette validation se fait grâce à une application nommée Yooz. Je vais régulièrement sur cette application pour valider les factures. Par exemple, sur l’image ci-dessous, on peut apercevoir une facture pour l’achat de batteries d’une table d’opération venant du fournisseur GETINGE (Figure 13).
Figure 13 : Logiciel de gestion de facture YOOZ (source : auteur)

Afin de faciliter la gestion du budget, j’ai réalisé un tableau permettant de prioriser les achats (Figure 14). Les 3 « +++ » désignent un achat prioritaire, tandis qu’un seul « + » signifie que l’achat n’est pas primordial pour le moment. Ce tableau me permet, lors de réunions avec la direction de l’informer sur l’urgence du besoin. En effet, c’est la direction qui valide et signe les devis. Lors des réunions, je lui communique le tableau et m’appuie sur celui-ci pour justifier et négocier certains achats.
Figure 14 : Tableau de priorisation des achats (source : auteur)

Pour demander un devis, gérer les contrats ou programmer des maintenances curatives et/ou préventives, l’ingénieur est en permanence en contact avec les fournisseurs.
d) Le planning des maintenances préventives
Depuis, 2001 les exploitants ont l’obligation de maintenir leur appareil [8]. A la clinique monceau, les maintenances préventives sont réalisées par une entreprise de tierce maintenance, Biomesnil et par des fournisseurs eux-mêmes. Ces maintenances sont effectuées au mois d’août à la période de fermeture du bloc opératoire. En effet, les appareils pourront facilement être mis à disposition pour que les techniciens viennent faire les maintenances préventives. Je suis chargée d’effectuer le planning de maintenance préventive, c’est-à-dire contacter les fournisseurs et de fixer les dates d’intervention des techniciens. Ci-dessous est représenté le planning pour les maintenances d’août 2025 (Figure 15). Ce planning est ensuite communiqué à l’ensemble du personnel de la clinique afin que les responsables de service puissent s’organiser et mettre à disposition le matériel nécessaire pour les techniciens.
Figure 15 : Planning des maintenances préventives (source : auteur)

2) Missions techniques
Comme évoqué dans le point I. 3), l’ingénieur gère le parc de DM tout en assurant la réparation de pannes sur les équipements. En effet, avec un technicien itinérant venant uniquement le mardi à la CIPM, il est primordial que l’ingénieur garantisse la sécurité et la disponibilité des dispositifs médicaux.
Dans cette partie, je vais détailler certaines missions techniques que j’ai pu réaliser durant mon stage. La première question que je me pose lorsque je suis amenée à intervenir sur un équipement est :
- Quel est le dysfonctionnement de l’appareil ?
Pour cela, j’ai élaboré un logigramme me donnant une méthode sur les possibilités qui s’offrent à moi afin d’intervenir rapidement et efficacement.
a) Logigramme de prise de décisions
Lorsqu’un appareil est en panne, il est primordial que celui-ci soit pris en charge rapidement afin de le remettre en service. Le logigramme ci-dessous montre un processus d’actions que j’applique pour tout dispositif en panne (Figure 16). Fréquemment, pour diagnostiquer la panne, je contacte le support technique qui peut me donner des conseils à distance pour solutionner la situation. Je consulte également la documentation technique du fabricant afin de trouver la cause du problème. La réparation se fait en interne.
Si je ne peux pas réparer la panne, la réparation se fait en externe. C’est-à-dire que c’est un technicien agréé qui vient sur site pour réparer l’équipement volumineux ou il reçoit l’équipement directement dans son atelier pour le remettre en état. Dans le deuxième cas, une demande d’équipement de prêt peut être réclamée. Par conséquent, la continuité de l’activité médicale est assurée. Si un prêt n’est pas possible, je regarde si la panne crée une situation bloquante pour le personnel soignant. Si ce n’est pas le cas, alors la réparation se fait sur site par le technicien. Si la situation est bloquante, il faut trouver une solution afin de régler la problématique. Pour régler cette situation, des prêts d’urgence peuvent être effectués entre cliniques du groupe Almaviva.
Figure 16 : Logigramme de prise de décisions lors d’une réparation d’un équipement (source : auteur)

Durant mon stage, je dois répondre à la demande des services médicaux et assurer la disponibilité des équipements. Ce logigramme m’aide à prendre la meilleure décision pour assurer la sécurité des dispositifs médicaux. Dans la suite de ce rapport, je vais présenter des exemples d’intervention interne et un exemple d’intervention externe auquel j’ai pu être confronté.
b) Exemple d’intervention interne
Durant mon stage, j’ai eu à réaliser plusieurs interventions en interne diverses et variées. Les appareils qui tombent le plus fréquemment en panne se situent au bloc opératoire. En effet, la moitié des dispositifs médicaux de la clinique se situent au bloc opératoire, comme représenté sur le graphique ci-dessous (Figure 17). Afin de respecter les normes d’hygiène au bloc, je réalise les interventions lorsque le patient n’est pas présent en salle ou je réalise les interventions en dehors du bloc. L’ingénieur biomédical a accès au planning des opérations grâce au logiciel Web100T, lui indiquant les horaires d’accès des salles (Annexe 1).
Figure 17 : Répartition de la localisation des équipements de la clinique (source : auteur)

- Réparation d’une pédale bipolaire d’un bistouri électrique :
Lors des opérations, les chirurgiens sont souvent amenés à utiliser des bistouris électriques. Cet appareil permet de sectionner ou de coaguler les tissus grâce à l’envoi d’un courant électrique à haute fréquence qui échauffe les tissus. Il existe 2 modes, le mode monopolaire utilisé pour la section et la coagulation et le mode bipolaire utilisé pour la coagulation. Le chirurgien contrôle les modes en utilisant des pédales [9].
Figure 18 : Bistouri électrique (source : auteur)

Les bistouris sont des appareils qui sont souvent tombés en panne lors de mon stage (Figure 18).
J’effectue le diagnostic de la panne. Je commence par effectuer un contrôle visuel de l’état général du bistouri électrique (présence de chocs, câble défectueux…). Ensuite, j’allume l’appareil pour contrôler les voyants et l’affichage. Puis je connecte le câble pour plaque à la plaque neutre. Enfin, je teste le bon fonctionnement des accessoires et des pédales lorsque je les actionne.
La cause de la panne est souvent la même : un faux contact entre la pédale et l’appareil.
Pour cela, je démonte la pédale et regarde l’état et l’emplacement des câbles électriques. Fréquemment, ces câbles électriques sont mal positionnés et génèrent un faux contact, ce qui empêche la transmission du signal entre la pédale et le dispositif (Figure 19).
Une fois le bistouri électrique vérifié, je peux le remettre en service.
Figure 19 : Pédales monopolaire et bipolaire (de gauche à droite) (source : auteur)

- Réparation d’un appui-bras :
Pendant mon stage, j’ai souvent été confrontée à plusieurs casses au niveau des tables d’opérations et de ses accessoires au bloc opératoire. Sur la figure 20 est représenté un appui-bras permettant de supporter le bras du patient pendant une opération chirurgicale. Le mécanisme pour bloquer l’appui-bras était cassé. J’ai alors procédé à l’achat de cette pièce pour la remplacer. A la réception, j’effectue le remplacement de la pièce. Ensuite, je teste cet appui-bras sur une table d’opération au bloc pour vérifier son bon fonctionnement.
Figure 20 : Appui-bras cassé à gauche puis réparé à droite (source : auteur)

- Changement d’une télécommande d’un fauteuil de dialyse :
L’unité de dialyse et d’autodialyse, fait partie des activités principales de la clinique. Les patients venant 3 fois 4h par semaine ont besoin d’une qualité des soins et d’un confort optimal. De ce fait, la position du fauteuil est très importante afin de leur procurer des soins de manière confortable.
Pendant une séance, l’une des touches de la télécommande permettant de redresser et d’abaisser le dossier du fauteuil ne fonctionnait plus. Le responsable de dialyse m’a directement contacté par téléphone et a réalisé également une demande d’intervention sur la BlueMedi.
J’ai fait un premier diagnostic pour analyser la situation, qui nécessitait l’achat d’une nouvelle télécommande. Après réception de celle-ci, une fois le fauteuil libre, j’ai pu procéder au changement de télécommande directement dans l’unité d’autodialyse. Ce changement n’est pas simple, car l’accès aux connectiques de la télécommande se trouve sous l’assise du fauteuil. Cette manipulation est d’autant plus délicate, car elle nécessite de la discrétion pour ne pas perturber les autres patients qui dorment pendant leur traitement (Figure 21). Après la pose de la télécommande, je vérifie que toutes les touches sont fonctionnelles.
Figure 21 : Fauteuil de soins pour dialyse (source : Socommed)

Toutes ces interventions sont tracées dans la GMAO. Ces interventions sont des pannes qui ne nécessitent pas la venue d’un technicien pour les réparer. De ce fait, les dispositifs peuvent être mis à disposition rapidement et de manière fonctionnelle.
Des fiches d’aide sont également mises à disposition sur le serveur biomédical pour guider à la réparation d’équipements biomédicaux. J’élabore également des fiches et je les mets à jour, comme la fiche sur la procédure de la calibration des thermomètres ou la procédure de remise en marche du Kardex (Annexe 2 et 3).
Ces exemples montrent que le service biomédical assure le premier niveau de diagnostic des pannes. Par conséquent, si nous ne pouvons pas intervenir sur la panne, nous pouvons donner des détails aux techniciens afin de leur décrire précisément la panne, pour qu’ils réalisent une intervention rapide et efficace.
c) Exemple d’intervention externe
Les journées de l’ingénieur biomédical sont rythmées par les appels téléphoniques et les t ickets de demandes d’intervention des services médicaux, en particulier ceux provenant du bloc opératoire.
J’ai été confronté à plusieurs interventions en urgence au bloc opératoire, dont je vais détailler l’une d’entre elles. Il s’agit d’une intervention sur l’une des tables opératoires de chez Getinge.
Les salles de bloc opératoire sont toutes équipées de tables d’opération nécessaires à la réalisation d’actes chirurgicaux sur les patients. Ces tables doivent être motorisées afin que le chirurgien choisisse le meilleur angle pour opérer convenablement le patient. De ce fait, une télécommande est reliée à la table et permet de sélectionner les positions voulues. De plus, elle possède des commandes de secours qui sont directement intégrées au niveau du socle de la table permettant de prendre le relais en cas de panne de la télécommande (Figure 22). Cette table fonctionne sur batterie et est rechargeable en la branchant sur secteur.
Figure 22 : Télécommande et commandes de secours (de gauche à droite) (source : auteur)

Durant une opération, la table qui était déjà endommagée s’est bloquée. Elle ne répondait plus aux stimuli de la télécommande. Cependant, une patiente se trouvait sur la table d’opération au même moment, dans une position inconfortable (Figure 23).
Figure 23 : Télécommande et commandes de secours (de gauche à droite) (source : auteur)

Je me dois d’être réactif dans cette situation. J’ai contacté le support technique, lui ai décrit la situation d’urgence dans laquelle j’étais et le technicien de chez Getinge m’a aidé à distance. Entre-temps, le personnel soignant a pris le soin de déplacer la patiente sur un fauteuil ambulatoire. Grâce aux conseils précieux du technicien, j’ai pu débloquer la table pour qu’elle puisse refonctionner. En effet, une manipulation spéciale était requise afin de faire fonctionner les commandes de secours (appuie sur le bouton ON et une touche de la commande de secours simultanément).
Cette situation d’urgence n’était pas simple à réaliser. En effet, l’environnement du bloc opératoire qui est en mouvement permanent et la panique du personnel soignant n’aide pas à prendre des décisions claires et réfléchies. A ce moment, j’ai gardé mon calme et appliqué mon logigramme pour prendre la meilleure décision possible.
Cependant le problème était plus profond. En réalité, les capots en inox de la colonne étaient très abîmés ce qui a engendré cette situation (Figure 24). Pour que celle-ci ne se reproduise pas, une intervention d’un technicien était obligatoire. Alors j’ai mis à l’écart la table en attendant une intervention du technicien.
Cette table a été mise en service en 2016, on pourrait croire que c’est l’usure habituelle des tables d’opération. Cependant, d’après le technicien, ces tables sont très solides et peuvent être gardé jusqu’à plus de 30 ans. En discutant et en interrogeant le personnel du bloc, j’ai pu savoir que les tables étaient endommagées à cause du matériel entreposé sous la table, notamment à cause de l’amplificateur de brillance mobile. Lorsque le chirurgien appuie sur le bouton de la télécommande permettant la descente de la table, les capots se détériorent. De plus, avec une utilisation répétée avec des capots abîmés, ceci aggrave la situation.
Figure 24 : Table d’opération avec les capots détériorés (source : auteur)

Après que la situation se soit apaisée, je renseigne le traitement effectué sur la table dans la GMAO. Ensuite, j’ai programmé les interventions du technicien en accord avec la cadre de bloc. D’abord, une intervention provisoire pour qu’il constate les dégâts du dispositif et redresse les capots, le temps d’en acheter des nouveaux. Malheureusement, les chirurgiens étaient très limités dans les mouvements de la table et ont décidé de ne pas en faire usage.
Dans le même moment, des accessoires de la table, appui-bras et jambières sont tombés en panne. Leurs manipulations étaient très difficiles et n’exerçaient plus leur fonction de support de jambe ou de bras. J’en ai profité pour tenir informé le technicien afin qu’il vienne non seulement pour réparer la table, mais aussi pour réparer les accessoires.
Ensuite, j’ai procédé à l’achat des capots. Après leur réception, j’ai planifié une autre intervention pour procéder à la réparation finale de la table et des accessoires (Figure 25).
Figure 25 : Photos de l’intervention du technicien sur la table d’opération (source : auteur)

Une fois l’intervention terminée, j’informe la cadre de bloc que la table est réparée et j’envoie un mail afin de transmettre un message au personnel du bloc pour que la situation ne se reproduise plus. En même temps, une affiche sera collée sous la table afin d’informer sur le coût que représente cette casse et de prévenir les situations problématiques (figure 26).
Figure 26 : Photos de l’intervention du technicien sur la table d’opération (source : auteur)

On peut également constater le nombre d’interventions sur les tables opératoires et les accessoires (jambières, appui-bras) à travers les années grâce à la traçabilité des traitements dans la GMAO (Figure 27). On s’aperçoit que le nombre d’interventions moyen est de 5 par an. Je pense que ce nombre est supérieur, si on tient compte des oublis de traçabilité dans la GMAO. Ce chiffre indique qu’il y a un manque d’entretien des tables par le personnel du bloc. Une formation de remise à jour sur l’utilisation et l’entretien des tables et des accessoires serait une solution afin de prévenir ces situations.
Figure 27 :Graphique présentant le nombre d’interventions curatives sur les tables et accessoires de table opératoire en fonction des années (source : auteur)

En résumé, de nombreuses interventions en interne peuvent être réalisées comme représenté sur la figure 28. Ceci permet non seulement une disponibilité des équipements, mais également une réduction des coûts de main-d’œuvre et de déplacement des techniciens. La prochaine étape pour limiter davantage les coûts liés aux réparations externes serait de mettre en place des formations pour le service biomédical pour faciliter le diagnostic de niveau 1 et la prise de décision pour la réparation des équipements.
De même, il serait judicieux d’obtenir des appareils de mesure pour effectuer des vérifications sur certains appareils qui tombent en panne, tels que les bistouris électriques ou les moniteurs multiparamétriques. L’acquisition de ces appareils nécessitera des formations pour le service biomédical. Par conséquent, le service biomédical pourra prendre en charge le contrôle qualité de ces équipements et assurer leur sécurité et leur disponibilité.
Figure 28 : Graphique représentant la répartition des interventions interne et externe (source : auteur)

Tout en réalisant ces différentes missions, je devais assurer la réalisation des projets de la clinique. Plusieurs projets sont en cours, dont l’acquisition et l’installation d’une IRM, le renouvellement des colonnes d’arthroscopie et du parc moteurs d’orthopédie ou encore l’acquisition d’une nouvelle GMAO.
J’ai décidé de me focaliser sur la présentation d’un seul projet auquel j’ai contribué, celui sur l’acquisition d’une nouvelle GMAO.
III. Présentation et analyse du projet : acquisition d’une nouvelle GMAO
1) Qu'est-ce qu'une GMAO ?
La Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur ou encore GMAO est un logiciel ou une interface web conçu pour centraliser les informations liées à la maintenance. Elle permet de gérer efficacement les activités opérationnelles et organisationnelles d’un établissement ou d’un service [10]. Ce logiciel est utilisé par différents secteurs de métiers : l’industrie, l’armée, les établissements de santé, l’immobilier. Il permet d’assister l’utilisateur sur des missions de maintenance.
En établissement de santé, et plus particulièrement dans le service biomédical, la GMAO est un outil indispensable pour garantir une gestion efficace de la maintenance pour assurer une conformité et une sécurité des dispositifs médicaux. Ce logiciel possède différents types d’option favorisant la gestion des maintenances préventives et curatives, la planification et le suivi des missions quotidiennes, la gestion du budget, mais aussi l’accès à l’historique du cycle de vie des équipements.
La figure ci-dessous représente les avantages que peut avoir une GMAO dans les établissements de santé.

Afin de mettre en place une GMAO pour les cliniques du groupe Almaviva d’Ile-de-France nord, il est nécessaire d’élaborer une méthode structurée. Cette méthode a pour but de faire adhérer le projet à la direction et de déployer une GMAO correspondant aux besoins de l’ingénieur biomédical responsable des cliniques.
2) La GMAO actuelle
L’ingénieur biomédical est responsable de toutes les cliniques du groupe Almaviva santé se situant en Ile-de-France Nord dont la CIPM. Cependant, les cliniques n’ont soit pas de GMAO, soit une GMAO différente de celle de la CIPM, ce qui rend difficile la gestion des équipements dans chaque clinique pour l’ingénieur biomédical.
La CIPM possède une GMAO nommée Bluemedi datant de 2017. Les caractéristiques de cette GMAO sont présentées dans les missions réalisées II.1) a).
Cette GMAO n’est pas optimale, car elle ne permet pas de gérer le stock de pièces détachées et de consommables et ni la gestion de budget sur ces éléments. De plus, certains éléments ne sont pas mis à jour et les options qu’elle offre ne sont pas suffisantes pour une gestion optimale du parc de DM tel que l’exploitation d’indicateurs. En effet, il impossible d’extraire des données par exemple, sur le taux de casse au bloc opératoire par année. Ces statistiques permettraient de mieux gérer le budget dépensé et de mettre en place des solutions durables pour sensibiliser le personnel soignant sur l’entretien et les bonnes pratiques concernant l’utilisation du matériel.
Par ailleurs, l’évolution des technologies biomédicales ne cesse de progresser. Il en est de même pour les logiciels de GMAO incluant l’intelligence artificielle. Cela permettra à la clinique de bénéficier des dernières mises à jour et d’être à la pointe de la technologie. Ces mises à jour sont essentielles pour également bénéficier d’une sécurité des données et empêcher tout piratage.
Le tableau 1 ci-dessous résume les avantages et inconvénients de la GMAO actuelle.
Tableau 1 : Avantages et inconvénients de la GMAO actuelle (source : auteur)
| Avantages | Inconvénients |
| - Facile d’utilisationInterface web : augmentation de l’espace de stockage - Filtres avancés : recherche simplifiée | - Actions répétitives - Pas de gestion des stocks des pièces - Interface lent- Pas de centralisation de données - Interopérabilité - Sécurité : 1 mot de passe pour tous les utilisateurs -Notification de l’état d’urgence de la demande - Statistiques et indicateurs de performance - Impossible d’attribuer et désigner des personnes responsables des interventions - Pas de logiciel d’aide, hotline |
En résumant les avantages et inconvénients de cette GMAO, on se rend compte que le logiciel ne répond pas réellement au besoin de l’ingénieur.
La question qui se pose est la suivante : Comment choisir une GMAO permettant d’optimiser le suivi des équipements biomédicaux et des stocks, tout en respectant les contraintes budgétaires ?
3) Les enjeux du projet
L’acquisition d’une nouvelle GMAO représente un enjeu stratégique pour le service biomédical, tant sur le plan opérationnel qu’organisationnel.
Un des principaux enjeux réside dans les réponses aux exigences réglementaires en termes de traçabilité des interventions. En effet, une GMAO performante permet de disposer d’un inventaire centralisé, accessible et à jour regroupant l’ensemble des données liées aux dispositifs médicaux.
Ensuite, sur le plan opérationnel, en automatisant la planification des maintenances, la gestion des interventions et le suivi des stocks, la GMAO contribue à une organisation plus fluide et efficace. Cela permet d’optimiser la disponibilité des équipements et d’améliorer la qualité du service biomédical.
Par ailleurs, la GMAO constitue un outil d’aide au service biomédical pour piloter ses activités. En effet, grâce à l’exploitation d’indicateurs fiables (taux de disponibilité, fréquence des pannes ou casses, coûts, délais d’intervention…), l’ingénieur biomédical peut orienter ses décisions concernant le renouvellement des équipements, les investissements à prévoir ou encore sur l’amélioration des pratiques d’utilisation et de maintenance.
Enfin, l’enjeu est également économique. Une GMAO efficace, permet une meilleure maitrise des coûts en améliorant la gestion des achats, un suivi des contrats de maintenance et en identifiant les sources d’économies potentielles.
4) Les objectifs du projet
L’objectif de ce projet est d’acquérir une GMAO permettant la gestion efficace du parc de dispositifs médicaux réparti sur plusieurs sites. Ce logiciel doit permettre la centralisation des données, afin de faciliter l’organisation des équipements et du stock de pièces détachées par l’ingénieur biomédical référent.
Cette centralisation vise à améliorer la visibilité, la traçabilité et la réactivité dans la gestion du parc de DM. Cette solution devra répondre aux besoins de la clinique tout en respectant les contraintes budgétaires, garantissant un bon compromis entre performance, évolutivité et maitrise des coûts.
5) Moyens et méthodes mis en œuvre
La première étape pour réaliser ce projet est de définir les besoins de la clinique. Pour cela la méthode du QQOQCP est utile pour délimiter et structurer le projet.
Figure 29 : Schéma utilisant la méthode QQOQCP pour structurer et délimiter le projet (source : auteur)

Cette méthode aide à élaborer un diagramme de Gannt qu’il faudra respecter pour mener à bien ce projet (Figure 30). Toutefois, ce planning est prévisionnel et peut être modifié par des contraintes organisationnelles.
Figure 30 : Diagramme de Gantt du projet GMAO (source : auteur)

a) Le sourcing
Le sourcing consiste à identifier, évaluer et choisir un potentiel fournisseur partenaire de l’entreprise [11]. C’est une étape importante dans la sélection de la nouvelle GMAO pour répondre parfaitement aux besoins du service biomédical.
Après avoir défini les besoins, il faut rechercher des fournisseurs de GMAO. Pour cette recherche, plusieurs possibilités ont été utilisées :
- Recherches sur Internet
- S’appuyer sur nos connaissances
- S’appuyer sur les GMAO déjà mis en place dans les autres établissements de santé
- Le site de l’AFIB
- Recommandations du groupe Almaviva santé
Ces recherches ont permis de cibler 5 GMAO potentiels dont l’une d’entre elles qui est en fin de support : AssetPlus. Elle a donc été éliminée directement. Ce qui fait 4 GMAO potentiels sélectionnées.
Pour mettre en concurrence ces 4 GMAO, des essais ont été programmés. Chaque fournisseur a été contacté pour nous réaliser une démonstration de leur GMAO.
b) Démonstrations et essais et GMAO
Après avoir trouvé les GMAO potentiels, il est essentiel de mettre en place des essais. Ce premier test de GMAO permet à l’ingénieur biomédical de se familiariser avec l’interface qui lui est présenté.
J’ai contribué à ce projet en programmant et en menant des réunions en visioconférence avec des fournisseurs et en participant aux démonstrations et aux essais des GMAO.
Les essais sont composés tout d’abord par une démonstration de la GMAO par les fournisseurs. Pendant cette étape, le fournisseur présente les fonctionnalités de base de sa GMAO. On observe alors la forme de l’interface : le design, l’ergonomie, la facilité de se repérer dans les icones etc. De notre côté, on exprime les besoins du service biomédical et le déroulement de notre projet.
Après ceci, commence la période d’essai qui dure environs 1 semaine et demi. Cette période est nécessaire pour appréhender le fonctionnement du logiciel et faire remonter les problématiques qui se posent lors de l’essai.
Enfin, une deuxième réunion est programmée pour faire un point sur les essais et discuter des offres commerciales.
Par conséquent, une analyse comparative des GMAO est réalisée pour mettre en concurrences les fournisseurs et définir le logiciel qui correspond le mieux aux critères du service biomédical.
c) L'analyse comparative
Afin de choisir une GMAO correspondant aux besoins du service biomédical, une analyse comparative est essentielle pour les différencier. Dans cette comparaison, nous avons écarté la GMAO Octopus car l’interface est un logiciel et non une interface web.
Ce qui amène à la comparaison entre 3 solutions de GMAO : Bobdesk, Dimomaint et Qb7 (Figure 31).
Figure 31 : Analyse comparative entre les différentes solutions de GMAO (source : auteur)

Après que cette comparaison a été faite, pour faire le choix de la GMAO, une note est attribuée à chaque GMAO en fonction des critères. Cette note est attribuée lorsque le critère correspond aux besoins de la clinique. Lorsque le critère correspond aux attentes du service biomédical, une note de 1 est attribuée à ce critère, dans le cas contraire une note de 0 lui est attribué. A la fin, le total des notes sera fait, ce qui nous permettra de faire un classement entre les GMAO afin d’y faire un choix. La GMAO qui obtiendra la note la plus élevée sera la solution qui sera choisie, car elle se rapprochera le mieux de nos besoins.
Cette notation binaire est facile à mettre en place et est facile pour la compréhension de tous.
Dans notre cas, c’est la GMAO Qb7 qui obtient la note plus élevée, donc qui se rapproche le plus de nos besoins. Cependant, en plus des critères techniques, il y a également le prix qui joue rôle essentiel dans le choix final de la GMAO. Le coût sera discuté avec le responsable d’achat et le fournisseur dans un second temps en vue d’une négociation.
6) Interface de gestion de stock de pièces détachées
Pour anticiper le changement de GMAO et de mieux gérer la gestion du stock, j’ai décidé de créer une interface interactive sur Excel VBA. Cette application permettra de gérer les entrées et les sorties des pièces de l’atelier biomédical, mais également d’anticiper l’achat de consommables nécessaires au bon fonctionnement de l’activité médicale.
Pendant mon stage, je me suis rendu compte que le personnel soignant émettait de nombreuses demandes sur des consommables et des accessoires de dispositifs médicaux tels que des brassards ou des accessoires pour moniteurs multiparamétriques.
Cependant, parfois, il n’y avait plus de stocks dans l’atelier. Je faisais face à des professionnels de santé mécontents sans pouvoir leur apporter une solution, si ce n’était de réutiliser le matériel usagé ou de demander un prêt à d’autres cliniques dans les cas d’urgence, en attendant que je passe une commande.
Même si les stocks étaient présents, parfois, il n’était pas suffisant. Cela me m’était dans des situations critiques.
Par ailleurs, il est possible également de transmettre du matériel à d’autres cliniques, ce qui engendre un déficit dans le stock de matériel.
De plus, les devis doivent être signés par la direction, cela rajoutait un temps pour passer une commande. La seule solution est d’anticiper la rupture de stock.
Premièrement, j’ai fait l’inventaire des consommables, accessoires et dispositifs dans l’atelier biomédical. Cela m’a permis de me rendre compte du nombre de matériel présent dans le service. Puis je devais informatiser cette liste. Alors j’ai réalisé une interface interactive Excel sous VBA me permettant d’enregistrer automatiquement les pièces dans une liste Excel à l’aide d’un formulaire. Pour chaque pièce, je renseigne le nom, la marque, la référence, le distributeur, la quantité en stock, la quantité critique et le prix (Figure 32).
Pour définir la quantité critique, je me base sur la fréquence des demandes ou des pannes des équipements. Par exemple, dans le service ambulatoire, les brassards qui sont utilisés pour mesurer la tension avec un moniteur de tension sont régulièrement usés. Alors je leur attribue une quantité critique de 5, pour qu’il en reste toujours en stock. Pour chaque pièce, il est possible de faire un retrait ou un ajout.
Figure 32 : Interface Excel permettant la gestion du stock des pièces du service biomédical (source : auteur)

Si la quantité en stock est égale à la quantité critique, il est possible grâce à l’application de réaliser un bon de commande en remplissant également un formulaire.
Cette application nécessite constamment d’être à jour. Elle peut être améliorée, notamment en pouvant afficher l’historique des retraits par exemple.
7) Résultats attendus
Actuellement, le projet est en cours. L’analyse des besoins, les solutions de GMAO et l’analyse comparative ont permis d’identifier une solution répondant aux attentes du service biomédical.
Les prochaines étapes sont la présentation du choix de la nouvelle GMAO au responsable achat et à la direction pour la validation du choix. Puis, ensuite viendront les négociations entre le fournisseur retenu et le responsable achat afin de définir les modalités contractuelles (coût, formation, durée du contrat…). Enfin, cette phase se terminera par le déploiement progressif de la GMAO sur les différentes cliniques du groupe, incluant la reprise des données et la formation des utilisateurs.
Le bon déroulement de ces étapes est essentiel pour respecter le planning prévisionnel et garantir une mise en œuvre optimale de la solution.
8) Regard critique
L’acquisition d’une nouvelle GMAO est un projet stratégique pour le service biomédical qui implique plusieurs parties prenantes (ingénieur biomédical, stagiaires, technicien). Plusieurs points de ce projet auraient pu être améliorés afin d’’optimiser le déroulement de ce projet.
Tout d’abord, il aurait été utile de consacrer davantage de temps aux phases d’essai afin de mieux évaluer la solution de GMAO et inclure l’ensemble des personnes concernées à tester les solutions de GMAO.
Ensuite, un autre point essentiel concerne la communication entre les différents acteurs du projet (service biomédical, fournisseurs…). Il aurait été bénéfique de mettre en place une communication plus régulière via des réunions planifiées avec la présence de l’ensemble des parties prenantes. Cela aurait permis d’assurer une cohérence dans les décisions.
Enfin, ce projet met évidence l’importance de la planification et la coordination pour impliquer efficacement tous les acteurs concernés dès les premières phases du projet.
Toutefois, le projet avance selon le planning convenu.
IV. Bilan personnel et professionnel du stage
Ce stage a été pour moi un grand apprentissage aussi bien sur le plan professionnel que personnel. J’ai pu mettre mes compétences théoriques de biologie et d’ingénierie de la santé que j’ai vues tout au long de ma formation au service du stage. De plus, j’ai pu mettre en pratique les compétences acquises lors de mes précédents stages, notamment lors de mes interventions techniques.
1) Compétences/comportements acquis
Voici ci-dessous les principales connaissances, savoir-faire et savoir-être que j’ai pu acquérir durant ce stage (Tableau 2).
Tableau 2 : Tableau résumant les compétences acquises (source : auteur)
| Connaissances | Savoir-faire | Savoir-être |
| Dispositifs médicaux et applications cliniques associées | Intervention technique et diagnostic de niveau 1 (maintenance curative) | Sens du relationnel, communication, écoute |
| Procédure d’achat | Maitrise logiciel de GMAO | Gestion de projet |
| Milieu hospitalier | Identification et résolution de problèmes | Management d’un technicien |
| Bloc opératoire | Gestion et organisation des missions par ordre de priorité | Etre réactive |
| Capacité à analyser la situation | Grande autonomie | |
| Suite office | Polyvalence |
2) Compétences/comportements à acquérir
Voici ci-dessous les principales connaissances, savoir-faire et savoir-être qu’ils me restent à acquérir pour être en parfaite harmonie avec mon projet professionnel qui est de devenir ingénieur biomédical. Cette liste n’est pas exhaustive.
Tableau 3 : Tableau résumant les compétences à acquérir (source : auteur)
| Connaissances | Savoir-faire | Savoir-être |
| Anglais technique | Comprendre l’impact financier | Manager une équipe de techniciens |
| Code des marchés publics | Réaliser des maintenances préventives | |
| Former les équipes sur l’utilisation des équipements |
3) Liens avec la formation théorique
Ce stage s’inscrit pleinement dans la continuité de ma formation théorique en mettant en pratique les enseignements de la formation dans les missions de l’ingénieur biomédical. En effet, grâce aux enseignements de biologie, d’instrumentation biomédicale et de réglementation des dispositifs médicaux, j’ai pu mobiliser des connaissances essentielles pour comprendre, analyser et répondre aux besoins techniques et cliniques liés aux différentes missions.
De plus, mes connaissances en informatiques m’ont aidé à développer une interface dans le but d’aider la gestion du service biomédical.
Enfin, les outils utilisés lors de ma formation ont favorisé la structure de la mise en place du projet.
Conclusion
Au cours de ce stage, j‘ai pu développer une polyvalence entre les missions techniques, administratives et la gestion de projet. Etant la plupart du temps seule au service biomédical de la clinique, j’ai pu développer mon sens des responsabilités en assurant la gestion des situations urgentes. J’ai fait part également d’une grande autonomie qui m’a poussé à prendre des décisions importantes pour le besoin de la continuité de l’activité médical. De plus j’ai pu être en contact avec différents services internes de la clinique (bloc opératoire, service de dialyse, d’auto-dialyse, le service technique, la pharmacie et la stérilisation), mais également avec de nombreuses entreprises dans le domaine des dispositifs médicaux (commerciaux, techniciens, ingénieurs de Drager, Stryker, DMS…).
Ces contacts sont essentiels pour le développement d’un projet tel que celui de l’acquisition d’une nouvelle GMAO qui est un logiciel indispensable dans l’organisation et les tâches du service biomédical.
En conclusion, l’ingénieur biomédical est un métier pluridisciplinaire. Il met à profit toutes ces compétences de santé humaines, techniques, informatiques et ingénieries pour garantir une sécurité et qualité optimale des appareils. Mais également ses compétences de management, de gestion de projet et de négociation. Toutes ces compétences sont mises au service de l’établissement de santé pour garantir la sécurité et la fiabilité des dispositifs médicaux afin d’assurer la qualité des soins délivrés aux patients.