• IDS319 – Ingénierie d'application chez STEPHANIX

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    Bonne lecture...

    Autrice

    Afri­lande HEZAGIRA

    Contact

    Citation

    A.HEZAGIRA, « Ingé­nie­rie d'application chez STEPHANIX », Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Com­piègne (France), Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té, Mémoire de Stage, https://travaux.master.utc.fr/, réf n° IDS319, juillet 2026, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids319/

    Résumé

    Ce rap­port rend compte de l’expérience que j’ai réa­li­sée au sein de l’entreprise Ste­pha­nix, une struc­ture spé­cia­li­sée dans le domaine de l’imagerie médi­cale et plus par­ti­cu­liè­re­ment dans les équi­pe­ments de radio­gra­phie. Ce stage m’a per­mis de décou­vrir l’organisation de l’entreprise, son envi­ron­ne­ment pro­fes­sion­nel, ses dif­fé­rentes gammes de pro­duits ain­si que les enjeux liés à son acti­vi­té. Il met éga­le­ment en évi­dence le rôle de l’ingénieur d’application, un métier essen­tiel qui se situe à la fois entre la tech­nique, la rela­tion client, l’accompagnement des uti­li­sa­teurs et la mise en valeur des équi­pe­ments pro­po­sés par l’entreprise. À tra­vers les dif­fé­rentes mis­sions obser­vées et réa­li­sées, telles que la connais­sance du client, les démons­tra­tions avant-vente, la mise en ser­vice des appa­reils et la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs, j’ai pu mieux com­prendre les étapes néces­saires à la réus­site des mis­sions en tant qu’ingénieur d’application. Ce stage m’a aus­si per­mis de me for­mer au métier de mani­pu­la­teur radio en radio­lo­gie et ain­si, com­prendre les attentes des pro­fes­sion­nels de san­té face aux tech­no­lo­gies pro­po­sées. Enfin, cette expé­rience a consti­tué une étape impor­tante dans mon par­cours, car elle m’a per­mis d’évaluer mon niveau de connais­sances ini­tial, de déve­lop­per de nou­velles com­pé­tences tech­niques et rela­tion­nelles, et de réflé­chir plus pré­ci­sé­ment à mon pro­jet professionnel.

    Abstract

    This report pre­sents the expe­rience I gai­ned during my inter­n­ship at Ste­pha­nix, a com­pa­ny spe­cia­li­zed in the field of medi­cal ima­ging, and more spe­ci­fi­cal­ly in radio­gra­phy equip­ment. This inter­n­ship allo­wed me to dis­co­ver the company’s orga­ni­za­tion, its pro­fes­sio­nal envi­ron­ment, its dif­ferent pro­duct ranges, as well as the chal­lenges rela­ted to its acti­vi­ty. It also high­lights the role of the appli­ca­tion engi­neer, an essen­tial posi­tion that com­bines tech­ni­cal exper­tise, cus­to­mer rela­tions, user sup­port, and the pro­mo­tion of the equip­ment offe­red by the com­pa­ny. Through the various mis­sions I obser­ved and car­ried out, such as unders­tan­ding cus­to­mer needs, conduc­ting pre-sales demons­tra­tions, com­mis­sio­ning equip­ment, and trai­ning users, I was able to bet­ter unders­tand the key steps requi­red to suc­cess­ful­ly com­plete assi­gn­ments as an appli­ca­tions engi­neer. This inter­n­ship also gave me the oppor­tu­ni­ty to learn more about the pro­fes­sion of radio­lo­gic tech­no­lo­gist in radio­lo­gy and, the­re­fore, to unders­tand the expec­ta­tions of heal­th­care pro­fes­sio­nals regar­ding the tech­no­lo­gies offe­red. Final­ly, this expe­rience was an impor­tant step in my career path, as it allo­wed me to assess my ini­tial level of know­ledge, deve­lop new tech­ni­cal and inter­per­so­nal skills, and reflect more pre­ci­se­ly on my pro­fes­sio­nal project. 

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    IDS319 - HEZAGIRA - Rapport de stage
    IDS319 - HEZAGIRA - Rap­port de stage

    Rapport de stage

    INGENIERIE D'APPLICATION CHEZ STEPHANIX

    Remerciements

    Je tiens tout d’abord à remer­cier l’Université de Tech­no­lo­gie de Com­piègne UTC pour son accom­pa­gne­ment, son enca­dre­ment ain­si que pour la qua­li­té des ensei­gne­ments dis­pen­sés tout au long de ma for­ma­tion. Grâce à la diver­si­té des cours, à la dis­po­ni­bi­li­té des équipes péda­go­giques et aux nom­breux conseils reçus, j’ai pu déve­lop­per mes connais­sances, ren­for­cer mes com­pé­tences et mieux com­prendre les exi­gences du monde pro­fes­sion­nel. L’Université a éga­le­ment joué un rôle impor­tant dans mon orien­ta­tion, en me gui­dant depuis mon arri­vée afin de m’aider à iden­ti­fier la voie pro­fes­sion­nelle cor­res­pon­dant le mieux à mes aspi­ra­tions, à mes com­pé­tences et à mon pro­jet d’avenir.

    Je remer­cie Madame Céline CONDETTE, ma tutrice de stage au sein de l’Université, pour sa dis­po­ni­bi­li­té, son accom­pa­gne­ment et son écoute tout au long de cette période de stage. Son sui­vi, ses conseils et ses retours m’ont per­mis d’aborder mon stage avec davan­tage de confiance et de recul.

    Mes plus sin­cères remer­cie­ments à l’ensemble de l’équipe Ste­pha­nix qui m’a ouvert ses portes et m’a accueilli dans un envi­ron­ne­ment pro­fes­sion­nel enri­chis­sant. Je les remer­cie pour leur accom­pa­gne­ment, leur bien­veillance ain­si que pour la mise à dis­po­si­tion des res­sources néces­saires au bon dérou­le­ment de mon stage. Cette expé­rience m’a per­mis de décou­vrir concrè­te­ment le fonc­tion­ne­ment de l’entreprise et de mettre en pra­tique les connais­sances acquises durant ma formation.

    Je remer­cie tout par­ti­cu­liè­re­ment M. Eddy TORRES, mon tuteur de stage en entre­prise qui est lui-même ingé­nieur d’application, pour son enca­dre­ment, ses expli­ca­tions, sa péda­go­gie et le temps qu’il m’a consa­cré. Grâce à son accom­pa­gne­ment et à la for­ma­tion qu’il m’a appor­tée, j’ai pu pro­gres­ser, mieux com­prendre les mis­sions qui sont confiées aux ingé­nieurs d’application  et déve­lop­per de nou­velles com­pé­tences autour de ce métier. Je sou­haite éga­le­ment remer­cier Mme Angé­lique BRUNON pour son accom­pa­gne­ment au début de mon stage. Les échanges que nous avons eus m’ont été par­ti­cu­liè­re­ment béné­fiques et m’ont gui­dé dans mes pre­miers pas en entreprise.

    Je remer­cie par ailleurs les res­pon­sables péda­go­giques, Mme Isa­belle CLAUDE, Mme Julie FOLLET ain­si que M. Jean-Mat­thieu PROT,  qui nous ont pré­pa­rés et accom­pa­gnés dans notre inser­tion dans le monde pro­fes­sion­nel. Leurs conseils pré­cieux, leur dis­po­ni­bi­li­té et leur exi­gence ont contri­bué à nous don­ner les outils néces­saires pour abor­der cette étape impor­tante de notre par­cours avec sérieux et professionnalisme.

    Enfin, je remer­cie ma famille pour son sou­tien constant, ses encou­ra­ge­ments et ses conseils tout au long de mon par­cours. Leur pré­sence et leur confiance ont consti­tué une source de moti­va­tion essen­tielle dans la réus­site de ma for­ma­tion et de mon stage.

    Liste des figures

    Figure 1 : Orga­ni­gramme entreprise

    Figure 2 : Table de radio­lo­gie D2RS 90/90                                  

    Figure 3 : Table de radio­lo­gie D2RS

    Figure 4 : Salle os-pou­mon - Sus­pen­sion  Xtreme 

    Figure 5 : Salle os-pou­mon - Statif 

    Figure 6 : Mobile de radio­lo­gie                                             

    Figure 7 : Arceau chi­rur­gi­cal

    Figure 8 : Mam­mo­graphe                                                

    Figure 9 : Ostéo­den­si­to­mètre

    Figure 10 : Pano­ra­mique den­taire (2D) et sys­tème Cone Beam (3D)

    Figure 11 : Rela­tion inter­pro­fes­sion­nelle en ingé­nie­rie d’application

    Figure 12 : Répar­ti­tion géo­gra­phique de mes inter­ven­tions professionnelles

    Figure 13 : Tho­rax, face PA

    Figure 14 : Tho­rax, profil

    Figure 15 : Tho­rax, décu­bi­tus latéral 

    Figure  16 : Tho­rax, face AP en lordose

    Figure 17 : Com­pa­ra­tif des dif­fé­rentes tech­no­lo­gies en radiographie

    Figure 18 : Table télé­com­man­dée de radio­lo­gie  GE 1987, Modèle Télé­vix 1600

    1. Introduction

    Dans le cadre de ma for­ma­tion en mas­ter 2 Ingé­nie­rie de la san­té, par­cours des tech­no­lo­gies bio­mé­di­cales et ter­ri­toires san­té à l'université de Tech­no­lo­gie de Com­piègne UTC, j’ai réa­li­sé un stage de fin d’études consti­tuant une étape essen­tielle du cur­sus. Cette expé­rience pro­fes­sion­nelle a pour objec­tif de conso­li­der les connais­sances acquises au cours de la for­ma­tion, mais éga­le­ment de les confron­ter aux réa­li­tés du ter­rain, dans un envi­ron­ne­ment tech­nique, orga­ni­sa­tion­nel et humain concret.  C’est dans ce cadre que j’ai effec­tué un stage de six mois, de février 2026 à août 2026, en tant qu’ingénieur d’application au sein de la socié­té STEPHANIX. Cette entre­prise est spé­cia­li­sée dans les solu­tions de radio­lo­gie et inter­vient auprès d’établissements de san­té, de cabi­nets d’imagerie médi­cale et de pro­fes­sion­nels du sec­teur en leur pro­po­sant des équi­pe­ments et solu­tions des­ti­nés à accom­pa­gner leurs pra­tiques radiologiques.

    Mon stage s’est dérou­lé dans un envi­ron­ne­ment mul­ti­dis­ci­pli­naire, au contact de dif­fé­rents inter­lo­cu­teurs tels que les équipes com­mer­ciales, les équipes tech­niques et les uti­li­sa­teurs finaux qui sont géné­ra­le­ment les mani­pu­la­teurs en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale. J’ai été enca­drée par un ingé­nieur d’application expert, dont l’accompagnement m’a per­mis de mieux com­prendre les res­pon­sa­bi­li­tés asso­ciées à ce métier. Le rôle de l’ingénieur d’application se situe à l’interface entre la solu­tion tech­nique pro­po­sée par l’entreprise et les besoins concrets des uti­li­sa­teurs. Il ne s’agit donc pas uni­que­ment de maî­tri­ser le dis­po­si­tif, mais éga­le­ment de com­prendre les pra­tiques pro­fes­sion­nelles, les contraintes du ter­rain, les attentes des clients et les enjeux liés à l’usage cli­nique des solu­tions déployées. Au cours de cette expé­rience, j’ai par­ti­ci­pé à plu­sieurs mis­sions repré­sen­ta­tives du métier d’ingénieur d’application. J’ai notam­ment été ame­née à contri­buer à l’analyse des besoins clients, à la pré­pa­ra­tion et à la réa­li­sa­tion de démons­tra­tions avant-vente, à la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs, ain­si qu’au sui­vi post-ins­tal­la­tion. Ces dif­fé­rentes mis­sions m’ont per­mis d’observer l’importance de l’accompagnement client dans la réus­site du déploie­ment d’une solu­tion de radiologie. 

    Ce stage m’a éga­le­ment conduite à m’intéresser de manière appro­fon­die au métier de mani­pu­la­teur en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale. Cette étape a consti­tué un élé­ment indis­pen­sable à la bonne com­pré­hen­sion des besoins expri­més par les uti­li­sa­teurs. Afin de mieux accom­pa­gner les pro­fes­sion­nels sur le ter­rain, il m’a été néces­saire de me fami­lia­ri­ser avec leur envi­ron­ne­ment de tra­vail, leur jar­gon, leurs contraintes quo­ti­diennes, ain­si qu’à cer­taines notions fon­da­men­tales de leur pra­tique. Cela inclut notam­ment la connais­sance des dif­fé­rentes inci­dences radio­lo­giques en fonc­tion de la zone ana­to­mique concer­née, des constantes uti­li­sées lors des exa­mens et des exi­gences liées à la qua­li­té d’image et à la radio­pro­tec­tion. Cette com­pré­hen­sion est d’autant plus impor­tante que les pra­tiques radio­lo­giques doivent s’inscrire dans le res­pect des niveaux de réfé­rence diag­nos­tiques, les NRD, éta­blis par l’Autorité de sûre­té nucléaire et de radio­pro­tec­tion (ASNR)[1]. D’ailleurs dès mon arri­vée, j’ai réa­li­sé un test pour tes­ter mes connais­sances en radio­pro­tec­tion indis­pen­sable pour être sen­si­bi­li­ser à un dan­ger invi­sible que sont les rayons X (RX).

    À tra­vers ce rap­port, je sou­haite donc capi­ta­li­ser sur l’ensemble de cette expé­rience pro­fes­sion­nelle.  Pour ce faire, je pré­sen­te­rai, dans un pre­mier temps, la socié­té STEPHANIX, son orga­ni­sa­tion ain­si que son sec­teur d’activité, afin de mieux com­prendre son posi­tion­ne­ment dans le domaine de la radio­lo­gie. Dans un deuxième temps, j’exposerai les dif­fé­rentes gammes de dis­po­si­tifs pro­po­sées par l’entreprise. Je pré­sen­te­rai ensuite l’environnement de tra­vail de l’ingénieur d’application, en met­tant en évi­dence son rôle d’interface entre les dif­fé­rentes équipes internes et les uti­li­sa­teurs. Dans une par­tie plus opé­ra­tion­nelle, je détaille­rai les mis­sions cen­trales que j’ai réa­li­sées au cours du stage, en lien avec l’analyse des besoins clients, les démons­tra­tions, les for­ma­tions et le sui­vi post-ins­tal­la­tion. Une ouver­ture sur le métier de mani­pu­la­teur en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale sera réa­li­sée. Enfin, je pro­po­se­rai une ana­lyse réflexive tant sur le côté per­son­nel que pro­fes­sion­nel de cette expérience. 

    2. Présentation de la structure d’accueil et de son environnement

    2.1. Histoire de l’entreprise

    Ste­pha­nix est une entre­prise fran­çaise spé­cia­li­sée dans la fabri­ca­tion de solu­tions de radio­lo­gie. Son usine et son siège social sont situés près de Saint-Étienne à la Rica­ma­rie. L’entreprise a été créée en 1985 par cinq entre­pre­neurs indus­triels[2]. En 1988, Ste­pha­nix lance sa pre­mière table de radio­lo­gie. Quelques années plus tard, en 1996, une deuxième géné­ra­tion de table voit le jour.

    Comme l’illustre la Figure 1, l’entreprise a été rache­tée par le groupe espa­gnol SEDECAL en 2001, afin de sou­te­nir son déve­lop­pe­ment et sa crois­sance éco­no­mique[3]. Cette même année, Ste­pha­nix intègre éga­le­ment son pre­mier cap­teur plan dans une table télé­com­man­dée, grâce à un par­te­na­riat avec Canon. En paral­lèle, l’entreprise reprend les acti­vi­tés fran­çaises d’Hologic, socié­té amé­ri­caine recon­nue dans le domaine de l’imagerie de la femme.

    Depuis 2002, Ste­pha­nix est en par­te­na­riat avec Plan­me­ca, socié­té spé­cia­li­sée dans l’imagerie den­taire 2D et 3D. Ce par­te­na­riat s’est ensuite élar­gi, envi­ron dix ans plus tard, avec le pro­jet Plan­med, autour du pre­mier dis­po­si­tif de tomo­den­si­to­mé­trie osseuse des membres dédié à l’imagerie. En 2008, Ste­pha­nix conçoit sa troi­sième table de radio­lo­gie. La même année, la pre­mière tomo­syn­thèse est inté­grée dans l’imagerie de la femme par Holo­gic. En 2009, l’entreprise lance sa qua­trième table de radio­lo­gie, le modèle D2RS[4].

    En 2021, Ste­pha­nix pré­sente la nou­velle géné­ra­tion de tables de radio­lo­gie D2RS 90/90, qui cor­res­pond à sa géné­ra­tion actuelle de tables télé­com­man­dées de radio­lo­gie. En 2023, l’entreprise met en place un par­te­na­riat avec Incep­to, afin d’intégrer des solu­tions d’intelligence arti­fi­cielle (IA) d’aide au diag­nos­tic[4]. La même année, Ste­pha­nix est caté­go­ri­sée comme une petite et moyenne entre­prise (PME)[2].

    Enfin, en 2025, Ste­pha­nix ren­force la sécu­ri­té de ses solu­tions grâce à l’intégration d’une solu­tion de cyber­sé­cu­ri­té, déve­lop­pée par Tha­lès. Par ailleurs, Ste­pha­nix tra­vaille éga­le­ment avec Mede­com, par­te­naire spé­cia­li­sé dans les consoles de revue, de trai­te­ment et de diag­nos­tic, ain­si que dans les solu­tions d’archivage et les ser­veurs de résul­tats. Récem­ment (2026), Ste­pha­nix a acquis la socié­té Euro­me­di­ca, qui était un dis­tri­bu­teur de pro­duits Ste­pha­nix en Bre­tagne, dans le but de ren­for­cer sa pré­sence tech­nique sur tout le ter­ri­toire fran­çais (Figure 1) [4].

    Figure 1 : Organigramme entreprise (Source : Auteur)

    2.2. Analyse de son environnement

    A. Envi­ron­ne­ment technique

    Le monde de la radio­lo­gie est aujourd'hui très concur­ren­tiel avec des groupes inter­na­tio­naux qui innovent en radio­lo­gie mais force est de consta­ter que Ste­pha­nix a pu se faire une place dans ce sec­teur com­pé­ti­tif. Ste­pha­nix dis­pose de plu­sieurs sites tech­niques prin­ci­paux à Lille, Paris, Saint-Etienne, Rennes et Tou­louse et compte 200 col­la­bo­ra­teurs et envi­ron 90 techniciens. 

    B. Envi­ron­ne­ment socio-éco­no­mique

    Ste­pha­nix évo­lue dans un monde avec une hausse de la consom­ma­tion radio­lo­gique due à une démo­gra­phie gran­dis­sante, à une plus grande fré­quence de recours aux soins de la popu­la­tion ain­si qu’ à une exten­sion des cas d’application de la radio­lo­gie due aux pro­grès tech­no­lo­giques. La socié­té évo­lue donc dans un envi­ron­ne­ment deman­deurs des solu­tions mais frei­né par les coûts d'investissement à dis­po­si­tion et donc il est plus que néces­saire de trou­ver le bon com­pro­mis entre les coûts et les tech­no­lo­gies[5].

    C. Envi­ron­ne­ment réglementaire

    Ste­pha­nix, comme toute entre­prise qui vend en Europe et à l’étranger, est confron­té à dif­fé­rentes régle­men­ta­tions. Leurs solu­tions sont mar­quées CE, ce qui est indis­pen­sable pour la com­mer­cia­li­sa­tion dans l’espace euro­péen. Elles sont éga­le­ment enre­gis­trées auprès des auto­ri­tés régle­men­taires hors Europe notam­ment la Food and Drug Admi­nis­tra­tion (FDA) aux Etats-Unis ; auprès de San­té Cana­da ain­si qu’auprès de la Sau­di Food and Drug Autho­ri­ty (SFDA) en Ara­bie saou­dite. Ces confor­mi­tés per­mettent à la socié­té d'être pré­sente dans plus de 100 pays et de réa­li­ser à peu près 30% de leur chiffre d'affaires en export.

    Ste­pha­nix a éga­le­ment obte­nu les cer­ti­fi­ca­tions “Ori­gine France Garan­tie” pour ses tables télé­com­man­dées en 2014 et “Ser­vice France garan­tie” en 2024 pour l’ensemble de sa gamme. L’obtention de ces cer­ti­fi­ca­tions se base sur le res­pect de cer­tains cri­tères notam­ment que le pro­duit soit fabri­qué à 100% en France et d’avoir au moins 50% des frais de fabri­ca­tion d’origine fran­çaise pour le label “Ori­gine France garan­tie”[6]. Il en est de même pour le label “ser­vice France garan­tie” qui se base sur cer­tains cri­tères éga­le­ment tels que 90% de la main d'œuvre sou­mis à un contrat de tra­vail fran­çais et en contact direct avec le client[7].

    D. Envi­ron­ne­ment ter­ri­to­rial et concurrentiel

    Ste­pha­nix est une socié­té pré­sente en France et à l’international. Comme dit pré­cé­dem­ment, Il est pré­sent dans plus de 100 pays à tra­vers le monde grâce à un large réseau de dis­tri­bu­teurs for­més au sein de l’usine. Ste­pha­nix évo­lue dans un envi­ron­ne­ment ter­ri­to­rial for­te­ment indus­tria­li­sé avec une pré­sence d’entreprises inter­na­tio­nales non négli­geables[8]. Mal­gré ça, Ste­pha­nix s’impose pro­gres­si­ve­ment comme un acteur fran­çais majeur avec plus 40 % de parts de mar­ché en France sur les tables de radio­lo­gie. Ste­pha­nix occupe une place signi­fi­ca­tive dans le sec­teur de la radio­lo­gie et contri­bue au main­tien d’une exper­tise fran­çaise dans un domaine for­te­ment concurrentiel.

    2.3. Gammes des produits Stephanix

    Ste­pha­nix pro­pose une large gamme de dis­po­si­tifs médi­caux d’imagerie médi­cale. C’est un fabri­cant de tables télé­com­man­dées de radio­lo­gie, qui sont donc des pro­duits groupe, car elles sont conçues et fabri­quées au sein de son propre envi­ron­ne­ment indus­triel. L’entreprise exerce éga­le­ment une acti­vi­té de dis­tri­bu­tion des dis­po­si­tifs médi­caux fabri­qués par d’autres socié­tés partenaires.

    Pro­duits groupe

    Figure 2 : Table télécommandée de radiologie D2RS [9] Figure 3 : Table télécommandée de radiologie D2RS 90/90 [9]

    Ste­pha­nix fabrique des tables télé­com­man­dées de radio­lo­gie fluo­ro­sco­pie qui per­mettent de réa­li­ser des exa­mens dyna­miques et sta­tiques. La fluo­ro­sco­pie va per­mettre d’une part, le bon posi­tion­ne­ment du patient en pre­nant des cli­chés moins irra­diants et d’autre part, de gui­der le radio­logue lors des exa­mens dyna­miques inva­sifs de contraste ou encore d’infiltrations dans les arti­cu­la­tions.  Ce sys­tème uti­lise un cap­teur plan numé­rique pou­vant être uti­li­sé direc­te­ment dans la table ou en dehors sur­tout pour des exa­mens en tirs directs (Extré­mi­tés, bran­cards, etc). Le modèle D2RS 90/90 (Figure 3) a quelques avan­tages par rap­port à la D2RS (Figure 2) stan­dard en per­met­tant le bas­cu­le­ment de la table à +90/-90 et un débat­te­ment de hau­teur basse jusqu'à 38 cm du sol contre 63 cm de la D2RS et haute jusqu’à 148 cm contre 93 cm. Cette ergo­no­mie est due au pied de la table pla­cé dans une armoire der­rière la table mais cette confi­gu­ra­tion ne per­met pas de l’installer dans les espaces plus exigus. 

    Le plus de ces pro­duits groupe est qu’ils per­mettent de faire un bas­cu­le­ment de la colonne et une rota­tion du tube pour plus de flexi­bi­li­té d’utilisation et de rendre quelques exa­mens plus confor­tables pour les patients notam­ment le défi­lé fémo­ro-patel­laire des rotules (DFP) qui est un exa­men réa­li­sé géné­ra­le­ment en posi­tion assise du patient et en pliant les genoux sur une table et en tenant le cap­teur, Aujourd’hui, cet exa­men peut être réa­li­sé cou­ché sur le dos et en pliant les genoux grâce à cette rota­tion du tube, ce qui est beau­coup plus confor­table pour le patient. Ces tables sont télé­com­man­dées grâce à un pupitre pla­cé der­rière le paravent plom­bé[9].

      Figure 4 :Salle os-poumon - Suspension  Xtreme[10]                   Figure 5 :Salle os-poumon - Statif  Pro[10]
    Figure 6 :Mobile de radiologie  Movix Dreamy[11] 

    Par­mi les pro­duits groupe, on retrouve éga­le­ment des salles os-pou­mon avec une confi­gu­ra­tion en sus­pen­sion pla­fon­nière (Figure 4) exis­tant en 2 modèles (Xtreme Pre­mium et Xtreme), en sta­tif (Figure 5) exis­tant en 2 modèles éga­le­ment (Sta­tif Pro, Stum) ou en colonne (Rad Series E+) uti­li­sées pour l’imagerie des pou­mons ain­si que des extré­mi­tés essen­tiel­le­ment mais adap­té éga­le­ment pour toutes les zones ana­to­miques. Ces sys­tèmes peuvent être auto­ma­ti­sés (col­li­ma­tions, filtres post-trai­te­ments) ou lais­sés en manuel en fonc­tion de la pré­fé­rence du client et asser­vis en syn­chro­ni­sant les dépla­ce­ments du tube avec celui du cap­teur. On peut les retrou­ver en radio­lo­gie géné­rale, en pédia­trie, en salles d’urgences, en trau­ma­to­lo­gie, en envi­ron­ne­ment péni­ten­cier, etc[10]

    Le mobile de radio­lo­gie (Figure 6) est un sys­tème mobile, moto­ri­sé et plus com­pact. Il est conçu pour de la radio­gra­phie au lit dans les chambres des patients mais aus­si en soins inten­sifs, en urgences ou encore en ser­vice de pédiatrie/néonatologie et sur le ter­rain pour des exa­mens en ambu­la­toire. Il existe en 2 modèles (Movix Drea­my et Movix 4/8 E+ DReam). Contrai­re­ment aux ins­tal­la­tions fixes en salle, le mobi­leoffre une cer­taine flexi­bi­li­té de déploie­ment totale au sein d’un ser­vice. Leur mobi­li­té et leur sim­pli­ci­té d’utilisation per­mettent de réa­li­ser des exa­mens de radio­gra­phie direc­te­ment auprès des patients, offrant ain­si une alter­na­tive plus pra­tique aux sys­tèmes fixes et plus impo­sants. Que ce soit pour des exa­mens de radio­gra­phie en urgence, ou pour des radio­gra­phies de rou­tine, l’équipement per­met de réa­li­ser de la radio­gra­phie mobile direc­te­ment au che­vet du patient[11].

    Pro­duits de revente

          Figure 7 : Arceau chirurgical [12]                                           Figure 8 : Mammographe[13]
    Figure 10 :Panoramique dentaire (2D)/système Cone Beam (3D)[15]     Figure 9 : Ostéodensitomètre[14]

    Par­mi les pro­duits reven­dus par Ste­pha­nix, on retrouve l’arceau chi­rur­gi­cal de fluo­ro­sco­pie (Figure 7) dis­po­nible sous 3 modèles ( Omni­scop Dream, Omni­scop Dream-S /Efficiency). C’est un dis­po­si­tif indis­pen­sable au bloc opé­ra­toire notam­ment dans le gui­dage ins­tru­men­tal des actes chi­rur­gi­caux. Il est consti­tué d’un bras en C, d’un tube, d’un géné­ra­teur, d’une console opé­ra­teur et d’une sta­tion de tra­vail tac­tile. Adap­té pour des chi­rur­gies lourdes et même pour des extré­mi­tés[12]

    Ste­pha­nix est éga­le­ment un dis­tri­bu­teur du mam­mo­graphe (Figure 8) de la socié­té amé­ri­caine Holo­gic qui per­met de faire de l’imagerie mam­maire en 2D, de la tomo­syn­thèse qui est de l’imagerie en coupe, de la biop­sie sté­réo ou sous tomo­syn­thèse, de l’angiographie et de la den­si­to­mé­trie mam­maire. Ce sys­tème peut être accom­pa­gné d’une option IA pour une aide au diag­nos­tic et ain­si réduire le temps de lec­ture et de sélec­tion­ner les coupes les plus sus­cep­tibles de pré­sen­ter des ano­ma­lies[13]. Ste­pha­nix pro­pose éga­le­ment des ostéo­den­si­to­mètres (Figure 9) tou­jours de chez Holo­gic­per­met­tant d’évaluer la den­si­té miné­rale osseuse grâce à deux indi­ca­teurs : T score qui per­met de com­pa­rer la den­si­té osseuse du patient avec celle d’un jeune adulte en bonne san­té géné­ra­le­ment à 30 ans car c’est là où on consi­dère que l’individu est au maxi­mum de sa den­si­té osseuse. Ceci donne une courbe qui sera com­pa­rée avec celle d’une allure de des­cente nor­male et le Z score qui per­met de mesu­rer la den­si­té osseuse d’un patient avec celle d’un indi­vi­du en bonne san­té osseuse du même âge[14].

    Enfin, Ste­pha­nix pro­pose des dis­po­si­tifs d’imagerie den­taire en 2D ou 3D (Figure 10), qui per­mettent d’obtenir une image de la den­ti­tion, des maxil­laires et des struc­tures envi­ron­nantes. Ces équi­pe­ments sont notam­ment uti­li­sés pour réa­li­ser des exa­mens pano­ra­miques, cépha­lo­mé­triques ou encore des acqui­si­tions 3D, utiles pour le diag­nos­tic, l’implantologie ou la chi­rur­gie den­taire[15].

    2.4. L’histoire et l’environnement de l’ingénieur d’application chez Stephanix

    His­toire

    Chez STEPHANIX, le métier d’ingénieur d’application est appa­ru en 2007, dans un contexte d’évolution pro­gres­sive des équi­pe­ments de radio­gra­phie en les ren­dant plus dépen­dants des outils infor­ma­tiques inté­grant des logi­ciels d’acquisition, de trai­te­ment, de visua­li­sa­tion, de trans­mis­sion et d’archivage des images. Avant cette évo­lu­tion, les tables de radio­gra­phie repo­saient prin­ci­pa­le­ment sur une orga­ni­sa­tion tech­nique et dans ce contexte, le besoin d’un pro­fil inter­mé­diaire, spé­cia­li­sé dans l’accompagnement appli­ca­tif, dans le para­mé­trage des logi­ciels ou encore dans la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs à des inter­faces com­plexes, n’était pas néces­saire. Le rôle était donc assu­ré soit par les chefs pro­duit soit par les tech­ni­ciens qui pré­sen­taient le fonc­tion­ne­ment géné­ral de l’équipement, ses carac­té­ris­tiques tech­niques, ses pos­si­bi­li­tés d’utilisation ain­si que le pro­ces­sus de visua­li­sa­tion des clichés. 

    Le mani­pu­la­teur en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale conser­vait, quant à lui, une place cen­trale dans la réa­li­sa­tion des exa­mens. Il assu­rait le posi­tion­ne­ment du patient, le choix des constantes d’acquisition, la pré­pa­ra­tion de l’examen et le contrôle de la qua­li­té du cli­ché obte­nu. La chaîne de tra­vail était donc davan­tage fon­dée sur l’expertise métier du mani­pu­la­teur et sur la maî­trise tech­nique de l’équipement par les tech­ni­ciens ou les chefs pro­duits. Cette évo­lu­tion tech­no­lo­gique a fait émer­ger de nou­veaux besoins d’accompagnement. Il ne suf­fi­sait plus seule­ment d’expliquer le fonc­tion­ne­ment méca­nique ou tech­nique d’un équi­pe­ment mais il deve­nait néces­saire de com­prendre les pra­tiques radio­lo­giques des uti­li­sa­teurs, d’analyser leurs besoins, d’adapter les para­mètres aux usages cli­niques, d’accompagner la prise en main des inter­faces logi­cielles et de veiller à la qua­li­té de l’image pro­duite. Or, les chefs pro­duits et les tech­ni­ciens, bien qu’essentiels, ne dis­po­saient pas tou­jours d’une connais­sance suf­fi­sante des pra­tiques de ter­rain, du posi­tion­ne­ment patient, des inci­dences radio­lo­giques ou encore des attentes concrètes des mani­pu­la­teurs en matière de qua­li­té d’image. C’est dans ce contexte qu’est né le métier d’ingénieur d’application au sein de l’entreprise. L’ingénieur d’application inter­vient ain­si comme un acteur d’interface, capable à la fois de com­prendre les contraintes tech­niques du pro­duit et les exi­gences pra­tiques des pro­fes­sion­nels de santé. 

    L’équipe d’ingénieurs d’application s’est ensuite pro­gres­si­ve­ment struc­tu­rée. En 2009, elle s’est agran­die avec le recru­te­ment de deux ingé­nieurs d’application sup­plé­men­taires, mar­quant une étape impor­tante dans le déve­lop­pe­ment de cette fonc­tion au sein de l’entreprise. Au fil des années, l’équipe a conti­nué à se ren­for­cer, en paral­lèle de l’évolution des équi­pe­ments et de la diver­si­fi­ca­tion des solu­tions pro­po­sées. Aujourd’hui, le métier d’ingénieur d’application s’est élar­gi. S’il a long­temps été prin­ci­pa­le­ment exer­cé par d’anciens mani­pu­la­teurs en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale, il s’ouvre désor­mais à d’autres pro­fils issus de for­ma­tions tech­niques, bio­mé­di­cales ou scientifiques 

    Envi­ron­ne­ment

    Comme l’illustre la Figure 11, l’ingénieur d’application a un rôle non négli­geable dans l’organisation. Il repré­sente un inter­mé­diaire clé entre les dif­fé­rents ser­vices internes et les clients. L’ingénieur d’application est le corps de métier qui repré­sente l’entreprise chez le client avec le com­mer­cial et incarne donc l’image de la socié­té sur le ter­rain à tra­vers son exper­tise, sa capa­ci­té à répondre aux ques­tions des uti­li­sa­teurs et son accompagnement. 

    En rela­tion avec les dif­fé­rents ser­vices internes, l’ingénieur d’application est accom­pa­gné et cha­cun des ser­vices joue un rôle com­plé­men­taire indis­pen­sable dans le bon dérou­le­ment de tout le pro­ces­sus de l’avant-vente jusqu’au sui­vi post-ins­tal­la­tion. Le ser­vice com­mer­cial inter­vient dans la rela­tion client avant-vente en iden­ti­fiant les besoins, en pré­sen­tant les dif­fé­rentes solu­tions pro­po­sées par l'entreprise sans entrer dans les détails tech­niques, il dis­cute en termes de coûts, d’options pos­sibles, etc…Il assure un sui­vi com­mer­cial. L’ingénieur d’application, quant à lui, va donc venir appuyer le com­mer­cial en par­lant de l’aspect tech­nique, tou­jours en avant-vente.

    Lorsque le client sou­haite pour­suivre le pro­ces­sus, l’administration et la direc­tion des ventes (ADV) assurent le sui­vi admi­nis­tra­tif et orga­ni­sa­tion­nel des dos­siers en gérant les com­mandes, en orga­ni­sant les démons­tra­tions en fonc­tion de la dis­po­ni­bi­li­té du maté­riel et du per­son­nel dont l’ingénieur d’application. Une fois les démons­tra­tions réa­li­sées et l’équipement ache­té, le ser­vice d’implantation prend le relais en réa­li­sant des études sur la dis­po­si­tions de la salle qui accueille­ra l’équipement, ils vont pen­ser l’agencement comme par exemple la posi­tion du dis­po­si­tif par rap­port aux portes d’entrée et de sor­tie des patients ou encore la posi­tion de l’équipement en fonc­tion des autres dis­po­si­tifs pré­sents dans la salle, dans le but de faire une ins­tal­la­tion opti­mi­sant l’espace le plus pos­sible Après cette étude, le ser­vice tech­nique va se char­ger de l’installation, de la réa­li­sa­tion des contrôles qua­li­té interne (CQI) si besoin en fonc­tion de la moda­li­té concer­née, des réglages,etc. et l’ingénieur d’application tra­vaille­ra avec eux afin de se ren­sei­gner sur l’avancée de l’installation, des poten­tielles dif­fi­cul­tés ren­con­trées dans le but d’organiser au mieux sa mise en ser­vice chez le client. 

    En cas d’incidents ou de sou­cis tech­niques du logi­ciel lors de la mise en ser­vice ou même après, l’ingénieur d’application va faire appel au ser­vice sup­port qui inter­vient pour trai­ter les inci­dents remon­tés notam­ment en appor­tant une assis­tance à dis­tance et en assu­rant le sui­vi des pro­blé­ma­tiques ren­con­trées par les clients jusqu’à leurs réso­lu­tions. Lorsque la prise en main de l’équipement est bien maî­tri­sée par le client, l’ingénieur d’application peut recueillir, lors d’un sui­vi par exemple, les avis clients ain­si que leurs sug­ges­tions d’amélioration et les faire remon­ter au ser­vice de recherche et déve­lop­pe­ment car elles peuvent faire l’objet d’une étude et d’une inté­gra­tion dans les dis­po­si­tifs. L’’ingénieur d’application peut donc sou­li­gner aux clients que c’est une idée uti­li­sa­teur et dans ce sens, se sen­tir impli­qué dans le déve­lop­pe­ment de nou­velles tech­no­lo­gies. Toute cette coor­di­na­tion est au ser­vice du client pour l’accompagner dans sa prise en main.

    En bref, l’ingénieur d’application ne tra­vaille pas seul, il tra­vaille en com­plé­men­ta­ri­té avec plu­sieurs autres ser­vices afin de l’accompagner dans sa mise en service/formation dans le but d’assurer une flui­di­té des pro­ces­sus d’acquisition. Il s’agit d’un maillon indis­pen­sable dans le relais effi­cace d’informations grâce à sa pré­sence au plus près du client, il remonte les dif­fé­rentes dif­fi­cul­tées ren­con­trées, les axes d’amélioration iden­ti­fiées sur le terrain. 

    Figure 11 : Relation interprofessionnelle en ingénierie d’application (Source : Auteur)

    3. Missions réalisées

    3.1. Contexte, enjeux, problématique, objectifs

    Chez Ste­pha­nix, j’ai occu­pé le poste de sta­giaire Ingé­nieur d’application où j'intervenais en duo avec un ingé­nieur d’application expert sur le ter­ri­toire fran­çais et ponc­tuel­le­ment en export (Figure 12). J’ai rejoint une équipe dyna­mique de 5 ingé­nieurs d’application répar­tis comme suit : 1 ingé­nieure basée à Lyon, 2 ingé­nieurs basés sur Paris, 1 ingé­nieur basé à Mar­seille et 1 ingé­nieur basé à Nantes.

    Figure 12 : Répartition géographique de mes interventions professionnelles(Source : Auteur)

    Mon rôle au sein de cette équipe consis­tait à ren­for­cer la pré­sence de Ste­pha­nix au plus près des uti­li­sa­teurs finaux. Cette mis­sion s’inscrit dans un contexte d’élargissement du péri­mètre com­mer­cial de l’entreprise, notam­ment avec le déve­lop­pe­ment de son acti­vi­té de vente d’équipements de biop­sie. Par ailleurs, ces der­nières années, Ste­pha­nix a conso­li­dé son implan­ta­tion en France sur le mar­ché des tables de radio­lo­gie selon une source interne, ce qui jus­ti­fie éga­le­ment le ren­for­ce­ment des équipes afin d’accompagner cette crois­sance et de répondre plus effi­ca­ce­ment aux besoins des clients. L’objectif de mon stage était de décou­vrir le métier d’ingénieur d’application, d’en com­prendre l’environnement pro­fes­sion­nel et d’être for­mé aux dif­fé­rents dis­po­si­tifs com­mer­cia­li­sés par l’entreprise. Dans ce cadre, mes mis­sions por­taient notam­ment sur la réa­li­sa­tion de démons­tra­tions avant-vente, la par­ti­ci­pa­tion aux mises en ser­vice, l’accompagnement des for­ma­tions uti­li­sa­teurs ain­si que le sui­vi post-ins­tal­la­tion. Ces dif­fé­rentes étapes néces­sitent une pré­pa­ra­tion rigou­reuse en amont, notam­ment par la prise de contact avec le client afin d’organiser les inter­ven­tions et de défi­nir les cré­neaux horaires adap­tés. Cette pre­mière prise de contact était assu­rée par l'ingénieur d’application avec qui j’étais en duo sur cette mise en ser­vice et formation.

    J’ai été for­mé prin­ci­pa­le­ment sur la table télé­com­man­dée D2RS 90/90 et D2RS, le mobile de radio­lo­gie, la salle os-pou­mon,  le mam­mo­graphe et les aiguilles de macro­biop­sie. Dès le début du stage et en concer­ta­tion avec mon maître de stage, on a déci­dé de faire une brève for­ma­tion de pré­sen­ta­tion des dis­po­si­tifs et direc­te­ment pas­ser sur le ter­rain. Cette méthode a été pri­vi­lé­giée car elle per­met­tait un appren­tis­sage plus concret, fon­dé sur l’observation, la pra­tique et la confron­ta­tion directe aux réa­li­tés du métier. Ain­si, dès la deuxième semaine de stage, j’ai par­ti­ci­pé à la mise en ser­vice d’une table télé­com­man­dée de radio­lo­gie. À l’issue de cette inter­ven­tion, un échange avec mon tuteur de stage a per­mis de faire le point sur cette pre­mière expé­rience. Celle-ci s’étant révé­lée par­ti­cu­liè­re­ment for­ma­trice, nous avons déci­dé de pour­suivre cette approche tout au long du stage.

    3.2.  Moyens et méthodes mis en place

    Pour assu­rer le bon dérou­le­ment de mes mis­sions, plu­sieurs moyens ont été mis à ma dis­po­si­tion, qu’ils soient tech­niques, humains, finan­ciers ou métho­do­lo­giques. Ces res­sources ont joué un rôle impor­tant dans mon inté­gra­tion au sein de l’entreprise, dans la com­pré­hen­sion des solu­tions pro­po­sées et dans la réa­li­sa­tion pro­gres­sive des mis­sions qui m’ont été confiées. Sur le plan tech­nique, j’ai béné­fi­cié d’un ordi­na­teur pro­fes­sion­nel me per­met­tant d’accéder aux dif­fé­rentes res­sources internes de l’entreprise. Cet outil m’a notam­ment per­mis de consul­ter les docu­ments tech­niques internes, les sup­ports de for­ma­tion, les infor­ma­tions rela­tives aux clients ain­si que les élé­ments néces­saires à la pré­pa­ra­tion des inter­ven­tions. Il m’a éga­le­ment ser­vi à com­mu­ni­quer avec les équipes, à réa­li­ser des inter­ven­tions à dis­tance et à m'entraîner à pré­pa­rer mes fiches liées aux acti­vi­tés réa­li­sées. Un télé­phone pro­fes­sion­nel a éga­le­ment été mis à ma dis­po­si­tion afin de faci­li­ter les échanges avec l’ensemble des sala­riés de la socié­té. Il m’a per­mis de res­ter joi­gnable lors des dépla­ce­ments, de com­mu­ni­quer avec mon tuteur, les équipes tech­niques ou encore d’assurer un meilleur sui­vi des demandes ter­rain. j’ai dis­po­sé d’un espace de tra­vail au sein des bureaux de l’entreprise. Cet envi­ron­ne­ment m’a per­mis de tra­vailler dans de bonnes condi­tions, d’échanger faci­le­ment avec les membres de l’équipe et de m’intégrer pro­gres­si­ve­ment dans la société. 

    Sur le plan humain, j’ai pu m’appuyer sur l’accompagnement de plu­sieurs col­la­bo­ra­teurs de l’entreprise, notam­ment l’ensemble des ingé­nieurs d’application, les équipes com­mer­ciales ain­si que les équipes tech­niques. Ces dif­fé­rents inter­lo­cu­teurs ont été dis­po­nibles pour répondre à mes ques­tions, m’aider à mieux com­prendre les solu­tions pro­po­sées et m’accompagner dans la réa­li­sa­tion de mes mis­sions. Leurs retours d’expérience ont éga­le­ment consti­tué une res­source impor­tante, car ils m’ont per­mis de mieux appré­hen­der les réa­li­tés du ter­rain, les attentes des clients et les exi­gences propres au métier d’ingénieur d’application. Grâce à leur exper­tise, j’ai pu obser­ver dif­fé­rentes méthodes de tra­vail, com­prendre les étapes de pré­pa­ra­tion d’une inter­ven­tion, ana­ly­ser les besoins des uti­li­sa­teurs et par­ti­ci­per pro­gres­si­ve­ment aux mis­sions confiées. Les échanges avec les com­mer­ciaux m’ont per­mis de mieux com­prendre la rela­tion client, les enjeux liés aux démons­tra­tions avant-vente ain­si que l’importance de l’adaptation du dis­cours selon les inter­lo­cu­teurs. Enfin, les équipes tech­niques m’ont appor­té des élé­ments essen­tiels sur le fonc­tion­ne­ment des équi­pe­ments, les contraintes d’installation et les pro­blé­ma­tiques pou­vant être ren­con­trées lors du déploie­ment des solu­tions. Sur le plan finan­cier, l’entreprise a éga­le­ment mis en place les moyens néces­saires au bon dérou­le­ment des dépla­ce­ments pro­fes­sion­nels. Les frais liés aux trans­ports, à l’hébergement et à la res­tau­ra­tion ont été pris en charge dans le cadre des mis­sions réa­li­sées sur le ter­rain. Cette orga­ni­sa­tion m’a per­mis de par­ti­ci­per aux inter­ven­tions dans de bonnes condi­tions et de me concen­trer plei­ne­ment sur les objec­tifs péda­go­giques et pro­fes­sion­nels du stage. 

    Sur le plan métho­do­lo­gique, mon appren­tis­sage s’est construit de manière pro­gres­sive, à tra­vers une alter­nance entre for­ma­tion théo­rique, obser­va­tion sur le ter­rain, échanges avec les ingé­nieurs d’application et débrie­fings après les inter­ven­tions. Dans un pre­mier temps, j’ai béné­fi­cié d’une for­ma­tion ini­tiale assu­rée par les chefs pro­duits. Ces der­niers dis­posent d’une connais­sance appro­fon­die des solu­tions pro­po­sées par l’entreprise, aus­si bien sur leurs carac­té­ris­tiques actuelles que sur leurs évo­lu­tions futures. Cette pre­mière for­ma­tion m’a per­mis d’acquérir une base avant d’être confron­tée aux situa­tions de ter­rain. En com­plé­ment de cette for­ma­tion, j’ai eu accès à plu­sieurs res­sources internes régu­liè­re­ment mises à jour. Ces docu­ments regroupent les dif­fé­rentes gammes de pro­duits, leurs spé­ci­fi­ca­tions tech­niques, leurs options, leurs fonc­tion­na­li­tés ain­si que les infor­ma­tions néces­saires à leur pré­sen­ta­tion. Avant chaque inter­ven­tion, je pou­vais ain­si relire les élé­ments rela­tifs à la solu­tion concer­née afin de pré­pa­rer la ren­contre client. Cette pré­pa­ra­tion me per­met­tait d’avoir en tête les points impor­tants, de for­mu­ler des ques­tions et de mieux com­prendre la manière dont l’ingénieur d’application sélec­tionne les infor­ma­tions per­ti­nentes à pré­sen­ter. En effet, toutes les spé­ci­fi­ca­tions tech­niques ne sont pas sys­té­ma­ti­que­ment détaillées auprès du client ; elles doivent être adap­tées au contexte, au niveau de connais­sance des uti­li­sa­teurs et aux besoins exprimés. 

    Avant chaque ren­contre avec un client, un temps d’échange était éga­le­ment orga­ni­sé avec l’ingénieur d’application. Cette étape de pré­pa­ra­tion per­met­tait de cer­ner le contexte de l’intervention, les attentes du client, les rai­sons du choix de la solu­tion, les options rete­nues ou non, ain­si que les éven­tuelles pro­blé­ma­tiques déjà iden­ti­fiées. Il était éga­le­ment impor­tant de savoir si le client connais­sait déjà le maté­riel ou s’il s’agissait d’une pre­mière prise en main. Dans le pre­mier cas, l’objectif n’était pas de refaire une pré­sen­ta­tion com­plète, mais plu­tôt d’insister sur les nou­velles fonc­tion­na­li­tés, les évo­lu­tions du pro­duit ou les ques­tions spé­ci­fiques des uti­li­sa­teurs. Dans le second cas, la for­ma­tion devait être plus glo­bale et pro­gres­sive. Lors des inter­ven­tions, ma démarche repo­sait prin­ci­pa­le­ment sur l’observation active. J’analysais la pos­ture de l’ingénieur d’application face au client, sa manière de pré­sen­ter la solu­tion, d’adapter son dis­cours, de répondre aux ques­tions et de gérer les éven­tuelles dif­fi­cul­tés. Enfin, chaque inter­ven­tion fai­sait l’objet d’un débrie­fing avec l’ingénieur d’application. Ces échanges per­met­taient de reve­nir sur le dérou­le­ment de la mise en ser­vice ou de la for­ma­tion, d’analyser les points posi­tifs, les dif­fi­cul­tés ren­con­trées, les par­ti­cu­la­ri­tés du client ain­si que les éven­tuelles actions à pré­voir par la suite. Ces débrie­fings ont consti­tué un moment impor­tant dans mon appren­tis­sage, car ils m’ont per­mis de prendre du recul sur les situa­tions observées 

    3.3. Déroulement des missions

     3.3.1. Connaissance du client

    Dans cette par­tie du rap­port consa­crée à la des­crip­tion de mes mis­sions, j’ai choi­si de com­men­cer par la connais­sance du client, car c’est une étape essen­tielle dans le métier d’ingénieur d’application, même si elle n’est pas tou­jours pré­sen­tée comme une mis­sion à part entière. En effet, cette phase de pré­pa­ra­tion est sou­vent moins visible que les démons­tra­tions, les for­ma­tions ou les mises en ser­vice, mais elle condi­tionne direc­te­ment la qua­li­té de l’accompagnement réa­li­sé sur le ter­rain. Elle per­met à l’ingénieur d’application de ne pas inter­ve­nir de manière stan­dar­di­sée, mais d’adapter son dis­cours, ses expli­ca­tions et son orga­ni­sa­tion aux besoins réels du client. La connais­sance du client per­met éga­le­ment de pré­pa­rer les étapes sui­vantes de l’intervention. Elle aide à anti­ci­per les besoins, à orga­ni­ser le dérou­le­ment de la mise en ser­vice, à pré­voir le temps néces­saire pour la for­ma­tion théo­rique et pra­tique, en fonc­tion du nombre de per­sonnes à for­mer. Cette orga­ni­sa­tion est par­ti­cu­liè­re­ment impor­tante dans un ser­vice d’imagerie médi­cale avec une acti­vi­té intense. Pour construire cette connais­sance du client, l’ingénieur d’application doit éga­le­ment échan­ger avec les dif­fé­rentes par­ties internes déjà en contact avec le client. Les échanges avec le com­mer­cial sont par­ti­cu­liè­re­ment impor­tants, car ils per­mettent de com­prendre l’historique du dos­sier, les besoins expri­més lors de la vente, les options choi­sies, les enga­ge­ments pris et les éven­tuelles attentes spé­ci­fiques du client. Cette coor­di­na­tion per­met de garan­tir une cohé­rence dans le dis­cours tenu par l’entreprise et d’éviter les mal­en­ten­dus entre ce qui a été pré­sen­té en amont et ce qui est réel­le­ment mis en œuvre lors de l’intervention. 

    Une fois ce tra­vail de pré­pa­ra­tion réa­li­sé par l’ingénieur d’application, je pre­nais le temps d’échanger avec lui afin de mieux com­prendre le client avant l’intervention. Il me pré­sen­tait les élé­ments impor­tants issus des échanges avec le com­mer­cial, notam­ment le contexte du pro­jet, les besoins expri­més, les solu­tions choi­sies, ain­si que les éven­tuelles attentes par­ti­cu­lières du client. Ces échanges me per­met­taient de mieux cer­ner le pro­fil de l’établissement, son niveau de connais­sance du maté­riel, les équi­pe­ments déjà uti­li­sés et les points de vigi­lance à prendre en compte lors de la for­ma­tion ou de la mise en ser­vice. ain­si que de com­prendre les choix réa­li­sés par l’ingénieur d’application.  

       3.3.2.Démonstrations avant vente

    Au cours de mon stage, j’ai eu l’occasion de par­ti­ci­per à quelques démons­tra­tions avant-vente, réa­li­sées en binôme avec un ingé­nieur d’application expert. Ces mis­sions ont consti­tué une expé­rience par­ti­cu­liè­re­ment for­ma­trice, car elles m’ont per­mis d’observer concrè­te­ment l’un des aspects les plus stra­té­giques du métier d’ingénieur d’application. En effet, la démons­tra­tion avant-vente ne se limite pas à une simple pré­sen­ta­tion tech­nique d’un dis­po­si­tif médi­cal. Elle repré­sente un moment déci­sif dans la rela­tion com­mer­ciale avec le client, puisqu’elle per­met de mettre en valeur les per­for­mances de l’équipement, de répondre aux attentes des uti­li­sa­teurs et de convaincre les uti­li­sa­teurs finaux de la per­ti­nence de la solu­tion pro­po­sée par l’entreprise.

    Ces démons­tra­tions font par­tie des mis­sions les plus exi­geantes du métier, aus­si bien pour moi en tant qu’ingénieur d’application en for­ma­tion que pour l’entreprise dans son ensemble. Elles inter­viennent géné­ra­le­ment dans un contexte concur­ren­tiel fort, où Ste­pha­nix se retrouve en com­pé­ti­tion avec plu­sieurs autres four­nis­seurs pro­po­sant des équi­pe­ments simi­laires. Dans ce cadre, chaque détail peut avoir une influence sur la déci­sion finale du client, notam­ment la qua­li­té de la pré­sen­ta­tion, la maî­trise tech­nique de l’appareil, la flui­di­té de la démons­tra­tion, la capa­ci­té à répondre aux ques­tions, mais aus­si l’image de pro­fes­sion­na­lisme ren­voyée par l’ensemble des inter­ve­nants. La démons­tra­tion devient donc un véri­table outil de dif­fé­ren­cia­tion face à la concurrence.

    C’est pré­ci­sé­ment en rai­son de ces enjeux que ma par­ti­ci­pa­tion à ces mis­sions devrait être enca­drée. En tant que sta­giaire, il m’aurait été dif­fi­cile de mener seule une démons­tra­tion avant-vente, car ce type d’intervention demande à la fois une excel­lente maî­trise du dis­po­si­tif pré­sen­té, une bonne connais­sance du contexte cli­nique et une capa­ci­té à s’adapter rapi­de­ment aux réac­tions du client. L’accompagnement par un ingé­nieur d’application expé­ri­men­té était donc indis­pen­sable. Il me per­met­tait d’observer les bonnes pra­tiques, de com­prendre la pos­ture à adop­ter face au client et de mesu­rer le niveau d’exigence attendu.

    L’organisation de ces démons­tra­tions varie for­te­ment selon le type de dis­po­si­tif médi­cal pré­sen­té. Pour les équi­pe­ments les plus volu­mi­neux, tels que les tables télé­com­man­dées de radio­gra­phie ou les mam­mo­graphes, les démons­tra­tions ne peuvent géné­ra­le­ment pas être orga­ni­sées direc­te­ment dans les locaux de l’entreprise ou dépla­cées faci­le­ment chez le client. Ces appa­reils néces­sitent une ins­tal­la­tion spé­ci­fique, un envi­ron­ne­ment adap­té, ain­si que des contraintes tech­niques impor­tantes liées à leur taille, à leur poids et à leur rac­cor­de­ment. Pour cette rai­son, les démons­tra­tions sont le plus sou­vent réa­li­sées direc­te­ment en envi­ron­ne­ment cli­nique, au sein d’établissements de san­té de réfé­rence par­te­naires de Stephanix.

    Ce choix pré­sente plu­sieurs avan­tages. Il per­met d’abord d’éviter le dépla­ce­ment com­plexe d’un maté­riel lourd et coû­teux. Il offre éga­le­ment aux clients poten­tiels la pos­si­bi­li­té d’observer l’équipement dans des condi­tions proches de son uti­li­sa­tion réelle. Les pro­fes­sion­nels de san­té peuvent ain­si se pro­je­ter plus faci­le­ment dans leur propre pra­tique quo­ti­dienne, en obser­vant le fonc­tion­ne­ment de l’appareil dans un ser­vice de radio­lo­gie déjà opé­ra­tion­nel. La démons­tra­tion gagne alors en cré­di­bi­li­té, car elle ne repose pas seule­ment sur un dis­cours com­mer­cial ou tech­nique, mais sur une mise en situa­tion concrète, dans un envi­ron­ne­ment médi­cal réel.

    Je n’ai tou­te­fois pas pu par­ti­ci­per à ce type de démons­tra­tion en éta­blis­se­ment de réfé­rence. Cette limite s’explique prin­ci­pa­le­ment par des contraintes d’organisation et de confort pour les per­sonnes pré­sentes. Dans ce type de contexte, plu­sieurs acteurs inter­viennent déjà simul­ta­né­ment, notam­ment les clients poten­tiels, les mani­pu­la­teurs en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale en acti­vi­té, l’ingénieur d’application, le com­mer­cial, et par­fois d’autres inter­lo­cu­teurs de l’établissement d’accueil. La pré­sence d’une per­sonne sup­plé­men­taire, aurait pu rendre la situa­tion moins fluide, gêner les échanges et alté­rer la qua­li­té de la démons­tra­tion. Dans un contexte aus­si concur­ren­tiel, il est essen­tiel de pré­ser­ver des condi­tions opti­males de pré­sen­ta­tion. Ma par­ti­ci­pa­tion s’est donc natu­rel­le­ment concen­trée sur des dis­po­si­tifs moins impo­sants, notam­ment le mobile de radiographie.

    Les démons­tra­tions réa­li­sées autour du mobile de radio­gra­phie ont été par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­santes, car elles m’ont per­mis de com­prendre toute la pré­pa­ra­tion néces­saire en amont d’une démons­tra­tion Contrai­re­ment à ce que l’on pour­rait pen­ser, une démons­tra­tion ne com­mence pas au moment où l’appareil est pré­sen­té aux uti­li­sa­teurs. Elle débute bien avant, avec l’organisation logis­tique, la pla­ni­fi­ca­tion des inter­ve­nants, l’acheminement du maté­riel, la véri­fi­ca­tion de sa dis­po­ni­bi­li­té et la coor­di­na­tion entre les dif­fé­rents ser­vices de l’entreprise. Cette phase pré­pa­ra­toire est essen­tielle, car la réus­site de la démons­tra­tion dépend en grande par­tie de la qua­li­té de cette organisation.

    Aux côtés du tech­ni­cien et de l’ingénieur d’application expert, j’ai ain­si pu par­ti­ci­per à la récep­tion du mobile de radio­gra­phie sur le site du client. Cette étape per­met de s’assurer que l’appareil est bien arri­vé dans les délais, qu’il n’a pas été endom­ma­gé lors du trans­port et qu’il peut être para­mé­tré dans de bonnes condi­tions. Une fois le dis­po­si­tif récep­tion­né, il est néces­saire de pro­cé­der à dif­fé­rents réglages et para­mé­trages afin de l’adapter à l’environnement du client. Ces opé­ra­tions peuvent concer­ner la confi­gu­ra­tion géné­rale de l’appareil, les para­mètres d’acquisition, les connexions infor­ma­tiques, etc.

    L’un des aspects les plus impor­tants de cette pré­pa­ra­tion consis­tait à véri­fier le bon fonc­tion­ne­ment de l’ensemble de la chaîne d’imagerie. Il ne suf­fi­sait pas que le mobile de radio­gra­phie réa­lise cor­rec­te­ment les acqui­si­tions ; il était éga­le­ment indis­pen­sable de s’assurer que les images obte­nues pou­vaient être trans­fé­rées sans dif­fi­cul­té vers le sys­tème d’archivage du client, ain­si que vers le sys­tème d’impression lorsque celui-ci était uti­li­sé. Cette véri­fi­ca­tion était d’autant plus essen­tielle que les démons­tra­tions étaient réa­li­sées sur de véri­tables patients. Les cli­chés pro­duits devaient donc être inté­grés au dos­sier médi­cal selon les pro­cé­dures habi­tuelles de l’établissement, ce qui ren­dait l’archivage sys­té­ma­tique et, dans cer­tains cas, l’impression des images indis­pen­sables. Cette étape per­met­tait ain­si de démon­trer non seule­ment les per­for­mances du dis­po­si­tif, mais éga­le­ment sa par­faite inté­gra­tion dans l’environnement infor­ma­tique et orga­ni­sa­tion­nel du client.

    Ces expé­riences m’ont per­mis de prendre conscience du rôle cen­tral de l’ingénieur d’application dans ce type de mis­sion. Il doit être capable de faire le lien entre plu­sieurs dimen­sions telles que la dimen­sion tech­nique de l’appareil, les besoins cli­niques des uti­li­sa­teurs, les contraintes infor­ma­tiques de l’établissement et les enjeux com­mer­ciaux de l’entreprise. Son inter­ven­tion ne consiste donc pas uni­que­ment à expli­quer le fonc­tion­ne­ment d’un dis­po­si­tif. Il doit aus­si anti­ci­per les dif­fi­cul­tés, ras­su­rer les uti­li­sa­teurs, valo­ri­ser les points forts de la solu­tion et contri­buer à créer un cli­mat de confiance avec le client.

    J’ai éga­le­ment com­pris que la réus­site d’une démons­tra­tion repose sur une coor­di­na­tion effi­cace entre plu­sieurs ser­vices. L’administration des ventes, le ser­vice tech­nique, l’équipe com­mer­ciale et l’ingénieur d’application doivent tra­vailler ensemble pour garan­tir le bon dérou­le­ment de la mis­sion. L’administration des ventes joue notam­ment un rôle cen­tral, car elle doit s’assurer de la dis­po­ni­bi­li­té du maté­riel, orga­ni­ser son trans­port, coor­don­ner la pré­sence du tech­ni­cien et de l’ingénieur d’application, et veiller au res­pect du calen­drier pré­vu. Une erreur dans cette orga­ni­sa­tion peut avoir des consé­quences impor­tantes : retard de livrai­son, absence d’un inter­ve­nant, appa­reil non fonc­tion­nel ou impos­si­bi­li­té de réa­li­ser cer­taines par­ties de la démonstration.

    Dans un contexte de concur­rence, ces défaillances peuvent for­te­ment nuire à l’image de l’entreprise. Lorsqu’un client com­pare plu­sieurs four­nis­seurs, il n’évalue pas uni­que­ment les carac­té­ris­tiques tech­niques des équi­pe­ments. Il observe éga­le­ment la qua­li­té de l’accompagnement, la réac­ti­vi­té des équipes, la maî­trise de l’organisation et le sérieux de l’entreprise. Une démons­tra­tion mal pré­pa­rée peut donc don­ner une impres­sion néga­tive, même si le pro­duit pré­sen­té pos­sède de réelles qua­li­tés. À l’inverse, une démons­tra­tion fluide, bien orga­ni­sée et tech­ni­que­ment maî­tri­sée peut ren­for­cer la cré­di­bi­li­té de l’entreprise et influen­cer favo­ra­ble­ment la déci­sion du client.

    Ces mis­sions m’ont donc per­mis de mieux com­prendre les exi­gences du métier d’ingénieur d’application en phase avant-vente. Elles m’ont mon­tré que ce métier demande non seule­ment des com­pé­tences tech­niques, mais aus­si une grande rigueur orga­ni­sa­tion­nelle, une capa­ci­té d’adaptation et un excellent sens de la com­mu­ni­ca­tion. L’ingénieur d’application doit être capable de repré­sen­ter l’entreprise auprès du client, tout en appor­tant une exper­tise concrète sur l’utilisation du dis­po­si­tif médi­cal. Enfin, cette expé­rience m’a per­mis de mesu­rer l’importance de la pré­pa­ra­tion et de l’anticipation. Une démons­tra­tion réus­sie ne repose pas uni­que­ment sur la qua­li­té de la pré­sen­ta­tion le jour même. Elle dépend de tout un tra­vail réa­li­sé en amont, sou­vent peu visible, mais indis­pen­sable. Cette prise de conscience a été par­ti­cu­liè­re­ment enri­chis­sante pour moi, car elle m’a per­mis de mieux appré­hen­der la réa­li­té du ter­rain en contexte concurrentiel.

      3.3.3. Mise en service

    Une fois la démons­tra­tion avant-vente concluante et la déci­sion d’achat vali­dée par le client, une nou­velle étape débute qui est celle de l’installation et de la mise en ser­vice du dis­po­si­tif médi­cal. Dans un pre­mier temps, le maté­riel est livré puis ins­tal­lé par les tech­ni­ciens, qui assurent la par­tie tech­nique liée au mon­tage, au rac­cor­de­ment et aux pre­mières véri­fi­ca­tions de fonc­tion­ne­ment. Une fois cette ins­tal­la­tion réa­li­sée, l’ingénieur d’application prend le relais afin d’adapter le dis­po­si­tif à l’environnement de tra­vail du client et aux besoins spé­ci­fiques des uti­li­sa­teurs. L'ingénieur d'application com­mence alors la phase de para­mé­trage qui consti­tue une étape essen­tielle dans le pro­ces­sus de mise en ser­vice. En effet, le dis­po­si­tif doit éga­le­ment être confi­gu­ré de manière à cor­res­pondre aux pra­tiques de l’établissement, aux habi­tudes des mani­pu­la­teurs en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale et aux exi­gences du ser­vice. L’objectif est donc de per­son­na­li­ser autant que pos­sible le dis­po­si­tif médi­cal, afin qu’il soit réel­le­ment adap­té à l’activité du client et qu’il faci­lite son uti­li­sa­tion au quotidien.

    Le rôle de l’ingénieur d’application est alors de faire le lien entre les pos­si­bi­li­tés tech­niques de la machine et les attentes des uti­li­sa­teurs. Il doit com­prendre leur manière de tra­vailler, iden­ti­fier leurs besoins et adap­ter les réglages en consé­quence. Cette per­son­na­li­sa­tion per­met de rendre l’utilisation du dis­po­si­tif plus fluide, plus intui­tive et plus effi­cace. Elle contri­bue éga­le­ment à réduire les mani­pu­la­tions inutiles, à gagner du temps lors de la prise en charge des patients et à amé­lio­rer l’intégration du nou­vel équi­pe­ment dans l’organisation du service.

    Au début de mon stage, j’ai d’abord été for­mé au para­mé­trage des dis­po­si­tifs. Cette for­ma­tion m’a per­mis de com­prendre les dif­fé­rentes étapes à suivre, les élé­ments à véri­fier et les consé­quences que pou­vaient avoir cer­tains réglages sur l’utilisation quo­ti­dienne de l’appareil. J’ai pro­gres­si­ve­ment appris à modi­fier les para­mètres du logi­ciel d’acquisition, à adap­ter les pro­to­coles exis­tants et à répondre à cer­taines demandes for­mu­lées par les clients. Une fois cette phase d’apprentissage réa­li­sée, j’ai com­men­cé à effec­tuer cer­tains para­mé­trages de manière plus auto­nome, par­fois à dis­tance en amont de la mise en ser­vice, par­fois direc­te­ment sur le site du client. Le para­mé­trage pou­vait concer­ner plu­sieurs aspects du dis­po­si­tif. Une pre­mière par­tie por­tait sur le logi­ciel d’acquisition. Il s’agissait notam­ment d’adapter l’affichage, les barres d’outils, les caté­go­ries ou encore l’organisation géné­rale de l’interface.

    Une autre par­tie du tra­vail consis­tait à véri­fier et, si néces­saire, à modi­fier les pro­to­coles d’acquisition. Ces pro­to­coles déter­minent les para­mètres uti­li­sés pour réa­li­ser les exa­mens radio­gra­phiques. Ils doivent donc être cohé­rents avec les pra­tiques du ser­vice et adap­tés aux types d’examens réa­li­sés. L’ingénieur d’application doit s’assurer que les pro­to­coles pro­po­sés cor­res­pondent à l'activité du client, tout en garan­tis­sant une qua­li­té d’image satis­fai­sante. Lorsque cer­tains pro­to­coles ne don­naient pas entiè­re­ment satis­fac­tion, des ajus­te­ments pou­vaient être réa­li­sés en fonc­tion des retours des uti­li­sa­teurs. Le trai­te­ment d’image fai­sait éga­le­ment par­tie des élé­ments à adap­ter. Après la réa­li­sa­tion de cer­tains exa­mens, il était néces­saire d’analyser le ren­du des images obte­nues et de prendre en compte les obser­va­tions du client. Selon les remarques for­mu­lées, des modi­fi­ca­tions pou­vaient être appor­tées afin d’améliorer le résul­tat visuel, d’adapter le contraste ou encore d'adapter les constantes. Cette étape était impor­tante, car la qua­li­té per­çue de l’image influence direc­te­ment l’acceptation du dis­po­si­tif par les utilisateurs.

    Le para­mé­trage pou­vait aus­si concer­ner les auto­poses dans le cas de la table télé­com­man­dée par exemple. Cer­taines auto­poses exis­tantes devaient être reprises ou ajus­tées, tan­dis que de nou­velles pou­vaient être créées selon les besoins du client. Ces réglages per­mettent d’automatiser cer­taines posi­tions de la table et de faci­li­ter la réa­li­sa­tion de tous les exa­mens. Ils par­ti­cipent donc à l’amélioration de l’ergonomie et à la réduc­tion des mani­pu­la­tions répé­ti­tives pour les uti­li­sa­teurs. J’ai éga­le­ment été ame­né à créer des mises en page d’impression auto­ma­tique à la demande des clients. Cette fonc­tion­na­li­té per­met d’organiser les images selon un for­mat pré­dé­fi­ni, afin d'automatiser la mise en page d'impression. Là encore, le but était de limi­ter les actions manuelles et de rendre le tra­vail des uti­li­sa­teurs plus simple et plus rapide.

    Un autre exemple de per­son­na­li­sa­tion concer­nait la créa­tion de packs. Les packs per­mettent de regrou­per plu­sieurs pro­to­coles afin de sim­pli­fier leur sélec­tion lors de la réa­li­sa­tion d’un exa­men. Ce regrou­pe­ment repré­sente un réel gain de temps pour les mani­pu­la­teurs, car il évite de mul­ti­plier les clics et les recherches dans le logi­ciel. L’intérêt est de leur per­mettre de consa­crer davan­tage de temps au patient plu­tôt qu’au choix des protocoles.

    Enfin, cer­tains réglages pou­vaient por­ter sur des aspects plus méca­niques ou ergo­no­miques de l’appareil. Par exemple, lorsqu’un client signa­lait que le dépla­ce­ment laté­ral du pla­teau de la table était trop rapide ou pro­vo­quait des à-coups, il était pos­sible de modi­fier sa vitesse. Ce type d’ajustement per­met­tait d’obtenir un mou­ve­ment plus fluide, don­nant davan­tage l’impression que le pla­teau glis­sait natu­rel­le­ment. Ces détails peuvent paraître mineurs, mais ils sont impor­tants dans l’expérience d’utilisation quo­ti­dienne du dispositif.

    Ain­si, cette mis­sion de para­mé­trage m’a per­mis de com­prendre que la mise en ser­vice d’un dis­po­si­tif médi­cal ne se résume pas à son ins­tal­la­tion tech­nique. Elle implique un véri­table tra­vail d’adaptation aux besoins du client. L’ingénieur d’application doit être capable d’écouter les uti­li­sa­teurs, de com­prendre leurs habi­tudes, de tra­duire leurs demandes en réglages concrets et de pro­po­ser une confi­gu­ra­tion cohé­rente avec leur acti­vi­té. Cette étape est donc déter­mi­nante, car elle condi­tionne en grande par­tie l’appropriation du dis­po­si­tif par les équipes et la satis­fac­tion du client après l’achat.

      3.3.4. Formation des utilisateurs

    Les for­ma­tions consti­tuaient une étape essen­tielle après l’installation et le para­mé­trage du dis­po­si­tif médi­cal. Leur objec­tif prin­ci­pal était de per­mettre aux uti­li­sa­teurs de s’approprier le maté­riel afin de l’utiliser de manière auto­nome et effi­cace dans leur pra­tique quo­ti­dienne. Ces for­ma­tions concer­naient prin­ci­pa­le­ment les mani­pu­la­teurs en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale pour les tables télé­com­man­dées, les mobiles de radio­gra­phie et les salles os-pou­mon. Pour les mam­mo­graphes, elles pou­vaient éga­le­ment inclure les méde­cins radio­logues, notam­ment lorsque la for­ma­tion por­tait sur les scé­na­rios de lec­ture ou cer­taines fonc­tion­na­li­tés liées à la console d’interprétation des images.

    Les for­ma­tions étaient géné­ra­le­ment orga­ni­sées sur deux à trois jours, selon le type d’équipement, le niveau d’expérience des uti­li­sa­teurs et les besoins du ser­vice. Lorsque les uti­li­sa­teurs connais­saient déjà un dis­po­si­tif simi­laire, l’ingénieur d’application repre­nait les points essen­tiels, pré­sen­tait les nou­velles fonc­tion­na­li­tés et répon­dait aux ques­tions. À l’inverse, lorsque l’équipement était tota­le­ment nou­veau pour les équipes, la for­ma­tion était plus com­plète et pro­gres­sive, avec une pré­sen­ta­tion du maté­riel, du logi­ciel d’acquisition et des prin­ci­pales mani­pu­la­tions à réaliser.

    Dans un pre­mier temps, l’ingénieur d’application assu­rait la for­ma­tion ini­tiale, par­fois à blanc, c’est-à-dire sans patient, afin de per­mettre aux uti­li­sa­teurs de décou­vrir le dis­po­si­tif dans un contexte plus calme. Cette pre­mière phase por­tait notam­ment sur l’allumage et l’arrêt de l’appareil, le fonc­tion­ne­ment du logi­ciel d’acquisition, la sélec­tion des pro­to­coles, la réa­li­sa­tion des cli­chés, les réglages dis­po­nibles et les mani­pu­la­tions cou­rantes. Une fois cette pre­mière for­ma­tion réa­li­sée, je pou­vais prendre le relais en accom­pa­gnant les uti­li­sa­teurs lors des exa­mens. Mon rôle consis­tait alors à obser­ver leur uti­li­sa­tion du dis­po­si­tif, à iden­ti­fier les points qui n’étaient pas encore tota­le­ment assi­mi­lés et à en infor­mer l’ingénieur d’application expert. Cette phase d’accompagnement per­met­tait de véri­fier que les infor­ma­tions trans­mises avaient bien été com­prises et qu’elles étaient cor­rec­te­ment appli­quées en situa­tion réelle. Lorsqu’un mani­pu­la­teur me for­mu­lait une demande ou ren­con­trait une dif­fi­cul­té, j’étais accom­pa­gné par l’ingénieur d’application afin de m’assurer que j’avais bien com­pris le besoin et que la réponse appor­tée était adaptée.

    Cette mis­sion de for­ma­tion a été l’une des plus longues à assi­mi­ler pour moi, car elle exi­geait une connais­sance détaillée du dis­po­si­tif et de son uti­li­sa­tion concrète. Elle m’a per­mis de mieux connaître le maté­riel, de décou­vrir de nom­breuses fonc­tion­na­li­tés ain­si que d’apprendre des astuces d’utilisation. Elle m’a éga­le­ment per­mis de mesu­rer l’importance de la péda­go­gie dans le métier d’ingénieur d’application. Elles por­taient d’abord sur les prin­ci­pales spé­ci­fi­ci­tés tech­niques du maté­riel, puis sur l’utilisation du logi­ciel d’acquisition, qui repré­sente une par­tie cen­trale de la for­ma­tion. Les uti­li­sa­teurs devaient apprendre à sélec­tion­ner les pro­to­coles, réa­li­ser les cli­chés, modi­fier cer­tains para­mètres, trai­ter les images, ajou­ter des anno­ta­tions, copier des images ou encore envoyer et ren­voyer les exa­mens vers le sys­tème d’archivage ou d’impression.

    Cer­tains exa­mens plus com­plexes néces­sitent des expli­ca­tions spé­ci­fiques, comme les exa­mens de contraste, la gono­mé­trie, le télé­ra­chis, etc, ou encore des exa­mens par­ti­cu­liers comme les cli­chés en direct des rotules en posi­tion cou­chée sur le dos ou le pied en charge. Ces situa­tions deman­daient de bien expli­quer les dif­fé­rentes étapes : posi­tion­ne­ment de la table, cen­trage du patient, acqui­si­tion des cli­chés et trai­te­ment éven­tuel des images recons­truites. L’objectif était que les mani­pu­la­teurs puissent repro­duire ces exa­mens de manière auto­nome. La for­ma­tion por­tait éga­le­ment sur la modi­fi­ca­tion des infor­ma­tions patient, la ges­tion d’une erreur d’identité, l’extractibilité du cap­teur et de la grille, ou encore la créa­tion de nou­veaux pro­to­coles d’acquisition. Cette der­nière pos­si­bi­li­té était géné­ra­le­ment réser­vée aux mani­pu­la­teurs réfé­rents, afin d’éviter que tous les uti­li­sa­teurs modi­fient libre­ment les pro­to­coles exis­tants et de garan­tir une meilleure cohé­rence dans l’utilisation du dispositif.

    Enfin, il fal­lait adap­ter son dis­cours au niveau de chaque uti­li­sa­teur. Cer­tains mani­pu­la­teurs, notam­ment les plus âgés ou les moins à l’aise avec l’informatique, avaient besoin de plus de temps pour assi­mi­ler les mani­pu­la­tions. Il était alors néces­saire d’utiliser des mots plus simples, de refor­mu­ler les expli­ca­tions, de répé­ter cer­taines étapes ou de pro­po­ser des moyens mné­mo­tech­niques. Ain­si, cette mis­sion m’a per­mis de com­prendre que la for­ma­tion consiste sur­tout à accom­pa­gner les uti­li­sa­teurs dans leur prise en main, à répondre à leurs dif­fi­cul­tés et à s’assurer que le dis­po­si­tif puisse être uti­li­sé cor­rec­te­ment dans les condi­tions réelles de travail.

    3.3.5. Suivi post-installation

    Le sui­vi post-ins­tal­la­tion consti­tue la der­nière étape après la mise en ser­vice et la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs. Même lorsque le dis­po­si­tif médi­cal est ins­tal­lé, para­mé­tré et que les équipes ont été for­mées, il reste néces­saire de s’assurer que son uti­li­sa­tion se déroule cor­rec­te­ment dans la durée. Cette phase per­met donc d’accompagner les uti­li­sa­teurs après les pre­miers jours d’utilisation, mais éga­le­ment tout au long de la vie du dis­po­si­tif, afin de répondre à leurs ques­tions et d’identifier les éven­tuelles dif­fi­cul­tés rencontrées.

    Au fur et à mesure de l’utilisation du dis­po­si­tif, les uti­li­sa­teurs peuvent se rendre compte qu’ils sou­haitent cer­taines amé­lio­ra­tions ou adap­ta­tions com­plé­men­taires. Il peut s’agir, par exemple, de modi­fier un pro­to­cole, d’ajuster un réglage, de revoir une fonc­tion­na­li­té ou encore d’adapter davan­tage le dis­po­si­tif à leurs habi­tudes de tra­vail. Cette étape peut éga­le­ment être néces­saire lorsqu’une nou­velle per­sonne rejoint l’équipe. Dans ce cas, l’ingénieur d’application peut inter­ve­nir pour for­mer ce nou­vel uti­li­sa­teur ou reprendre cer­tains points essen­tiels afin de garan­tir une bonne conti­nui­té dans l’utilisation du matériel.

    L’ingénieur d’application reste éga­le­ment l’interlocuteur prin­ci­pal en cas de dif­fi­cul­té ren­con­trée par le client. Son rôle est alors d’analyser la demande afin de déter­mi­ner si le pro­blème est d’origine tech­nique ou appli­ca­tive. Si la dif­fi­cul­té concerne l’utilisation du logi­ciel, les pro­to­coles, les réglages ou les fonc­tion­na­li­tés de l’appareil, elle relève plu­tôt de l’applicatif. En revanche, si le pro­blème concerne le fonc­tion­ne­ment tech­nique du dis­po­si­tif, l’intervention d’un tech­ni­cien peut être néces­saire. Le sui­vi peut être réa­li­sé à dis­tance ou direc­te­ment sur site, selon la nature de la pro­blé­ma­tique ou de la demande. Pour ma part, lorsque l’intervention se fai­sait à dis­tance, je me connec­tais avec l’ingénieur d’application afin de réa­li­ser les ajus­te­ments deman­dés. Lorsqu’une inter­ven­tion sur site était néces­saire, je me dépla­çais avec lui afin d’observer la situa­tion direc­te­ment auprès des uti­li­sa­teurs et de par­ti­ci­per à l’accompagnement. Tout au long de ces mis­sions, j’étais sui­vie et accom­pa­gnée par l’ingénieur d’application, ce qui per­met­tait à la fois de garan­tir ma for­ma­tion pro­gres­sive et de s’assurer de la bonne exé­cu­tion des mis­sions réa­li­sées auprès du client.

    Ain­si, le sui­vi post-ins­tal­la­tion per­met de garan­tir une uti­li­sa­tion opti­male du dis­po­si­tif médi­cal après sa mise en ser­vice et tout au long de sa durée de vie. Il contri­bue à amé­lio­rer pro­gres­si­ve­ment l’expérience uti­li­sa­teur, à adap­ter le maté­riel aux besoins à l'instant t du ser­vice et à main­te­nir une rela­tion de confiance avec le client.

    4. Connaissances du métier de manipulateur d’électroradiologie médicale

    Tout au long de mon stage, je me suis ren­due compte que pour être un bon ingé­nieur d'application en radio­lo­gie, il fal­lait avoir des connais­sances du métier de mani­pu­la­teur radio. Le mani­pu­la­teur d’électroradiologie médi­cale est donc un pro­fes­sion­nel de san­té qui inter­vient sous la res­pon­sa­bi­li­té du méde­cin radio­logue. Son rôle consiste à uti­li­ser dif­fé­rents équi­pe­ments d’imagerie médi­cale, tels que la radio­gra­phie conven­tion­nelle, le scan­ner, l’IRM, la radio­thé­ra­pie ou encore la méde­cine nucléaire, afin de contri­buer à l’établissement d’un diag­nos­tic ou de par­ti­ci­per à la mise en œuvre de cer­tains trai­te­ments[16].

    Ce métier se situe à la croi­sée du soin et de la tech­nique. Le mani­pu­la­teur ne se contente pas uni­que­ment de réa­li­ser des cli­chés ou d’utiliser des appa­reils com­plexes mais il accom­pagne éga­le­ment le patient tout au long de l’examen. Il l’accueille, lui explique le dérou­le­ment de la pro­cé­dure, répond à ses éven­tuelles inquié­tudes et veille à le ras­su­rer. Il doit ensuite ins­tal­ler le patient dans la posi­tion adap­tée à l’examen deman­dé, tout en tenant compte de son état, de sa mobi­li­té et de ses dou­leurs éven­tuelles. Une fois le patient posi­tion­né, le mani­pu­la­teur s’assure qu’il main­tient cor­rec­te­ment cette posi­tion pen­dant la prise des cli­chés. Le posi­tion­ne­ment du patient est un élé­ment essen­tiel en ima­ge­rie médi­cale. Il per­met non seule­ment d’obtenir un cli­ché conforme aux cri­tères de réus­site atten­dus, mais éga­le­ment de limi­ter les reprises d’examen. Un mau­vais posi­tion­ne­ment peut entraî­ner une image inex­ploi­table, néces­si­tant une nou­velle expo­si­tion aux RX. Ain­si, la maî­trise des inci­dences radio­lo­giques et des règles de posi­tion­ne­ment contri­bue direc­te­ment à la qua­li­té de l’image, mais aus­si à la radio­pro­tec­tion du patient, en évi­tant des irra­dia­tions inutiles[17].

    Dans le domaine de la radio­lo­gie, l’ingénieur d’application joue un rôle impor­tant. Lors de l'acquisition d'un nou­veau dis­po­si­tif, sa mis­sion consiste à for­mer les mani­pu­la­teurs à l’utilisation du maté­riel, à leur trans­mettre les connais­sances néces­saires concer­nant les réglages, les fonc­tion­na­li­tés spé­ci­fiques de l’appareil, les pro­to­coles dis­po­nibles et les pos­si­bi­li­tés de per­son­na­li­sa­tion. Il doit donc être capable d’accompagner les uti­li­sa­teurs dans la prise en main du dis­po­si­tif, mais aus­si de répondre à leurs inter­ro­ga­tions pra­tiques. L’ingénieur d’application doit pou­voir com­prendre les demandes for­mu­lées par les mani­pu­la­teurs et les méde­cins. Ces demandes peuvent por­ter sur les inci­dences radio­lo­giques, les constantes d’acquisition, la dose déli­vrée, la péné­tra­tion des RX ou encore le ren­du final de l’image. Pour y répondre effi­ca­ce­ment, il est indis­pen­sable qu’il maî­trise au mini­mum leur voca­bu­laire pro­fes­sion­nel. Il ne s’agit donc pas seule­ment de connaître l’équipement d’un point de vue tech­nique, mais aus­si de com­prendre les besoins cli­niques expri­més par les uti­li­sa­teurs[17].

    Lors d’une for­ma­tion, par exemple, il peut arri­ver que les mani­pu­la­teurs ou le méde­cin indiquent que les images obte­nues ne sont pas satis­fai­santes, en disant sim­ple­ment qu’elles « ne sont pas belles » ou qu’elles ne cor­res­pondent pas au ren­du atten­du. Dans ce type de situa­tion, l’ingénieur d’application doit être capable d’analyser l’image et d’identifier les para­mètres à ajus­ter. Il peut s’agir, par exemple, d’augmenter les kV, qui influencent la péné­tra­tion des RX, de modi­fier les mAs, qui cor­res­pondent à la quan­ti­té de RX pro­duits et donc à la dose déli­vrée, ou encore d’ajuster les para­mètres de trai­te­ment d’image afin d’obtenir un meilleur contraste/luminosité, une meilleure net­te­té ou une image plus adap­tée à leur ana­lyse médicale.

    Avec l’expérience, l’ingénieur d’application déve­loppe pro­gres­si­ve­ment un regard plus pré­cis sur les cli­chés radio­lo­giques. Face à ces obser­va­tions et n’étant pas issue d’une for­ma­tion ini­tiale de mani­pu­la­teur en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale, il m’a donc été néces­saire de me for­mer aux bases de ce métier. Cette for­ma­tion m’a per­mis de mieux com­prendre les prin­ci­pales inci­dences radio­lo­giques, les constantes asso­ciées ain­si que les para­mètres de trai­te­ment d’image uti­li­sés en radio­lo­gie. Cette mon­tée en com­pé­tence est indis­pen­sable pour pou­voir dia­lo­guer effi­ca­ce­ment avec les mani­pu­la­teurs et les méde­cins, com­prendre leurs attentes et pro­po­ser des ajus­te­ments per­ti­nents lors des for­ma­tions ou des démons­tra­tions. Voi­ci quelques exemples d’incidences radio­lo­giques asso­ciées à l’examen du thorax.

    Exemple des inci­dences radio­gra­phiques du thorax

    Tho­rax de face PA (Figure 13)

    Pour l’incidence du tho­rax de face en posté­ro-anté­rieur (PA), réa­li­sable éga­le­ment en anté­ro-pos­té­rieur (AP), le patient est pla­cé debout, face au détec­teur, le tho­rax bien appli­qué contre la plaque. Les épaules sont abais­sées et pro­je­tées vers l’avant pour déga­ger les omo­plates des champs pul­mo­naires. Le men­ton est rele­vé pour ne pas se super­po­ser aux som­mets pul­mo­naires. L’examen est réa­li­sé en ins­pi­ra­tion pro­fonde blo­quée, afin d’obtenir une bonne expan­sion pul­mo­naire. Les constantes uti­li­sées sont géné­ra­le­ment une haute ten­sion, envi­ron 110 à 125 kV, avec une faible charge entre  1.5 et 3 mAs, adap­tée à la mor­pho­lo­gie du patient et à l’appareil. La dis­tance foyer-détec­teur est habi­tuel­le­ment d’environ 180 cm. Cette inci­dence per­met d’observer le champ pul­mo­naire en tota­li­té, la sil­houette car­diaque, les cou­poles dia­phrag­ma­tiques ain­si que le grill cos­tal. On recherche notam­ment une ano­ma­lie pul­mo­naire comme par exemple un épan­che­ment pleu­ral, un pneu­mo­tho­rax, une ano­ma­lie car­diaque. La qua­li­té du cli­ché se véri­fie par l’absence de rota­tion, la bonne ins­pi­ra­tion, la visi­bi­li­té des som­mets et des bases pul­mo­naires, ain­si que le déga­ge­ment des omo­plates[18], [19].

    Tho­rax de pro­fil (Figure 14)

    Pour l’incidence du tho­rax de pro­fil, le patient est pla­cé debout, le côté gauche ou droit contre le détec­teur afin de limi­ter l’agrandissement de la sil­houette car­diaque. Les bras sont rele­vés au-des­sus de la tête ou pla­cés de manière à déga­ger le tho­rax. Le patient doit être stric­te­ment de pro­fil, avec les épaules super­po­sées. Comme pour la face, le cli­ché est réa­li­sé en ins­pi­ra­tion pro­fonde blo­quée. Les constantes sont proches de celles de la face, avec une ten­sion d’environ 125 kV, mais une charge un peu plus éle­vée, com­pa­rée à la face, de 6 mAs en rai­son de l’épaisseur tra­ver­sée plus impor­tante. La dis­tance foyer-détec­teur est éga­le­ment d’environ 180 cm. Le pro­fil per­met de com­plé­ter l’analyse de la face en loca­li­sant plus pré­ci­sé­ment cer­taines lésions. Il per­met d’observer les espaces rétro-ster­nal et rétro-car­diaque, les lobes pul­mo­naires, les cou­poles dia­phrag­ma­tiques, le médias­tin et le rachis dor­sal. Il est par­ti­cu­liè­re­ment utile pour recher­cher une opa­ci­té mas­quée par le cœur par exemple. La qua­li­té du cli­ché repose sur la super­po­si­tion cor­recte des côtes pos­té­rieures, la bonne ins­pi­ra­tion et la visua­li­sa­tion com­plète du tho­rax[18], [19].

    Figure 13 :Thorax, face PA[18]                              Figure 14 :Thorax, profil[18]

    Tho­rax en décu­bi­tus laté­ral  (Figure 15): Très peu réalisé

    Pour l’incidence du tho­rax en décu­bi­tus laté­ral, le patient est allon­gé sur le côté, contre la table ou le bran­card, avec les bras rele­vés au-des­sus de la tête afin de déga­ger les champs pul­mo­naires. Le rayon est hori­zon­tal, ce qui per­met de visua­li­ser les niveaux liqui­diens ou aériques. Le patient doit être bien de pro­fil, sans rota­tion, et res­ter quelques minutes dans cette posi­tion avant la prise du cli­ché pour lais­ser l’air ou le liquide se répar­tir cor­rec­te­ment. L’examen est réa­li­sé en ins­pi­ra­tion pro­fonde blo­quée. Les constantes sont géné­ra­le­ment proches de celles du tho­rax stan­dard, avec une ten­sion éle­vée d’environ 125 kV et 3 mAs adap­tés à l’épaisseur tra­ver­sée et à la mor­pho­lo­gie du patient. La dis­tance foyer-détec­teur est idéa­le­ment d’environ 180 cm, mais elle peut être adap­tée si l’examen est réa­li­sé au lit du patient. Cette inci­dence est sur­tout uti­li­sée pour recher­cher un épan­che­ment pleu­ral de faible abon­dance ou un pneu­mo­tho­rax. Si l’on recherche un épan­che­ment, le côté sus­pect est géné­ra­le­ment pla­cé en bas pour que le liquide se déclive. Si l’on recherche un pneu­mo­tho­rax, le côté sus­pect est plu­tôt pla­cé en haut pour mieux visua­li­ser l’air pleu­ral. La qua­li­té du cli­ché repose sur l’absence de rota­tion, le bon cen­trage, l’inspiration suf­fi­sante et la bonne hori­zon­ta­li­té du rayon[18], [19].

    Tho­rax de face AP en lor­dose  (Figure 16): Très peu réa­li­sé également

    Pour l’incidence du tho­rax de face AP en lor­dose, le patient est pla­cé debout ou assis, le dos contre le détec­teur. Il doit se pen­cher légè­re­ment en arrière, en posi­tion de lor­dose, de manière à pro­je­ter les cla­vi­cules au-des­sus des som­mets pul­mo­naires. Les mains peuvent être posées sur les hanches, les coudes rame­nés vers l’avant pour déga­ger les omo­plates. Le patient doit res­ter bien de face, sans rota­tion. Le cli­ché est réa­li­sé en ins­pi­ra­tion pro­fonde blo­quée[18].

    Les constantes sont géné­ra­le­ment simi­laires à celles du tho­rax de face, avec une ten­sion éle­vée d’environ 125 kV et 3.5 mAs adap­tés à la mor­pho­lo­gie du patient. La dis­tance foyer-détec­teur est idéa­le­ment d’environ 180 cm. Cette inci­dence per­met prin­ci­pa­le­ment d’étudier les som­mets pul­mo­naires, sou­vent mas­qués par les cla­vi­cules sur une radio­gra­phie tho­ra­cique de face clas­sique. Elle est utile pour recher­cher une lésion api­cale, une opa­ci­té pul­mo­naire supé­rieure ou encore une fibrose. Elle ne sert pas à ana­ly­ser pré­ci­sé­ment la taille du cœur, car l’incidence AP peut entraî­ner un agran­dis­se­ment de la sil­houette car­diaque. La qua­li­té du cli­ché se véri­fie par le bon déga­ge­ment des cla­vi­cules au-des­sus des apex, l’absence de rota­tion et la visua­li­sa­tion com­plète des som­mets pul­mo­naires[18], [19].

    Figure 15 :Thorax, décubitus latéral[18]                  Figure  16 :Thorax, face AP en lordose[18]

    5. Indicateurs d’auto-évaluation

    Dès les pre­miers jours de stage, j’ai iden­ti­fié les com­pé­tences indis­pen­sables pour deve­nir auto­nome en tant qu’ingénieur d’application. Afin d’évaluer mon évo­lu­tion, je me suis fixé des cri­tères d'auto-évaluation de per­for­mance à atteindre au cours des quatre pro­chains mois de stage, durée moyenne à par­tir de laquelle un ingé­nieur d’application peut gagner en auto­no­mie et inter­ve­nir seul sur site. Cette pro­gres­sion dépend tou­te­fois du nombre de dis­po­si­tifs sur les­quels il est for­mé, ain­si que de sa capa­ci­té d’apprentissage.

    Pour rap­pel, j’ai été for­mé sur les tables télé­com­man­dées de radio­lo­gie, les salles os-pou­mon, les mobiles de radio­lo­gie, ain­si que sur la mammographie/biopsie.

    Les indi­ca­teurs fixés et les résul­tats obte­nus sont les suivants :

    1. Connais­sances des spé­ci­fi­ca­tions tech­niques → 4 mois
    2. Mise en ser­vice → 3 mois
    3. For­ma­tion pro­pre­ment dite → 5 mois
    4. Ges­tion des impré­vus → Avec l’expérience mais à 4 mois de stage, je com­pre­nais de plus en plus les pro­blé­ma­tiques énoncés

    Vers la fin de mon stage, je me suis inter­ro­gée sur les rai­sons pour les­quelles cer­tains objec­tifs n’avaient pas été tota­le­ment atteints. Plu­sieurs élé­ments peuvent l’expliquer. Tout d’abord, je ne venais pas d’une for­ma­tion de mani­pu­la­teur radio, ce qui m’a deman­dé davan­tage de temps pour acqué­rir des com­pé­tences liées à la qua­li­té d’image, aux inci­dences radio­lo­giques et aux constantes, indis­pen­sables pour com­prendre les besoins des uti­li­sa­teurs que j’étais ame­né à for­mer ain­si que de res­pec­ter les NRD ain­si évi­ter tout risque de surir­ra­dia­tion du patient. Ensuite, j’ai été for­mé sur plu­sieurs dis­po­si­tifs, cha­cun ayant ses propres spé­ci­fi­ci­tés tech­niques. Cela a repré­sen­té une dif­fi­cul­té sup­plé­men­taire, mais aus­si un réel avan­tage, car cela m’a per­mis de décou­vrir un large éven­tail d’équipements et de rendre mon stage par­ti­cu­liè­re­ment enrichissant.

    6. Apports du stage

    6.1. Mon état de connaissances initial

    Avant mon stage, je pos­sé­dais des bases en phy­sique appli­quée à la radio­lo­gie, notam­ment sur la pro­duc­tion des RX et leurs prin­ci­pales inter­ac­tions avec les tis­sus bio­lo­giques. Je savais que les RX sont pro­duits dans un tube radio­gène  dans lequel des élec­trons sont émis par une cathode chauf­fée, puis accé­lé­rés vers une anode grâce à une haute ten­sion. Lorsqu’ils frappent la cible de l’anode, leur ralen­tis­se­ment bru­tal entraîne la pro­duc­tion de RX, qui seront ensuite uti­li­sés pour tra­ver­ser le corps du patient et for­mer une image.

    J’avais des connais­sances sur les dif­fé­rents effets des RX sur les cel­lules de l’organisme tels que l'effet pho­to­élec­trique, qui cor­res­pond à l’absorption com­plète d’un pho­ton X par la matière, entraî­nant l’éjection d’un élec­tron. Cet effet est impor­tant en radio­gra­phie car il par­ti­cipe au contraste de l’image. Je connais­sais éga­le­ment l’effet Comp­ton, qui cor­res­pond à une inter­ac­tion au cours de laquelle un pho­ton X est dévié après avoir trans­fé­ré une par­tie de son éner­gie à un élec­tron. Cet effet pro­duit un rayon­ne­ment dif­fu­sé, sus­cep­tible de dégra­der la qua­li­té de l’image, et peut être limi­té grâce à l’utilisation d’une grille antidiffusante.

    J’avais aus­si des notions sur l’influence de la dis­tance focale, notam­ment sur l’agrandissement, le flou géo­mé­trique et l’intensité du rayon­ne­ment reçu. Enfin, je connais­sais le prin­cipe géné­ral de fonc­tion­ne­ment des cap­teurs numé­riques : après avoir tra­ver­sé le patient, les RX atteignent un détec­teur qui trans­forme l’information reçue en signal élec­trique. Ce signal est ensuite conver­ti en don­nées numé­riques afin de pro­duire une image visible sur un écran. Je pos­sé­dais éga­le­ment des connais­sances de base sur les exi­gences fon­da­men­tales de radio­pro­tec­tion, comme la jus­ti­fi­ca­tion des exa­mens, l’optimisation des doses et la pro­tec­tion du patient comme du per­son­nel soignant.

    6.2. Compétences développées et à développer

    Dans le domaine de la radio­lo­gie, l’ingénieur d’application doit impé­ra­ti­ve­ment être for­mé aux mesures de radio­pro­tec­tion. Compte tenu du sec­teur d’activité de Ste­pha­nix, spé­cia­li­sé dans les solu­tions d’imagerie médi­cale sous RX, cette com­pé­tence est essen­tielle pour inter­ve­nir sur le ter­rain en toute sécu­ri­té. La radio­pro­tec­tion ne concerne pas uni­que­ment le res­pect d’une obli­ga­tion régle­men­taire, elle fait par­tie inté­grante du métier, car elle condi­tionne la sécu­ri­té des pro­fes­sion­nels, des patients et de toute per­sonne ame­née à évo­luer dans un envi­ron­ne­ment expo­sé aux rayon­ne­ments ionisants.

    Avant de pou­voir par­ti­ci­per aux inter­ven­tions sur site, j’ai donc sui­vi une for­ma­tion spé­ci­fique à la radio­pro­tec­tion, dis­pen­sée par la per­sonne com­pé­tente en radio­pro­tec­tion (PCR) de l’entreprise. Cette for­ma­tion avait pour objec­tif de me sen­si­bi­li­ser aux risques liés aux rayon­ne­ments, mais aus­si de m’apprendre les bons réflexes à adop­ter lors des expo­si­tions. Pour vali­der cette for­ma­tion, un score mini­mum de 14/20 était requis. J’ai obte­nu la note de 17/20, ce qui m’a per­mis de confir­mer ma com­pré­hen­sion des prin­cipes fon­da­men­taux de radio­pro­tec­tion et d’être auto­ri­sé à inter­ve­nir sur le ter­rain dans de bonnes condi­tions. Cette for­ma­tion m’a notam­ment per­mis de mieux com­prendre les mesures de pro­tec­tion indi­vi­duelle et col­lec­tive. Par­mi les règles essen­tielles figurent le port du dosi­mètre, son empla­ce­ment adap­té (au niveau de la poi­trine), sa fré­quence de renou­vel­le­ment (tous les 3 mois pour les dosi­mètres indi­vi­duels), ain­si que son envoi régu­lier au PCR de l’entreprise pour le sui­vi dosi­mé­trique des salariés. 

    Au fur et à mesure de mes inter­ven­tions, j’ai pris conscience que le métier d’ingénieur d’application néces­site éga­le­ment de solides com­pé­tences rela­tion­nelles et une bonne capa­ci­té d’analyse. Lorsqu’il inter­vient auprès d’un client, il doit être capable de com­prendre rapi­de­ment son envi­ron­ne­ment de tra­vail. Cela sup­pose de poser les bonnes ques­tions : qui sont les uti­li­sa­teurs ? Com­ment tra­vaillent-ils au quo­ti­dien ? Quels sont leurs flux patients ? Quel est le type de patients pris en charge ? Ces élé­ments sont déter­mi­nants pour pro­po­ser une solu­tion réel­le­ment adap­tée. Il est éga­le­ment essen­tiel de com­prendre les habi­tudes de tra­vail des uti­li­sa­teurs. En règle géné­rale, j’ai pu remar­quer que les équipes médi­cales sont atta­chées à leurs pra­tiques, car celles-ci ont été construites avec l’expérience et répondent sou­vent à des contraintes propres à leur ser­vice. L’objectif n’est donc pas d’imposer une nou­velle manière de tra­vailler, mais d’accompagner le chan­ge­ment en tenant compte de l’existant. Face à ces obser­va­tions, j’ai déve­lop­pé des com­pé­tences liées à l’écoute, à l'observation et à l’identification des ques­tions per­ti­nentes afin d’identifier les besoins réels du client.

    J’ai donc déve­lop­pé des com­pé­tences de com­pré­hen­sion des attentes immé­diates du client : que sou­haite-t-il entendre lors de la démons­tra­tion ? Quelles pro­blé­ma­tiques veut-il résoudre ? Quels sont ses besoins actuels, mais aus­si ses pro­jets futurs ? Ces infor­ma­tions per­mettent d’adapter l’argumentaire com­mer­cial et tech­nique. Il ne s’agit pas de réci­ter les carac­té­ris­tiques d’un équi­pe­ment, mais de mettre en avant les fonc­tion­na­li­tés qui répondent concrè­te­ment aux attentes expri­mées par les uti­li­sa­teurs. Pour ren­for­cer ma cré­di­bi­li­té, il est aus­si impor­tant de se ren­sei­gner sur les solu­tions pré­cé­dem­ment uti­li­sées par le client. Connaître les anciens équi­pe­ments, leurs limites et les dif­fi­cul­tés ren­con­trées per­met d’enrichir l’échange et de mon­trer que la pro­po­si­tion for­mu­lée répond à des pro­blé­ma­tiques pré­cises. Tou­te­fois, cette démarche doit res­ter pro­fes­sion­nelle en évi­tant de cri­ti­quer ouver­te­ment les concur­rents. J’ai appris à avoir une pos­ture neutre, assez pro­fes­sion­nelle et fac­tuelle. Enfin, j’acquis des com­pé­tences sur les spé­ci­fi­ca­tions tech­niques des solu­tions que ma socié­té pro­pose. Cette exper­tise per­met de répondre aux ques­tions des uti­li­sa­teurs, d’expliquer les avan­tages des dis­po­si­tifs et d’accompagner le client dans sa réflexion. Cepen­dant, j’ai com­pris qu’il ne fal­lait pas choi­sir à la place du client. Mon rôle est de pré­sen­ter les solu­tions, d’en expli­quer les pos­si­bi­li­tés et les limites, puis de lais­ser le client prendre sa déci­sion en fonc­tion de ses besoins, de ses contraintes et de ses prio­ri­tés. En termes de com­pé­tences à déve­lop­per, je sou­haite appro­fon­dir mes com­pé­tences sur le métier de mani­pu­la­teur radio, ain­si que mes com­pé­tences en ges­tion des impré­vus tech­niques sur­tout dans le cas où le tech­ni­cien n’est dis­po­nible dans le but de pou­voir assu­rer mes mis­sions dans les meilleures conditions. 

     6.3. Liens avec la formation

    Comme dit pré­cé­dem­ment, ma for­ma­tion en ingé­nie­rie de la san­té m’a appor­té les bases phy­siques néces­saires pour com­prendre la pro­duc­tion des RX et le rôle des prin­ci­pales constantes uti­li­sées en radio­lo­gie. Elle m’a notam­ment per­mis de com­prendre, d’un point de vue tech­nique, la tech­no­lo­gie der­rière la radio­gra­phie. Elle m’a éga­le­ment per­mis d’acquérir une com­pré­hen­sion glo­bale des dis­po­si­tifs médi­caux, de leur envi­ron­ne­ment cli­nique, des exi­gences régle­men­taires et des enjeux liés à la qua­li­té et à la sécu­ri­té des soins. 

    Ain­si, ma for­ma­tion m’a don­né les bases indis­pen­sables pour faire le lien entre les prin­cipes phy­siques, les para­mètres tech­niques des dis­po­si­tifs et le stage est venu com­plé­ter ces connais­sances sur le ter­rain et de com­prendre le contexte cli­nique dans lequel les dis­po­si­tifs sont utilisés. 

    6.4. Retours d’expérience sur l’évolution de la radiographie (Centre d’imagerie à EU): 1987 - 2026

    Evo­lu­tion de la radiographie

    Avant les années 1980, la radio­gra­phie uti­li­sait des cas­settes conte­nant des films argen­tiques. Une fois expo­sés aux RX, les sels d’argent du film étaient modi­fiés, mais l’image res­tait invi­sible. On uti­li­sait alors un révé­la­teur, c’est-à-dire une solu­tion aqueuse qui trans­for­mait les sels d’argent expo­sés en argent métal­lique noir, fai­sant appa­raître les zones sombres de l’image et révé­ler l’image[20]. À par­tir des années 1980, la radio­gra­phie a évo­lué vers la radio­lo­gie infor­ma­ti­sée, avec des cas­settes conte­nant des plaques au phos­phore pho­to­sti­mu­lable. Après expo­si­tion, le phos­phore pié­geait les élec­trons, puis la cas­sette pas­sait dans un lec­teur laser qui balaie la plaque. Sous l’effet du laser, le phos­phore libé­rait un signal lumi­neux, ensuite trans­for­mé en signal élec­trique par un pho­to­dé­tec­teur, ce qui per­met de pro­duire une image numé­rique[21]. Dans les années 2000, la radio­gra­phie a connu une nou­velle évo­lu­tion avec la radio­gra­phie digi­tale, uti­li­sant un cap­teur numé­rique. Celui-ci reçoit direc­te­ment les pho­tons X et les conver­tit, selon le type de cap­teur, soit en lumière puis en signal élec­trique, soit direc­te­ment en signal élec­trique. L’image numé­rique devient alors immé­dia­te­ment visible sur l’écran de visua­li­sa­tion(Figure 17)[21]

    Figure 17 : Comparatif des différentes technologies en radiographie (Source : Auteur)

    Retour d’expérience

    Mon stage m’a per­mis de me rendre compte de l'importante évo­lu­tion de la radio­lo­gie au fil du temps, aus­si bien sur le plan tech­no­lo­gique que dans l’organisation du tra­vail des mani­pu­la­teurs radio. J’ai par­ti­cu­liè­re­ment pris conscience de cette évo­lu­tion lors de la mise en ser­vice d’une table télé­com­man­dée de radio­lo­gie à EU en Nor­man­die. À cette occa­sion, le client pos­sé­dait encore une ancienne table de radio­lo­gie de la socié­té Gene­ral Elec­tric GE, datant de 1987 (Figure 18). Cette situa­tion m’a per­mis d’observer et de com­pa­rer deux géné­ra­tions de maté­riels très dif­fé­rentes. En ana­ly­sant le fonc­tion­ne­ment de cette ancienne table, j’ai pu mieux com­prendre les pro­grès réa­li­sés dans le domaine de l’imagerie médi­cale, notam­ment en matière d’automatisation, d’ergonomie, de rapi­di­té d’exécution et de confort pour le patient.

    Figure 18 : Table télécommandée de radiologie  GE 1987, Modèle Télévix 1600 (Source : Auteur)

    Le fonc­tion­ne­ment de cette ancienne table repo­sait sur de nom­breuses étapes manuelles. Tout d’abord, le mani­pu­la­teur devait posi­tion­ner la table, puis sélec­tion­ner l’examen à réa­li­ser. Les constantes radio­lo­giques (la ten­sion - KV ou la dose - mAs), devaient ensuite être choi­sies manuel­le­ment en fonc­tion de l’examen et du patient. Après cela, le patient était ins­tal­lé et posi­tion­né cor­rec­te­ment. L’utilisation des cas­settes occu­pait donc une place cen­trale dans le pro­ces­sus. Avant chaque cli­ché, il fal­lait scan­ner pour iden­ti­fier la cas­sette, puis réa­li­ser l’image. Lorsqu’un nou­veau cli­ché était néces­saire, il fal­lait chan­ger de cas­sette et la rescan­ner. Autre­ment dit, le nombre de cas­settes uti­li­sées dépen­dait direc­te­ment du nombre de cli­chés réa­li­sés, même s’il était par­fois pos­sible de divi­ser une cas­sette en plu­sieurs zones pour réa­li­ser plu­sieurs acquisitions.

    Une autre limite impor­tante concerne la visua­li­sa­tion des images. Lors de la prise du cli­ché, le mani­pu­la­teur ne pou­vait pas visua­li­ser immé­dia­te­ment l’image finale. Il avait seule­ment accès à la sco­pie, c’est-à-dire à une visua­li­sa­tion à dose réduite per­met­tant d’aider au posi­tion­ne­ment, mais pas au résul­tat défi­ni­tif de l’examen (ceci est une amé­lio­ra­tion appor­tée). Pour consul­ter le cli­ché obte­nu, il fal­lait pas­ser par le sys­tème de lec­ture à laser de cas­sette per­met­tant de numé­ri­ser l’image, de la visua­li­ser et de réa­li­ser un trai­te­ment d’image. Une fois l’image dis­po­nible, elle pou­vait ensuite être envoyée vers dif­fé­rents groupes de sor­tie notam­ment vers l’ impri­mante, la console méde­cin ou encore le PACS (Pic­ture Archi­ving and Com­mu­ni­ca­tion System).

    Aujourd’hui, les tables de radio­lo­gie fonc­tionnent de manière beau­coup plus auto­ma­ti­sée. Après le choix de l’examen, un pro­to­cole d'auto posi­tion­ne­ment peut être asso­cié à l’acte sélec­tion­né. Les constantes radio­lo­giques sont éga­le­ment appli­quées auto­ma­ti­que­ment selon le pro­to­cole choi­si, ce qui limite les réglages manuels. La visua­li­sa­tion de la sco­pie et du cli­ché final est désor­mais directe. De plus, l’utilisation d’un seul cap­teur per­met de réa­li­ser plu­sieurs exa­mens sans avoir à chan­ger constam­ment de cas­sette. Cette évo­lu­tion repré­sente un gain consi­dé­rable en matière d’efficacité et de sim­pli­ci­té d’utilisation.

    Cette com­pa­rai­son entre une ancienne table de radio­lo­gie et une table récente m’a per­mis de mesu­rer concrè­te­ment l’impact des inno­va­tions tech­no­lo­giques sur le tra­vail quo­ti­dien. Les nou­velles géné­ra­tions de tables amé­liorent l’ergonomie, réduisent le temps consa­cré au para­mé­trage de l’équipement et per­mettent aux pro­fes­sion­nels de san­té de se concen­trer davan­tage sur le patient. Aujourd’hui, un exa­men peut durer envi­ron 10 minutes, en incluant le temps consa­cré à l’installation, à l’accompagnement du patient, à l’envoi de l’examen, alors qu’avec les anciennes géné­ra­tions, la durée pou­vait faci­le­ment atteindre 15 - 20 minutes, voire davan­tage selon le type d’examen réa­li­sé [Infor­ma­tions recueillies auprès de la manip d’EU]

    Cette évo­lu­tion montre que la moder­ni­sa­tion des équi­pe­ments de radio­lo­gie ne se limite pas à une amé­lio­ra­tion tech­nique. Les dis­po­si­tifs actuels per­mettent une prise en charge plus fluide, plus rapide et plus confor­table, tout en amé­lio­rant la qua­li­té du tra­vail des équipes médi­cales. Cette prise de recul a été l’un des appren­tis­sages les plus mar­quants de mon stage.

    Futur de la radio

    Les machines vont conti­nuer à évo­luer avec des cap­teurs qui seront de plus en plus per­for­mants, avec des images de meilleure qua­li­té et des doses de RX plus faibles. A titre d’exemple, le cap­teur à comp­tage pho­to­nique qui fait par­tie des grandes évo­lu­tions actuelles et qui trans­forme les pho­tons X en signal élec­trique sans pas­ser par le signal lumi­neux. Cette tech­no­lo­gie peut amé­lio­rer la qua­li­té d’image en dimi­nuant la dose reçue par le patient. Ensuite, l’intelligence arti­fi­cielle va prendre une place majeure, mais sur­tout comme outil d’aide au diag­nos­tic. Le futur sera aus­si celui d’une radio­lo­gie plus pré­dic­tive. Au lieu de seule­ment dire “il y a une lésion”, l’imagerie pour­ra aider à esti­mer un risque, suivre l’évolution d’une mala­die, pré­voir la réponse à un trai­te­ment, ou gui­der des thé­ra­pies ciblées. On ira donc vers une radio­lo­gie moins des­crip­tive et plus déci­sion­nelle et donc, elle ne ser­vi­ra pas seule­ment à voir, mais aus­si à orien­ter la prise en charge du patient. 

    6.5. Bilan personnel et professionnel

    Sur le plan per­son­nel, ce stage m’a per­mis de confir­mer mon inté­rêt pour le métier d’ingénieur d’application, ain­si que mon attrait pour le domaine des dis­po­si­tifs médi­caux. Cette expé­rience m’a confor­tée dans mon pro­jet pro­fes­sion­nel, car elle m’a per­mis de mieux com­prendre le rôle de l’ingénieur d’application dans l’accompagnement des uti­li­sa­teurs, la maî­trise des équi­pe­ments et la bonne mise en œuvre des tech­no­lo­gies bio­mé­di­cales en contexte clinique.

    Sur le plan pro­fes­sion­nel, ce stage a été par­ti­cu­liè­re­ment enri­chis­sant. En com­plé­ment de mes mis­sions prin­ci­pales, j’ai eu l’occasion de décou­vrir l’utilisation d’autres dis­po­si­tifs lourds d’imagerie médi­cale, notam­ment l’imageur à réso­nance magné­tique (IRM). Cette décou­verte a été ren­due pos­sible grâce aux mani­pu­la­teurs en élec­tro­ra­dio­lo­gie médi­cale qui ont accep­té de m’expliquer le fonc­tion­ne­ment de ces équi­pe­ments et leur uti­li­sa­tion en pra­tique cli­nique. Cela m’a per­mis de juger de la dif­fé­rence entre les logi­ciels d’acquisition en radio­lo­gie conven­tion­nelle et ceux des autres moda­li­tés d’imagerie mais éga­le­ment de la dif­fé­rence d’image obtenue.

    Cette expé­rience m’a beau­coup appor­té, aus­si bien sur le plan per­son­nel que pro­fes­sion­nel. Elle m’a per­mis de faire le lien entre mes connais­sances théo­riques et la réa­li­té du ter­rain, tout en ren­for­çant mon inté­rêt pour les tech­no­lo­gies bio­mé­di­cales et l’imagerie médi­cale. Elle a confir­mé mon envie d’évoluer dans un métier alliant com­pé­tences tech­niques, contact avec les pro­fes­sion­nels de san­té et accom­pa­gne­ment à l’utilisation des dis­po­si­tifs médicaux.

    7. Conclusion

    Ce stage au sein de l’entreprise Ste­pha­nix m’a per­mis de décou­vrir concrè­te­ment le fonc­tion­ne­ment d’une struc­ture spé­cia­li­sée dans le domaine de l’imagerie médi­cale, ain­si que les exi­gences liées au métier d’ingénieur d’application. À tra­vers l’étude de l’entreprise, de son envi­ron­ne­ment, de ses gammes de pro­duits et des mis­sions confiées, j’ai pu mieux com­prendre les enjeux tech­niques, com­mer­ciaux et humains qui entourent la mise en place d’équipements de radiographie.

    Cette expé­rience m’a mon­tré que le rôle de l’ingénieur d’application ne se limite pas à la simple maî­trise tech­nique des pro­duits. Il occupe une posi­tion cen­trale entre l’entreprise, les équipes com­mer­ciales et les uti­li­sa­teurs finaux. Son inter­ven­tion demande à la fois des com­pé­tences tech­niques solides, une bonne capa­ci­té d’adaptation, de la péda­go­gie et une com­pré­hen­sion pré­cise des besoins du client. Les dif­fé­rentes étapes obser­vées, de la connais­sance du client jusqu’à la for­ma­tion des uti­li­sa­teurs, m’ont per­mis de mesu­rer l’importance de l’accompagnement dans la réus­site d’un pro­jet d’installation ou de mise en ser­vice. Les mis­sions réa­li­sées m’ont éga­le­ment per­mis de déve­lop­per une vision plus concrète du sec­teur de la radio­gra­phie. J’ai pu consta­ter que l’évolution des équi­pe­ments, des pra­tiques et des attentes des centres d’imagerie impose une adap­ta­tion per­ma­nente. L’analyse de l’évolution de la radio­gra­phie entre 1987 et 2026 montre bien que ce domaine est en trans­for­ma­tion conti­nue, notam­ment avec la moder­ni­sa­tion des tech­no­lo­gies, la numé­ri­sa­tion des sys­tèmes et l’amélioration de la qua­li­té des images et des condi­tions de tra­vail des mani­pu­la­teurs radio.

    Ce stage a éga­le­ment été une expé­rience for­ma­trice. Il m’a per­mis d’évaluer mon niveau de connais­sances ini­tial, d’identifier mes points forts, mais aus­si les com­pé­tences que je dois encore ren­for­cer. Ce stage a donc confir­mé l’intérêt que je porte au métier d’ingénieur d’application qui asso­cie tech­no­lo­gie et rela­tion client. Il m’a per­mis de construire une réflexion plus pré­cise sur mon pro­jet pro­fes­sion­nel. Les connais­sances acquises, les situa­tions obser­vées et les com­pé­tences déve­lop­pées consti­tuent une base solide pour la suite de mon par­cours. Ain­si, cette expé­rience chez Ste­pha­nix a repré­sen­té une étape impor­tante dans ma for­ma­tion. Elle m’a éga­le­ment don­né une meilleure com­pré­hen­sion des attentes du métier et des efforts à pour­suivre pour pro­gres­ser. Ce stage res­te­ra donc une expé­rience enri­chis­sante, aus­si bien sur le plan pro­fes­sion­nel que personnel.

    8. Références bibliographiques

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