• IDS287 - Les échographes ultraportables : un outil en émergence dans les services sans pratique échographique spécialisée

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    Auteur

    Aamir QURAISHI

    Contact

    • Aamir QURAISHI : aamirquraishi1@hotmail.com | quraishiaamir7@gmail.com

    Citation

    A rap­pe­ler pour tout usage : Aamir QURAISHI, « Les écho­graphes ultra-por­tables : un outil en émer­gence dans les ser­vices sans pra­tique écho­gra­phique spé­cia­li­sée », Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Com­piègne (France), Mas­ter Ingé­nie­rie de la San­té, Mémoire d'Apprentissage, https://travaux.master.utc.fr/, réf n° IDS287, Juillet 2025, https://travaux.master.utc.fr/formations-master/ingenierie-de-la-sante/ids287/

    Résumé

    L’échographie est deve­nue un outil incon­tour­nable dans de nom­breuses spé­cia­li­tés médi­cales, grâce à sa capa­ci­té à four­nir des images dyna­miques en temps réel, sans irra­dia­tion. Les appa­reils clas­siques offrent des images de très haute qua­li­té, mais mal­gré leurs per­for­mances, plu­sieurs fac­teurs limitent leur uti­li­sa­tion par­tout : le coût, la taille, et la néces­si­té de les par­ta­ger entre dif­fé­rents services.

    Avec les nou­velles avan­cées tech­no­lo­giques, les écho­graphes ultra­por­tables ont émer­gé comme une nou­velle aide pour les pra­ti­ciens, en com­bi­nant leur légè­re­té, leur connec­ti­vi­té et leur com­pa­ci­té. Grâce à ces inno­va­tions, ces appa­reils com­mencent à être inté­grés dans les ser­vices non spé­cia­listes en écho­gra­phie, comme la méde­cine géné­rale ou la méde­cine interne.

    Ce rap­port a pour objec­tif de pré­sen­ter le large champ d’action de l’ingénieur d’application, tout en illus­trant la crois­sance du mar­ché des écho­graphes ultra­por­tables et les pers­pec­tives d’intégration de ces appa­reils dans les pra­tiques médi­cales futures.

    Abstract

    Ultra­sound has become an essen­tial tool in many medi­cal spe­cial­ties, thanks to its abi­li­ty to pro­vide dyna­mic, real-time images without radia­tion expo­sure. While clas­sic sys­tems deli­ver very high-qua­li­ty images, seve­ral fac­tors such as cost, size, and the need to share devices bet­ween ser­vices limit their wides­pread use.

    With new tech­no­lo­gi­cal advances, ultra­por­table echo­graphs have emer­ged as a new aid pour doc­tor, com­bi­ning its light­ness, connec­ti­vi­ty and com­pact­ness. Thanks to these inno­va­tions, echo­graphs are star­ting to be inte­gra­ted into non-spe­cia­list ser­vices such as gene­ral and inter­nal medicine. 

    This report aims to present the wide-ran­ging role of a Cli­ni­cal Sales Spe­cia­list, illus­tra­ting the gro­wing mar­ket for ultra-por­table ultra­sound sys­tems and explo­ring how these devices could conti­nue to inte­grate into medi­cal prac­tice in the future.

    Téléchargements

    IDS287 - Aamir QURAISHI - Ingénieur d'application CVUS/PoC
    IDS287 - Aamir QURAISHI - Ingé­nieur d'application CVUS/PoC

    Mémoire Complet

    Les échographes ultraportables : un outil en émergence dans les services sans pratique échographique spécialisée

    Remerciments

    Je tiens tout d’abord à remer­cier mon mana­ger et maître d’apprentissage, Eloge TINHAN, de m’avoir offert l’opportunité de rejoindre son équipe et de décou­vrir le monde de l’échographie au sein de GE Healthcare.

    Je tiens à remer­cier tout par­ti­cu­liè­re­ment Zaka­ria ZAROUI, ingé­nieur d’application avan­cé, qui m’a ser­vi de deuxième tuteur. Il a été tou­jours pré­sent pour m’accompagner, me conseiller et s’impliquer dans mon intégration.

    Je remer­cie Tien TRAN et Carole BRONNER, ingé­nieurs d’applications en Île-de-France, qui m’ont confié de nom­breuses mis­sions en pleine auto­no­mie sur le sec­teur, pour leur accueil et tout ce qu’ils m’ont appris. Mer­ci éga­le­ment à Franck DENNEBOUY de m’avoir don­né des oppor­tu­ni­tés de réa­li­ser des démons­tra­tions et d’organiser et ani­mer des formations.

    Je sou­haite éga­le­ment remer­cier Fatih, mon col­lègue appren­ti, avec qui j’ai pu échan­ger, pro­gres­ser et tra­vailler tout au long de cette période.

    Je remer­cie toute l’équipe CVUS/PoC pour son aide et son accom­pa­gne­ment pen­dant cette période.

    Je remer­cie mon tuteur de l’UTC, Mon­sieur Rachid JELLALI, pour son sui­vi et ses conseils.

    Enfin, je remer­cie Madame Isa­belle CLAUDE et Mon­sieur Jean-Mat­thieu PROT, mes res­pon­sables de mas­ter, pour m’avoir don­né l’opportunité d’intégrer ce mas­ter et de réa­li­ser cet apprentissage

    Liste des abréviations

    A2C : Api­cale deux cavi­tés
    A3C : Api­cale trois cavi­tés
    A4C : Api­cale quatre cavi­tés
    A5C : Api­cale cinq cavi­tés
    CL : Convexe + Linéaire (pour la sonde Vscan Air™ CL)
    CMH : Car­dio­myo­pa­thie hyper­tro­phique
    CVUS : Car­dio­vas­cu­lar Ultra­sound
    DICOM : Digi­tal Ima­ging and Com­mu­ni­ca­tions in Medi­cine
    ECG : Élec­tro­car­dio­gramme
    ETO : Écho­car­dio­gra­phie tran­sœ­so­pha­gienne
    ETT : Écho­car­dio­gra­phie trans­tho­ra­cique
    FE : Frac­tion d’éjection
    GI : Gene­ral Ima­ging
    IA : Intel­li­gence arti­fi­cielle
    IVC : Infe­rior Vena Cava (veine cave infé­rieure)
    LVOT : Left Ven­tri­cu­lar Out­flow Tract (trac­tus d’éjection du ven­tri­cule gauche)
    MSK : Mus­cu­lo-sque­let­tique
    PGAX : Para­ster­nal grand axe
    PoC : Point-of-Care
    POCUS : Point-of-Care Ultra­sound
    PSAX : Para­ster­nal petit axe
    SC : Sous-cos­tale
    SFAR : Socié­té Fran­çaise d’Anesthésie et de Réani­ma­tion
    SL : Sec­to­rielle + Linéaire (pour la sonde Vscan Air™ SL)
    SSN : Supra-ster­nale
    WHS : Women’s Health Segment

    Table des figures


    Figure 1 - Carte de différents sites de GE Healthcare en France [13]
    Figure 2 - Les différents secteurs de l'équipe applicative [13]
    Figure 3 - Schéma du trinôme : ingénieur d’application, commercial, technicien (source :auteurs)
    Figure 4 - Le Vivid™ E95 [13]
    Figure 5 - Famille Venue™ [13]
    Figure 6 - Schéma des évolutions technologiques en échographie
    Figure 7 - Schéma de circulation sanguine dans le cœur [12]
    Figure 8 - les différentes valves cardiaques [4]
    Figure 9 – L’activité électrique du cœur avec ECG [19]
    Figure 10 - Vscan Air™ CL [13]
    Figure 11 - Images abdominales prises avec le Vscan Air™ CL [13]
    Figure 12 - Vscan™ Air SL [13]
    Figure 13 - Images cardiaques et vasculaires prises avec le Vscan Air™ CL [13]
    Figure 14 - Philips Lumify™S4-1 [21]
    Figure 15 - Mindray TE Air i3P [20]
    Figure 16 - Le Butterfly iQ+ [19]
    Figure 17 - Exemple d'outil Needle sur le iQ3 [19]
    Figure 18 - Sonde convexe de Clarius [18]
    Figure 19 - Exemple de l’appareil similaire que le Vscan Air™ S/L [6]

    Liste des tableaux

    Tableau 1 - Synthèse des principales coupes échocardiographiques [3]
    Tableau 2 - Comparatif des échographes ultraportables les plus utilisés (source : auteurs) Tableau 3 - SWOT du Vscan Air™ (source : auteurs) 

    Introduction

    L’imagerie médi­cale est un outil prin­ci­pal pour diag­nos­ti­quer de nom­breuses mala­dies. Dans les grands hôpi­taux, les méde­cins dis­posent de scan­ners, d’IRM ou d’échographes de haute per­for­mance. Mais qu’en est-il dans les pays en déve­lop­pe­ment ou les zones rurales, où l’accès à ces équi­pe­ments reste très limi­té ? Dans ces contextes, l’échographe ultra­por­table peut faire toute la dif­fé­rence : léger, facile à uti­li­ser et connec­té, il per­met de poser un diag­nos­tic rapi­de­ment, même loin des centres hospitaliers

    L’échographie, en par­ti­cu­lier, est l’une des moda­li­tés d’imagerie le plus uti­li­sées. Cette tech­nique non inva­sive repose sur l’utilisation des ultra­sons pour ana­ly­ser en temps réel l’intérieur du corps humain [26]. Depuis plu­sieurs décen­nies, elle consti­tue un outil indis­pen­sable dans des spé­cia­li­tés comme la car­dio­lo­gie, la radio­lo­gie et la gyné­co­lo­gie-obs­té­trique, où son usage est quo­ti­dien et par­fai­te­ment structuré.

    Ces der­nières années, les pro­grès tech­no­lo­giques ont per­mis l’émergence d’échographes ultra­por­tables qui sont deve­nus plus com­pacts, légers, ergo­no­miques et connec­tés. Ces appa­reils ne sont pas conçus pour rem­pla­cer les écho­graphes clas­siques dans les grands ser­vices médi­caux, mais plu­tôt pour offrir une solu­tion d’appoint, faci­le­ment trans­por­table, que l’on peut gar­der à por­tée de main et uti­li­ser lorsqu’aucun écho­graphe tra­di­tion­nel n’est disponible.

    Il existe plu­sieurs modèles sur le mar­ché, tels que le Vscan Air™ SL et le Vscan Air™ CL de GE Heal­th­care. Ces écho­graphes à double sonde sans fil néces­sitent l’installation d’une appli­ca­tion dédiée sur un smart­phone ou une tablette (IOS ou Android). Une fois l’application télé­char­gée, l’appareil se connecte via Blue­tooth et Wi-Fi. Mal­gré leur for­mat com­pact, ils offrent une excel­lente qua­li­té d’image et intègrent des fonc­tion­na­li­tés com­pa­rables à celles des écho­graphes clas­siques, comme le Mode-B, le TM, le Dop­pler cou­leur et le Dop­pler pul­sé [13].

    Récem­ment, ces appa­reils ont com­men­cé à être inté­grés dans une large gamme de ser­vices, notam­ment ceux qui s’inscrivent dans la logique du Point-of-Care Ultra­sound (POCUS), mais aus­si dans des ser­vices qui n’avaient pas l’habitude de pra­ti­quer l’échographie, comme la méde­cine géné­rale et la méde­cine interne.

    Dans ce contexte, en tant qu’ingénieur d’application en écho­gra­phie car­dio­vas­cu­laire et point-of-care, mon rôle a été de réa­li­ser des démons­tra­tions dans ces dif­fé­rents ser­vices afin de mon­trer com­ment l’échographie pou­vait s’intégrer dans leurs pra­tiques quotidiennes.

    Ce rap­port d’apprentissage se concentre sur le métier d’ingénieur d’application chez GE Heal­th­care, en met­tant l’accent sur mon rôle dans l’intégration d’un écho­graphe ultra­por­table dans un ser­vice non spé­cia­li­sé en écho­gra­phie. Il explique éga­le­ment les acti­vi­tés réa­li­sées au cours de cette mis­sion : la for­ma­tion per­son­nelle, l’organisation des for­ma­tions, la par­ti­ci­pa­tion en congrès et aus­si l’accompagnement des équipes dans la prise en main.

    I. Présentation de l’organisme d’accueil

    L’historique de GE Healthcare

    GE Heal­th­care est une des plus grandes branches de Gene­ral Elec­tric, un groupe indus­triel fon­dé en 1889 par Tho­mas Edi­son à la suite de la fusion de deux autres enti­tés. En jan­vier 2023, GE Heal­th­care est deve­nue une enti­té indé­pen­dante à la suite de la sépa­ra­tion des acti­vi­tés de Gene­ral Elec­tric pour deve­nir une entre­prise indé­pen­dante pour ren­for­cer leur posi­tion de lea­der mon­dial des tech­no­lo­gies de san­té. [2],[13] (cf : Figure 1).

    L’entreprise est pré­sente dans plus de 160 pays et emploie envi­ron 51,000 col­la­bo­ra­teurs et 1800 ingé­nieurs d’applications et R&D dans le monde. Avec un chiffre d’affaires de près de 19,6 mil­liards de dol­lars, GE Heal­th­care cherche tou­jours à évo­luer pour aider plus de gens mon­dia­le­ment [13]

    GE Healthcare en France

    Le siège euro­péen de GE Heal­th­care se trouve en France, plus pré­ci­sé­ment à Buc, dans les Yve­lines. Ce site joue un rôle clé dans les acti­vi­tés de recherche et déve­lop­pe­ment, de pro­duc­tion et de ser­vices (cf : figure 1). Le site de Buc est un pôle d’expertise mon­dial pour l’imagerie inter­ven­tion­nelle, la mam­mo­gra­phie, les logi­ciels de visua­li­sa­tion avan­cée et l’intelligence arti­fi­cielle appli­quée à l’imagerie médi­cale. Récem­ment, Buc a accueilli la pre­mière ligne de pro­duc­tion de scan­ner en France [13].

    Figure 1 - Carte de différents sites de GE Healthcare en France [13] (interne)

    GE Heal­th­care se struc­ture autour de quatre grandes divi­sions : Ima­ging, Advan­ced Visua­li­sa­tion Ima­ging, Patient Care Solu­tions (PCS) et Phar­ma­ceu­ti­cal Diag­nos­tics (PDx) [13].

    L’échographie fait par­tie de l’imagerie, mais, en rai­son de sa diver­si­té et son large champ d’application, elle se consti­tue une divi­sion distincte.

    Contrai­re­ment aux autres entre­prises qui dis­tri­buent des appa­reils d’échographie, GE Heal­th­care a struc­tu­ré sa divi­sion d’échographie en fonc­tion de ses domaines d’application : CVUS/PoC pour la car­dio­lo­gie et la méde­cine de pre­mier recours, WHS pour la gyné­co­lo­gie et l’obstétrique, et GI pour la radio­lo­gie [13].

    L'organisation de l'équipe CVUS/PoC

    GE Heal­th­care a struc­tu­ré son équipe écho­gra­phie de manière à répondre aux spé­ci­fi­ci­tés des dif­fé­rentes appli­ca­tions cli­niques. En ce qui concerne la divi­sion CVUS/PoC, il s’agit de la plus grande des trois divi­sions échographie.

    Elle est orga­ni­sée autour d’un chef de pro­duit CVUS, qui assure éga­le­ment la fonc­tion de mana­ger pour l’ensemble des ingé­nieurs d’applications. Un chef de pro­duit PoC a récem­ment rejoint l’équipe pour ren­for­cer la coor­di­na­tion sur ce seg­ment. Les deux chefs de pro­duit sont sous la res­pon­sa­bi­li­té du res­pon­sable mar­ke­ting et de l’éducation cli­nique, qui super­vise l’ensemble des acti­vi­tés échographiques.

    L’équipe est com­po­sée de 11 ingé­nieurs d’application, dont 2 ingé­nieurs d’application avan­cés : l’un spé­cia­li­sé en CVUS/PoC, inter­ve­nant sur l’ensemble du ter­ri­toire natio­nal, et l’autre dédié spé­ci­fi­que­ment au PoC. En com­plé­ment, l’équipe com­prend éga­le­ment 2 appren­tis et 2 stagiaires.

    Les ingé­nieurs sont divi­sés par sec­teur géo­gra­phique (voir figure 2), avec en moyenne deux ingé­nieurs par sec­teur, sauf dans le nord-est et le nord-ouest, où la cou­ver­ture est orga­ni­sée dif­fé­rem­ment en fonc­tion des ressources.

    Figure 2 - Les différents secteurs de l'équipe applicative [13](interne)

    Chaque sec­teur com­prend éga­le­ment deux com­mer­ciaux : un dédié au sec­teur public et un au sec­teur pri­vé. En Île-de-France, deux com­mer­ciaux sont affec­tés au sec­teur pri­vé. Tous les com­mer­ciaux sont pla­cés sous la res­pon­sa­bi­li­té du mana­ger des ventes.

    Enfin, des tech­ni­ciens assurent l’installation et la main­te­nance des équi­pe­ments sur les trois seg­ments écho­gra­phiques, eux aus­si divi­sés par sec­teur afin d’assurer un sui­vi de proximité.

    Interactions au sein de l’équipe et impact sur mes missions

    Dans notre équipe et dans ce métier, la rela­tion entre l’ingénieur d’application, le com­mer­cial et le tech­ni­cien est essen­tielle (cf : figure 3). Ce tri­nôme assure le bon dérou­le­ment des dif­fé­rentes étapes : démons­tra­tion, vente et post-vente.

    Figure 3 - Schéma du trinôme : ingénieur d’application, commercial, technicien (source : auteurs)

    Pen­dant mon appren­tis­sage, j’ai tra­vaillé à plu­sieurs reprises dans ce tri­nôme, en étroite col­la­bo­ra­tion avec les com­mer­ciaux et les tech­ni­ciens. Par exemple, après avoir reçu les infor­ma­tions de mon com­mer­cial, j’intervenais pour réa­li­ser les démons­tra­tions, puis les ins­tal­la­tions étaient effec­tuées en binôme avec le technicien.

    Récem­ment, j’ai réa­li­sé une prise en main d’un appa­reil. Mon com­mer­cial m’a don­né le contexte : l’établissement, le ser­vice, le méde­cin concer­né et les infor­ma­tions sur l’installation pré­vue par le tech­ni­cien. J’ai ensuite contac­té le tech­ni­cien pour confir­mer les détails, véri­fier qu’il connais­sait bien les options choi­sies et savoir s’il comp­tait appor­ter l’appareil au ser­vice en mon absence. Lors de la pla­ni­fi­ca­tion du ren­dez-vous, j’ai veillé à tenir infor­més à la fois le tech­ni­cien et le com­mer­cial, notam­ment ce der­nier, car il s’agissait de ses clients.

    J’ai appris que la réus­site de ces mis­sions repose sur une bonne orga­ni­sa­tion et un par­tage constant des infor­ma­tions : il est indis­pen­sable que cha­cun ait connais­sance des détails de l’appareil ven­du, des options choi­sies par le client et des moda­li­tés d’organisation des ren­dez-vous. Le bon fonc­tion­ne­ment de ce tri­nôme faci­lite réel­le­ment la majo­ri­té des mis­sions et contri­bue à une meilleure satis­fac­tion des clients.

    Concurrence

    GE Heal­th­care occupe une posi­tion impor­tante sur le mar­ché de l’échographie en France et à l’international, mais le mar­ché reste vrai­ment com­pé­ti­tif avec des concur­rents qui aus­si fabriquent de bons échographes. 

    Dans le domaine de l’échographie car­dio­vas­cu­laire, GE Heal­th­care occupe la place de lea­der avec envi­ron 65 % de parts de mar­ché en France. Cette posi­tion repose sur la per­for­mance de la gamme Vivid™ conçue pour répondre aux besoins des car­dio­logues dans les CHU ou même les petits cabi­nets pri­vés. Par­mi les modèles les plus ven­dus figurent le Vivid™ S70N et le Vivid ™ T9, par­ti­cu­liè­re­ment appré­ciés pour leur équi­libre entre per­for­mances avan­cées et coût maî­tri­sé. Ces deux appa­reils sont moins chers que les modèles haut de gamme, tout en offrant une image de très belle qua­li­té. Ce sont des machines com­pactes : le Vivid™ S70N se posi­tionne comme un com­pact pre­mium avec la tech­no­lo­gie cSound™, qui en fait l’un des meilleurs sys­tèmes 2D dis­po­nibles pour les exa­mens car­dio­vas­cu­laires [13].

    Sur le seg­ment haut de gamme, le Vivid™ E95 (cf : figure 4) reste le modèle de réfé­rence de GE Heal­th­care. Le prin­ci­pal concur­rent sur le seg­ment reste Phi­lips avec son sys­tème EPIQ™ CVx nSight Plus, qui est l’équivalent direct du Vivid™ E95 [13].

    Le VIVID E95™ se dis­tingue par [13] :

    • Une qua­li­té d’image excep­tion­nelle en 2D, offrant une clar­té et une pré­ci­sion inégalées.
    • Des per­for­mances pre­mium en écho­gra­phie 4D, qui en font l’outil de choix pour les car­dio­logues exi­geants en matière de diag­nos­tic avan­cé [13].
    • Son for­ma­teur de fais­ceau, le cSound™ Adapt, offre de belles images, même avec des patients dif­fi­ciles, grâce à sa capa­ci­té d’optimiser les contrastes et la réso­lu­tion d’image.
    Figure 4 - Le Vivid E95™ [13]

    Grâce à ces atouts, le Vivid E95™ s’impose comme la machine d’expertise par excel­lence en échocardiographie.

    Cepen­dant, des nou­velles pro­blé­ma­tiques concur­ren­tielles émergent avec Sam­sung, notam­ment avec leur modèle le CV8, un appa­reil car­dio­vas­cu­laire offrant une bonne qua­li­té d’image en 2D et 4D à un prix net­te­ment infé­rieur. Ce modèle per­met­tra à cer­tains éta­blis­se­ments de maî­tri­ser leurs coûts tout en offrant une solu­tion adap­tée à leurs besoins en cardiologie. 

    Dans le domaine du Point-of-Care, GE Heal­th­care fait face à une forte concur­rence sur un mar­ché en pleine expan­sion et très dyna­mique. La solu­tion prin­ci­pale pro­po­sée par GE est la gamme Venue™ (voir figure 5), com­po­sée d’appareils tac­tiles et mobiles conçus pour s’adapter aux envi­ron­ne­ments cri­tiques, tels que les urgences, la réani­ma­tion ou l’anesthésie. Ces machines ont été déve­lop­pées pour être simples et rapides à uti­li­ser, répon­dant aux besoins de ser­vices qui évo­luent dans des situa­tions sou­vent instables et néces­sitent des outils immé­dia­te­ment opé­ra­tion­nels. Elles per­mettent néan­moins de réa­li­ser un large éven­tail d’actes écho­gra­phiques grâce à l’intégration de mul­tiples outils auto­ma­tiques adap­tés au contexte clinique.

    Figure 5 - Famille Venue™ [13]

    Par­mi les concur­rents directs, on retrouve des appa­reils tels que ceux de Min­dray, sou­vent consi­dé­rés comme des réfé­rences sur ce seg­ment. Leur série TEX20, posi­tion­née sur le haut de gamme du PoC, pro­pose des carac­té­ris­tiques avan­cées : écran rota­tif, com­mandes vocales pour une uti­li­sa­tion mains libres et dop­pler tis­su­laire pour l’imagerie car­diaque. Un des atouts majeurs du TEX20 est éga­le­ment son prix par­ti­cu­liè­re­ment com­pé­ti­tif par rap­port aux solu­tions équi­va­lentes pro­po­sées par les autres acteurs du mar­ché, ce qui le rend très attrac­tif pour de nom­breux éta­blis­se­ments [13].

                  Dans ce contexte, le Vscan Air™ consti­tue la réponse de GE Heal­th­care à l’évolution du mar­ché. Il s’agit d’un appa­reil ultra­lé­ger, sans fil, doté d’une connec­ti­vi­té moderne et qui per­met de réa­li­ser rapi­de­ment des écho­gra­phies, tout en pro­dui­sant de belles images.

    La concur­rence devient éga­le­ment de plus en plus forte sur ce seg­ment, avec des acteurs majeurs comme Min­dray, qui pro­pose des sondes ultra­por­tables aux carac­té­ris­tiques avan­cées et à un prix com­pé­ti­tif, ce qui les rend attrac­tives pour de nom­breux établissements.On retrouve éga­le­ment le Lumi­fy™ de Phi­lips, ain­si que des appa­reils pro­po­sés par But­ter­fly et Cla­rius, tous posi­tion­nés sur la com­pa­ci­té et la faci­li­té d’utilisation.

    Environnement technologique en échographie

    Les uti­li­sa­teurs attendent aujourd’hui des tech­no­lo­gies qui répondent à leurs besoins pra­tiques et amé­liorent leur quo­ti­dien (cf : figure 6). GE Heal­th­care suit plei­ne­ment cette logique, en par­ti­cu­lier dans le domaine de l’échographie car­dio­vas­cu­laire et du point-of-care.

    L’intelligence arti­fi­cielle (IA) occupe une place de plus en plus impor­tante. Aujourd’hui, presque tous les écho­graphes sont équi­pés de sys­tèmes d’IA, qu’il s’agisse d’outils per­met­tant de réa­li­ser des mesures auto­ma­tiques ou de fonc­tion­na­li­tés plus avan­cées, comme le cal­cul du strain en seule­ment 15 secondes après l’acquisition des coupes. Ces outils sont fiables et aident les méde­cins à être plus pro­duc­tifs et à gagner un temps important.

    La connec­ti­vi­té est éga­le­ment un besoin majeur, sou­vent lié à d’autres évo­lu­tions. Les écho­graphes actuels peuvent se connec­ter au réseau hos­pi­ta­lier via Wi-Fi, per­met­tant un archi­vage sécu­ri­sé des don­nées des patients. De plus, grâce à des tech­no­lo­gies comme Rofim, les écho­graphes de la gamme Vivid™ per­mettent de créer un réseau entre car­dio­logues pour par­ta­ger des images et des boucles écho­gra­phiques de manière simple et rapide.

    L’ergonomie des appa­reils est un fac­teur essen­tiel, quel que soit le ser­vice. C’est l’une des rai­sons pour les­quelles des modèles comme le Vivid™ S70 ou le Vivid™ T9 comptent par­mi les plus ven­dus : leur com­pa­ci­té et leur desi­gn faci­litent leur inté­gra­tion dans des envi­ron­ne­ments médi­caux sou­vent contraints en espace. Cette atten­tion por­tée à l’ergonomie se retrouve éga­le­ment dans la gamme Venue™, conçue comme une solu­tion mobile et tac­tile qui accé­lère la prise en main dans les ser­vices très sollicités.

    Figure 6 - Schéma des évolutions technologiques en échographie 

    Enfin, l’une des ten­dances majeures actuelles est la minia­tu­ri­sa­tion des équi­pe­ments. Cette évo­lu­tion s’aligne sur les prin­cipes d’ergonomie en pro­po­sant des appa­reils extrê­me­ment com­pacts et faciles à déployer, répon­dant ain­si aux exi­gences des ser­vices néces­si­tant un équi­pe­ment léger et rapi­de­ment fonc­tion­nel. Cela concerne autant les envi­ron­ne­ments cri­tiques que les pra­ti­ciens sou­hai­tant inté­grer l’échographie dans leur pra­tique quotidienne.

    Ces évo­lu­tions tech­no­lo­giques et les besoins aux­quels elles répondent consti­tuent le cadre dans lequel s’inscrit mon rôle au sein de GE Heal­th­care. La par­tie sui­vante pré­sente le métier d’ingénieur d’application et les mis­sions qui m’ont été confiées dans ce contexte en pleine transformation.

    II. La vie d'ingénieur d'application dans l'équipe CVUS/PoC

    Description générale du métier

    L’ingénieur d’application occupe un rôle essen­tiel dans le domaine des dis­po­si­tifs médi­caux. Il inter­vient comme un acteur clé entre la tech­no­lo­gie et les pro­fes­sion­nels de san­té, avec pour objec­tif de garan­tir que les équi­pe­ments sont cor­rec­te­ment inté­grés dans les ser­vices et uti­li­sés de manière opti­male au quotidien.

    Les mis­sions s’articulent autour des plu­sieurs axes :

    • Les démons­tra­tions avant-ventes : réa­li­sées en col­la­bo­ra­tion avec les équipes com­mer­ciales, ces démons­tra­tions ont pour objec­tif de pré­sen­ter les appa­reils le plus adap­tés aux besoins identifiés.
    • L’installation : Sou­vent menée avec les tech­ni­ciens, cette étape per­met à l’ingénieur d’application d’assurer une pre­mière prise en contact avec les uti­li­sa­teurs, de véri­fier les réglages ini­tiaux et par­fois de réa­li­ser les pre­miers essaies direc­te­ment après.
    • La for­ma­tion des uti­li­sa­teurs : cette étape consti­tue la prise en main réelle des écho­graphes. L’ingénieur orga­nise et anime des ses­sions de for­ma­tion des­ti­nées aux uti­li­sa­teurs prin­ci­paux, en adap­tant le conte­nu aux pra­tiques quo­ti­diennes des équipes.
    • Le sui­vi clien­tèle : cette mis­sion s’inscrit dans la conti­nui­té de la for­ma­tion. Il peut s’agir d’une visite pla­ni­fiée quelques mois après l’installation, pour véri­fier que tout fonc­tionne cor­rec­te­ment, ou d’une inter­ven­tion à la suite d’une demande spé­ci­fique d’un utilisateur.
    • L’organisation des for­ma­tions en com­plé­ment : Sou­vent orga­ni­sées avec des éta­blis­se­ments de san­té ou d’autres entre­prises du sec­teur, ces for­ma­tions servent à mettre en valeur nos dis­po­si­tifs et à aider les pro­fes­sion­nels à déve­lop­per leurs compétences.
    • La par­ti­ci­pa­tion au congrès : Les congrès consti­tuent un moment stra­té­gique pour l’entreprise, per­met­tant des ren­contres avec la clien­tèle, des oppor­tu­ni­tés de réseau­tage et la pos­si­bi­li­té de déve­lop­per de nou­veaux contacts ou projets.

    Les spécificités en CVUS/PoC

    L’échographie car­dio­vas­cu­laire est un des exa­mens les plus impor­tants pour les méde­cins, quel que soit le ser­vice, car elle per­met une éva­lua­tion en temps réel des struc­tures et des fonc­tions cardiaques.Cet exa­men est indis­pen­sable pour le diag­nos­tic, le sui­vi, et par­fois aus­si pour la réa­li­sa­tion d’interventions lors des opé­ra­tions. Le fait qu’il s’agisse d’un outil non inva­sif, capable de four­nir des infor­ma­tions essen­tielles sur le cœur et les vais­seaux, montre son impor­tance dans la pra­tique quo­ti­dienne des pro­fes­sion­nels de santé.

    Dans la par­tie car­dio­vas­cu­laire, il existe trois appli­ca­tions prin­ci­pales : l’échocardiographie trans­tho­ra­cique (ETT), l’échocardiographie tran­sœ­so­pha­gienne (ETO), et les exa­mens vas­cu­laires, sou­vent réa­li­sés avec le Doppler.

    Au-delà des connais­sances tech­niques des appa­reils, il est essen­tiel de maî­tri­ser les enjeux cli­niques pour s’adapter aux besoins des méde­cins et sur­tout pour éta­blir la meilleure rela­tion pos­sible avec eux.

    L’échographie en POCUS fonc­tionne de manière très dif­fé­rente, même si cela repré­sente envi­ron 30 % de notre acti­vi­té. Elle néces­site de solides com­pé­tences sur l’ensemble du corps humain. Par exemple, le ser­vice d’urgences se pra­tique de manière très rapide : les pra­ti­ciens exa­minent l’ensemble du corps, mais avec une ana­lyse qui est dif­fé­rente de celle d’un radio­logue ou d’un car­dio­logue.  Par exemple, en ser­vice d’urgences, les exa­mens sont réa­li­sés très rapi­de­ment : les pra­ti­ciens explorent tout le corps, mais avec une approche dif­fé­rente de celle d’un radio­logue ou d’un car­dio­logue. Par exemple, un car­dio­logue va cal­cu­ler la frac­tion d’éjection (FE) à l’aide des outils dis­po­nibles sur l’échographe, tan­dis qu’un urgen­tiste va prin­ci­pa­le­ment obser­ver le rem­plis­sage et le vidage du cœur en vue api­cale pour en tirer une ana­lyse rapide de la fonc­tion car­diaque [13].

    Il est donc impor­tant de se for­mer dans les dif­fé­rents domaines du POCUS tout en ayant une bonne maî­trise des aspects tech­niques des appa­reils. Il existe plu­sieurs ser­vices concer­nés par le POCUS, comme l’hépatogastroentérologie, la néphro­lo­gie ou encore le mus­cu­los­que­let­tique (MSK). Il est donc impor­tant de pos­sé­der de solides connais­sances en ana­to­mie et en physiologie.

    Les missions qui m’ont été confiées

    Avant de réa­li­ser ces mis­sions, la phase de for­ma­tion a été une étape obli­ga­toire et com­plexe. Cette période inten­sive de six mois m’a per­mis d’acquérir des connais­sances appro­fon­dies en ana­to­mie et phy­sio­lo­gie car­diaque, indis­pen­sables pour com­prendre les exa­mens et accom­pa­gner les car­dio­logues dans leurs pratiques.

    L’anatomie et physiologie cardiaque

    Il est impor­tant d’acquérir des connais­sances en ana­to­mie et phy­sio­lo­gie car­diaque pour plu­sieurs rai­sons : cela per­met de mieux com­prendre l’utilisation des ultra­sons, de maî­tri­ser le fonc­tion­ne­ment des appa­reils, et de sai­sir com­ment ces der­niers sont liés aux dif­fé­rentes struc­tures et aux phases du cycle cardiaque.

    Le cœur est un organe mus­cu­laire situé dans la cage tho­ra­cique, en arrière du ster­num et légè­re­ment déca­lé vers la gauche. Une paroi, le sep­tum inter­ven­tri­cu­laire, divise le cœur en deux par­ties : un cœur droit et un cœur gauche. Chaque moi­tié com­porte deux cavi­tés : une oreillette et un ven­tri­cule, reliés entre elles par une valve auri­cu­lo-ven­tri­cu­laire [12].

    Le cœur fonc­tionne comme une pompe qui pro­pulse le sang dans tout l’organisme,assurant ain­si l’alimentation en oxy­gène des tis­sus et organes [12].

    Pour com­prendre un peu plus, il faut regar­der la cir­cu­la­tion du sang dans le cœur pour voir la liai­son entre tous ses par­tis. Le sang pauvre en oxy­gène pro­ve­nant de l’ensemble du corps arrive dans l’oreillette droite, qui, en se contrac­tant, le dirige vers le ven­tri­cule droit. À ce moment la valve entre ces deux cavi­tés se ferme, puis le ven­tri­cule droit se contracte à son tour pour
    envoyer le sang dans le tronc pul­mo­naire. La valve pul­mo­naire se ferme ensuite pour empê­cher le reflux, et le sang est ache­mi­né vers les pou­mons où il est réoxy­gé­né [12] (cf : figure 7).

    Figure 7 - Schéma de circulation sanguine dans le coeur [12]

    Le sang riche en oxy­gène issu des pou­mons revient dans l’oreillette gauche. Cette cavi­té se contracte et pousse le sang dans le
    ven­tri­cule gauche. La valve mitrale se ferme alors, puis le ven­tri­cule gauche expulse le sang dans l’aorte, qui le dis­tri­bue à l’ensemble du corps. La valve aor­tique se ferme ensuite pour évi­ter un retour du sang dans le cœur [12].
    Par ailleurs, le cœur se nour­rit lui-même grâce aux artères coro­naires, qui partent de l’aorte et assurent l’apport en oxy­gène aux tis­sus car­diaques [12].
    Les deux côtés du cœur fonc­tionnent de manière syn­chro­ni­sée : d’abord les oreillettes se contractent ensemble, puis ce sont les ven­tri­cules qui se contractent simul­ta­né­ment pour pro­pul­ser le sang dans les cir­cuits pul­mo­naires et sys­té­miques [12].
    Les valves car­diaques jouent un rôle essen­tiel et sont lar­ge­ment étu­diées en écho­gra­phie. Comme men­tion­né pré­cé­dem­ment, elles séparent les dif­fé­rentes cavi­tés du cœur et garan­tissent une cir­cu­la­tion san­guine effi­cace. Chaque valve est consti­tuée de deux ou trois feuillets, appe­lés val­vules, qui s’ouvrent pour per­mettre le pas­sage du sang dans le bon sens et se referment pour évi­ter tout reflux arrière [11].

    Il existe 4 grandes valves au niveau du cœur (cf : figure 8) :

    Figure 8 - les différentes valves cardiques [11]

    La valve mitrale entre l’oreillette gauche et le ven­tri­cule gauche [11].

    • La valve aor­tique entre le ven­tri­cule gauche et l’aorte,
    • La valve pul­mo­naire entre le ven­tri­cule droit et l’artère pulmonaire,
    • La valve tri­cus­pide entre l’oreillette droite et le ven­tri­cule droit,
    • La valve mitrale entre l’oreillette gauche et le ven­tri­cule gauche [11].

    La pro­chaine étape consiste à relier ces infor­ma­tions au cycle car­diaque. Le rythme car­diaque com­porte deux com­po­santes principales :

    La com­po­sante méca­nique, qui cor­res­pond au cycle car­diaque lui-même, consti­tué de phases de contrac­tion (sys­tole) durant les­quelles le ven­tri­cule gauche éjecte le sang hors du cœur, et de phases de relaxa­tion (dias­tole) per­met­tant le rem­plis­sage
    des cavi­tés car­diaques [10].

    La com­po­sante élec­trique, repré­sen­tée par l’électrocardiogramme (ECG) (cf : figure 9) qui com­mande et pré­cède l’activité méca­nique. L’ECG et le cycle car­diaque sont étroi­te­ment syn­chro­ni­sés : l’activité élec­trique déclenche les contrac­tions qui assurent la fonc­tion de pompe du cœur [10].

    Figure 9 - L'activité électrique du coeur avec ECG [10]

    L’importance des bases d’échocardiographie

    L’échocardiographie est une spé­cia­li­té essen­tielle qui néces­site d’apprendre le dérou­le­ment des exa­mens de A à Z, depuis la pré­pa­ra­tion du patient jusqu’à l’acquisition des­dif­fé­rentes coupes et la réa­li­sa­tion des mesures. Je suis encore en appren­tis­sage, car il y a tou­jours des choses à décou­vrir et à appro­fon­dir pour deve­nir un excellent ingé­nieur d’application.

    Comme évo­qué pré­cé­dem­ment, il existe trois grands types d’examens écho­car­dio­gra­phiques : l’échocardiographie trans­tho­ra­cique (ETT), l’échocardiographie tran­sœ­so­pha­gienne (ETO) et les exa­mens vas­cu­laires. Pen­dant mon appren­tis­sage, je n’ai pas eu l’opportunité d’assister à beau­coup d’ETO, car ils sont plus com­plexes et se déroulent sou­vent dans un contexte tech­nique exi­geant. Pour autant, il reste indis­pen­sable de se for­mer sur ces trois types d’examens, en par­ti­cu­lier sur l’ETT.

    L’échocardiographie trans­tho­ra­cique (ETT) est l’examen stan­dard non inva­sif en écho­car­dio­gra­phie. Elle repose sur l’utilisation des ultra­sons pour visua­li­ser le cœur en temps réel grâce à une sonde pla­cée sur la poi­trine. Cet exa­men per­met d’enregistrer des images et des vidéos du muscle car­diaque et des valves. Il est prin­ci­pa­le­ment uti­li­sé pour éva­luer la fonc­tion glo­bale du cœur, la force de contrac­tion des ven­tri­cules et l’état des valves car­diaques afin de détec­ter un rétré­cis­se­ment ou une fuite val­vu­laire [9].

    Un exa­men d’ETT com­prend plu­sieurs coupes, cha­cune per­met­tant d’analyser des struc­tures spé­ci­fiques (voir tableau 1) :

    Tableau 1 - Synthèse des principales coupes échocardiographiques [3]

    La par­tie théo­rique a été dif­fi­cile et exi­geante, mais c’est grâce à elle que j’ai acquis les bases cli­niques et tech­niques indis­pen­sables. Toute cette par­tie cli­nique m’a aidé à mieux com­mu­ni­quer avec les méde­cins lors des inter­ven­tions. Par exemple, le fait de connaître les dif­fé­rentes coupes m’a per­mis de com­prendre les mesures écho­gra­phiques asso­ciées et d’aider les méde­cins à retrou­ver cer­taines mesures ou à échan­ger avec eux sur des valeurs cli­niques pré­cises. La coupe api­cale, en par­ti­cu­lier, a été essen­tielle à com­prendre et à savoir réa­li­ser, car de nom­breuses mesures sont effec­tuées à par­tir de cette vue. Lors des for­ma­tions, j’ai d’ailleurs sou­vent réa­li­sé cette coupe sur moi-même pour mettre en valeur la qua­li­té des images des appa­reils, ajus­ter les réglages ou effec­tuer des mesures en direct.

    Pen­dant mon appren­tis­sage, j’ai été ame­né à réa­li­ser plu­sieurs mis­sions, com­bi­nant des démons­tra­tions avant-ventes, des for­ma­tions, et de l’accompagnement post-ins­tal­la­tion. Je n’ai pas effec­tué beau­coup de démons­tra­tions sur les gros appa­reils car­dio­vas­cu­laires, car ce type de mis­sion est dif­fi­cile à réa­li­ser en tant qu’apprenti seul : il faut bien maî­tri­ser les appa­reils et les contextes cli­niques. Cela dit, j’ai accom­pa­gné les autres ingé­nieurs d’application pour appor­ter un sou­tien et une seconde main si besoin. Les ins­tal­la­tions et les sui­vis ont consti­tué l’essentiel de mes mis­sions, car, après les six pre­miers mois de for­ma­tion inten­sive, les com­pé­tences néces­saires étaient cen­sées être acquises pour prendre en charge ces interventions.

    J’ai éga­le­ment eu l’occasion de par­ti­ci­per à la pla­ni­fi­ca­tion et à la mise en œuvre de plu­sieurs for­ma­tions en col­la­bo­ra­tion avec des par­te­naires, notam­ment avec la SFAR (Socié­té Fran­çaise d’Anesthésie et de Réani­ma­tion) pour la pose de voies vei­neuses, ou avec Bris­tol Myers Squibb dans le cadre d’une col­la­bo­ra­tion sur la prise en charge des car­dio­myo­pa­thies hyper­tro­phiques (CMH).

    Enfin, j’ai par­ti­ci­pé à plu­sieurs congrès, notam­ment le SRLF, prin­ci­pal congrès fran­çais sur la réani­ma­tion, et Paris Echo, un congrès majeur consa­cré à l’échocardiographie.

    Ces expé­riences variées m’ont per­mis de déve­lop­per des com­pé­tences tech­niques, péda­go­giques et rela­tion­nelles essen­tielles pour exer­cer plei­ne­ment le métier d’ingénieur d’application.

    Au fil de ces mis­sions, un besoin récur­rent a émer­gé dans les ser­vices : celui de dis­po­ser d’échographes ultra-com­pacts, en par­ti­cu­lier le Vscan Air™, pour répondre aux situa­tions néces­si­tant un outil rapide, facile à trans­por­ter et à uti­li­ser. C’est dans ce contexte que mon pro­jet d’apprentissage a pris forme : accom­pa­gner l’intégration de ce type d’appareil dans un ser­vice non spé­cia­li­sé en échographie.

    III. L'intégration d'un échographe ultraportable

    Contexte et origine du projet

    Une de mes mis­sions en tant qu’ingénieur d’application était de réa­li­ser des démons­tra­tions de l’échographe ultra­por­table Vscan Air™. Les ser­vices dans les­quels j’ai effec­tué ces démons­tra­tions n’étaient pas les ser­vices clas­siques en écho­gra­phie, comme la car­dio­lo­gie ou la radio­lo­gie, mais plu­tôt des ser­vices tels que la néphro­lo­gie, la chi­rur­gie recons­truc­trice, et sur­tout la méde­cine géné­rale. Ce dis­po­si­tif s’inscrit dans la logique du Point-of-Care Ultra­sound (POCUS), car la demande des éta­blis­se­ments porte sur des solu­tions mobiles, simples à uti­li­ser, et immé­dia­te­ment dis­po­nibles au lit du patient. Les méde­cins recherchent des outils per­met­tant une éva­lua­tion rapide et fiable, sans dépendre des appa­reils réser­vés à d’autres ser­vices spécialisés.

    Le POCUS évo­lue constam­ment et tend à deve­nir une pra­tique de plus en plus cou­rante dans des ser­vices comme la méde­cine géné­rale. Les études montrent que les patients se sentent mieux pris en charge et plus ras­su­rés après une éva­lua­tion réa­li­sée par POCUS [23].

    La croissance du marché d'échographes ultraportables

     Bien que le mar­ché des écho­graphes ultra-com­pacts soit encore rela­ti­ve­ment petit, il connaît une crois­sance rapide et repré­sente une oppor­tu­ni­té pro­met­teuse pour les entre­prises qui s’y engagent. Aujourd’hui, le mar­ché mon­dial des ultra­sons est esti­mé à envi­ron 9 mil­liards USD, et il pour­rait atteindre 13 mil­liards USD dans les pro­chaines années [25].

    Le seg­ment des ultra­por­tables repré­sente actuel­le­ment envi­ron 3 % du mar­ché glo­bal, mais il affiche un taux de crois­sance annuel moyen proche de 15 %, contre envi­ron 5 % pour les écho­graphes clas­siques. Grâce à cette dyna­mique, cer­taines entre­prises ont pris le risque d’innover et de pro­po­ser des appa­reils spé­ci­fi­que­ment déve­lop­pés pour ce mar­ché [25].

                  Plu­sieurs tech­no­lo­gies ini­tia­le­ment réser­vées aux sys­tèmes haut de gamme ont été trans­fé­rées vers le mar­ché des ultra­por­tables, notam­ment l’intégration de l’intelligence arti­fi­cielle, de nou­veaux modes de finan­ce­ment (par exemple les abon­ne­ments), et l’usage de la télé­mé­de­cine via les connexions smart­phones et tablettes [25].

                  Aujourd’hui, une large part du mar­ché des ultra­por­tables est occu­pée par les grands acteurs his­to­riques de l’échographie, tels que GE Heal­th­care, Phi­lips, Canon et Min­dray. Cepen­dant, on retrouve éga­le­ment des entre­prises spé­cia­li­sées uni­que­ment dans ce cré­neau, comme But­ter­fly Net­work, Cla­rius ou encore Sonos­can­ner, qui ont su se démar­quer grâce à leurs solu­tions inno­vantes adap­tées aux besoins du ter­rain [25].

    GE Heal­th­care occupe actuel­le­ment la place de lea­der sur le mar­ché des écho­graphes ultra­por­tables, avec une part d’environ 22 %, juste devant Phi­lips, qui en détient envi­ron 21 % (Annexe 1). [25]

    Le Vscan Air™ : l’innovation en double sonde

    Le Vscan Air™ est une solu­tion d’échographie ultra­por­table et sans fil déve­lop­pée par GE Heal­th­care, conçue pour répondre aux besoins des pra­ti­ciens, notam­ment dans le cadre des exa­mens point-of-care. Com­pact et léger, il per­met aux méde­cins de réa­li­ser des écho­gra­phies immé­dia­te­ment, direc­te­ment au che­vet du patient, sans dépendre des écho­graphes tra­di­tion­nels sou­vent par­ta­gés entre plu­sieurs ser­vices [13].

    L’une de ses prin­ci­pales inno­va­tions réside dans sa confi­gu­ra­tion à double sonde, qui per­met de cou­vrir un large éven­tail d’examens dans des contextes cli­niques variés [13].

    Cet appa­reil offre de nom­breux avan­tages pour en sim­pli­fier l’usage. Son sys­tème de contrôle inté­gré assure une ges­tion opti­male des com­po­sants élec­tro­niques et des trans­duc­teurs, garan­tis­sant un fonc­tion­ne­ment fiable même après une chute acci­den­telle [13].

    Le Vscan Air™ prend en compte les éven­tuels défis de connec­ti­vi­té. Il auto­rise la trans­mis­sion sécu­ri­sée des don­nées via le ser­veur réseau DICOM de l’utilisateur, ce qui per­met d’envoyer ins­tan­ta­né­ment les images une fois connec­té au réseau [13].

     Le dis­po­si­tif intègre éga­le­ment une solu­tion de sto­ckage cloud, appe­lée MyI­ma­ge­Cloud™, qui per­met de par­ta­ger et d’accéder aux images à dis­tance, depuis n’importe où. Grâce à MyRe­mo­te­Share™, plu­sieurs uti­li­sa­teurs peuvent se connec­ter à l’application en toute sécu­ri­té, avec des fonc­tion­na­li­tés de com­mu­ni­ca­tion en temps réel (audio, vidéo, par­tage d’écran). Pour les uti­li­sa­teurs dis­po­sant de plu­sieurs appa­reils, la pla­te­forme MyDe­vi­ce­Hub™ per­met un contrôle à dis­tance cen­tra­li­sé [13].

    Enfin, les deux sondes sont équi­pées d’outils de mesure avan­cés, adap­tés à tous les contextes cli­niques. Pour exemple il est pos­sible de mesu­rer le rap­port E/A après posi­tion­ne­ment du Dop­pler pul­sé sur la valve mitrale lors d’un exa­men échocardiographie.

    Vscan Air™ CL

    Le Vscan Air™ CL (cf : figure 10) est une sonde double dotée de trans­duc­teurs convexe et linéaire, capable de pro­duire des images d’une clar­té excep­tion­nelle, à tout moment et en tout lieu.

    Figure 10 - Vscan Air™ CL [13]

    Le trans­duc­teur convexe est conçu pour l’imagerie abdo­mi­nale (voir figure 11) et aus­si les éva­lua­tions obs­té­triques. Il est éga­le­ment équi­pé du trans­duc­teur linéaire, conçu pour l’imagerie vas­cu­laire, mus­cu­los­que­let­tique et pul­mo­naire, qui offre une excel­lente réso­lu­tion pour les struc­tures superficielles.

    Figure 11 - Images abdominales avec le Vscan Air™ CL [13]

    Grâce à cette confi­gu­ra­tion, le Vscan Air™ CL per­met une grande poly­va­lence cli­nique, en s’adaptant aus­si bien aux exa­mens super­fi­ciels qu’aux explo­ra­tions pro­fondes, selon les besoins du praticien.

    Même avec son for­mat com­pact, la ver­sion CL du Vscan Air™ per­met de réa­li­ser des gestes gui­dés, comme la fonc­tion Auto Blad­der Volume™, qui offre une mesure rapide et auto­ma­ti­sée du volume vési­cal [13].

    Cet auto-outil, basé sur l’intelligence arti­fi­cielle, détecte auto­ma­ti­que­ment les parois de la ves­sie et cal­cule le volume en seule­ment deux étapes simples. Même si l’IA faci­lite le pro­ces­sus, l’utilisateur reste plei­ne­ment res­pon­sable de la vali­da­tion des mesures, qu’il peut véri­fier et ajus­ter si néces­saire [13].

    Cet outil inno­vant per­met de réin­ven­ter les pro­to­coles de diag­nos­tic de la réten­tion uri­naire, en rem­pla­çant les méthodes tra­di­tion­nelles par une solu­tion plus rapide, por­table et acces­sible. Le Vscan Air™ peut ain­si être consi­dé­ré comme un scan­ner vési­cal de nou­velle génération.

    Vscan Air™ SL

    Le Vscan Air™ SL est l’autre sonde double fil avec des trans­duc­teurs sec­to­rielle et linéaire qui génère éga­le­ment des images d’une clar­té cris­tal­line à tout moment et en tout lieu (cf : figure 12). Cet appa­reil est plu­tôt avan­ta­geux pour ceux qui veulent faire des exa­mens d’échocardiographie et poten­tiel­le­ment aus­si de dop­pler transcrânien.

    Figure 12 - Vscan Air™ SL [13]

    Cet appa­reil est opti­mi­sé pour l’imagerie car­diaque grâce à la com­bi­nai­son des tech­no­lo­gies Signal­Max™ et XDclear™, déjà pré­sentes sur les sondes clas­siques. L’intégration de ces tech­no­lo­gies fait de cet écho­graphe un modèle très per­for­mant qui éta­blit un nou­veau stan­dard dans le domaine des ultra­por­tables. La tech­no­lo­gie XDclear™ amé­liore la qua­li­té d’image de la sonde sec­to­rielle, et, lorsqu’elle est asso­ciée à la puis­sance de trai­te­ment du signal Signal­Max™ et au trans­duc­teur mono­cris­tal­lin, elle per­met d’obtenir des images offrant une excel­lente péné­tra­tion, une haute réso­lu­tion et une sen­si­bi­li­té remar­quable comme cela ci-des­sous (voir figure 13).

    Figure 13 - Images cardiaques et vasculaires prises avec le Vscan Air™ CL [13]

    Les deux sys­tèmes sont pro­po­sés au prix de 5 400 € TTC. Ce tarif peut sem­bler éle­vé pour cer­tains clients, mais il se jus­ti­fie plei­ne­ment par la richesse tech­no­lo­gique et les capa­ci­tés avan­cées qu’ils offrent. Selon le contexte cli­nique, le Vscan Air™ peut même être uti­li­sé comme écho­graphe prin­ci­pal, notam­ment dans les envi­ron­ne­ments où la por­ta­bi­li­té et la réac­ti­vi­té sont essen­tielles [13].

    Grâce à leurs fonc­tion­na­li­tés inno­vantes, les deux modèles du Vscan Air™ s’imposent comme des réfé­rences dans le domaine de l’échographie por­table. Tou­te­fois, mal­gré ces atouts, ils doivent faire face à une concur­rence crois­sante, por­tée par d’autres acteurs tech­no­lo­giques majeurs qui inves­tissent éga­le­ment dans ce sec­teur en pleine évolution.

    Un marché avec forte concurrence

    Comme indi­qué pré­cé­dem­ment le mar­ché des ultra­por­tables est rem­pli avec plu­sieurs acteurs avec beau­coup des petites entre­prises qui ne sont pas spé­cia­li­sées dans le déve­lop­pe­ment de tech­no­lo­gies médi­cales. Plu­sieurs méde­cins ont tes­té les meilleurs appa­reils et les études montrent que c’est vrai­ment un mar­ché com­plexe avec tous les appa­reils qui ont beau­coup de forces.

    Philips Lumify™

    La prin­ci­pale concur­rente de GE Heal­th­care est Phi­lips, qui pro­pose éga­le­ment des modèles ultra-com­pacts, comme celui illus­tré à la figure 14. Leurs modèles se dif­fé­ren­cient sur plu­sieurs aspects. D’abord, leurs solu­tions sont des modèles avec fil, et ils ne pro­posent aucun modèle double sonde : les trois sondes (linéaire, convexe et sec­to­rielle) sont ven­dues sépa­ré­ment et se connectent uni­que­ment sur des tablettes ou télé­phones Android via un câble USB-C. De plus, la sonde sec­to­rielle ne pro­pose pas de Dop­pler pul­sé [21].

    Figure 14 - Philips Lumify™ S4-1 [21]

    Phi­lips pro­pose éga­le­ment une offre de lea­sing. Ses appa­reils coûtent envi­ron 6500 € [21].

    Plu­sieurs études montrent que le Lumi­fy™ est un appa­reil per­for­mant. Par exemple, une étude ayant tes­té plu­sieurs appa­reils sur dif­fé­rentes zones ana­to­miques a mon­tré que le Lumi­fy™ offrait la meilleure qua­li­té d’imagerie sur les zones super­fi­cielles du cou et des pou­mons [24].

    Même avec ses points forts, les 35 uti­li­sa­teurs qui ont tes­té ces appa­reils ont indi­qué qu’il n’existait pas de dif­fé­rence signi­fi­ca­tive dans la qua­li­té d’imagerie entre le Vscan Air™ et le Lumi­fy™ [24].

    Mindray TE Air i3P

    Min­dray gagne pro­gres­si­ve­ment en noto­rié­té sur le mar­ché des ultra­sons, grâce à sa pré­sence solide dans les équi­pe­ments médi­caux de pointe, ain­si qu’à son nou­vel écho­graphe ultra­por­table. Leur modèle phare dans ce seg­ment est le TE Air i3P (cf : figure 15), qui intègre une sonde sec­to­rielle conçue pour des appli­ca­tions car­diaques, vas­cu­laires et abdo­mi­nales supé­rieures. L’appareil pré­sente de nom­breux avan­tages : son auto­no­mie est d’environ 4 heures, et il peut se rechar­ger de 0 à 75 % en seule­ment 35 minutes grâce à sa sta­tion de recharge por­table. Grâce à sa base sec­to­rielle, il est équi­pé de toutes les fonc­tion­na­li­tés d’imagerie néces­saires aux soins cri­tiques, y com­pris le Dop­pler éner­gie et le Dop­pler tis­su­laire, des fonc­tion­na­li­tés qui ne sont pas dis­po­nibles sur la plu­part des autres écho­graphes ultra­por­tables.  Le TE Air i3P fonc­tionne uni­que­ment avec iOS, ce qui limite sa com­pa­ti­bi­li­té à cer­tains envi­ron­ne­ments. Le prix de base du TE Air i3P com­mence autour de 4 199 €, tan­dis que l’ancien modèle, le TE Air e5M, démarre à 3 499 € [20].

    Figure 15 - Mindray TE Air i3P [20]

    Com­pa­ré à d’autres appa­reils, le TE Air i3P a mon­tré de très bonnes per­for­mances, notam­ment pour l’imagerie car­diaque en vue api­cale. Il pré­sente néan­moins quelques limites : la qua­li­té d’image est moins bonne sur le qua­drant supé­rieur droit (foie, cor­tex rénal, vais­seaux san­guins), et, en l’absence de sonde linéaire, il n’est pas pos­sible d’obtenir des images opti­males pour les pou­mons ou les struc­tures super­fi­cielles du cou [24].

    Il convient de noter que Min­dray pro­pose éga­le­ment l’autre modèle TE Air e5M, plus ancien et légè­re­ment moins cher, mais dont les spé­ci­fi­ca­tions tech­niques sont plus limi­tées [20].

    Butterfly iQ+™ et IQ3™

    Le But­ter­fly Net­work est une des nou­velles entre­prises qui est ren­trée dans le mar­ché des ultra­por­tables. Pour une petite entre­prise, ils ont sor­ti deux ultra­por­tables avec un fil qui reste capable d’être uti­li­sé dans les dif­fé­rents types d’examens écho­gra­phiques. Deux appa­reils ultra­por­tables sont actuel­le­ment sur le mar­ché : le iQ+™, la seconde géné­ra­tion de l’appareil qui s’est bien ven­du jusqu’au début de l’année 2024, et le iQ3™, le nou­vel appa­reil qui offre deux fois plus de puis­sance de trai­te­ment et des images plus nettes [19].

    Le But­ter­fly iQ+™ (cf : figure 16) est un écho­graphe ultra­por­table qui repose sur une sonde avec un fil unique capable de rem­pla­cer plu­sieurs sondes tra­di­tion­nelles. Il est déjà pré­con­fi­gu­ré avec 20 pré­ré­glages cou­vrant un large éven­tail d’applications cli­niques, notam­ment l’anesthésie, la car­dio­lo­gie, la méde­cine d’urgence et les exa­mens mus­cu­los­que­let­tiques. L’application, dis­po­nible sur iOS et Android, per­met de chan­ger faci­le­ment de pré­ré­glage et de per­son­na­li­ser les para­mètres selon les besoins du pra­ti­cien [19].

    Figure 16 - Le Butterfly iQ+ [19]

    L’appareil intègre un guide d’aiguille pour faci­li­ter les pro­cé­dures de ponc­tion, avec une ligne qui aide à visua­li­ser le tra­jet de l’aiguille en temps réel. Il pro­pose éga­le­ment des outils auto­ma­tiques, par exemple pour cal­cu­ler le volume vési­cal, ain­si que des mesures adap­tées à l’obstétrique [19].

    Le But­ter­fly iQ3™ est l’évolution du iQ+, avec des amé­lio­ra­tions en matière de puis­sance de trai­te­ment, de vitesse de trans­fert des don­nées et de qua­li­té d’image Il conserve la sonde unique à semi-conduc­teurs, mais y ajoute des bou­tons phy­siques pro­gram­mables pour faci­li­ter l’ajustement rapide des para­mètres pen­dant les exa­mens [19].

    Par­mi les nou­veau­tés du iQ3, on trouve un mode Needle : Out-of-Plane (voir figure 17), qui amé­liore la visua­li­sa­tion des aiguilles lorsqu’elles sont uti­li­sées hors du plan de coupe, ren­for­çant ain­si la pré­ci­sion des gestes inter­ven­tion­nels dans un contexte POCUS. L’appareil est éga­le­ment doté d’une bat­te­rie à auto­no­mie pro­lon­gée et béné­fi­cie d’un sys­tème de recharge rapide, ce qui en fait l’un des ultra­por­tables les plus endu­rants du mar­ché [19].

    Figure 17 - Exemple d'outil Needle sur le iQ3 [19]

    Les études com­pa­ra­tives montrent que les uti­li­sa­teurs ont vrai­ment bien aimé l’interface, mais que l’appareil était dif­fi­cile à régler. Bien que les per­sonnes ayant par­ti­ci­pé à l’étude aient eu plus d’expérience avec le But­ter­fly, elles ont pré­fé­ré les autres options, qui offraient une meilleure qua­li­té d’image [22],[24].

    Le prix pour cet appa­reil ne reste pas cher avec le iQ3™ qui coûte envi­ron $3,899 et le iQ+ qui coute $2,699. Il existe des réduc­tions pour les étu­diants en méde­cine et lea­sing est éga­le­ment pos­sible [19].

    Clarius

    La qua­trième marque domi­nante sur ce mar­ché est Cla­rius. Elle se dis­tingue par sa stra­té­gie, qui consiste à offrir une varié­té d’échographes ultra-com­pacts et sans-fil, cha­cun adap­té à des uti­li­sa­tions spé­ci­fiques. Cla­rius offre par exemple un modèle com­bi­nant une sonde sec­to­rielle et une sonde linéaire pour cou­vrir à la fois les appli­ca­tions car­diaques et super­fi­cielles. Il existe éga­le­ment un modèle à sonde convexe (cf : figure 18), ain­si que trois types de sondes linéaires selon l’application ciblée. Enfin, Cla­rius pro­pose une sonde sec­to­rielle stricte et une sonde endo­ca­vi­taire, une option qui n’est pas pro­po­sée par la plu­part des autres fabri­cants d’ultraportables [18].

    Figure 18 - Sonde convexe [18]

    Comme ses concur­rents, Cla­rius équipe ses appa­reils de logi­ciels per­for­mants qui per­mettent une explo­ra­tion pré­cise grâce aux sondes adap­tées. Le sys­tème est com­pa­tible à la fois avec les inter­faces iOS et Android [18].

    L’imagerie obte­nue avec les sondes Cla­rius est par­ti­cu­liè­re­ment appré­ciée pour les struc­tures super­fi­cielles du cou et pour les pou­mons. Grâce à la diver­si­té de ses sondes linéaires, l’appareil peut être inté­gré dans plu­sieurs domaines spé­cia­li­sés, notam­ment en oph­tal­mo­lo­gie, où les pra­ti­ciens ont trou­vé les sondes très adap­tées pour l’examen des struc­tures super­fi­cielles [24].

    Afin de mieux situer le Vscan Air™ par­mi les écho­graphes ultra­por­tables actuel­le­ment dis­po­nibles sur le mar­ché, le tableau 2 ci-des­sous pré­sente une com­pa­rai­son des prin­ci­pales solu­tions concur­rentes. Il met en évi­dence leurs carac­té­ris­tiques tech­niques, ain­si que leurs avan­tages et limites.

    Tableau 2 - Comparatif des échographes ultraportables les plus utilisés (source : auteurs)

    Cette com­pa­rai­son met en évi­dence la posi­tion du Vscan Air™ : per­for­mant sur plu­sieurs aspects clés, mais confron­té à une concur­rence tech­no­lo­gique et éco­no­mique importante.

    Pour syn­thé­ti­ser ces élé­ments et ana­ly­ser plus glo­ba­le­ment la posi­tion stra­té­gique du Vscan Air™, une ana­lyse SWOT (forces, fai­blesses, oppor­tu­ni­tés, menaces) est pré­sen­tée ci-des­sous (cf : tableau 3) :

    Tableau 3 - SWOT du Vscan Air™ (source : auteurs)

    Ce sché­ma SWOT per­met de syn­thé­ti­ser les prin­ci­pales forces du Vscan Air™ (com­pa­ci­té, double sonde, qua­li­té d’image, inté­gra­tion d’outils d’IA), tout en iden­ti­fiant ses limites tech­niques actuelles, comme l’absence de dop­pler conti­nu ou son auto­no­mie réduite. Cette ana­lyse met éga­le­ment en évi­dence les oppor­tu­ni­tés de déve­lop­pe­ment sur un mar­ché en pleine crois­sance, notam­ment dans les envi­ron­ne­ments médi­caux mobiles ou à res­sources limi­tées. En paral­lèle, elle sou­ligne les défis liés à la concur­rence, à l’évolution des attentes des uti­li­sa­teurs et à cer­tains freins tech­niques. Cette réflexion stra­té­gique m’a per­mis de mieux com­prendre le posi­tion­ne­ment du Vscan Air™ et les enjeux liés à son adop­tion sur le terrain.

    Focus sur la médecine générale de d'autres services

    En méde­cine géné­rale, le POCUS tend à prendre la place du sté­tho­scope, et de plus en plus de méde­cins géné­ra­listes cherchent à l’intégrer dans leur pra­tique quo­ti­dienne. Les études montrent que les méde­cins géné­ra­listes l’utilisent pour diverses condi­tions, et que cer­taines zones ana­to­miques sont plus faciles à explo­rer que d’autres, notam­ment les pou­mons et les struc­tures super­fi­cielles [14].

    Une étude menée au Dane­mark vient illus­trer cette ten­dance en s’intéressant à la manière dont les méde­cins géné­ra­listes per­çoivent et uti­lisent réel­le­ment l’échographie au point de soin.

     Les méde­cins inter­ro­gés décla­raient que le POCUS devait être réser­vé à des exa­mens ciblés, des­ti­nés à répondre à une ques­tion cli­nique pré­cise, et qu’il était essen­tiel de res­ter dans des zones ana­to­miques bien maî­tri­sées grâce à une for­ma­tion appro­priée. Pour­tant, dans la pra­tique, l’étude a mon­tré que 25 % des exa­mens réa­li­sés étaient explo­ra­toires, sans indi­ca­tion claire, et que cer­tains pra­ti­ciens allaient au-delà des zones pour les­quelles ils avaient été for­més. Cela sou­ligne un déca­lage entre les prin­cipes affi­chés et les pra­tiques réelles, ain­si que la néces­si­té de recom­man­da­tions et de for­ma­tions adap­tées pour un usage sûr et per­ti­nent [4].

    Dans ce contexte, les écho­graphes ultra­por­tables repré­sentent une oppor­tu­ni­té, car leur sim­pli­ci­té d’utilisation et leur acces­si­bi­li­té peuvent aider à inté­grer le POCUS dans la méde­cine géné­rale, à condi­tion d’être accom­pa­gnés d’un enca­dre­ment et de for­ma­tions adaptées.

    Cer­tains ser­vices de méde­cine interne en France ont essayé d’intégrer un écho­graphe ultra­por­table dans leurs pra­tiques. Une étude a été menée, où les méde­cins ont uti­li­sé le Vscan Air™ prin­ci­pa­le­ment pour recher­cher des épan­che­ments (pleu­raux, péri­car­diques, ascites) ain­si que pour l’évaluation de l’insuffisance car­diaque, en par­ti­cu­lier par l’analyse de la veine cave infé­rieure. Dans ce contexte, l’ultraportable a per­mis d’améliorer la pré­ci­sion de l’examen phy­sique et a contri­bué à ren­for­cer la per­for­mance diag­nos­tique de l’équipe médi­cale [15].

    J’ai moi-même pu obser­ver cette réa­li­té lors de visites dans un ser­vice de méde­cine géné­rale où les méde­cins dis­po­sant du Venue™ avaient seule­ment des bases en écho­gra­phie et ne sou­hai­taient pas réa­li­ser d’examens com­plets ; ils l’utilisaient plu­tôt ponc­tuel­le­ment pour jeter un œil sur cer­tains patients. Cet exemple montre bien que les écho­graphes ultra­por­tables peuvent trou­ver leur place en méde­cine géné­rale pour des usages ciblés, à condi­tion d’être bien posi­tion­nés et accom­pa­gnés d’une for­ma­tion adaptée.

    Les limitations avec l'implémentation

    Même avec tous les avan­tages pos­sibles du POCUS, plu­sieurs obs­tacles res­tent à lever pour per­mettre une réelle inté­gra­tion dans la pra­tique quo­ti­dienne. Cer­tains méde­cins per­çoivent une incer­ti­tude liée à l’utilisation du POCUS. Ils recon­naissent que l’outil est utile, qu’il peut les aider à amé­lio­rer leurs com­pé­tences diag­nos­tiques et qu’il sus­cite un nou­vel inté­rêt pour leur métier [16].

    Cepen­dant, cer­tains pra­ti­ciens doutent de leurs propres com­pé­tences pour ana­ly­ser les images et pré­fèrent ne pas inter­pré­ter les résul­tats de peur de se trom­per. D’autres ont sou­li­gné que le POCUS n’est pas encore suf­fi­sam­ment inté­gré dans les pro­grammes de for­ma­tion ini­tiale, ce qui les empêche de se sen­tir à l’aise pour inter­pré­ter les exa­mens [16].

    Le manque de for­ma­tion appa­raît comme un pro­blème majeur dans l’ensemble des études. Actuel­le­ment, en France, il n’existe pas de for­ma­tion obli­ga­toire d’échographie pour les méde­cins géné­ra­listes. Il existe des diplômes uni­ver­si­taires bien ciblés pour les géné­ra­listes, mais ces for­ma­tions demandent du temps, et tout le monde ne peut pas s’y engager.

    Les grandes orga­ni­sa­tions aca­dé­miques, comme le WONCA, recom­mandent for­te­ment la mise en place d’une for­ma­tion conti­nue à l’échographie, incluant éga­le­ment des bases en ana­to­mie et en phy­sio­lo­gie pour en faci­li­ter la com­pré­hen­sion et l’utilisation effi­cace [1]

    Enfin, ils ont expri­mé quelques dilemmes éthiques, notam­ment sur la manière d’utiliser les résul­tats sans sur­diag­nos­ti­quer ou ras­su­rer à tort, et sur la com­mu­ni­ca­tion de ces résul­tats aux spé­cia­listes ou aux patients [17].

    La croissance de la Primary Care de GE Healthcare

    Le Pri­ma­ry Care est le domaine des solu­tions écho­gra­phiques de GE Heal­th­care, qui vise à créer des outils adap­tés pour les méde­cins géné­ra­listes. Même avec le manque de for­ma­tion ou la réti­cence à prendre des risques, GE Heal­th­care pro­pose des écho­graphes spé­ci­fi­que­ment conçus pour démon­trer que leurs pra­tiques peuvent évo­luer et deve­nir plus simples au quotidien.

    Comme les écho­graphes clas­siques sont sou­vent trop com­plexes et ne cor­res­pondent pas exac­te­ment aux besoins des géné­ra­listes, GE Heal­th­care a lan­cé une gamme d’appareils appe­lée Ver­sa­na™. Ces écho­graphes sont conçus pour réa­li­ser des exa­mens écho­gra­phiques cou­rants : moins puis­sants et moins char­gés en fonc­tion­na­li­tés que les sys­tèmes haut de gamme, ils offrent une qua­li­té d’image cor­recte qui cor­res­pond à un bon rap­port qua­li­té prix. L’appareil reste facile à uti­li­ser et intègre une inter­face ins­pi­rée de la gamme radio­lo­gique, per­met­tant d’accéder à de nom­breux para­mètres utiles [13].

    Actuel­le­ment, GE Heal­th­care posi­tionne éga­le­ment le Ver­sa­na™ pour les clien­tèles en Afrique, car cet appa­reil cor­res­pond aux réa­li­tés du ter­rain : il offre un bon com­pro­mis entre qua­li­té d’image, robus­tesse et prix acces­sible, tout en res­tant suf­fi­sam­ment simple à uti­li­ser dans des contextes où les res­sources sont limi­tées et les infra­struc­tures moins développées.

    Dans la même logique, les Vscan™ sont pro­po­sés comme une solu­tion encore plus mobile, capable de répondre aux besoins des pra­ti­ciens dans des zones iso­lées ou déser­tées, où l’accès aux équi­pe­ments lourds ou aux centres d’imagerie est dif­fi­cile. Ces appa­reils per­mettent de réa­li­ser des exa­mens au plus près des patients, dans des condi­tions variées, et contri­buent ain­si à amé­lio­rer la prise en charge dans ces environnements.

    Les écho­graphes ultra­por­tables sont uti­li­sés dans la pers­pec­tive du POCUS pour la for­ma­tion, grâce à leurs carac­té­ris­tiques adap­tées aux zones rurales et iso­lées, notam­ment dans les pays à faibles et moyens reve­nus où l’accès à l’imagerie médi­cale est très limi­té, et où il n’y a par­fois même aucun appa­reil sur place [5].

    Dans cette étude, les auteurs ont mené un tra­vail impor­tant dans plu­sieurs pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, où les par­ti­ci­pants étaient des soi­gnants non spé­cia­listes en ima­ge­rie. La for­ma­tion en POCUS avait une durée courte et per­met­tait une explo­ra­tion de plu­sieurs domaines, tels que les pou­mons, le cœur et l’obstétrique [5].

    Cepen­dant, dans ces pays, il existe cer­taines limi­ta­tions spé­ci­fiques, comme les pannes d’appareils pour les­quelles il n’existe sou­vent aucune solu­tion locale de répa­ra­tion. Il y a éga­le­ment des pro­blèmes de connec­ti­vi­té : sans réseau fiable, les écho­graphes ultra­por­tables sans fil ren­contrent des dif­fi­cul­tés de fonc­tion­ne­ment opti­mal [5].

    Mais cette étude montre qu’il est pos­sible de for­mer des soi­gnants au POCUS avec des appa­reils ultra­por­tables dans les pays pauvres et iso­lés. Avec des amé­lio­ra­tions, cette tech­no­lo­gie conti­nue­ra d’être uti­li­sée et joue­ra un rôle essen­tiel dans le diag­nos­tic médi­cal dans ces contextes

    Les critiques et limites de Vscan Air™ et des ultraportables

    Le mar­ché des écho­graphes ultra-com­pacts conti­nue­ra de se déve­lop­per, car de nom­breuses entre­prises ont désor­mais la capa­ci­té de pro­duire des appa­reils de qua­li­té. Il sera tou­te­fois dif­fi­cile de voir émer­ger un lea­der incon­tes­té dans ce domaine, en rai­son des contraintes tech­niques et des limi­ta­tions par­ta­gées par ces dispositifs.

    D’après mon retour d’expérience, les uti­li­sa­teurs for­mulent tou­jours des remarques simi­laires, en par­ti­cu­lier sur l’absence de Dop­pler conti­nu, un mode lar­ge­ment uti­li­sé en écho­car­dio­gra­phie et sou­vent jugé indis­pen­sable. Inté­grer cette fonc­tion­na­li­té néces­si­te­rait une évo­lu­tion maté­rielle (hard­ware) et non sim­ple­ment logi­cielle, ce qui impli­que­rait la concep­tion d’un nou­vel appa­reil et un coût pro­ba­ble­ment plus élevé.

    Un autre retour fré­quent concerne le prix : dans un mar­ché où la concur­rence pro­pose des ultra­por­tables affi­chant une qua­li­té d’image com­pa­rable, il devient com­plexe d’argumenter face à des appa­reils moins chers. J’ai aus­si enten­du des retours sur l’autonomie, jugée par­fois insuf­fi­sante, car les appa­reils per­mettent une uti­li­sa­tion d’environ une heure avant de devoir être rechargés.

    De façon géné­rale, les ultra­por­tables pré­sentent cer­taines cri­tiques com­munes : les études com­pa­ra­tives rap­pellent qu’ils ne sont pas conçus pour des ses­sions d’imagerie pro­lon­gées, avec une limite de 15 à 20 minutes d’usage conti­nu avant des arrêts liés à la sur­chauffe. L’autonomie des bat­te­ries reste éga­le­ment limi­tée, bien que les fabri­cants tra­vaillent sur des solu­tions. Enfin, un pro­blème sou­vent men­tion­né est lié à la por­ta­bi­li­té elle-même : ces appa­reils sont faciles à perdre et il n’existe pas tou­jours de sys­tème de sui­vi aus­si rigou­reux que pour d’autres dis­po­si­tifs médi­caux dans un éta­blis­se­ment [17].

    Lors des démons­tra­tions, j’ai remar­qué une nette dif­fé­rence de réac­tion selon le pro­fil des uti­li­sa­teurs. Les méde­cins qui n’avaient pas l’habitude de faire de l’échographie étaient sou­vent très enthou­siastes. La sim­pli­ci­té de l’interface, la com­pa­ci­té de l’appareil et la qua­li­té d’image les ras­su­raient rapi­de­ment, ce qui faci­li­tait la prise en main. Par contre, chez les pres­ta­taires de soins qui avaient déjà reçu une for­ma­tion en écho­gra­phie, on atten­dait davan­tage d’eux, et la qua­li­té des dis­cus­sions était supé­rieure. Cer­tains atten­daient des fonc­tion­na­li­tés avan­cées, comme le dop­pler conti­nu ou des mesures automatiques.

    Lors d’une for­ma­tion avec des internes en méde­cine, par exemple, plu­sieurs ont été agréa­ble­ment sur­pris par la qua­li­té d’image et la réac­ti­vi­té de l’appareil, mais ils ont aus­si été très cri­tiques : l’absence de cer­tains réglages ou modes qu’ils uti­lisent habi­tuel­le­ment les a un peu frei­nés. Dans ces situa­tions, il était par­fois dif­fi­cile pour moi de me jus­ti­fier en pleine démons­tra­tion, car je devais com­po­ser avec leurs attentes cli­niques sans tou­jours avoir l’outil adé­quat pour y répondre. Ces expé­riences m’ont per­mis de mieux com­prendre les pro­fils d’utilisateurs et de mieux cer­ner les freins à l’adoption de ces appareils.

    Initiatives et dérives observées sur le marché des échographes des ultraportables

    Le développement d'un ultraportable français 

     L’avènement rapide des écho­graphes ultra­por­tables a don­né nais­sance à des ini­tia­tives nova­trices, telles qu’OpEcho, une entre­prise issue de l’AP-HP, qui vise à rendre l’échographie ultra-mobile plus acces­sible aux pra­ti­ciens de la san­té. Le cœur de ce pro­jet repose sur le déve­lop­pe­ment d’une sonde d’échographie ultra­por­table, peu coû­teuse, por­table, et connec­tée, des­ti­née à favo­ri­ser l’accès à l’imagerie médi­cale, notam­ment dans des contextes de soins pri­maires, d’urgence ou dans des zones à faibles res­sources [8].

    En 2022, la start-up EchO­pen Fac­to­ry a fran­chi une étape impor­tante en déve­lop­pant une sonde ultra­por­table. Elle a obte­nu le mar­quage CE pour ce dis­po­si­tif en jan­vier 2024. Le pro­jet EchO­pen s’appuie sur une phi­lo­so­phie de trans­pa­rence et de col­la­bo­ra­tion : le maté­riel et le logi­ciel sont conçus selon une approche open source, afin d’encourager la contri­bu­tion des com­mu­nau­tés scien­ti­fiques, médi­cales et indus­trielles. L’ambition est de démo­cra­ti­ser l’accès à l’échographie à tra­vers le monde, en par­ti­cu­lier dans des contextes où les équi­pe­ments clas­siques sont dif­fi­ciles à déployer [8],[7].

    OpE­cho incarne cette dyna­mique : il vise à struc­tu­rer un réseau de pra­ti­ciens et d’établissements autour de l’utilisation de l’échographie ultra­por­table, en lien avec des ini­tia­tives comme EchO­pen, pour favo­ri­ser la for­ma­tion, l’échange de bonnes pra­tiques et l’évaluation cli­nique des dis­po­si­tifs [12].

    Leur appa­reil est bien comme les autres et il vise beau­coup des appli­ca­tions cli­niques. Comme il est fabri­qué en France avec des méde­cins et col­la­bo­ra­teurs ici, l’appareil va bien­tôt deve­nir très com­pé­ti­tif dans le mar­ché et dimi­nuer les achats des autres, sur­tout en France.

    Les dérives du marché : exemple d'une duplication non officielle du Vscan Air™

    Étant don­né que de nom­breuses entre­prises pro­posent désor­mais des écho­graphes ultra­por­tables, il était inévi­table que cer­taines tentent de copier les appa­reils des lea­ders du mar­ché. C’est pré­ci­sé­ment ce qu’a vécu l’entreprise Car­dio Sys­tèmes en lan­çant sur le mar­ché une ver­sion por­table du sté­tho­scope à deux sondes, bap­ti­sée cECHO­Car­dio­Vas­cu­Ge­nius II (cf : figure 19).  Cet appa­reil sans fil pré­sente un desi­gn et des carac­té­ris­tiques qui rap­pellent for­te­ment le Vscan Air™ SL/CL [6].

    L’appareil est com­mer­cia­li­sé à un prix simi­laire (4 995 € TTC) et est com­pa­tible avec iOS, Android et Win­dows. Il se dis­tingue par son temps de démar­rage infé­rieur à 5 secondes, sa fonc­tion Dop­pler Éner­gie, ain­si que ses fonc­tions de mesure spé­ci­fiques en mode M et B [6].

    Figure 19 - Exemple de l'appareil similaire que le Vscan Air™ S/L [6]

    Cela illustre que, dans un mar­ché en pleine crois­sance, les fabri­cants clas­siques peuvent faci­le­ment perdre des parts de mar­ché face à de nou­veaux entrants. Il est impor­tant pour eux de conti­nuer à inno­ver et à pro­po­ser des solu­tions tou­jours plus créa­tives et adap­tées aux besoins des uti­li­sa­teurs pour faire face à cette concurrence.

    IV. Bilan final

    Réflexion finale sur mon parcours

    ique, rela­tion­nel et per­son­nel. Depuis le M1, j’avais déjà en tête de deve­nir ingé­nieur d’application, et cet appren­tis­sage m’a per­mis de vivre une pre­mière expé­rience concrète dans un domaine très exi­geant, au sein d’une entre­prise lea­der dans son secteur.

    La par­tie aca­dé­mique a été bien plus intense que ce que j’imaginais. La for­ma­tion a occu­pé une grande par­tie de mon temps, et j’ai encore le sen­ti­ment que ce n’est pas ter­mi­né, ce qui est vrai. Le domaine de l’échographie, et en par­ti­cu­lier l’échographie car­dio­vas­cu­laire, est bien plus cli­nique et pous­sé que ce que j’avais anti­ci­pé. L’ingénieur d’application ne peut pas se limi­ter à la tech­nique : il doit aus­si avoir de solides com­pé­tences cli­niques. Sans ces connais­sances, il serait impos­sible d’établir une vraie rela­tion de confiance avec les uti­li­sa­teurs, qui sont le plus sou­vent des car­dio­logues. Cette leçon res­te­ra essen­tielle, même si, un jour, je tra­vaille dans un domaine moins cli­nique : il fau­dra tou­jours viser un équi­libre entre com­pé­tences tech­niques et cliniques.

    J’ai aus­si déve­lop­pé des com­pé­tences en orga­ni­sa­tion et en proac­ti­vi­té. J’ai appris à aller cher­cher de l’aide auprès de mes col­lègues, à ne pas res­ter blo­qué face à un pro­blème. Même si mes mis­sions étaient auto­nomes, j’ai com­pris que quelqu’un est tou­jours là pour aider, même à distance.

    Pour être plus pré­cis, j’ai appris à gérer un plan­ning par­ti­cu­liè­re­ment dense, ce qui est essen­tiel dans ce métier. Par exemple, j’ai dû orga­ni­ser une semaine com­plète où j’ai ani­mé une for­ma­tion à Nice avec des Urgen­tistes, enchaî­né avec du tra­vail à Paris, puis ter­mi­né la semaine à Lyon pour une autre for­ma­tion. Cette ges­tion des prio­ri­tés, des dépla­ce­ments et des pré­pa­ra­tions m’a réel­le­ment pré­pa­ré à la réa­li­té du ter­rain. J’ai aus­si eu l’opportunité d’organiser et de gérer moi-même plu­sieurs for­ma­tions, par­fois en auto­no­mie, ou en sou­tien direct à l’ingénieur d’application. Ces expé­riences m’ont per­mis de m’adapter à dif­fé­rents contextes et de gagner en assu­rance dans mes interventions.

    J’ai aidé l’équipe en pre­nant en charge cer­taines tâches clés. J’ai fait gagner du temps à mes col­lègues ingé­nieurs d’application et com­mer­ciaux en pre­nant en charge de nom­breuses prises en main, démons­tra­tions et for­ma­tions. J’ai par­fois été mobi­li­sé sur plu­sieurs régions pour ren­for­cer l’équipe sur des évé­ne­ments ou des ins­tal­la­tions. Une expé­rience mar­quante a été ma par­ti­ci­pa­tion à une démons­tra­tion de deux jours, où j’ai pu inter­ve­nir en tant qu’ingénieur d’application en sou­tien. Cette démons­tra­tion a abou­ti à la vente de plu­sieurs appa­reils, ce qui a ren­for­cé ma moti­va­tion et ma com­pré­hen­sion du rôle stra­té­gique que peut jouer l’ingénieur d’application dans la réus­site commerciale.

    Ce qui reste à acqué­rir, selon moi, c’est une auto­no­mie com­plète, qui vien­dra avec le temps et l’expérience. Je sou­haite aus­si conti­nuer à appro­fon­dir ma maî­trise des appa­reils et à mieux connaître l’échocardiographie, l’anatomie et la phy­sio­lo­gie car­diaque, pour deve­nir le meilleur ingé­nieur d’application possible.

    Les liens avec ma formation

    Enfin, il y a un vrai lien entre ma for­ma­tion théo­rique que j’ai sui­vi à UTC et ce que j’ai vécu sur le ter­rain. La par­tie ima­ge­rie médi­cale de l’école m’a don­né des bases solides en écho­gra­phie, qui m’ont beau­coup aidé lors de la prise en main des appa­reils et des pre­mières for­ma­tions. De plus, les nom­breux pro­jets de groupe et pré­sen­ta­tions réa­li­sés pen­dant mon cur­sus ont déve­lop­pé mes com­pé­tences en tra­vail d’équipe et en com­mu­ni­ca­tion, qui sont essen­tielles dans ce métier.

    L'ingénieur d'applications dans le futur

     Je pense que le métier d’ingénieur d’application va beau­coup évo­luer dans les années à venir. Les mis­sions prin­ci­pales res­te­ront sans doute les mêmes : démons­tra­tions avant-vente, for­ma­tions post-ins­tal­la­tion, accom­pa­gne­ment des uti­li­sa­teurs et sui­vis. Mais avec l’intégration crois­sante des tech­no­lo­gies connec­tées, cer­taines pra­tiques vont changer.

    Il com­mence déjà à y avoir des fonc­tions à dis­tance, même si ce n’est pas encore direc­te­ment au cœur du métier d’ingénieur d’application. Par exemple, les Digi­tal Tools du Vscan per­mettent une col­la­bo­ra­tion en temps réel, et des solu­tions comme ROFIM, qui peuvent être ins­tal­lées sur les écho­graphes, offrent la pos­si­bi­li­té aux méde­cins de par­ta­ger faci­le­ment leurs exa­mens entre eux.

    Par exemple, les for­ma­tions pour­raient se faire de plus en plus à dis­tance, grâce à des outils numé­riques et inter­ac­tifs. Les futurs écho­graphes seront peut-être conçus avec des fonc­tion­na­li­tés per­met­tant aux ingé­nieurs d’application de prendre la main à dis­tance pour accom­pa­gner les uti­li­sa­teurs, ajus­ter des réglages ou résoudre des pro­blèmes en temps réel. Cela pour­rait réduire le besoin de cer­tains sui­vis phy­siques et limi­ter les dépla­ce­ments dans les sec­teurs. À terme, cela pour­rait même per­mettre aux équipes d’ingénieurs d’intervenir sur des zones géo­gra­phiques beau­coup plus larges, voire à l’échelle natio­nale ou internationale.

    En paral­lèle, le métier deman­de­ra encore plus de connais­sances tech­niques et cli­niques pour suivre l’évolution des appa­reils, des logi­ciels et des outils connec­tés. L’ingénieur d’application devra aus­si être de plus en plus péda­gogue, car il fau­dra expli­quer des solu­tions plus com­plexes à des uti­li­sa­teurs variés.

    Enfin, l’accompagnement des clients ne sera plus seule­ment tech­nique : il inté­gre­ra aus­si un volet de conseil sur l’intégration des nou­velles tech­no­lo­gies dans les pra­tiques cli­niques et sur la ges­tion des don­nées, de la sécu­ri­té et des flux d’information.

    Conclusion

    Le mar­ché des écho­graphes ultra­por­tables va sans aucun doute conti­nuer à se déve­lop­per, por­té par des demandes de plus en plus nom­breuses dans des contextes variés. Ces nou­veaux appa­reils, plus com­pacts et légers, intègrent désor­mais des tech­no­lo­gies issues des écho­graphes clas­siques, ce qui les rend tou­jours plus per­for­mants. Grâce à ces inno­va­tions, l’échographie en mode POCUS devient un outil essen­tiel dans des ser­vices qui n’avaient pas pour habi­tude de pra­ti­quer l’échographie, notam­ment en méde­cine géné­rale et en méde­cine interne.

    Ce mar­ché reste néan­moins très concur­ren­tiel, avec de nom­breux acteurs qui pro­posent des solu­tions aux qua­li­tés proches. Cela implique, pour l’ingénieur d’application, la néces­si­té de res­ter en veille constante sur les usages poten­tiels et les nou­velles appli­ca­tions cli­niques, afin de bien posi­tion­ner nos appa­reils par rap­port à ceux des autres fabricants.

    En tant qu’ingénieur d’application, il nous revient d’accompagner cette inté­gra­tion de l’échographie par­tout où elle peut appor­ter une valeur ajou­tée, en nous appuyant sur les retours des uti­li­sa­teurs et sur les études exis­tantes. Il faut savoir iden­ti­fier les besoins et les oppor­tu­ni­tés de mar­ché pour faire pro­gres­ser l’usage des ultraportables.

    Pour ma part, cette année m’a per­mis d’apprendre énor­mé­ment, que ce soit sur le plan tech­nique, cli­nique, rela­tion­nel ou per­son­nel. Il reste tou­jours des choses à décou­vrir et à appro­fon­dir, et je sou­haite pro­fi­ter du temps qui me reste dans ce poste pour conti­nuer à pro­gres­ser et sai­sir toutes les oppor­tu­ni­tés qu’offre ce métier pas­sion­nant, riche et en constante évolution.

    Ce que je retiens, c’est que la tech­no­lo­gie n’a d’intérêt que si elle est bien com­prise, bien trans­mise, et qu’elle sert réel­le­ment le soin. Et c’est pré­ci­sé­ment cela, le tra­vail de l’ingénieur d’application : faci­li­ter cette inté­gra­tion, faire le lien entre la tech­nique et le besoin cli­nique, et accom­pa­gner les uti­li­sa­teurs dans leur quo­ti­dien. C’est ce que j’ai essayé de faire cette année.

     

    Bibliographie

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    [5]         F. Eppel, F. Hunstig, S. Bélard, et B. Kreuels, « Concepts for point-of-care ultrasound training in low resource settings : a scoping review », Ultrasound J., vol. 17, no 1, p. 24, mai 2025, doi : 10.1186/s13089-025-00427-3.

    [6]         « Cardio Systemes », Cardio Systemes. Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://cardiosystemes.com/fr/

    [7]         « echOpen | l’échographie clinique simple et accessible | Made in France », echOpen. Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.echopen.com

    [8]         « echOpen, start-up issue de l’AP-HP, obtient le marquage CE de sa sonde d’échographie ultraportable pour rendre l’imagerie médicale accessible à tous les soignants dans le monde », echOpen. Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.aphp.fr/contenu/echopen-start-issue-de-lap-hp-obtient-le-marquage-ce-de-sa-sonde-dechographie-ultraportable

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    [11]       « Chirurgie des valves cardiaques | Chirurgien cardiaque », Chirurgiens Cardiaques Associés. Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.chirurgien-cardiaque.com/chirurgie-des-valves-cardiaques

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    [13]       « GE HealthCare | Accueil ». Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.gehealthcare.fr/

    [14]       C. A. Andersen, S. Holden, J. Vela, M. S. Rathleff, et M. B. Jensen, « Point-of-Care Ultrasound in General Practice : A Systematic Review », Ann. Fam. Med., vol. 17, no 1, p. 61‑69, janv. 2019, doi : 10.1370/afm.2330.

    [15]       A. Michon et al., « Échographie ultraportable en médecine interne : retour d’expérience et point de vue », Rev. Médecine Interne, vol. 40, no 4, p. 220‑225, avr. 2019, doi : 10.1016/j.revmed.2018.07.003.

    [16]       H.-C. Myklestul, H. Skjeie, M. Brekke, et T. Skonnord, « ‘Shades of grey’: a focus group study on diagnostic uncertainty among general practitioners using point-of-care ultrasound », Scand. J. Prim. Health Care, vol. 43, no 1, p. 219‑229, doi : 10.1080/02813432.2024.2423242.

    [17]       Y. Baribeau et al., « Handheld Point-of-Care Ultrasound Probes : The New Generation of POCUS », J. Cardiothorac. Vasc. Anesth., vol. 34, no 11, p. 3139‑3145, nov. 2020, doi : 10.1053/j.jvca.2020.07.004.

    [18]       « Clarius Mobile Health | Handheld Ultrasound Systems », Clarius. Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://clarius.com/

    [19]       « The clear answer in point-of-care ultrasound | Butterfly iQ3 », Butterfly Network. Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.butterflynetwork.com/

    [20]       « TE Air i3P - Mindray Wireless Handheld Ultrasound System », Mindray. Consulté le : 20 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.mindray.com/en/products/ultrasound/point-of-care/te-air

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    [22]       M.-P. T. Le et al., « Comparison of four handheld point-of-care ultrasound devices by expert users », Ultrasound J., vol. 14, no 1, p. 27, juill. 2022, doi : 10.1186/s13089-022-00274-6.

    [23]       C. A. Andersen, J. Brodersen, T. R. Rudbæk, et M. B. Jensen, « Patients’ experiences of the use of point-of-care ultrasound in general practice – a cross-sectional study », BMC Fam. Pract., vol. 22, p. 116, juin 2021, doi : 10.1186/s12875-021-01459-z.

    [24]       A. Perez-Sanchez et al., « Comparison of 6 handheld ultrasound devices by point-of-care ultrasound experts : a cross-sectional study », Ultrasound J., vol. 16, no 1, p. 45, oct. 2024, doi : 10.1186/s13089-024-00392-3.

    [25]       R. Zahiri, « Handheld Ultrasound Market and Why it Matters ! », Medium. Consulté le : 17 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://risevisualanalytics.com/handheld-ultrasound-market-and-why-it-matters-46871d75a3c9

    [26]       « Échographie – Indications et déroulement », Elsan Care. Consulté le : 10 juin 2025. [En ligne]. Disponible sur : https://www.elsan.care/fr/pathologie-et-traitement/imagerie-medicale/echographie-indications-deroulement

    Annexes

    Annexe 1 : Le mar­ché des écho­graphes por­tables [25]

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